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Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé

 
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 Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé

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Étienne Morel
Élève de 2ème année



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Nombre de messages : 169
Localisation : T'essayes de savoir où je suis en fait ? Ahah. Coquin(e).
Date d'inscription : 23/07/2011

Feuille de personnage
Particularités: Avant, j'étais blond. Mais ça, c'était avant. Avant qu'une furie rate un de ses sortilèges et me teigne en brun (toute compassion est fortement appréciée).
Ami(e)s: Toi, plus moi, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et... BREF.
Âme soeur: Parce que lutter contre des démones et des dragonnes, ça va bien cinq minutes... SEBASTIAN HANSEN MY HEART IS YOURS ! (...mais en vrai j'aime les filles, hein, ne vous méprenez pas)

MessageSujet: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Jeu 19 Juil - 17:44

« Le Code International de la Magie... »

Fuck, c'est pas ça.

« Le Code International du Secret Magique a été créé en 1692. »

Bon début ! Ensuite...

« Il a été conçu pour... »

Pour pourrir les soirées des élèves sorciers ? ...Trop insolent.

« Il a été conçu pour protéger les sorciers persécutés par les Moldus, quand ceux-ci connaissaient leur existence. »

Triste période, n'est-ce pas.


« Après la signature du Code International du Secret Magique en 1689, les sorciers se cachèrent définitivement. Il était sans doute naturel qu'ils forment alors leurs petites communautés au sein de la grande. De nombreux villages et hameaux attirèrent ainsi des familles magiques qui s'associèrent pour assurer leur protection et s'apporter une aide mutuelle. Les villages de Tinworth en Cornouailles, Flagley-le-Haut dans le Yorkshire et Loutry Ste Chaspoule sur la côte sud de l'Angleterre, devinrent les lieux de résidence bien connus de familles de sorciers qui vivaient parmi les Moldus tolérants - et parfois soumis à des sortilèges de Confusion. »

Bien, ça, très bien, même ! Comment ça, ça se voit que ça vient pas de moi ? Elle l'a écrit pour quoi faire, son livre « Histoire de la magie », cette Bathilda Tourdesac, si ce n'est pour s'en servir ? On nous répète à tout va que nous devons nous plonger dans nos livres de cours pour acquérir le plus de connaissances possibles, et ainsi avoir de bonnes notes. Eh bien, mesdames et messieurs, je m'y plonge ! Je m'en imprègne, même. Je ne fais tellement plus qu'un avec ce livre que ses mots ressortent de même par ma plume. D'ailleurs, le bout de ma plume crisse de plus en plus fort sur ma feuille de parchemin, signe qu'elle est prête à rendre l'âme. Raison de plus pour me dépêcher de terminer ce devoir d'Histoire de la Magie plus qu'enquiquinant (pour être poli).

« Aussi, on remarque de plus en plus que les gens se carre de ce Code comme de leurs poils de nez. Remarquez, certains font vachement attention, puisqu'ils les épilent. »

Je relis ma phrase, pouffant intérieurement de rire. Oui, bon, c'était trop tentant. Et puis, un Gryffondor de troisième année qui a accès à Pré-au-Lard a promis de nous vendre dans les jours prochains des effaceurs d'encre récupérés dans une boutique, alors, je pourrais toujours rectifier. En attendant : plié, c'est réglé, hasta la vista baby ! Je m'étire et baille. La digestion de l'excellent dîner que nous venons d'offrir à nos estomacs en ce beau mardi n'aide en rien mon cerveau à se triturer correctement les méninges. Eh, en même temps, respect : pour la première fois de l'année, je me suis avancé dans mes devoirs. Croyez-le ou non, mais ces 50 centimètres de parchemin sur « Le Code International de la Magie... », enfin, « Le Code International du Secret Magique », sont à rendre pour après-demain. Oui, après-demain, rendez-vous compte ! Plutôt fier de moi, je me lève d'un des petits espaces de travail aménagés dans la salle commune pour me rendre dans mon dortoir. Les gars ont déjà du commencer à s'entre-tuer à coups d'oreillers pendant que je m'éclatais à prendre de l'avance sur mes devoirs. Pourquoi m'infliger une telle torture, me direz-vous ? Par envie. La fin de l'année approchant, les professeurs nous harcèlent de plus en plus moralement afin de nous motiver à sérieusement nous mettre aux révisions. Il y a toujours quelques filles dans le coin qui viennent nous dire (nous ordonner plutôt... les filles, on croit que c'est gentil, c'est doux, c'est adorable, c'est mignon... C'est juste violent et autoritaire. Les princes charmants ne sont pas la seule arnaque de l'enfance, ça, je vous le dis : les princesses aussi, c'est du mensonge, un gros mensonge, juste pour que l'on soit « galant » et « agréable » avec elles, j'en suis sûr), ces harpies viennent donc nous sermonner pour que nous fassions moins de bruit. Mesdemoiselles révisent, voyez-vous.
En réalité, je les comprends. Surtout depuis quelques jours... Surtout depuis que, moi aussi, j'ai commencé à sentir le stress monter. Là, j'ai commencé à me dire que les filles avaient peut-être raison. Mais dire à ça à des potes ? Impossible. J'ai déjà le surnom de « Mister Mouton » qui me colle à la peau, si ils m'en rajoutent en plus d'autres liés à mon envie soudaine de travailler plutôt que de m'amuser, merci, mais non merci. Alors, après le repas de ce soir, j'avais prétexté m'isoler en bas, dans la salle commune, pour écrire une lettre à mes parents. Avec cette excuse, j'étais à peu près tranquille. Ils avaient bien essayé de jouer les durs, comme d'habitude, mais n'importe quel enfant de presque douze ans continue de penser à ses parents. Ce qui est marrant, avec eux, c'est cette fichue manie de toujours vouloir paraître forts, mentalement et physiquement, courageux, et indépendants. Le fait d'être à Gryffondor n'arrangeait rien : ils voulaient toujours s'en montrer digne, parce qu'ils étaient fiers. Sauf que ce processus passait un peu trop par la vantardise à mon goût... Parfois, je regrettais un peu d'être tombé chez les rouges et ors. Si j'avais été à Poufsouffle, par exemple, je n'aurais pas été obligé de suivre le troupeau pour prouver que j'avais bien ma place chez les lions et que je n'étais donc pas une mauviette. Alors que ce n'était pas toujours le cas. Mais ça, c'était encore une chose que je ne criais pas haut et fort devant les autres. J'avais eu peur de ne pas être accepté, en arrivant ici, il y a maintenant quelques mois, mais j'étais désormais parfaitement intégré, et ne voulais en rien que cette situation change. J'étais bien comme ça.


Au moment où je fais irruption dans le dortoir, mes trois camarades sont apparemment en train de se raconter des blagues, car je les entends rire de bon coeur avant de se frapper à coups d'oreillers. Tous les soirs, c'est la même rengaine : assis sur le même lit (le mien est interdit, ma collection de mouton sommeille dans une boîte sans mon lit), on discute, on s'amuse, on grignote. Nous ne sommes que cinq dans notre dortoir, et ce nombre réduit met en lumière la moindre personne. Difficile donc de ne pas remarquer Sebastian Hansen, qui se mêle au groupe de manière plus effacée et auquel nous ne parlons que peu. Non pas que je serais ennuyé de faire sa plus ample connaissance, mais je n'en ai jamais vraiment eu l'occasion.

- Salut salut !, m'exclamai-je en m'écroulant sur mon lit.

- C'est bon, t'as fini ta lettre de gnognotte ?, commence à me dire Luke, le plus extraverti et charmeur d'entre nous, viens écouter c'te super blague ! C'est une Tentacula et une Mandragore qui discutent et... youhou, Etienne, ça va ?

- Oh non. Oh non. Les gars. C'est pas possible.

Je sens leurs regards perplexes et étonnés se fixer sur les traits de mon visage tendus d'effroi, mais je suis trop accaparé par ma propre peine pour prendre le temps de les rassurer. Je me relève brusquement de mon lit, atterré de ma bêtise.

- J'ai oublié le devoir de Botanique à faire pour demain !

Leurs regards passent de l'inquiétude à l'amusement, et ils rient gaiement (ou plutôt, ils se moquent gaiement de ma poire), mais ma bouche reste bouche-bée d'horreur. Je me suis avancé dans mes devoirs d'après-demain, et ait oublié ceux de demain. Le devoir de Botanique. La description et l'étude d'un Bubobulbe, mis à disposition des élèves dans la Serre N°3. Je ne peux pas exprimer tout mon désarroi à mes camarades. Inutile de leur expliquer que je m'inquiète des examens et de mes résultats un peu trop moyens à mon goût, ils me riraient au nez. Mais d'ailleurs...

