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Les facéties du chat (pv Taylord) terminé

 
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 Les facéties du chat (pv Taylord) terminé

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Lun 26 Nov - 19:33



L'air frais de cette fin d'automne m'était salvateur : il insufflait dans mes poumons une énergie nouvelle et si je fermais les yeux et que je me laissais bercée au gré du vent, perchée sur une branche d'un arbre de la forêt interdite, je pouvais presque imaginer l'odeur iodée de l'air du large et les vagues des plages de l'Oregon, puis de rêver la sensation de l'eau fraîche portée par les courants froids de Californie, et de la brûlure au sortir de l'eau turquoise du soleil éclatant sur ma peau. Avec l'arrivée de l'hiver, j'avais envie de chaleur comme d'un cocon protecteur, et je rêvais encore plus de grands espaces avec tout ce qui arrivait dernièrement. Noël arrivait et je n'étais pas certaine de prétendre à en être ravie car les fêtes familiales me rappelaient toujours la tragédie de la mienne, bien fraîche encore ; je ne savais pas quoi faire pour aider Ruby qui dressait, j'en avais l'impression, des barrières autour d'elle pour ne pas que je l'atteigne, tandis que ma relation avec Stephen me laissait perplexe. Un jour avec un jour sans, et il pouvait pester contre Le Chat qui avait toute mon attention pour lui, Le Chat au moins me rendait bien mes sentiments. Je ne pouvais pas affirmer l'exactitude de mes sentiments pour le Serdaigle, mais... Mais nous étions... comme ça depuis un petit bout de temps maintenant, et il m'agaçait à toujours se draper dans ses grands airs et me rappeler que nous avions promis pas de tendresse et pas d'intimité, alors que je n'avais pas prêté serment devant l'éternel non plus, et que je voyais difficilement comment jouer à ce petit jeu encore longtemps, à moins de reconnaître purement et simplement que nous étions des objets sexuels, ce qui n'était franchement pas mon genre, étant donné ma relation aux... rapports intimes. Pour ce genre de choses il pouvait faire affaire avec Chuck Carlton qui lui semblait bien se foutre de ce genre de principe, puisqu'à part le Poudlard Express, je ne voyais pas très bien qui ne lui était pas passé dessus. Il faisait ce qu'il voulait, ça ne m'avait jamais dérangé jusqu'à il y a peu, mais depuis qu'il avait profité de Ruby comme le plus parfait des connards, sa réputation me restait en travers de la gorge. Je me foutais comme d'une guigne des rumeurs sur les autres, depuis toujours, mais disons qu'en me sociabilisant j'avais fin par plus les assimiler, et il se disait que Carlton avait déjà fait ses preuves en étant un vrai imbécile avec Taylord Reegan, ce qui m'avait immédiatement insufflé de la sympathie pour elle, grâce à ce que l'on appelle la solidarité féminine. C'était un pas, car bien que je ne la connaisse pas et que tout aurait plutôt dû nous rapprocher, nos origines, nos goûts et nos bonnes notes en Soins aux créatures magiques, je... Elle m'était sympathique jusqu'à ce que je vois l'éclat des yeux de Stephen quand il parlait de sa si merveilleuse amie Taylord, et là étaient les limites de ma sympathie. Bien entendu, il faisait ce qu'il voulait, il avait sa vie, et moi la mienne. Il avait Taylord, peut-être, mais dans ce cas, moi, j'avais Le Chat, et j'aimais sans doute plus Le Chat qu'il aimait Taylord, si tant est qu'il soit capable d'aimer quelqu'un plus que son chaudron et son nécessaire à potions.

Enfin, j'avais promis ce matin de ne pas me tourmenter l'esprit et de profiter de la journée. Ruby dormait encore apparemment, il était tôt, et j'avais dormi d'une traite et d'un sommeil si lourd qu'en m'éveillant tôt ce samedi matin j'avais l'impression d'avoir emmagasiné cinq jours de récupération. Le soleil timide qui filtrait à travers les quelques nuages m'avait appelée et sans plus attendre j'avais enfilé mon vieux jean troué, mes baskets d'un état similaire, un t-shirt puis mon sweat préféré floqué du symbole de l'Oregon, et j'étais descendue petit déjeuner. En chemin, ou plutôt juste à la sortie de la salle commune de Gryffondor, j'avais trouvé Le Chat assis sagement. J'avais toujours un sourire si grand et le cœur qui battait entre mes côtes quand je voyais combien ce petit animal me rendait tout l'amour que j'avais toujours dû refouler pour n'importe quel animal puisque mes parents n'avaient jamais voulu que j'en ai. A Poudlard, c'était comme si j'avais Le Chat, et je l'avais pris dans mes bras en me dirigeant vers la Grande Salle en le caressant et l'écrasant contre moi pour sentir son petit cœur battre, mais comme souvent il avait fini par râler et sauter de mes bras - il aimait son indépendance.

Il ne m'échappa pas qu'il avait le poil terne et sale par endroits, et que sa démarche, quand on s'y arrêtait, n'était pas très linéaire ; si son maître s'était trouvé devant moi à ce moment là il aurait probablement subi le même sort que j'avais réservé à Carlton quelques jours auparavant. Mon poing s'en souvenait encore, d'ailleurs. J'avais un peu mal quand j'étirais les doigts. Mais évidemment Stephen n'était pas là, et je savais déjà que quand je lui lancerais au visage qu'il me faisait vomir à essayer ses fichues potions sur son pauvre chat, le discours serait le même d'habitude et finirait par une séparation momentanée des parties adverses, qui n'arrivaient jamais à garder cette séparation très longtemps, hélas. Qu'est-ce que cela pouvait m'agacer de ne pas lui tenir tête comme je le voulais! Ma seule consolation était qu'à ça, il n'était pas meilleur que moi.

J'avalai un copieux petit-déjeuner et proposai à mon compagnon, à qui je donnai également un repas digne de ce nom car Merlin savait ce que Stephen lui faisait avaler, croisai, comme on parle du loup, la petite Fray sans lui accorder un sourire - elle m'inspirait autant de confiance qu'un bourreau un jour d'exécution, même si elle était tout le temps bien habillée et polie avec tout le monde. L'instinct, sans doute. Sans plus attendre, je filais au-dehors, me sentant enfin libérée de tout.

Il y avait dans le bruit de mes pas sur l'herbe grasse, dans les sons du froufrou des feuilles et du vent qui sifflait entre les tours de Poudlard, dans les odeurs des plantes et des résines différentes, dans le clapotis du lac et le chuchotement des insectes, un rythme qui me faisait vibrer toute entière et qui résonnait jusqu'au plus profond de mon être, depuis toujours. J'aimais la nature d'une manière que je ne savais pas définir, c'est comme si j'étais elle ou qu'elle était moi ; le sommet des montagnes, la clarté infinie de l'océan, la beauté des collines verdoyantes, tout cela m'insufflait un tel souffle de vie que j'avais besoin de m'y régénérer, seule, de temps à autre. C'était là que j'étais réellement moi-même, là où l'humanité effleurait tout ce qui lui échappait et existait comme elle, sans elle, pour elle? Ce concept m'était un peu flou.

Je ne dérogeai pas à mes coutumes et partis vers le lac y faire des ricochets, mais je fus bien vite détournée de mes exploits par Le Chat qui courait autour de moi et s'amusait dans les herbes, et je me mis à jouer avec lui. Finalement, il me sembla pister une souris et je me mis à le suivre, tapie comme lui à sa suite, ne faisant pas de bruit pour ne pas ruiner sa chasse. Ce petit manège dura assez longtemps, la proie finit par s'échapper et nous par arriver près de la forêt puis près du Saule Cogneur, où il se mit à me courir après et moi après lui et je riais de la facilité que j'avais à le détourner de son premier but, me sauter sur les pieds, en agitant des tiges sous son nez pour qu'il les attrape. Mais, tout d'un coup, un oiseau rasa l'herbe puis passa entre nous deux et dans un même mouvement, Le Chat et moi le suivîmes des yeux ; l'oiseau alla se poser dans un arbre un peu plus loin et dans attendre, Le Chat détala dans sa direction et grimpa en flèche au tronc puis disparut dans les branches. J'avançais et me postai sous l'arbre : évidemment, l'oiseau s'était envolé.


- Descends, maintenant ! lui dis-je en souriant. J'aurais bien aimé grimper et le rejoindre, mais l'arbre était frêle et garni de branches minces et souples, et je savais que ce n'était pas une bonne idée.

Mais Le Chat regarda autour de lui, fit quelques mouvements, et ne bougea pas. En réalité, je me demandais s'il ne se retrouvait pas un peu coincé... Car les branches étaient lisses et fournies, et je devinais son insécurité. Seulement, il se mit à faire sa toilette comme si de rien n'était, et son attitude m'énerva. Soit il ne voulait pas me montrer qu'il avait peur, et c'était stupide, soit il me laissait en plan alors que nous jouions ensemble, et ce n'était pas très gentil.


- Bon, tu descends? Il me jeta un regard de Roi comme les chats savent si bien le faire, puis entrepris de se lécher lentement la patte. Je te préviens, je peux le dire à ton maître... Il parut prendre ma remarque en considération, hésiter, mais il ne descendit pas pour autant, et il avait bien raison. Ça n'était pas mon genre. Tu as peur ou quoi? me moquai-je. Il n'interrompit même pas sa toilette. Très bien, je viens te chercher!!

Forte de cette décision je m'agrippai aux branches traîtres et souples, et me hissai dans les airs. Cela me fut laborieux, j'avais peu de place entre les branches, je glissai, et plus je prenais de la hauteur plus je les sentais ployer légèrement. Je n'étais pas si lourde et je mettais bien mon pied à la base des branches, mais je savais que ce n'était pas très malin d'entamer une telle ascension. Râlant et pestant contre Le Chat, je finis par arriver près de lui, mais évidemment, il bougea ses petites pattes pour s'éloigner de ma portée... J'avançais un peu, lâchai une main, jouai de mon équilibre...

La branche sous mon pied droit céda puis, par écho, celle sous mon pied gauche également. Je ne criai pas, mes sens essayant de se concentrer pour me rattraper : je dégringolai de quelques branches, me rattrapai avec les mains, tombai de nouveaux, ma chute heureusement amortie par les branches serrées qui tissaient un genre de filet, ratai une prise, basculai en avant, fis littéralement la galipette dans les airs et tombai sur les fesses, assises, des feuilles partout et les cheveux obscurcissant ma vue.

Si les chats avaient pu rire, on aurait entendu Le Chat jusque dans les cachots. Il miaula plusieurs fois en me regardant et après que j'ai recraché mes cheveux et les quelques feuilles qui s'y étaient mêlées, je levai la tête vers lui avec un regard noir en le maudissant et pestai :


- Tu sais, je pourrais vraiment le dire à Steph...

Mais une ombre soudain arriva dans mon champ de vision et je baissai le regard, toujours assise sur mes fesses, jambes étalées dans l'herbe, et appuyée sur mes mains posées derrière moi. Je compris alors que j'avais eu la chance de ne pas me faire mal, à part un peu aux fesses, mais en tout cas, la honte allait se charger du reste. Taylord Reegan était devant moi, sûrement aussi surprise que moi, et je ravalais le prénom que je ne préférais pas associer à elle, tout en me demandant quelle honte aurait pu être pire que ma chute ridicule devant elle en particulier. Comme pour enfoncer le clou, j'entendis Le Chat sautiller de branche en branche et venir s'assoir à côté de moi, me regardant malicieusement. Traître!

- Ça va, je me suis pas fait mal, pas du tout, marmonnai-je en frottant mes habits et en secouant mes cheveux plein de feuilles. Et, euh, toi, ça va?... Au moins, il me semblait qu'elle était amie avec Ruby, c'était peut-être le signe que nous allions bien nous entendre, après tout.

_________________

So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
I want to be your obsession




Spoiler:
 


Dernière édition par Lizlor Wayland le Jeu 24 Jan - 16:36, édité 1 fois
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Mar 27 Nov - 14:30

J’aimerais bien être comme toi.
Elle avait eu une voix un peu aiguë et à ce moment-là je m’étais dit que ce n’était pas possible d’avoir la même à son âge. Je n’avais pas trop compris, sur le coup, pourquoi elle avait dit ça. Elle devait être en première année, deuxième année tout au plus, c’était le genre à disparaître sous une montagne de livres parce ce qu’ils étaient bien trop grands, trop lourds pour elle. Mais elle était venue, comme ça, à la table à laquelle j’étais attablée dans la salle commune en proclamant ses paroles avant un tel naturel et une telle franchise qu’au début, je m’étais contentée de la dévisager un brin étonnée, sans savoir trop si je devais la remercier ou pas, en continuant sur sa lancée, qu’elle aussi voulait devenir Miss Gryffondor, parce que ça voulait dire que c’était le symbole même de la maison, et d’autres trucs du genre. Mouais. Je n’avais rien dit pour ne pas la décourager et j’avais souris, et elle, ses yeux brillaient comme si c’était le plus beau jour de sa vie, mais le seul truc qui m’était passé par la tête c’était qu’au contraire, j’espérais bien que JAMAIS, elle n’emprunterait, les voies que j’avais emprunté. Mais quand même. J’y avais repensé le soir, en me couchant. Puis ensuite, le matin en ouvrant un œil, en notant que j’avais tellement remué sa phrase dans toutes les interprétations possibles que ça m’avait empêché de dormir durant une bonne partie de la nuit.