- C'est bon, vous pouvez arrêter de rire comme des goules ! Mais vous l'avez fait, vous ?

- Bah, tu crois quoi ! me répond Luke, comme si c'était une évidence. J'ai demandé à ma copine de nous faire ça en s'inspirant de son travail, je lui ai promis un maxi-paquet de Dragées de Bertie Crochue ramené de Pré-au-Lard en échange ! Enfin, pour la remercier. On aura de belles copies prêtes pour demain matin, si c'est pas cool, ça !

- Ouais, veinard ! dis-je un peu faiblement, en esquissant un sourire.

J'espère que je suis un bon menteur.

- Tuez-moi tout de suite, je suis mort ! soufflai-je en m'allongeant de nouveau dans mon lit. J'essuie de nouvelles remarques de mes camarades ignares, mais me contente de fermer les yeux et de réfléchir. Il est 20 heures. La Serre est fermée. Je ne sais pas à quoi ressemble un Bubobulbe. Le couvre-feu est proche. Mes bonnes résolutions tombent à l'eau. La retenue est certaine.

Bien ! Une pelle s'il vous plaît, que je m'enterre.

_________________



S e b i n o u |BFF 4EVER| E t i e n n o u




Bêêêh :
 




Dernière édition par Étienne Morel le Dim 23 Déc - 0:25, édité 1 fois
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Sebastian Hansen
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Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Ven 20 Juil - 1:34

Spoiler:
 

- Je te jure que je l’ai peloté ! Lança Luke fièrement. Je lui jetai un regard en coin, légèrement exaspéré mais ne fit aucun commentaire. Un autre s’en chargea pour moi de toute manière.
- T’es sérieux ?! Mais y a rien à toucher sur cette fille !
- Mais trouve toi une meuf au lieu de parler !
Répliqua le garçon avant d’abattre son oreiller sur la tête de notre camarade dans un grand éclat de rire.

Tous assis sur le lit de Luke, nous bavardions comme à notre habitude. Enfin, bavarder… Moi, je n’étais pas le genre à commenter. Parce que comme vous pouvez le constater, le niveau intellectuel était très, très élevé. Je me contentais d’être là et de rigoler même si je trouvais ça stupide. Je répondais de temps en temps mais j’étais l’effacé de la bande, le suiveur. Ici à Gryffondor, les élèves cherchaient tous à être les plus remarqués et les plus connus. En gros, les leaders. Et moi, j’étais l’opposé de tous ces mecs-là ce qui au moins me permettait d’être tranquille car on ne me voyait pas comme un concurrent. Résultat ? On ne me charriait pas, on ne cherchait pas à être meilleur que moi parce que l’on se considérait déjà ainsi. Moi, je m’en fichais pas mal que l’on me croit ainsi. Je faisais ma petite vie dans mon coin et je n’avais rien à prouver à personne. J’avais été habitué à ce que l’attention soit sur les autres, comme ma grande sœur Elisa. Surtout elle. Bref, dans ce genre de soirée où nous jouions la comédie des bons camarades de chambre, je faisais bonne figure. Mais au fond, je savais que ces mecs-là ne me considéreraient jamais comme un ami. J’étais un peu le pote de dépannage, celui qui était cool, pratique et filait ses devoirs quand nécessaire. Le pied quoi.


- Salut salut !

La blague ridicule de mon voisin fut interrompue par l’arrivée d’Etienne le mouton. Enfin, c’est ainsi qu’on l’appelait tous parce que c’était un français. Par conséquent les préjugés étaient au rendez-vous : vive les moutons, les escargots, le fromage et les bérets. Le garçon lui en jouait et je le trouvais parfois très patient parce que les autres pouvaient se faire vraiment lourds ! Mais non, le Gryffondor aimait peut-être ça. D’un côté, on s’intéressait à lui. Bref en tout cas de tous mes camarades, c’était celui qui me faisait à la limite le plus rire. Mais ce soir, il n’était pas resté avec nous parce qu’il devait écrire à ses parents. Cela avait mis un temps fou d’ailleurs, et je me demandais bien ce qu’il avait pu raconter et si il n’avait fait qu’écrire… Mais ce n’était pas mes oignions. Luke lui fit d’ailleurs une remarque et voulu reraconter sa blague qui n’était même pas amusante. Ce mec était décidemment assez insupportable et c’était vraiment celui que j’appréciais le moins dans tout le dortoir : il était du genre arrogant et fier de lui. Il s’aimait et pensait que par conséquence la terre entière éprouvait envers lui ce même sentiment. Je n’aimais pas les gens avec un tel égo, mais je ne disais rien comme d’habitude. Je laissais couler et je me débrouillais pour ne pas trop avoir à faire à lui.

- … youhou, Etienne, ça va ?

Quoi, hein ? Ah oui en effet, il en tirait une tronche le Etienne…

- Oh non. Oh non. Les gars. C'est pas possible. J'ai oublié le devoir de Botanique à faire pour demain !

Ah merde pour lui. L’étude du Bubobulbe n’était pas du genre très fun… Je lui aurais volontiers prêté mon devoir mais un mec de Poufsouffle me l’avait déjà emprunté ce matin pour « s’inspirer de mon travail » qu’il disait. Moi, j’étais trop gentil pour dire non de toute manière… Et puis faut dire que ce devoir, c’était pas de la tarte ! La plante en questionnant que nous devions analyser et décrite était assez dangereuse : le pue qu’elle contenait pouvait vous brûler très désagréablement la peau et provoquer cloques et infections… Tout comme soigner l’acné si on savait l’utiliser à bonne escient. Etrange n’est-ce pas ? En tout cas, il était interdit de s’y approcher sans qu’un adulte soit autour et c’est pour cela que Sawyer nous avait bien précisé de venir l’étudier en fin de journée, lorsqu’il était encore dans les serres. Sinon, c’était à nos risques et périls. Etienne était dans la merde, c’était clair… Mais cela ne semblait pas embêter les autres garçons qui éclatèrent de rire. Moi, je ne disais rien et observais sous mes yeux la notion de l’amitié chez les premières années de Gryffondor alors que le petit français était désespéré.

- Bah, tu crois quoi ! J'ai demandé à ma copine de nous faire ça en s'inspirant de son travail, je lui ai promis un maxi-paquet de Dragées de Bertie Crochue ramené de Pré-au-Lard en échange ! Enfin, pour la remercier. On aura de belles copies prêtes pour demain matin, si c'est pas cool, ça !
- Ouais, veinard !

Je ne savais pas si Etienne espérait convaincre quelqu’un de sa joie avec ce sourire, mais je ne mordais pas l’hameçon pour ma part. Je regardai Luke éclater de rire, tout fier de sa trouvaille. Il n’avait pas pensé à me proposer mais ça ne m’étonnait pas car j’avais la réputation d’être un bon travailleur. En revanche, ne pas prévoir de copie pour son supposé ami Etienne, c’était plus limite. C’était toujours facile de faire de grand discours sur l’amitié parce qu’on était des Gryffondors, loyaux et prêt à se sacrifier… Mais au final ce n’était que des mots. Je vis le désarroi de mon camarade tandis qu’il s’allongeait de nouveau sur le lit en soupirant d’une voix qui voulait clairement qu’on l’achève.

- Tuez-moi tout de suite, je suis mort !

Luke et les autres éclatèrent de rire. Parce que oui, s’inquiéter pour ses notes ici, c’était trop ringard vous croyez quoi ! Je soupirais et finis par proposer l’idée qui avait germé dans ma tête depuis le début de cette conversation.

- On peut toujours aller à la serre maintenant, si on se dépêche on passera la grande porte avant le couvre-feu.

J’attrapai ma veste et fis signe à Etienne de venir avec moi. Je proposais aux autres de nous accompagner –après tout le garçon était plus proche d’eux que de moi- mais ils se contentèrent de rire et de nous souhaiter une pseudo bonne chance. Je soupirais légèrement énervé mais ne fis aucun commentaire. Je n’aimais pas laisser les gens dans la merde et le frenchie m’inspirait une certaine confiance malgré tout. J’attendis qu’il prenne ses affaires pour descendre les escaliers et arpenter les couloirs jusqu’au hall. Sauf qu’évidemment, bingo, nous n’étions pas seuls. Un fantôme faisait le pied de garde devant la porte et je sentis mon camarade se crisper à mes côtés. Mais il ignorait un truc : le pouvoir du gentil élève… Et de ma persuasion.