Elle allait être déçue. Ce qu’elle voyait en moi, c’était un titre, inventé par les journalistes du Daily en plus, donc, forcément, les choses étaient enjolivées. Mais il y avait une telle… admiration que quand même, ça me laissait perplexe. Que je m’étais faite volontairement renvoyée de l’école, qu’en plus par la suite, je m’étais laissée chuter – j’avais laissé les autres me faire chuter. Que je n’étais pas une bonne amie, pas vraiment celle non plus qu’on veut conserver pour soi tout seul précieusement, ni la plus jolie, ça arrivait même tout en bas de la liste, et que tout ça regroupé, ça ne faisait pas de moi un modèle de courage et de loyauté, si chère de la maison de Godric Gryffondor et que si elle voulait un modèle à suivre, il valait mieux qu’elle choisisse quelqu’un d’autre qui ne la mènerait pas à coups sur vers la déchéance. Puis c’était là que j’avais ressenti… ce truc. Cet espèce de truc, qui ressemblait plus ou moins à de la fierté, plus ou moins, parce que mon orgueil était aux abonnés absents depuis un bout de temps comme de prouver que oui, je faisais partie des rouges et or et qu’en plus j’étais censé les représenter et que ce n’était pas pour rien. Et que j’étais capable de le défendre, parce que l’emblème était un lion et ce n’était pas pour rien. Pour la première fois depuis longtemps, je m’étais levée avec une idée précise en tête, vraiment, avec cette sorte de motivation énergétique que vous ne savez pas où vous êtes allé la piocher mais qui peut être… était là depuis le début. C’était juste qu’elle attendait le bon moment pour se manifester. Ça n’avait rien à voir avec l’hésitation que j’avais éprouvé en prenant ma baguette dans mes mains quelques jours avant.

La baguette justement. Au début, elle n’avait pas réagi et pour de bon, j’avais cru qu’elle était cassée et irréparable, bref. J’avais quand même essayé de jeter un sort pour voir ce qui se passait, quelque chose de tout simple comme dans les cuisines quand j’avais pris celle de Chuck mais euh… au lieu que les draps s’animent pour se tendre et que le lit se refasse tout seul, j’avais mis le feu aux rideaux à baldaquin, heureusement l’une des filles des dortoirs qui était là avait pu l’éteindre, mais du coup des elfes de maison étaient venus les remplacer et j’avais même reconnu celui qui faisait plein de courbettes et qui m’offrit un grand sourire pour me demander si j’avais bien fini le gâteau de la dernière fois. Hmmmm. Enfin, elle me faisait plein de coups de pute comme ça – ma baguette – et finalement, une fois n’est pas coutume, j’étais allée voir Kelsey qui avait d’abord tiré une tête de vainqueur, ça m’avait énervé et j’avais failli tourner les talons sans attendre, parce que c’était elle ma directrice de maison, c’était qui qu’elle voulait que j’aille voir si j’avais un problème ? Woodley peut être ? Mais oui ! Elle allait chercher à me la confisquer pour de bon à coups sûr ! En plus il n’y avait que les imbéciles qui ne changeaient pas d’avis. Non mais. Elle m’avait rassuré en disant qu’il fallait moi aussi que je fasse des efforts – comme si je n’en avais pas assez fait comme ça ! – et qu’en attendant, il ne fallait pas que je m’inquiète, qu’il fallait persévérer, mais qu’elle allait quand même voir de son côté si elle ne pouvait pas contacter Ollivanders et demander son avis. Donc en attendant, je devais faire avec ma baguette défectueuse.
J’allais lui montrer à c’te gosse, des bonnes raisons de vouloir être comme moi.

Parce que ce qu’il y avait de nouveau, c’était que chaque matin depuis les derniers jours, je m’étais levée avec de nouveaux projets. Déjà la magie. J’essayais de manger. Ce n’était pas tant ça le plus difficile, parce que j’étais bien obligée dans un sens c’est dans la nature humaine, mais le plus dur c’était de le garder, et ça j’avais encore du mal, parce que déjà je m’étais fixée des heures précises, comme pour instaurer le rituel, alors bonjour l’affaire, et puis je n’avalais que des choses qui me faisaient envie, en général, c’était des trucs sucrés parce que ça passait mieux et on pouvait pas dire que ce soit très bon pour la santé. Mais bon. Le pire, c’était souvent les heures qui suivaient, parce que c’était plus fort que moi il fallait vraiment que je m’en débarrasse, il fallait vraiment, vraiment, mais je savais que je ne devais pas, mais je voulais quand même. Généralement, c’était tout mon corps qui se raidissait, je gardais la mâchoire serrée comme jamais, je prenais de grandes inspirations à chaque respiration et j’évitais de parler parce que sinon j’avais l’impression que j’allais exploser dans la seconde, et c’était ce qui me faisait un peu trembler. Toute seule il m’était arrivé de craquer, mais j’avais réussi une fois ou deux quand même… j’avais fini par en parler à Scarlett parce que son aide m’avait déjà été précieuse par le passé et juste le fait de serrer très fort sa main quand ça n’allait pas et d’entendre sa voix toute douce sur laquelle je pouvais me concentrer, juste sur sa voix, ça ne me permettait pas de songer à… parfois je décrochais, mais quand elle m’appelait, même que sa voix était très lointaine, l’orage arrivait quand même à passer. Jusqu’à la fois d’après. J’avais fait exprès de ne surtout pas l’évoquer avec Chuck parce que même si ça se passait beaucoup mieux et que maintenant on passait du temps ensemble sans que ce soit gênant ni pour l’un ni pour l’autre, vu sa réaction de la dernière fois, je préférais, je préférais le garder pour moi, faire comme si de rien était… je ne sais pas. C’était mieux.

Mais ce n’était vraiment pas simple de se retrouver soit même, surtout dans un contexte comme celui de Poudlard. J’avais tenté de faire le point. De savoir où est-ce que j’en étais un peu. Ça avait porté ses fruits, parce que même si certaines restaient un peu floue j’avais quand même trouvé des réponses à mes questions, mais voilà – quand j’étais moi-même justement, c’était à dos de cheval, seulement ça risquait d’être un peu difficile ici, mais j’avais comme l’impression d’être en cage à trainer dans les couloirs ou dans la salle commune comme ça et l’air devenait franchement irrespirable. Je retrouvais les mêmes envies d’extérieurs que j’avais habituellement et j’avais vraiment besoin de me dégourdir les pattes, donc je m’étais à faire du jogging le matin, dans le parc de l’école avant les cours, et c’était le meilleur moment de la journée parce que c’était là où je ne pensais strictement à rien si ce n’était la distance qu’il me restait à parcourir jusqu’à revenir au départ puisque je tournais en rond. Et puis si je faisais du sport – je devais manger, sinon, j’allais encore ne pas être bien – et ainsi de suite. Ça avait l’air tout simple, mais pour moi, c’était de véritables montagnes et je le faisais même quand il pleuvait alors que j’étais comme Zephyr là-dessus, je détestais ça, parfois il m’accompagnait. Mais j’avais cette envie qui me tirait vers l’avant comme un élastique et pour ne pas qu’il craque, je devais le suivre. Je le suivais.

Comme c’était le week end et qu’en plus il faisait presque beau, je m’étais levée un peu plus tard. Je n’étais pas passée par la grande salle, parce que j’avais déjà de quoi faire mon petit déjeuner, j’avais une barre chocolatée et puis j’avais encore quelque chose à grignoter avant ma course. En général je la mangeais juste avant de commencer parce c’était plus facile de me retenir pendant que je courrais, parce que ça ne me traversais même pas l’esprit. Je ne demandais jamais à personne de m’accompagner, parce que c’était un truc que j’aimais faire seule – c’était là que je me ressourçais vraiment, que je me sentais le mieux et je ne voulais pas trop le partager. L’air était vivifiant mais pas désagréable et il portait mes foulées tout en les maintenant régulières.

Je perdais toujours un peu la notion du temps, je m’arrêtai souvent lorsque j’étais à bout de forces, donc la durée dépendait un peu des jours. Mais là, ça faisait un moment que ça durait parce que j’étais repassée devant le lac plusieurs fois et là j’entamais la montée de la colline où le saule cogneur se tenait à son sommet et je faisais toujours attention à ne pas trop l’approcher celui-là – il était un peu vicieux. Il y avait d’autres arbres aux alentours, moins épais et moins dangereux surtout et là j’allais arriver aux côtés de celui-là où je tournais ensuite pour aller en direction du terrain de Quidditch et revenir vers le chât… Le bruissement anormal des feuilles et de branches qui tombaient par terre, brisées, me fit me déporter instinctivement sur le côté et j’eus le bon réflexe, car une seconde de plus et c’était Lizlor Wayland elle-même qui me transformait en crêpe, même si elle avait de la marge de ce côté-là. Je la reconnus tout de suite grâce à ses cheveux parce qu’elle faisait partie de celles qui avait une véritable crinière en guise de tignasse et puis c’était con à dire, mais en général, même ceux qui n’en ont strictement rien à foutre des étiquettes et personnellement c’était pas à ça que je pensais quand je la voyais en salle commune, c’était la fille de la directrice de Poudlard donc forcément, désolée pour elle mais elle était tout de suite cataloguée… Non, moi ce que je me disais à chaque fois que je la voyais, c’était qu’elle venait du même pays que moi et c’était bête ça aussi mais ça créait inconsciemment un rapprochement. Pourtant, les Etats-Unis, c’était grand.


- Tu sais, je pourrais vraiment le dire à Steph...

Elle ne devait pas m’avoir vu encore car elle s’adressait… à qui elle parlait ? Je suivis son regard, et vis la boule de poils qui vint s’installer à ses côtés et reconnus tout de suite Le Chat tout en faisant le rapprochement avec Steph… elle s’était arrêtée dans son élan et j’allais lui demander si elle allait bien – elle venait de tomber d’un arbre quand même ! – mais comme j’étais essoufflée je reprenais mon souffle en même temps, et je sentais mes joues toutes rouges sous l’effort, aussi, elle me devança :

- Ça va, je me suis pas fait mal, pas du tout.

Ouais. Si les os de ses fesses étaient faits à base de chamalow, à la limite je voulais bien la croire. En attendant son coccyx devait bien avoir pris cher.

- Tu tomb'ras pas plus bas c’est sûr, me moquai-je mais gentiment, seulement parce qu’en effet, elle n’avait pas l’air blessé. La méchanceté gratuite, c’était pas mon truc de toute façon.

- Et, euh, toi, ça va?...

Pour toute réponse je me laissais tomber à ses côtés et mes cheveux relevés en queue de cheval se balancèrent dans mon dos. Je repris encore de grandes inspirations parce que j’avais un peu la tête qui tournait. Il n’y avait personne dans le parc, les élèves préféraient dormir ou traîner le matin.

- J’avais pas prévu que l’ciel me tombe sur la tête, mais ouais, ça va
, je souris, le souffle encore un peu saccadé parce que cette fois au lieu de me soulager, l’air venait me transpercer les poumons à chaque bouffée à cause du précédent effort.

Il y eut un miaulement près d’elle. Le Chat semblait ne pas apprécier de ne pas être le centre d’attention. Il a dû fuir Stephen. Me dis-je en premier lieu. Il faisait ce qu’il voulait de son animal, mais je ne cautionnais pas pour autant et je ne l’avais jamais vu faire ses petites expérimentations même si j’étais parfaitement au courant mais qu’on en parlait pas. Mais puisqu’il y avait beaucoup de choses qu’on ne parlait pas… surtout ces derniers temps. C’était tant mieux, je savais et il savait que je savais et il savait aussi que si je le surprenais à lui faire avaler une potion à la consistance bizarre, je n’allais pas pouvoir m’empêcher de lui faire une réflexion car si je pouvais être compréhensive pour certains trucs… Non, pas ça. Donc on s’en tenait là.

- T’as réussi à t’échapper ? demandai-je à l’attention de Le Chat en évoquant son maître. Dommage, Zephyr était resté dans les dortoirs. Dès qu’il avait un compagnon de jeu il était tout content. Toi aussi ? Je m’adressai à Lizlor à présent en évoquant le château et du fait que tout le monde apparemment ce matin, préférait rester cloîtré à l’intérieur.

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"Elle lui a appris à vivre.


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Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Ven 30 Nov - 14:52

De toutes les personnes qui auraient pu se trouver là, après Stephen lui-même, Taylord Reegan était sans doute la pire qui pouvait avoir assisté à ma pauvre chute honteuse. Je me sentis instantanément de mauvaise humeur : avais-je besoin que ce soit elle tout particulièrement? Avais-je besoin que la parfaite Taylord Reegan assiste à la honte, et en plus une honte liée aux farces de Le Chat, ce dont Stephen se serait réjoui doublement, de celle qui "sortait" en secret avec son meilleur ami, meilleur ami qui ne jurait que par elle, alors qu'elle ne se souciait plus trop d'elle visiblement? Parce qu'elle avait été renvoyée, mais je n'en savais pas plus moi, ce n'était pas mes oignons. J'aurais pu demander à Maman mais ça ne m'avait même pas effleurée, parce qu'en dehors de Ruby, de Stephen, d'Alex, les autres élèves ne m'intéressaient pas forcément. Et depuis qu'elle était revenue - blonde, je n'avais pas apprécié d'ailleurs, elle voulait ressembler à qui?! - apparemment elle était plus distante, Stephen ne disait rien parce que Stephen ne disait rien par définition, mais il parlait un peu moins d'elle, donc j'en avais déduit ce que je pouvais.

- Tu tomb'ras pas plus bas c’est sûr.

Je n'étais pas d'humeur très clémente, je le reconnais, mais cela n'arrangeait rien. Je me sentis misérable et idiote et ridicule, et avant de me relever je me mis à me frotter les cheveux et les vêtements pour enlever toutes les traces de ce qui venait de se passer, après avoir jeté un regard noir à Le Chat qui reprenait sa toilette, bien content de sa petite blague. Je devais bien le reconnaître : j'étais un peu susceptible, et si Taylord avait décidé de tourner tout cela à la rigolade, je n'allais pas me taper sur les cuisses avec elle. Je regrettais le calme du parc quelques secondes avant, mes jeux avec Le Chat et ces moments où il n'y avait que les arbres, les animaux et moi : voilà pourquoi au fond de moi je m'étais toujours sentie toujours plus proche d'eux que les humains, à quelques exceptions près. Parce qu'ils n'avaient pas et n'auraient jamais cette détestable capacité de juger les gens et de s'en moquer, de les ranger dans des cases et d'être hautains, et c'était bien cela par-dessus tout que je détestais chez les gens et qui m'avait fait fuir loi, très loin, dès que j'avais été en âge de le comprendre. J'avais eu le malheur d'être la fille de la directrice? On m'avait regardée comme une extra-terrestre dès les premiers jours. J'avais eu le malheur de n'être pas comme tout le monde, de fuir les jupes de ma mère, de ne parler à personne et de préférer l'extérieur à notre salle commune? On m'avait considérée comme une sauvage. J'avais eu le malheur de ne pas chercher la compagnie des gens, d'oser m'opposer à d'autres? On m'avait prise pour une folle. Et cela je ne l'oubliais pas, je le vomissais même : aujourd'hui je m'en fichais mais c'était là, tout au fond de moi, tapi dans mes souvenirs et mon ressenti. Il est bien difficile de vivre au milieu des autres, même si j'avais attendu trop de temps avant de me jeter dans la masse, car il fallait bien le faire un jour.