- Bonsoir Moine-Gras, vous allez bien ? Lui lançai-je avec un sourire amical.
- Bonsoir Sebastian et… Hum. Oui, mieux que la dernière fois en tout cas. Oui, j’étais pote avec les fantômes. Mais croyez-moi, c’était utile. Qu’est-ce que toi et ton camarade désirez ?
- En fait mon ami Etienne a oublié son livre de botanique dans les serres, ça vous ennuierez pas de nous laisser aller le chercher un instant ?


Le fantôme sembla hésiter un instant et je croisais mentalement les doigts. Aller le sourire, le sourire, le sourire… Et il sourit. Bingo, jackpot !

- Dépêchez-vous et Sebastian, je te fais confiance.

Je le remerciai chaleureusement et adressai un clin d’œil à Etienne avant de nous faufiler par la grande porte pour emprunter le chemin qui menait aux serres. Mission réussie, enfin… Presque. Arrivés devant les lieux, je constatais que c’était fermé. Fastoche pensais-je en sortant ma baguette pour prononcer un alohomora enjoué… Qui se révéla inefficace.

- Merde ! Je me tournais vers Etienne. Tu as une idée pour ouvrir ?... Mais sans la magie, je ne voyais pas trop comment on allait faire... Au fait, méfies toi. La bubobulbe est une plante... Un peu dangereuse. Son pue peut te brûler et.... Je voulais pas passer pour le trouillard que j'étais mais.. Enfin bon c'est une plante hein! Finis-je avec le plus de conviction que je le pouvais.

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Étienne Morel
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Particularités: Avant, j'étais blond. Mais ça, c'était avant. Avant qu'une furie rate un de ses sortilèges et me teigne en brun (toute compassion est fortement appréciée).
Ami(e)s: Toi, plus moi, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et... BREF.
Âme soeur: Parce que lutter contre des démones et des dragonnes, ça va bien cinq minutes... SEBASTIAN HANSEN MY HEART IS YOURS ! (...mais en vrai j'aime les filles, hein, ne vous méprenez pas)

MessageSujet: Re: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Mer 25 Juil - 11:39

La solidarité : j'avais progressivement découvert que ce n'était pas la principale force des Gryffondor, ou, en tout cas, de ceux que je côtoyais et qui étaient censés être mes potes. J'avais d'abord été fier d'appartenir à la maison aux lions, les premières semaines. J'avais vu, sur les visage constipés des Serpentard, et sur les traits suffisants des Gryffondor, que j'avais de la chance de faire partie d'une maison qui semblait si bien considérée. En bref, à première vue, être un élève rouge et or, c'est sacrément la classe. Je l'avais pris comme tel, de la même manière que les autres, les suivant dans ce qui m'avait semblé être du courage mais qui était peut-être de l'inconscience ou de la vantardise. J'avais moi aussi fais mon coq, pavanant un peu avec les autres, admiratif devant l'aisance de Luke qui lui, plus que tous les autres, prônait la supériorité de notre maison. J'avais pris les différences qui opposaient les quatre maisons comme un jeu, une manière de se tester les uns sur les autres, surtout les Serpentard, ceux qui semblaient être inexplicablement nos ennemis. N'ayant pas la fibre très guerrière, contrairement à Luke, je n'avais d'abord vu aucune raison pour en vouloir aux verts et argents. Mais quand je m'étais aperçu que eux cherchaient aussi la petite bête (et même plutôt, la grosse bête, parce qu'ils nous enquiquinaient bien comme il le fallait), il avait paru comme une évidence qu'il était hors de question de se laisser faire, et que la défense était inévitable. Je n'avais l'habitude que des taquineries et de la malice, pas des insultes et de la violence, mais je n'avais pas d'autres choix que de m'y habituer.

Mais une fois les Serpentard partis, solidarité : zéro. Du coup, je m'étais mis à m'intéresser d'un peu plus près aux autres maisons, et à les envier, un peu. Les Serpentard étaient bien souvent désagréables, mais ils étaient ensemble dans leur fourberie, les Poufsouffle étaient considérés à tord comme la troisième patte du canard (c'est-à-dire comme inutiles), mais ils étaient toujours prêts à se servir les uns les autres et luttaient ensemble contre cette injustice, et enfin, les Serdaigle, eux, étaient solidaires au moins dans leurs études. Du coup, je n'avais pas compris le choix du chapeau rapiécé de m'avoir placé chez les lions, parce que moi, déjà d'une, j'étais un mouton, un herbivore, pas un carnassier, et de deux, je me trouvais aussi bien un peu rusé qu'un peu travailleur qu'un peu inutile. Non, je plaisante. J'étais loyal et solidaire, comme les Poufsouffle... enfin, je crois. Et en cette soirée où ces deux choses m'auraient bien servies, j'étais nu comme un vers face à l'adversité dont mes camarades faisaient preuve. Y a pas que les filles qui auraient du être des moutons, les mecs aussi : quand y en a qui se jette dans le vide, le reste suit. A la vie, à la mort. C'était comme ça que je concevais l'amitié, sauf que j'étais apparemment le seul. Et vu qu'on ne peut pas être son propre ami, j'étais donc bel et bien dans la mouise, enfoncé jusqu'au cou. Évidemment, Luke manigançait ses petites affaires avec les présents. J'avais été absent durant son arrangement avec sa chère et tendre ? Que j'aille donc voir ailleurs si ils y étaient, j'étais passé à la trappe. Je n'avais qu'à être là, dirait-il si je lui évoquais mes petits problèmes.

Je rouvrais les yeux pour fixer le plafond du dortoir, me concentrant sur les motifs dorés qui s'y dessinaient. Je me plaisais ici, au milieu des autres, et j'avais en même temps l'étrange impression que j'étais le petit grain de sable qui venait empêcher les rouages de bien fonctionner : je n'étais pas totalement à ma place. Je songeais à défier les lois et sortir seul dans les serres, puis cherchais immédiatement après toutes les raisons qui me disaient que j'avais tort de commettre une telle effraction. Il y a quelques mois encore, j'étais sorti de mon dortoir, la nuit, sans aucune hésitation. Et voilà que, maintenant, j'en étais incapable. L'insouciance qui m'avait rapproché de Luke les premiers jours semblaient s'être évaporée au fur et à mesure que je découvrais que je n'étais peut-être pas complètement comme eux. Mais hors de question de l'avouer à qui que ce soit. Et puis, ça allait peut-être passer. Une mauvaise période, un coup de mou, tout ça terminé, hop, j'allais retrouver ma place habituelle et redevenir aussi intrépide que durant les premières semaines. Rien de bien grave, en somme.

J'étais en train de songer à quel pyjama j'allais porter pour passer ma dernière nuit au château avant de me faire assassiner par le professeur de botanique, quand la voix timide et douce de Sebastian s'éleva (je ne suis pas amoureux des garçons, je vous rassure, mais ce mec a une voix agréable, pas rustre et presque agressive comme Luke... enfin bref, je m'arrête là, vous pourriez croire des choses).


- On peut toujours aller à la serre maintenant, si on se dépêche on passera la grande porte avant le couvre-feu.

Je me redressais subitement sur mon lit, portant mon attention sur lui, comme tous les autres le faisaient actuellement. Sebastian était déjà venu à notre secours quelques fois durant l'année, et je l'avais déjà aperçu aider d'autres élèves dans un cours ou au détour d'un couloir. Pour autant, je n'avais pas pensé à ce qu'il vienne m'aider. J'étais bien trop dans la mouise pour penser qu'il serait possible de trouver une solution à mon problème, et c'était toujours lui qui proposait son aide, pas nous qui l'utilisions comme bonne poire. Quoique, concernant Luke, on pouvait avoir des doutes... Enfin, je regardais Sebastian, un peu éberlué et étonné par sa proposition. Il avait le courage de faire ce que je m'étais refusé quelques minutes auparavant. Si je ne voulais pas passer pour la mauviette de service, je n'avais pas d'autres choix que d'accepter. Et de faire semblant d'avoir l'air enjoué, accessoirement.

- Sérieux, tu veux bien ? Cool, merci ! m'exclamai-je en secouant la tête d'approbation.

En réalité, j'étais aussi bien heureux qu'il propose de m'aider, car l'idée de rendre page blanche m'était aussi stressante que celle de franchir l'interdit à cette période critique de l'année, c'est-à-dire l'approche des examens. Sacré dilemme, en fin de compte, que Sebastian avait rompu en m'obligeant (enfin, je m'obligeais moi-même) à sortir mon derrière déprimé de mon lit et de forcer un peu le destin. Enfin... ce n'était pas vraiment la faute du destin si j'avais oublié de faire mon devoir de botanique, juste la mienne de ne pas avoir pensé à ouvrir mon agenda, mais... On peut faire tout comme, c'est plus dramatique et ça me déresponsabilise un peu.