Chez Stephen il y avait sans doute tout cela exacerbé, mais je crois que c'était aussi une manière de me venger, de me confronter à ce qui me révulsait au plus profond de moi. Je ne savais pas dans quelle mesure il était ainsi pour cacher ce qu'il était vraiment ou bien au contraire parce que c'était ce qu'il était vraiment, mais je perdais pas une occasion de lui rappeler dès que la moutarde me montait au nez, dès qu'il m'était trop insupportable et qu'il était trop ce Stephen Fray que je haïssais, depuis le début. Mais tout cela était un jeu et je le savais bien, un jeu qui nous avait pris nous-mêmes à notre propre jeu et dans lequel nous étions bien empêtrés maintenant... Je savais à peu près ce que ça voulait dire pour ma part, mais je savais tout aussi bien qu'il n'en savait rien - et peut-être ne voulait rien? - alors voilà, je ravalais mes questions quand j'étais avec lui, parce que j'avais compris. Nous avions juré de ne pas mélanger. Mais il n'empêchait que mon cœur battait plus fort quand il me serrait dans ses bras, et que ce n'était pas seulement parce que nos peaux l'une contre l'autre déclenchaient tout un tas de réactions physiques à l'intérieur de nous... Il y avait autre chose.

Taylord se laissa tomber à côté de moi, à ma grande surprise - se moquer de moi et jouer les bonnes amies? Tiens donc, voilà une option que je n'avais pas envisagée. Jamais son accent ne m'avait frappée autant qu'aujourd'hui, elle traînait les syllabes et parlait de façon plus nasillarde que les anglais. Moi qui étais née entre les deux nations, je n'avais pas l'impression d'avoir plus l'accent de l'Oregon que d'Angleterre, sans doute un peu des deux. Mais une chose était sûre, et je retins un sourire moqueur, le Texas, là où j'habitais, était généralement représenté avec un cactus, un cow-boy et une vache, et en gros cet état n'était qu'un ramassis de bouseaux qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez et qui ne pensait pas au-dessus de leurs chapeaux de cow-boy. Bien sûr, je ne l'avais jamais dit à Stephen, mais si Reegan avait envie de jouer sa peste avec moi, elle pouvait être sûre que j'avais de quoi me défendre.


- J’avais pas prévu que l’ciel me tombe sur la tête, mais ouais, ça va, continua-t-elle comme si on allait se mettre à parler chiffons comme les meilleurs amies du monde. Elle portait des habits de sports et reprenait son souffle comme si elle venait de courir un marathon.

J'étais clairement sur la défensive, mais je ne voulais pas non plus lui faire ce plaisir de lui sauter à la gorge en première. Et puis, j'avais déjà frappé Carlton, je n'allais pas en plus mettre une droite à sa moitié. Enfin, sa moitié. Je ne comprenais rien à leurs histoire, et clairement, je m'en foutais. D'ailleurs si Taylord m'embêtait je pouvais aussi lui balancer ça : et ton mec - ami - ex - je ne sais pas quoi qui se tape Ruby, ça ne te fait rien?

J'étais fébrile, sur les nerfs, depuis que Ruby allait mal, et je le savais. Je respirais moi aussi à plusieurs reprises et Le Chat, comme si il avait tout compris, s'approcha de moi et posa sa petite patte sur ma cuisse avant de cligner des yeux d'un air rassurant en me regardant et de se coucher le long de ma jambe. D'accord, promis, j'allais faire des efforts.

- T’as réussi à t’échapper ? Au moins, Taylord aimait les animaux, elle. C'était déjà ça. Toi aussi ?

Je tournai vivement la tête et mes cheveux volèrent autour de nous et la dardai d'un regard noir, tandis qu'elle me regardait avec une étonnante bienveillance, les joues trop rouges de son essoufflement, ses cheveux blonds dont on voyait les racines brunes se balançant dans son dos. De qui parlait-elle au juste, là?!

- Ben ouais. Pourquoi j'aurais du mal à m'échapper?! Tu crois que je suis du genre à me laisser faire par... Tu crois qu'il commande ou quoi, je... Je n'arrivais pas à dire son nom devant elle, c'était stupide ; je m'étais emportée, c'était stupide aussi ; je m'énervais contre elle et c'était stupide sans doute ; tout comme je compris trop tard qu'elle ne parlait peut-être pas de Stephen mais simplement de... De Poudlard quoi, et là, c'était encore plus stupide... Je changeai de ton sur le champ, penaude, maudissant ma façon de mettre les pieds dans le plat à chaque fois. Ah, non, tu ne parlais pas de ça. Euh. Oui! J'aime bien... Le matin dans le parc. (pathétique) Je suis un peu sur les nerfs, expliquai-je en haussant les épaules. Et je me rendis compte que je rejetais beaucoup de choses sur Taylord alors qu'elle n'y était pourtant pour rien : les agissements de Carlton, et sa relation avec Stephen...

- Tu devrais parler à Stephen, tu sais, lâchai-je à contre coeur et parce que j'avais besoin de crever l'abcès. Il s'inquiète. Il m'en coûtait de le dire, Stephen m'en voudrait probablement, mais j'en avais assez des non-dits, et pour une fois j'étais en pouvoir de faire quelque chose, alors...

Je me mis à caresser Le Chat qui, immobile, observait quelque chose qui m'échappait entre deux brins d'herbe. Sa chaleur se propageait à celle de ma jambe, et je le sentais ronronner.

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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Dim 2 Déc - 16:54

Je trouvais cette solitude dans laquelle je m’étais moi-même enfermée de plus en plus pesante et je me sentais un peu seule. Ça allait mieux puisque je restais plus dans la salle commune qu’avant et discutait entre les cours au lieu de filer comme une ombre sans personne avec qui discuter dans la salle suivante, et il y avait les moments que je passais avec Chuck aussi, parce que si on voulait s’en tenir à notre planning de révisions, on avait pas trop le choix. Mais c’était toujours comme s’il me manquait quelque chose, que je n’étais pas totalement complète et que les gens avec qui je passais du temps et bien ce n’était pas eux, et ils ne pouvaient pas vraiment les remplacer. Il n’y avait même pas de vraiment qui tienne. Ils ne pouvaient pas, ce n’était pas pareil, c’est tout.

Mais ce matin, ça n’allait pas trop mal. Courir, je le faisais pour moi-même, et en cela je n’éprouvais en rien le besoin de le partager, et puis je me disais que si je le faisais, ça allait tout casser. Quand je me laissais aller dans l’herbe, chaque matin parce que j’avais un peu trop couru pour tester mes capacités sans aller trop loin parce que je ne pouvais pas trop me le permettre, ces minutes où je n’avais rien d’autre à faire que d’attendre pour retrouver un rythme cardiaque et qu’allongée, j’étendais les bras sur les côtés en fermant les yeux, c’était les meilleurs instants, ceux où il n’y avait plus rien, à part ce monde un peu brumeux où tous les bruits tout autour sont mis en sourdine, mis à part les battements du cœurs qui résonnent de la cage thoracique jusqu’au cerveau dans une mélodie un peu trop rapide d’abord, puis se faisant par la suite de plus en plus paresseuse. Avec l’atterrissage, toujours en douceur, où la perception du champ des oiseaux devient de plus en plus forte et où l’on entend même le bruissement de l’insecte qui se déplace à côté entre les brins d’herbe. C’était sûrement ça qu’on appelait le dépassement de soi et c’était aussi pour ça à mon avis que beaucoup de personne réfutait cette envie de faire du sport parce qu’ils ne voyaient aucun plaisir dans l’idée d’être à bout de souffle : pourtant et depuis quelques jours, c’était cela qui montrait que j’étais bel et bien en vie.

Je plaçai mes mains en arrière, par terre comme nous étions assises pour m’appuyer dessus et rejeter la tête pour laisser les faibles rayons du soleil frapper dessus. J’avais tant perdu l’habitude de me lier aux autres que normalement, je tâtonnais lorsque je m’engageai avec quelqu’un dont je ne pouvais pas envisager les réactions – sûrement à part pour des commodités de base si bien que je ne m’en souvenais même plus, je n’avais jamais parlé à Lizlor. Et pourtant, on entendait parler d’elle, c’est sûr, mais toujours plus en mauvais qu’en bien pour une raison que j’ignorais. Enfin, si je le savais, c’était parce qu’elle restait en retrait des autres, et chacun en était très content parce qu’elle n’avait pas pour réputation d’être très aimable, mais en même temps, après ces derniers mois, j’aurais été bien mal placée pour la juger là-dessus. Là j’étais bien et c’était aussi pour ça que les mots coulaient tous seuls, sans raison particulière.

Ce n’est que parce qu’une mèche de cheveux me frappa l’épaule que je frémis du nez en me redressant un peu - Lizlor avait une tête que j’identifiais clairement à celle des mauvais jours, mais heu… pourquoi ? J’eus un instant de perplexité, ce qui lui laissa largement le temps de s’emporter :


- Ben ouais. Pourquoi j'aurais du mal à m'échapper?! Tu crois que je suis du genre à me laisser faire par... Tu crois qu'il commande ou quoi, je...

Ouais, mais encore ?! Mes muscles détendus se contractèrent d’un coup, en signe de défense. J’étais dans de bonnes dispositions peut-être, mais il en fallait peut pour réveiller les vieux démons et si ils s’étaient apaisés ces dernières semaines parce que j’avais d’autres préoccupations bien plus sordides pour avoir le temps de me mettre en colère, plusieurs fois c’était arrivé, là, en l’espace de peu de temps de les voir resurgir parce qu’ils n’aimaient pas trop qu’on les titille en leur rentrant dans le lard sans raison, et moi non plus. J’avais toujours été du genre à démarrer au quart de tour, parce que si j’avais le calme de mon père pour les animaux, j’avais la nervosité de maman pour tout le reste, et ce n’était pas parce que Lizlor s’appelait Wayland que j’allais faire exception ! Surtout que je ne comprenais pas où est-ce qu’elle voulait en venir de quoi ou plutôt de qui elle parlait mais surtout quel était le rapport entre ma question et sa réponse et si ce n’était pas dans mes habitudes de porter un jugement de valeur en me fiant aux racontars, je me surpris quand même à penser qu’ils étaient fondés.

- Pardon, j’ai sous-estimé tes capacités à combattre l’armée de trolls qui gardent l’entrée du château, rétorquai-je un peu sèchement mais avec ironie, pour bien lui faire comprendre que si sa façon de se comporter marchait du tonnerre sur les autres, avec moi c’était pas trop la peine d’essayer et que si elle cherchait à s’emballer pour se passer les nerfs, elle était tombée sur la mauvaise personne.

Mon allégresse s’envola comme un vieux matelas qui se dégonfle, pour me rappeler mes autres problèmes. Enfin, ça c’était mon ventre qui s’en chargeait, qu’après une séance comme ça, il ne pouvait pas rester vide, j’avais emmené un truc à manger, et mes affaires – des vêtements un peu plus chauds, parce que je préférais les shorts et qu’ensuite j’avais trop chaud, et d’ailleurs je pouvais imaginer sans mal les cris que pourrait pousser ma tante me voyait à cette période de l’année avec presque rien sur le dos. Bah oui mais j’aimais bien être à l’aise aussi ! - que j’avais abandonné pour courir n’étaient qu’à quelques mètres plus loin là comme nous nous trouvions à mon point de départ. Et puis en plus je n’allais pas après ce qui venait de se passer, offrir un spectacle de Taylord VS la barre chocolatée à Wayland !


- Ah, non, tu ne parlais pas de ça. Euh. Oui! J'aime bien... Le matin dans le parc. Je suis un peu sur les nerfs. Elle parut remarquer elle-même que sa réaction était injustifiée puisqu’elle se reprit juste après.

Mais voilà j’avais plus franchement envie de m’attarder maintenant. Je me relevai dans l’optique d’aller chercher mon petit tas et de renter au château, ou alors d’aller m’installer un peu plus loin. Pas franchement d’humeur à me laisser faire, mais pas non plus à entamer un bras de fer avec la fille de la directrice.

- Okay, bah j’te laisse profiter, dis-je plus platement pour conclure sans déclencher de scandale, ce semblant de conversation, et me casser de là puisque visiblement je n’étais pas la bienvenue à ses côtés. Ce n’était pas pour m’écraser ! J’en avais rien à foutre que ça lui plaise ou non, mais je ne tenais pas spécialement à être l’un de ses dommages collatéraux parce qu’elle était mal lunée! Salut.

Surtout que c’est bon, les histoires de polichinelle, j’avais déjà donné.


- Tu devrais parler à Stephen, tu sais. Il s'inquiète.

Ce fut à mon tour de la dévisager avec insistance, de toute ma hauteur. De mieux en mieux ! Voilà que c’était elle qui voulait se mêler de mes affaires maintenant ! Et puis d’abord, depuis quand ce qui se passait entre Stephen et moi la regardait ? Pour faire plus court aussi : comment se faisait-il qu’elle sache ce passait entre Stephen et moi pour être plus juste, c’est dire qu’il se passait tellement quelque chose qu’il ne se passait rien ?!