Je prie une veste pour me couvrir, attrapais mon sac de cours que je savais rempli de feuilles et de quoi écrire pour noter mes observations, le balançais sur mon épaule, et suivis Sebastian dans le dédale de couloirs de Poudlard. Sebastian avait bien proposé aux autres de nous accompagner, mais je savais avant qu'ils répondent que c'était perdu d'avance. Ils étaient bien trop à l'aise dans leur petit confort et n'allaient pas risquer leur peau alors que leurs devoirs allaient leur être rendus demain matin sans aucun effort. Je marchais à la suite de mon camarade, un peu stressé mais étrangement confiant grâce à sa présence, mais mon coeur fit un bond quand un fantôme surgit devant nous, apparemment désireux de ne pas laisser un pieds d'élève sortir de la limite du dortoir. Je me décomposais en attendant la sentence irrévocable, mais Sebastian prit les devants, et j'assistais à leur conversation, interdit, en essayant de composer une expression neutre et tout à fait normale pour ne pas mettre à mal les efforts de mon compatriote.


- Bonsoir Moine-Gras, vous allez bien ? commença t-il.

- Bonsoir Sebastian et… Hum. Oui, mieux que la dernière fois en tout cas. Qu’est-ce que toi et ton camarade désirez ?

- En fait mon ami Etienne a oublié son livre de botanique dans les serres, ça vous ennuierez pas de nous laisser aller le chercher un instant ?

- Dépêchez-vous et Sebastian, je te fais confiance.

Je remerciais à mon tour le fantôme en passant devant lui, sur les pas de Sebastian, réprimant mon admiration. Faire copain-copain avec les fantômes, ce bon tuyau ! Il était décidément plein de ressources insoupçonnées, et je commençais à me dire que le laisser se mettre un peu en retrait du groupe n'était pas une bonne idée. Déjà, c'était humainement un peu limite, et puis, je voyais de moins en moins de raisons de ne pas le laisser se faire sa place. Luke était un peu relou, Sebastian un peu discret, mais si je faisais l'entremetteur,y avait peut-être moyen que la bande de notre dortoir soit bien soudée, comme les cinq doigts de la main.

La traversée du parc fût rapide, car nous marchions comme des ombres, sans un mot. Pour ma part, parce que j'étais stressé, même si je n'osais l'avouer et prenais mon air le plus assuré, et je m'interrogeais à propos de Sebastian durant tout le trajet. Il avait l'air confiant, mais, à l'intérieur de lui, est-ce que son coeur battait aussi fort que le mien ? (...okay, nota bene : arrêter d'utiliser des tournures de phrases qui font croire des choses bizzaroïdes et qui ne sont absolument pas dans mes intentions). Je commençais à croire que non, car, arrivés devant la serre, il dégaina sa baguette et lança un Alohomora d'une manière si convaincue que j'allais appuyer sur la poignée pour franchir la porte quand... quand rien ne se passa. Merde.


- Merde !, s'exclama Sebastian en écho à mes pensées. Tu as une idée pour ouvrir ?...

- Hummm, dis-je très utilement (mais je réfléchissais véritablement). J'extirpais une barrette rose flashy de la poche de ma veste en cuir marron, offerte par ma grand-mère l'été dernier (la veste, hein, pas la barrette), alors que je passais mes vacances chez elle, en France. J'avais déniché cette barrette qui appartenait ma cousine dans le jardin de la maison, alors que je marchais en direction de l’enclos à moutons avec mon grand-père. Au départ, je l'avais ramassée dans l'unique but de la rendre à cette petite tête-de-linotte, et quand mon grand-père moldu m'avait montré l'astuce qui consistait à prendre un petit bout de fer pour débloquer la serrure de l'enclos quand celui-ci nous résistait, j'avais brandi la barrette que mon grand-père m'avait conseillé de la conserver. Depuis, quand je montais à l'enclos à moutons, c'était toujours cette veste que je mettais, pour ne pas oublier la barrette qui restait toujours dans sa poche droite. C'était aussi cette veste que j'avais emmené à Poudlard, parce qu'elle m'évoquait tous ces souvenirs heureux. Alors, comme cet après-midi passé avec mon grand-père, j'extirpais la barrette de ma poche droite, et m'avança vers la serrure. Tandis que je la trifouillais pour essayer d'en venir à bout, j'entendis la voix de Sebastian s'élever dans mon dos.

- Au fait, méfies toi. La bubobulbe est une plante... Un peu dangereuse. Son pue peut te brûler et.... Enfin bon c'est une plante hein!

Ma main s'arrêta net quand il prononça ses mots, mais je repris rapidement mon travail, de peur qu'il aperçoive mon hésitation. Et dire que je pensais que le bubobulbe ressemblait à un gros géranium qu'il suffisait de mesurer et de de nourrir et d'arroser et... Stop, stop, stop. No panique. Sebastian est là. Toi aussi, tu es là, d'ailleurs, et tu n'es pas une mauviette. Allez, on se reprend. Et on n'arrête de se parler à soi-même, car, sérieux, ça craint. Je n'eus heureusement pas le temps de m'étendre sur les propos inquiétants de Sebastian, car le déclic de la porte se fit.

- Hourra ! m'exclamai-je en faisant semblant d'être heureux d'avoir réussi. Une technique de mon grand-père moldu pour débloquer l'entrée de notre enclos à moutons dans les Alpes... enfin bref, allons-y ! m'exclamai-je à contre-coeur, car déblatérer encore une dizaine de minutes sur ma double-vie française et les moutons m'était bien plus préférable que de faire la rencontre d'une plante qui semblait peu ragoûtante. Je fis le premier pas dans la Serre, puis laissais Sebastian prendre les devants.

- Vas-y, je te laisse marcher le premier, tu connais mieux que moi ! dis-je à voix basse, tant l'ambiance de la Serre m'oppressait étrangement. On pouvait y entendre des bruits bizarres, de feuillages, de crocs, de sucions, de sève qui s'écoule, ou d'autres choses que je n'osais même pas imaginer... Si il était vrai que je n'avais aucune idée de l'apparence d'un Bubobulb, j'en étais bien content, m'évitant ainsi de passer le premier au milieu des tables et des étagères de plantes toutes plus flippantes les unes que les autres. La nuit commençait à tomber, et je distinguais plus des formes et des couleurs, parfois des lianes qui surgissaient de nulle part, quelque part au loin, que des plantes bien identifiables. Sans parler de l'humidité qui couvrait mon front d'une pellicule de sueur des plus charmantes...

- Ça ressemble à quoi, déjà, le Bubobulbe ? demandai-je, essayant de masquer mon appréhension. Tiens, t'as qu'à me dire quand tu l'as trouvé, moi je reste là, pas trop loin de la porte, pour monter la garde, lançai-je de manière parfaitement détachée, essayant de faire passer mon inquiétude pour la peur de voir surgir un professeur plutôt que de celle d'affronter la fameuse plante. Et je crois qu'en ce moment même, de ces deux angoisses, je préférais peut-être encore la première...

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Sebastian Hansen
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Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Ven 27 Juil - 22:26

Lorsque je proposais mon aide, je vis les yeux d’Etienne se rallumer et il se redressa comme un diable sortant d’une boite à ressors, la mine éberluée. Oui tout à coup tout le monde me fixait et se souvenait de mon existence. Je me demandais combien de mes camarades connaissaient mon nom de famille… J’eus un rire à l’intérieur –il était un peu jaune, je vous l’accorde. Mais j’haussais les épaules avec un petit sourire, signe que je ne plaisantais pas. Mon camarade avait les yeux grands ouverts, un air surpris visé sur le visage qui me fit presque rire. Oui il est vrai que cette situation était ironique. De tous mes camarades, j’étais largement le dernier à être proche du Français ou même de quiconque d’ailleurs. Sur le papier, c’était le meilleur pote qui devait se lever, le poing fendant l’air en s’écriant « Allons-y mon ami ! » parce que c’était à la vie à la mort etc. Mais à notre âge, c’était impressionnant le nombre de jolie promesse que l’on pouvait faire. J’entendais parler –dans cette maison plus que n’importe quelle autre- d’amitié, de solidarité, de responsabilités et d’autres grands mots éloquents que les adultes utilisent souvent. Les valeurs, ah ça oui j’en entendais parler ! Les Gryffondors étaient toujours prêts à s’aider entre eux, ils étaient si courageux après tout !... Oui d’accord, pour ceux de sixième année peut-être. D’accord j’étais sévère, à partir de la troisième quatrième année. Avant, personne n’était assez mature pour le faire ici.

Les autres et surtout les mecs pensaient d’abord à être le leader de service. Quand on grandissait je présume que cela nous passait : moi, je n’avais jamais eu cette envie en tout cas. Donc, pour en revenir au souci de notre cher Etienne, pensez bien que personne n’allait se dévouer ! En fait non, les autres préféraient prendre cela à la rigolade. Je les imaginais un à un dans ma tête être à la place de ce pauvre mec sans devoir à rendre pour le lendemain. Bien évidemment que tout le monde fanfaronne ici « Je m’en fiiiiche, je m’en fiiiiche » mais la réalité est bien différente. Cette maison des rouge et or est aussi celle de la fierté, pour ne pas dire de l’orgueil (je vous le dis, je ne sais pas ce que je fous sur cette planète nommée Gryffondor) alors personne n’admettra sa faiblesse. Être gêné voir triste à cause d’une note, des cours ? C’était impensable de l’admettre mais les échecs entachaient toujours le moral des élèves. Sauf que nous, nous refusions de dire que cela nous peinait il fallait rester le plus fort en toute circonstance. Alors si Luke fanfaronnait sur sa dernière tricherie pour avoir le devoir –c’était son problème après tout- je savais qu’il aurait désenchanté si il n’avait pas eu sa copine pour le sauver. Et c’était pareil pour les autres qui rigolaient comme des hyènes, fiers de leur stratagème et pas un poil honteux d’avoir laissé Etienne ne dehors de celui-ci. Mais bon, passons.


- Sérieux, tu veux bien ? Cool, merci !

J’hochais la tête et nous partions en expédition nocturne tout deux. C’était vraiment ironique parce que les sorties après les heures autorisées, ce n’était pas un élément habituel dans mon quotidien. Et en général, tout ce qui sortait de mes habitudes m’effrayait. Mais cette fois-ci c’était différent. Peut-être de la politesse : j’avais accepté de faire entorse à mes propres règles pour aider un ami. Sauf qu’en fait, Etienne n’était qu’une simple connaissance. Tout ce que je savais de lui c’était qu’il était français, adorait les moutons et deux trois autres détails dans le genre. Le reste de sa vie, je n’en connaissais pas les moindres anecdotes outre celles qui racontaient quand on veillait sur le lit de Luke, et c’était pareil pour lui. Sauf que moi, je racontais encore moins ma vie alors le terme étranger aurait presque mieux collé pour décrire la vision qu’il devait avoir de moi. Alors comme toujours ma petite voix me demanda pourquoi je faisais tout ça. J’aurais pu le laisser galérer tout seul avec son devoir de botanique. Mais mon instinct me poussait à l’aider, à aider tout le monde en fait. Est-ce une mauvaise chose ? Oui, je risquais peut-être d’être pris au piège par un professeur hors de l’école après l’heure réglementaire. Alors que risquais-je ? Des points en moins ? Je n’étais pas attaché à ma maison de toute manière.

Les couloirs étaient sombres et nous nous faufilions parmi les dédales et les escaliers sans bruit. Je n’avais pas envie d’attirer l’attention et je me félicitais lorsque j’arrivais à convaincre le Moine-Gras de nous laisser sortir ! Visiblement, Etienne fût impressionner également et je ne pus m’empêcher de réprimer un petit sourire parce qu’au fond, j’étais fier de moi. Et ça, ça arrivait rarement. Il faisait frais dehors et nos pas résonnaient dans le silence ambiant tandis que nous descendions jusqu’aux serres sans un mot. Je regardais autour de moi le vent agiter doucement les feuilles qui craquaient de temps à autre, provoquant un sursaut et un frisson. Mais je gardais la tête haute, refusant de montrer une quelqu’un forme de peur ou de stress devant Etienne pour le moment. Je n’avais jamais prétendu être fort, mais je n’aimais pas non plus montrer que j’étais faible. Parce que l’étais et c’était un fait que je ne niais pas. De toute manière, je le portais sur moi dans ma manière de parler, de me tenir : toujours un peu en retrait, presque timide. Mais ce n’était pas de la timidité non, ni de la supériorité. C’était plus du détachement, de l’observation. Une protection peut-être ? Pour ne pas me dévoiler et que l’on m’atteigne par la suite, probablement. Les foules n’étaient pas ma tasse de thé et je restais toujours discret dans un groupe pour ne pas attirer regard et question. Seul, j’étais beaucoup plus détendu.


- Hummm…

Je m’étais écarté de la porte pour laisser Etienne s’en approcher suite à mon échec cuisant pour l’ouvrir. Il avait lui, dans sa main, une espèce de barrette pour les cheveux d’un rose flashy très étrange. L’enfonçant dans la serrure, il commença à tourner et tenter de la crocheter tandis que je regardais ce spectacle les sourcils froncés. J’avais vu cette scène dans les films moldus d’action mais pour moi ce n’était qu’un mythe. Oui, ce genre de film qui faisait rire Clea et moi les soirs d’orages où nous restions chez ma tante pour regarder Mission Impossible et ce genre de nanar hollywoodien devant lesquels ma meilleure amie s’endormait toujours tandis que je la regardais bienveillant. Qu’est-ce que j’aurais voulu être dans mon canapé moelleux en cet instant ! Et à la place, c’était les racines et l’air frais du parc, mes dents qui claquaient presque et mon ventre qui grommelait presque parce que tout ça ne me donnait pas du tout une bonne impression. J’informais Etienne du risque de la Bubobulbe de manière détournée, feignant l’indifférence. Il ne sembla pas la main perturber du monde et continua à crocheter sans faire de commentaire. Un bruit finit par retentir et je sentis un poids s’accrocher dans ma poitrine : on pouvait désormais rentrer. Mais je n’avais qu’une envie, c’était faire demi-tour en criant à l’aide.

- Hourra ! Une technique de mon grand-père moldu pour débloquer l'entrée de notre enclos à moutons dans les Alpes... enfin bref, allons-y !

J’approuvai d’un signe de tête. Pourquoi fallait-il qu’il soit si content de notre entré dans ces horribles serres ?! Pour couronner le tout, il me laissa passer devant limite avec un grand sourire. Moi ? C’était le moment où je n’arrivais plus à masquer le fait que je n’étais pas du tout enthousiaste. Heureusement il faisait sombre et au moins, Etienne ne se doutait de rien. Enfin, heureusement : cela rendait le lieu encore plus flippant. Je commençais lentement à m’imaginer couvert de pus de la plante, ma peau brulante et défigurée jusqu’à la fin de mes jours. L’idée me fit presque me stopper sur place, le cœur battant.

- Vas-y, je te laisse marcher le premier, tu connais mieux que moi !
-Ah oui euh… Attend… Je crois que c’est par là.


Mais je n’avais pas bougé en fait. J’avais simplement agité ma main avec un sourire crispé sans oser regarder mon camarade. Je n’étais pas dans la merde moi maintenant ! Je n’étais pas le genre à regretter ces actes mais là pour le moment, je n’en menais pas large. Devais-je confier mes craintes à Etienne ? Lui paraissait si sûr de lui ! Enfin, c’était comme ça que je le ressentais dans le noir. Est-ce que ma peur transparaissait dans ma voix également ? Je tentais de faire bonne figure malgré tout et avançait tout doucement, sans trop m’écarter de mon camarade tout de même. Je tenais à la vie… !

- Ça ressemble à quoi, déjà, le Bubobulbe ? Tiens, t'as qu'à me dire quand tu l'as trouvé, moi je reste là, pas trop loin de la porte, pour monter la garde.

J’aurais bien voulu protester mais à ce moment-là, un craquement fendit l’atmosphère déjà peu accueillante et dans un sursaut, j’eus presque un cri. Sans réfléchir et dans une série de juron, j’attrapais Etienne –qui n’avait pas l’air non plus dans son assiette- et courais hors de la serre en refermant violemment la porte derrière nous. Une fois à l’extérieur, un silence de mort ressurgit et je repris doucement ma respiration que le choc du bruit avait coupée. Et puis, réalisant que je venais de passer pour une mauviette, je regardais mes pieds en bredouillant.

- Désolé… C’était… Enfin… Un peu flippant. Concluais-je presque honteux en me mordant les lèvres. Honnêtement ? Serres 1, Crédibilité de Sebastian 0.


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Étienne Morel
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MessageSujet: Re: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Dim 9 Sep - 17:57

Ok, pas de cachotteries entre nous : j'étais franchement flippé. Voilà. Sauf que ça, évidemment, j'allais bien me garder de le dire à Sebastian, et pour deux raisons : premièrement, il m'avait gentiment proposé son aide, alors même que je n'était qu'un camarade à ses yeux, et plus exactement, une vague connaissance. Deuxièmement, je refusais de passer pour une mauviette. Même si ce n'était que Seb, que je le connaissais peu, que nous n'étions que moyennement proches... Eh bien, oui, j'avais semblerait-il ma petite fierté. Un truc de mecs, sans doute. Quoique, les filles... Non, ne commençons pas à dévier sur ce sujet, c'est une très, très mauvaise idée, et j'ignore pourquoi, d'ailleurs, mais ça m'arrive très, très souvent... Enfin, bref, l'heure était à présent aux serres sombres et remplies de plantes toutes plus effrayantes que les autres. Dans mon imaginaire, en tout cas, la situation se présentait ainsi, et elle était donc peu ragoûtante, voir, carrément angoissante.