- Ah vraiment ? raillai-je. J’étais au garde à vous à présent, mais pour rien au rien au monde je ne voulais dire devant elle que je savais tout ça et qu’elle n’avait pas besoin de faire la messagère en pensant bon d’insister. Surtout que ce n’était pas non plus je genre de Stephen. Ben tu lui diras qu’il a aucune raison, du coup je lui mentais à elle et aussi à moi-même, mais en quoi me serais-je mise soudainement à papoter de ça avec elle alors qu’en aucun cas nous étions liées ?! J’étais au courant. J’avais lu les lettres. Qu’il s’éloigne, comme il le faisait si bien depuis le début de l’année pendant que je gardais bien les distances moi aussi. C’était très bien.

Je voulais la planter là sans me retenir de lui dire qu’elle ferait mieux de se mêler de ce qui la regardait, mais en même temps rien qu’avec sa remarque elle venait de mettre en lumière de trop obscures zones d’ombres. J’hésitais un peu, mais…

- Pourquoi tu dis ça ? lui demandai-je en m’efforçant d’avoir l’air plus aimable. J’espérais qu’elle était pas trop susceptible mais au pire, elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même, c’était elle qui avait annoncé de quelle couleur devait être la sauce. … Il t’en a parlé ? J’étais déjà nettement moins sûre de moi. Vous.. ? Je laissais ma phrase en suspens. En tirant dans mes souvenirs je n’entendais pas Stephen parler de Lizlor comme faisant partie de ses amies, c’était le contraire…

Ils étaient quoi au juste.. ?


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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Jeu 13 Déc - 16:01

Contre ma cuisse, Le Chat eut un mouvement particulier, ce mouvement typique quand les chats ont repéré quelque chose qui nous échappe, ce qu'on appelle le don de troisième vue, et c'était sans doute ce qui rendait les chats des animaux si à part des autres. Je continuai à le caresser doucement mais il avait arrêté de ronronner, préoccupé tout d'un coup, et je me demandai si ce n'était pas le simple fait que mon ton se soit durci envers Taylord, que je me sois crispée et que fatalement elle aussi, et que l'ait était devenu plus lourd. Envolée, cette jolie journée ensoleillée et reposante, ma chute de l'arbre m'avait fait, c'était le cas de le dire, retomber lourdement dans la réalité, et voilà que je sentais mes sens en alerte et mes poils se hérisser, me préparant à contrer cette attaque. Taylord avait beau n'être pas si différente de moi sous certains aspects, il y avait justement trop de... ressemblances, et je sentais bien que je ne voulais pas me l'admettre, la graine de la compétition germer en moi. Pourtant, ça n'était pas moi - j'étais bien loin de ces considérations, depuis toujours, j'ignorais même tout de ce que cela pouvait représentait - mais il semblait qu'en se confrontant à un nouveau monde on en apprenait les avantages... et les inconvénients.

- Pardon, j’ai sous-estimé tes capacités à combattre l’armée de trolls qui gardent l’entrée du château.

Grinçant, mon sourire ne se fit pas attendre. Au moins elle avait le sang assez chaud pour réagir comme il se devait, et pas comme la plupart des personnes de cette terre, reculer pour mieux médire ensuite, quand je ne serais plus là. La franchise faisait partie de moi sans que je me l'impose, et c'était sans doute pour cela que je n'avais pas hésité et que mon poing était aller se loger dans la figure de Chuck Carlton... Si j'y avais réfléchi, j'y aurais certainement pensé à deux fois avant d'agir, parce que je me doutais qu'en dehors de ce que je ressentais moi à son égard et mon instinct protecteur, ce n'était pas forcément la meilleure solution, et encore moins pour Ruby, qui était elle une victime collatérale, cette fois-ci. Mais je ne lui avais pas menti, et je lui avais tout dit, après ça. Le fait était que la colère ne se contrôle pas et qu'elle m'avait prise comme on enflamme une torche : je n'y pouvais rien. Ma main s'était remise douloureusement, et je ne regrettais rien de toute façon.

Taylord s'était levée et je la suivis des yeux, imperturbable. Je me demandais bien comment se passait ses échanges avec Stephen si elle prenait la mouche si facilement ; lui qui dans le monde des personnes les plus vexantes était sans doute Roi. Est-ce qu'elle se levait à chaque fois qu bout de cinq minutes pour prendre ses cliques et ses claques? Mais... Ça ne pouvait pas fonctionner. Je n'étais déjà pas très patiente surtout quand il s'agissait des petits caprices de caractère de Stephen Fray, alors, si elle était comme ça... Je ne la quittais pas des yeux, partagée entre une hostilité marquée, de la perplexité, et aussi le sentiment de m'y être mal prise. Je tentais de me rattraper, mais visiblement, elle avait choisi d'être comme toute les autres : bornée, superficielle, attachée au jugement d'un simple coup d'oeil.


- Okay, bah j’te laisse profiter. Salut.

Si il avait subsisté un seul doute quant à son attitude, son ton cassant le balaya. Je sentais quelque chose gronder à l'intérieur de moi tandis que Le Chat, toujours tendu, ne bougeait plus, et regardait droit devant lui, dans le vide - ou bien quelque chose qui m'échappait.

C'était quoi son problème, au juste? On ne pouvait pas se tromper? On devait être parfait du premier coup, parce qu'elle croyait qu'elle l'était peut-être? Parce que se confier à Carlton pour se faire larguer comme une merde et être le centre des rumeurs, ça avait été intelligent sans doute? Parce que mal se comporter avec son ami, c'était noble? Elle m'énervait. En vérité, je me demandais si elle n'était pas pire que ce que j'avais imaginé. Son côté américain, jovial, amical et proche des animaux m'avait toujours évoqué une certaine sympathie, encore plus depuis que j'avais commencé à m'ouvrir aux autres. Mais j'étais en train de me demander si elle n'était pas qu'une autre petite écervelée comme les autres, qui minaudait en faisant croire qu'elle n'avait pas conscience de ses atouts, et qui paraissait gentille pour mieux que tout le monde lui mange dans la main. Car elle était populaire, Miss Gryffondor, ah ça, oui. C'était cela qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille : elle se voulait discrète, et elle était Miss Gryffondor. Belle ironie que ce titre plein de tout sauf de discrétion. Tant d'années isolée dans mon coin m'avaient endurcie, dans le bon et le mauvais sens du terme. Je me sentais forte, parce que je m'étais nourrie de toutes mes peurs, mes angoisses et mes doutes, de la forte odeur de la terre et de la force tranquille qui émanait de l'écorce des gros arbres de la forêt. Mais tout cela m'avait aussi rendue moins laxiste. Je ne tolérais pas la bêtise, la méchanceté, je ne tolérais rien qui bouleversait mon équilibre : j'avais donné tout mon amour à Ruby et aux autres j'accordais moins de chances et d'échappatoires. Sans doute était-ce trop exclusif, mais et alors. Pour moi, c'était le grand pas que j'avais mis si longtemps à faire.

Heureusement pour elle, j'étais loyale car je le reprochais à ceux qui ne l'étaient pas, et je choisis tout de même de parler au nom de Stephen, de lâcher une dernière information avant qu'elle parte ou que je lui saute à la gorge - elle serait moins difficile à allonger que Carlton, même si j'avais découvert que mettre un coup de poing était bien plus douloureux pour le poing que je ne l'avais imaginé. J'espérais au moins qu'en face, ça faisait tout autant mal, sinon plus. Mais vu la coquard qu'il avait arboré les jours qui avaient suivi, je crois que je pouvais être rassurée.