Je ne comprenais pas d'où venait cette peur, surtout qu'elle était en parfaite contradiction avec les désirs d'aventures régit par ma curiosité insatiable. Je voulais faire les choses, j'en ressentais le désir bouillonnant, et, alors même qu'elles étaient en voie de réalisation, l'excitation retombait comme un soufflé au fromage (français, s'il vous plaît). C'était d'une frustration sans nom. J'avais grave les boules, pour parler dans un dialecte plus courant. (Mes tournures un peu précieuses dues à mon éducation donnée vaillamment par ma mère, Françoise la Française, m'avaient déjà valu quelques gentilles taquineries, du coup, j'essayais de me soigner – un truc de plus à ajouter sur la liste déjà longue). J'avais beau le nier, quand le désir de découverte s'effaçait pour laisser place à la réalisation de la chose, je n'en menais plus large. J'étais bien obligé de faire le beau, le fier, le coq, afin d'éviter de passer pour le trouillard de service, pour montrer que quand j'en avais, moi, dans le pantalon... Mais ce n'était qu'illusoire. Je ne pouvais pas me mentir éternellement : j'avais les chocottes. Et ça, c'était une des choses que je prenais soigneusement soin de camoufler derrière les apparences, bien enfoui sous la laine de mouton imaginaire qui me servait de protection apparente.

Etienne Morel, le blondinet qui vient de la bonne montagne française, débrouillard, fonceur, un peu chieur, mais aussi un peu sensible et avec un petit côté prout-prout. C'était ça, que j'acceptais que l'on retienne de moi. Et je ne voulais afficher rien d'autre sur cette étiquette. On était tous forcément fichés, dans la tête des gens, et je possédais moi-même une vision plus ou moins vraie de ceux qui m'entouraient. Je connaissais l'étiquette de Sebastian, et clairement, je ne voulais pas y ressembler. Être tenu pour quelqu'un d'effacé, en plus d'être la bonne poire de service était tout ce que je craignais. Je n'avais jamais été considéré comme tel, et je ne tenais pas à ce que ça arrive.

Sauf que j'avais beaucoup de mal à garder la face. J'avais réussi à débloquer la porte de la Serre avec une joie bien feinte, en espérant que Sebastian y croit dur comme fer. Et puis, il fallait dire qu'il me surprenait, et que son attitude courageuse et volontaire m'obligeait à ne pas céder à mes propres craintes. Si lui n'avait pas peur, alors, moi non plus. Et puis, j'avais réalisé qu'il n'était pas qu'une simple bonne poire apparente : il était réellement intelligent et intéressant. Non pas que j'ai cru qu'il soit bête, bien au contraire, mais ceux qui sont d'ordinaire effacés sont généralement de doux agneaux attendant d'être caressés, c'est-à-dire, des gens adorables et gentils (et j'avais l'impression d'en rencontrer peu, surtout du côté féminin... enfin, non, je n'avais pas encore aborder ce sujet, pour la deuxième fois). Sebastian m'avait donc toujours paru adorable et gentil, mais je découvrais ce soir son côté un peu pimenté, et surtout, que lui, au moins, il en avait dans le pantalon. Son numéro avec le fantôme m'avait particulièrement cloué le bec, mais j'avais essayé de ne pas paraître trop admiratif non plus, parce que... parce que, voilà, c'était comme ça, et pas autrement.

La seule chose que je saisissais de lui, dans cette obscurité angoissante (je n'avais pas peur du noir, mais des plantes immondes qui pouvaient s'y cacher et que l'on ne pouvait pas distinguer), c'était de l'hésitation. Forcément, difficile de retrouver son chemin dans les broussailles de la serre une fois que le soleil se couche.


- Ah oui euh… Attend… Je crois que c’est par là.

- Ok, je te suis, dis-je pour confirmer ses propos et me rassurer moi-même.

Bien ! Voilà, pas de quoi paniquer. Sebastian connaissait le chemin, il connaissait la plante, il connaissait les trucs intéressants qu'il allait falloir dire dessus. Simple comme bonjour. Sauf que dans la pratique... eh bien, nous n'avions pas fait un pas. Enfin, Seb n'avait pas bougé d'un pouce, ce qui m'obligeait, forcément, à ne pas faire un mouvement non plus. Parce que moi, pour simple rappel, je ne sais pas où aller, alors, forcément, comment pourrais-je pénétrer dans la serre si je ne connais pas le chemin... ? Je ne peux pas. Donc, je suis forcément contraint de rester là, planté comme un piquet, à l'entrée.


- Euh, Seb... ? T'attends la saint Glinglin ? interrogeai-je pour l'encourager à avancer. Je ne m'aperçus qu'après coup que cette expression allait peut-être lui échapper. Ayant vécu toute ma vie avec ma mère (pas le choix, malheureusement), j'avais donc entendu toutes les expressions bizarroïdes qu'elle utilisait fréquemment, ce qui m'avait terriblement formaté le cerveau. Oui, parce que, j'aurais pu dire un truc cool, genre « T'es en train de démouler un cake, ou quoi ? », mais non. « T'attends la Saint Glin-Glin.»... non mais, sérieusement..! Merci, maman.

Mais ce ne fût pas Seb qui me répondit : il fût devancé par un craquement sonore particulièrement sonore et angoissant qui m'arracha un sursaut et un lourd soupir de terreur, en harmonie avec le cri de Seb qui m'attrapa sans ménagement pour me pousser à sortir de la serre. En quelques secondes qui me parurent un peu floues, nous étions de retour dans le parc à reprendre nos respirations respectives, parce que, détaler comme un lapin qui a fait pipi dans sa culotte, c'est pas un truc de chochotte. En parlant de chochottes...


- Désolé… C’était… Enfin… Un peu flippant, m'avoua Sebastian, le souffle court.Je le regardais, gêné. Écroulé le mythe du Sebastian sûr de lui, leadeur, et meneur d'expéditions nocturnes.

- T'inquiètes, je comprends, c'est vrai que c'est un peu angoissant, dis-je avec un sourire que je voulais rassurant. Je m'approchais de lui et lui tapotait amicalement l'épaule. Je t'en veux pas, je rattraperai ma mauvaise note, ou je me débrouillerais autrement. On laisse tomber et on rentre ? lui proposai-je.

Et puis, je ne sais pas ce qui se passa dans ma tête, si c'était le fait de l'avoir touché physiquement, ou d'avoir croisé son regard déçu qui criait « enterrez-moi », mais, alors que nous prenions le chemin du retour, je m'arrêtais et lui fit face.


- En fait... j'étais carrément flippé aussi. Je t'ai suivi parce que tu avais gentiment proposé de m'accompagner, mais, euh, voilà...

Je fis une pause, un peu mal à l'aise de cet aveu que je m'étais pourtant juré de garder pour moi. Mais dès que je posais le regard sur Seb, il y avait un petit truc qui me déglinguait l'estomac, parce que je sentais quelque chose de... vrai, dans ses yeux et dans son attitude, un petit truc qui me poussait à lui déballer ce que j'avais véritablement sur le cœur et que j'aurais dissimulé à tous les autres mecs du dortoir.

- J'sais pas ce que je fiche à Gryffondor..., concluai-je mollement avec un regard las. C'est que cette révélation était douloureuse, non seulement parce que j'en avais désormais la preuve, après l'épisode de ce soir, mais surtout que, formulée à voix haute, elle paraissait beaucoup plus officielle et inéluctable. Et sincèrement, ça me faisait bien mal aux fesses, de rien avoir dans le pantalon.

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Sebastian Hansen
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Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Mar 25 Sep - 17:19

@Étienne Morel a écrit:
Mais dès que je posais le regard sur Seb, il y avait un petit truc qui me déglinguait l'estomac[...]

My bed or yours?





Déjà, je n’aimais pas trop les serres de jour, alors de nuit c’était carrément l’enfer. Je sais que n’importe quel moldu rigolerait devant une telle affirmation, et pas mal de sorciers aussi, mais croisez donc une mandragore et on en reparle. La moitié des plantes de ce lieu étaient classées comme dangereuses et le reste… Eh bien, le reste était tout aussi flippant. Comme les cours de soins aux créatures magiques, et parfois ceux de défenses contre les forces du mal quand on faisait des exercices pratiques… Et ceux de sortilèges, mais plus à cause de Woodley que les baguettes magiques. A m’entendre, j’étais vraiment un trouillard. Je crois qu’en fait, c’était vraiment le cas. Etait-ce mauvais de tenir à sa vie ? Non mais désolé de vouloir faire gaffe, de ne pas être un téméraire. Comment faisaient-ils eux ? C’était carrément flippant. L’adrénaline en elle-même, ce n’était pas si désagréable. Ça me donnait l’impression d’être vivant, mais la sensation ne durait que quelques minutes avant que les doutes et les peurs m’assaillent. Et puis, je me laissais rarement aller au danger de toute manière. La dernière fois, c’était avec Daphne contre cette immense araignée. Bon, c’était un souvenir assez mitigé. Après réflexion et surtout en regardant la cicatrice sur mon bras, je me trouvais carrément taré. Mais sur le coup, je n’avais pas pensé à rien d’autre que tirer la Serpentarde et moi, comme animé d’un soudain courage héroïque digne des vrais Gryffondors. Ça m’avait rapproché de la jeune fille également, mais je ne cessais de me dire que j’y avais joué gros et que ça aurait pu mal tourner. Sérieusement, être courageux, c’était dangereux. Tiens, ça aurait pu faire un bon slogan pour moi ça !

- Ok, je te suis.

Non, non, dis-moi qu’on fait demi-tour s’il te plait ! Pourquoi c’était moi qui allait faire le sale boulot hein ? Pourquoi je m’étais proposé hein ? Moi j’étais parti pour faire le guide, pas l’aventurier. C’était Etienne le leader sans peur, moi je suivais. Alors qu’est-ce qu’il attendait pour prendre la tête des opérations ? Je restais debout, planté comme un piqué en agitant ma main dans le vide pour montrer une direction lointaine. Au pire, je n’avais qu’à dire que ces sales plantes étaient du côté des fleurs inoffensives, prétendre les chercher et dire que, oh mince, elles n’y étaient plus ! Bon, c’était vraiment lâche et un sale mensonge. Mais là pour le coup, il était justifié pour garder la vie. J’eus une pensée amère pour ma grande sœur, experte de ce genre de bêtises nocturnes. Et en plus, c’était une Serdaigle… C’était vraiment le monde à l’envers. J’entendais sa voix se moquait au loin dans ma tête. Celle de Tess aussi, et Daphne et son rire grinçant. Bien, ma foi, ces moqueries imaginaires pourraient au moins me faire bouger non ? Mais à la place, elles me figeaient plus, et j’avais sacrément honte de moi. Bon, c’était le moment où jamais pour bouger, ou dire à Etienne que j’avais super peur.

- Euh, Seb... ? T'attends la saint Glinglin ?

Euh, pardon ? Je lui lançais un regard inquiet. Ça voulait dire quoi, c’était un code français pour dire que c’était le moment de bouger ? Ou de battre en retraite ? Il était chouette Etienne, mais j’aurais éventuellement apprécié qu’il reste compréhensible. C’était cool les origines française et tout, mais je ne savais dire que « Bonjour » et « Merci » alors les expressions, c’était à éviter. Parce qu’en plus maintenant, je n’avais aucune idée de ce qu’il voulait… J’allais lui demander ce que ça voulait dire, pour gagner un peu de temps, quand un craquement me fit sursauter et abandonner lamentablement mon poste en tête de l’expédition. Tant pis, je ne voulais pas mourir sous un jet de bave terrible moi ! Ce fût mon unique pensée lorsque j’attrapais Etienne et que je tirais hors de la serre à toute vitesse, comme s’il en allait de ma vie. C’était le cas non ? Le froid de la nuit me fit frissonner de plus belle et je réalisais avec le silence ambiant que j’étais définitivement dehors, et que j’avais littéralement fui comme une mauviette. Je laissais passer quelques minutes en respirant pour me calmer, ne sachant pas vraiment quoi dire. Finalement, je bredouillais quelques excuses moisies, dépité.

- T'inquiètes, je comprends, c'est vrai que c'est un peu angoissant… Je t'en veux pas, je rattraperai ma mauvaise note, ou je me débrouillerais autrement. On laisse tomber et on rentre ?

Un peu angoissant ? Bon, visiblement, j’étais le seul à avoir eu vraiment peur. Super, super. Etienne me tapota l’épaule et je restais les yeux rivés sur le sol, prétendant admirer les brins d’herbes pour ne pas affronter son regard. J’étais ridicule et l’histoire n’allait probablement pas tarder à faire le tour du dortoir. J’entendais déjà le rire de Luke. Note pour moi-même, la prochaine fois, ne pas proposer mon aide pour ce genre de truc débile. Nous commençâmes à remonter et j’adressais un dernier regard désolé à mon camarade, avec l’horrible sentiment d’être le dernier crétin de la terre. Mais en passant devant le potager aux citrouilles, Etienne se stoppa et se tourna vers moi, l’air totalement dépité aussi.

- En fait... j'étais carrément flippé aussi. Je t'ai suivi parce que tu avais gentiment proposé de m'accompagner, mais, euh, voilà...

… Pardon ? Je clignais des yeux, fronçant malgré moi les sourcils.

- J'sais pas ce que je fiche à Gryffondor….

Alors ça, c’était vraiment… Je restais surpris un instant. Etienne qui se révélait être aussi peureux que moi ? Pardon ?! De tous les mecs de notre dortoir, il était l’un de nous qui avait le plus d’assurance. Il était drôle, il était courageux (enfin, je croyais ?) enfin bref Tess ne cessait de le prendre en exemple quand elle me trouvait trop mou. J’avais l’impression d’être une larve à côté de lui, et maintenant il m’avait ressentir la même chose que moi depuis qu’on m’avait posé le chapeau sur la tête ?!

-…. Désolé, fallait que je m’en remette ! Toi aussi ? Finis-je par lâcher lamentablement. Je m’appuyais contre une des citrouilles géantes, osant enfin le regard d’Etienne. Qui désormais me paraissait vraiment plus humain. J’pensais être tout seul dans ce cas.

Je poussai un ultime soupir. J’avais assez honte de moi, il fallait le dire, mais j’avais l’impression d’avoir désormais trouvé un allié, finalement je n’étais peut-être pas le seul boulet. J’avais carrément un élan d’affection pour Etienne là.

- Pourtant tu sais, on dira pas pour toi. Je crois que t’es pas si peureux que ça. Dis-je avec un petit sourire. Moi, c’est bon, j’ai déjà la réputation de bonne pomme. J’aurais dû aller à Poufsouffle. Parfois je me dis même que j’aurais l’air plus futé chez les Serpentards… Sans l’air hautain hein. Là, c’était l’ultime confession. Mais pourtant, elle n’en restait pas moins véridique. Ma meilleure amie était dans cette maison… Daphne aussi… Maddison… Je les aimantais les serpents ou quoi ?


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Étienne Morel
Élève de 2ème année



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Particularités: Avant, j'étais blond. Mais ça, c'était avant. Avant qu'une furie rate un de ses sortilèges et me teigne en brun (toute compassion est fortement appréciée).
Ami(e)s: Toi, plus moi, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et... BREF.
Âme soeur: Parce que lutter contre des démones et des dragonnes, ça va bien cinq minutes... SEBASTIAN HANSEN MY HEART IS YOURS ! (...mais en vrai j'aime les filles, hein, ne vous méprenez pas)

MessageSujet: Re: Dans la terrible jungle, le Lion est mort ce soir [PV] - Terminé   Dim 23 Déc - 0:25

J'avais toujours trouvé qu'il y avait quelque chose de rassurant chez Sebastian, même quand je ne lui parlais pas, ce qui arrivait plus que je ne le voulais. Je reportais souvent la faute sur Luke quant à la direction que prenait mes fréquentions ; j'avais décidé de me mêler consciencieusement à la masse et plaire au plus grand monde, même si je n'avais pas besoin de me forcer. J'étais malheureusement d'un naturel agréable et gentil (sans me vanter ! Comment ça, j'ai l'air de me vanter?), ce que j'avais d'abord considéré comme un avantage, jusqu'à ce que je rencontre de multiples filles, dont Maxime Danniels, et qui me prouvaient que loin d'être attirantes, ces qualités devenaient presque des défauts. J'avais heureusement fait la connaissance de gens sympathiques, comme Tess, quelques garçons, et je m'entendais bien avec tout le monde, sauf avec certaines filles, donc, et si j'étais satisfait des gens qui m'entouraient et considérait ma vie sociale avec sérénité (pour un petit-fils de berger, je me débrouillais plutôt bien pour me faire des amis qui soient autre que des moutons), il y avait quelques désavantages. Être au milieu des autres impliquait de subir leur regard. Je m'étais rapidement défendu quant à ma passion pour les moutons qui était désormais acquise auprès de tout le monde. C'était cette impression de jugement qui était la plus gênante. Par exemple, après avoir discuté paisiblement avec Maxime dans la salle commune, peu après la rentrée (bon, très bien, en vérité, nous nous étions crêpés le chignon comme des petites vieilles se disputant le dernier concombre restant sur l'étal du maraîcher), les potes de la bande m'avaient fait part de leurs remontrances, du genre, « quoi, tu parles à cette malade mentale », « tu crains pour ta vie ou quoi », « t'approches plus de cette folle », et si j'étais en accord avec le fait qu'elle ne soit pas comme tout le monde, mon cœur s'était un peu révolté dans ma poitrine à leurs mots barbares. J'étais convaincu que l'attitude de Maxime avait sa raison d'être, et loin d'être une tare, avoir son propre caractère indépendant était une chose qui forçait l'admiration. Le problème, c'est que ce genre de personnalités que je trouvais des plus intéressantes étaient celles qui étaient le moins acceptées. L'attitude effacée de Sebastian ne faisait pas exception : à partir du moment où il préférait rester seul, il n'était pas digne d'intérêt. Pour lui montrer que j'étais de son côté, j'avais tenté de lui faire parvenir quelques fois des petits signes d'intérêts, de lui glisser quelques mots sympathiques ; mais nous n'étions jamais allés plus loin, parce qu'il semblait ne pas tant vouloir s'intégrer à notre groupe malgré toutes les perches que je lui tendais, et parce que je ne souhaitais pas non plus couper les ponts avec les autres pour devenir la belle de la bête qu'il était – c'était comme ça que le reste du monde allait voir les choses, j'en étais certain. J'avais donc laissé les choses se faire sans plus intervenir, et si je m'en étais voulu « d'utiliser » Seb pour ce devoir de botanique oublié (même si c'était lui qui s'était proposé, j'avais l'impression que c'était par habitude, comme si il considérait venir en aide à quiconque étant en difficulté comme une mission humanitaire), je ne le regrettais plus. Ce moment seul nous permettait de faire plus ample connaissance, ce dont nous n'avions jamais eu l'occasion auparavant. Et c'était maintenant que je m’apercevais de la valeur qu'il avait que je le regrettais : Sebastian n'était pas comme les autres. Il était plus. Plus intéressant, parce qu'il avait son propre monde, et pas celui que le reste de l'humanité partage. ...Enfin, le reste de la salle commune. C'est moins dramatique, mais ça fait quand même déjà beaucoup de gens ! Je dois reconnaître qu'au début, je l'avais considéré comme tous les autres, un peu comme un paria mal dans sa peau. Je ne comprenais pas le choix de la solitude qu'il semblait avoir fait et qui m'apparaissait aussi ennuyeux que dangereux : s'exclure des autres, c'était s'exclure de la vie, car une vie sans autres ne peut en être vraiment une. Eh oui, messieurs madames. CQFD. Ce n'était pas forcément une constatation qui me plaisait, mais je l'avais accepté pour pouvoir avancer, contrairement à Sebastian qui restait coincé dans son petit coin d'ombre derrière la barrière qu'il s'imposait. Pourquoi, d'ailleurs ? Je lui aurais bien posé la question, mais c'était peut-être un peu trop osé et personnel, et je ne voulais pas le mettre mal à l'aise.

Surtout qu'il l'était déjà assez comme ça, en ce moment même, et pour une fois, je ne pouvais pas vraiment dire que j'en menais plus large. Sebastian était rassurant, grâce à son intelligence et son calme, et même si je m'étais parfaitement intégré, je devais bien avouer que je me sentais souvent un peu immature à côté de lui. Il était une vieille âme coincée dans un garçon de onze ou douze ans, et si j'avais d'abord trouvé ça flippant, et ensuite rassurant, maintenant... Maintenant, je nageais un peu dans l'océan de l'ignorance et de la panique – sympa comme baignade, n'est-ce pas, et je n'avais même pas mes brassards sur moi –, et mon cœur battait à dix mille à l'heure dans ma poitrine. Je n'avais plus conscience de rien à part de la chaleur qui m'envahissait, de l'angoisse qui m'avait nouée l'estomac, et de la honte de ma vie que j'étais en train de me prendre. Alors que je me félicitais que Sebastian ne soit pas le genre à balancer sur tout les toits « il a voulu aller dans les serres mais a fait demi-tour avant de mouiller son pantalon », ce qui était totalement le genre de Luke, j'eus conscience d'autre chose. Sebastian n'était pas non plus le genre de personne devant qui il était utile de cacher le genre de... eh bien, de sentiments réels qui se cachaient derrière la carapace que nous arborions tous et qui était, pour ma part, faîte d'une douce laine de mouton. Parce qu'il m'inspirait cette présence rassurante et que je me sentais incapable de simuler une confiance en moi dont je pensais être doté mais qui me semblait de plus en plus illusoire, je me me mis à nu devant lui, tondant le pelage qui me servait de bouclier. Une fois la tonte passée, je le vis me regarder d'un air un peu hébété en clignant des yeux, comme si je venais de lui annoncer que j'aimais porter les sous-vêtements de ma grand-mère en secret. Apparemment, je paraissais vraiment ce que je désirais être, parce qu'il semblait incroyable à ses yeux que je sois un trouillard – j'en étais à la fois flatté et gêné, parce que je n'aimais pas mentir, surtout à Sebastian, pour des raisons qui me paraissaient obscures mais qui devaient avoir un lien avec la vision élogieuse que j'avais de lui. Si il avait ses défauts, il possédait aussi des qualités qui me faisait sentir tout petit, comme cette maturité et ce calme qu'il assumait parfaitement. Après tout, peut-être qu'il se complaisait dans la solitude. Moi-même, je ressentais ces moments où je n'avais besoin de personne sinon de la nature pour m'entourer et recueillir mes états d'âme silencieux.


- Toi aussi ? s'exclama t-il, surpris. J’pensais être tout seul dans ce cas. Je lui adressais un sourire un peu tordu qui voulait à la fois dire « maintenant tu l'es plus, mon pote ! » et « pardon de t'avoir menti », ce qui était absolument ridicule puisque je ne devais rien à Sebastian mais... Mais il y avait quelque chose que je ressentais comme de l'auto-trahison. J'étais bien faible, tiens !

- Ben, les apparences sont trompeuses, dis-je simplement avec sagesse et maturité – et pour le coup, je n'étais pas peu fier de ma petite phrase.

- Pourtant tu sais, on dira pas pour toi. Je crois que t’es pas si peureux que ça, continua t-il après un soupir, un sourire sur les lèvres.

- Les moutons enragés je maîtrise, mais les plantes avec des dents et qui bavent, c'est autre chose, avouai-je à mon tour en souriant.

- Moi, c’est bon, j’ai déjà la réputation de bonne pomme. J’aurais dû aller à Poufsouffle. Parfois je me dis même que j’aurais l’air plus futé chez les Serpentards… Sans l’air hautain hein.

- C'est mort, Seb, faut pas se laisser abattre !, lançai-je avec animosité. Je m'étais aussi dit ces choses là – Poufsouffle, tout ça – et si j'avais laissé tomber la chemise, enfin, le masque, pour Sebastian, je n'allais certainement pas nous laisser nous embourber dans notre misère mutuelle. Je pense qu'il y a pas qu'une sorte de Gryffondor, on peut pas tous êtres des gros durs courageux, ce serait plus marrant sinon, ajoutai-je en souriant franchement. Et t'es pas une bonne pomme. Je te vois pas comme ça, en tout cas. Et si les autres continuent de te traiter comme ça, je vais les faire changer d'avis, tu vas voir, dis-je en mimant une moue de warrior prêt à tout défoncer sur son chemin. J'étais encore incertain quant à ma présence chez les rouges et ors que je trouvais toujours injustifiée, mais je me confiais le devoir d'être certain pour deux. Voilà.

- Alors, amis ?
lui lançai-je en accompagnant mes mots d'un petit coup de poing sur l'épaule pour lui montrer que j'étais avec lui et que j'avais bien l'attention de nous motiver. Et alors que nous remontions vers le château, je pris la décision d'être pleinement du côté de Seb en gardant un pieds dans celui des autres – j'allais jongler coûte que coûte pour conserver les deux partis, mais j'avais décidé de ne plus laisser tomber Sebastian. Et j'allais m'y tenir. Si j'avais confiance en lui, j'allais lui prouver que désormais, la réciproque allait être également vraie.


- THE END -

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