- Ah vraiment ? Ben tu lui diras qu’il a aucune raison.

Je sentis mon cœur se serrer. J'étais toujours en train de caresser Le Chat et ma main se figea, tandis que mon regard se leva vers elle et la fixa. Les rayons pâles du soleil me tombaient dans les yeux et m'éblouissaient, mais je ne baissais pas le regard pour autant. Interloquée, je restais muette. Vraiment? Elle avait... Si peu de considération pour celui qui la considérait comme son amie?

- Pourquoi tu dis ça ?

Je me taisais toujours, aussi surprise par sa réaction que le changement de sa voix, plus amicale.

- Il t’en a parlé ?

Parler ou ne pas parler? En valait-elle la peine?...


- Vous.. ?

... Ainsi elle ne savait vraiment pas - au moins avais-je la preuve que Stephen ne parlait de rien à personne. Je ne savais pas trop si je devais en être soulagée ou pas.

Je tournais la tête un instant, respirant, les lèvre entrouvertes, l'air du parc. Le monde me paraissait tourner continuellement alors que nous nous aspirions à des pauses, et je laissai mes pensées voler vers d'autres sujets - Maman, Ruby, avant de revenir au présent.


- Non il n'en a pas parlé, il ne parle pas, repris-je alors la voix moins belligérante cette fois, et avec un peu de retenue. Mais si quelqu'un pouvait comprendre, si j'en croyais son amitié avec lui, c'était bien elle, non?... Mais je le sais, j'ai pas besoin qu'il me le dise. C'est plus pareil avec toi, c'est tout ce que je sais, et... Et je sais bien que tu comptes pour lui, avouai-je à contrecœur. Alors, je me demandais si il y avait une raison pour que tu l'évites.

Je haussai les épaules. Peut-être allait-elle se sentir visée ; ce n'était pas vraiment le but, je voulais juste qu'elle fasse des efforts pour lui. Elle était la seule pour qui il en faisait, alors...

... Quoi que dernièrement, sans le savoir, j'avais tout fait basculer. Sans doute que je n'arrivais pas encore à y croire - ces souvenirs étaient comme un rêve doré.


- Oui, "nous...", confirmai-je, gênée tout d'un coup, avec un petit sourire que j'essayai en vain de camoufler. Mais ça non plus, il ne te l'a pas dit, pas vrai? demandai-je alors tristement. Enfin, je sais pas très bien ce qu'on est exactement, mais bon... Tu vois.

Je cherchai son regard pour y lire son approbation. Je m'étais levée, et j'attrapai Le Chat qui se laissa faire, probablement rassuré parce que l'atmosphère s'était détendue à nouveau. Le calant au creux de mon bras replié contre ma poitrine, je me mis au niveau de Taylord. J'avais un besoin subit de me dégourdir les jambes, et j'avais mal aux fesses de ma chute, aussi je lui fis un petit signe de tête pour qu'on marche ensemble. Bon. Ce n'était peut-être pas si terrible que ça, après tout?...

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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Dim 16 Déc - 16:03

Poudlard était ce petit cercle fermé où tout le monde finissait inévitablement par connaître tout le monde comme s’il s’agissait d’un village à l’échelle du château muni d’un parc. Et on sait tous comment ça se passe dans les villages, on fait vite le tour des rues et comme il n’y a pas grand-chose à faire on finit par s’ennuyer. Il y avait de nombreuses manière de pallier à l’ennui, pourtant, ce qu’il y avait de remarquable, c’était que c’était toujours la même activité dont les gens aimaient bien à s’enrichir parce que sans cesse renouvelable : le commérage. Le commérage qui part des rumeurs, qui inclue forcément le jugement à l’issue. Ce jugement acide et sans pitié qui faisait les ragots dans les couloirs en plus du Daily Poudlard. C’était un peu celui-là qui se reflétait dans le regard perçant de Lizlor Wayland, ce que je trouvais assez mal venu de sa part, puisqu’elle était après tout, dans cette école, l’une des premières à en être souvent les sources parce que c’est bien connu, on pense souvent à tort et à travers qu’en s’attaquant à l’un des liens incontestable de l’autorité qui prenait la forme ici de Sara Wayland et d’en brosser un portrait peu flatteur, sans attaquer la directrice directement, cela pouvait l’affaiblir. Ce qui sous cet angle aurait pu me constituer un allié n’était que surface – sa propre raideur ne me donnait pas envie de détendre la mienne ni vraiment de chercher à la connaître. C’était ça aussi le piège avec les rumeurs, mêmes lorsqu’on ne veut pas les croire. Il suffit d’un pas mal interprété pour qu’on se laisse plus facilement pencher de leur côté.

Et le jugement des autres, j’en avais plus qu’assez, Wayland, comme pas Wayland. On était tous contraints de porter un jour ou l’autre une opinion, mais pas comme ça, pas de cette manière vicieuse parce que l’on pense que cela nous rend plus fort. On ne pouvait pas aimer tout le monde et il y avait trop de gens contre qui j’avais une dent pour croire à ses bêtises, pourtant, ça devenait presque comme une sorte de jeu, cette façon que les élèves avaient parfois de jauger comme s’ils pensaient tous savoir comme si ce qu’ils avaient entendu tenait lieu de vérité. Je n’étais pas parfaite, et n’avais pas d’ambitions de ce côté-là, mais ça faisait des mois, des semaines que ça durait puisque ça s’était aggravé depuis l’année dernière avec toutes ces histoires et… ce qu’ils pensaient m’importait peu parce que je n’allais pas changer pour plaire à qui que ce soit – mais les voir imposer leur vision sans le dire clairement comme le faisait Wayland pour tenter de me faire culpabiliser, non, ça n’allait pas. Surtout lorsque de l’autre côté de l’océan, on ne connaît pas ces choses-là, ou plutôt elles étaient moindres et prenaient une toute autre forme – mais tout était trop grand, tout allait trop vite pour qu’on s’arrête à ce genre de stupidités, surtout à Comanche, où il n’y avait véritablement aucune élite. Je connaissais tous les amis de Ruth qui étaient les miens aussi puisque je les voyais déjà lorsqu’on allait en vacances au ranch quand on était petits, et pourtant avec cet été qui avait été pour le moins… mouvementé sous certains aspects, rien avait changé, ils n’étaient pas assez bêtes pour voir mon comportement un peu étrange, mais et alors ? Personne n’était à l’abri, et c’était parce que nous évoluions avec cet état d’esprit et l’ambiance en était différente.

Evidemment, si en plus de cela, elle prenait le risque de s’octroyer le droit d’évoquer des sujets sensibles, ça n’allait pas améliorer les choses dans le bon sens. Je restais néanmoins figées, n’ayant pas encore choisi si je voulais ou non en savoir plus, venant de sa part s’entend. Elle n’était pas Stephen. Que pouvait-elle savoir ? En plus je me souvenais qu’ils ne s’entendaient pas très bien, mais en y pensant, c’est vrai que ça faisait assez longtemps en fait, qu’est-ce qui avait changé depuis ? Stephen ne s’en était pas pleins depuis un certain temps – je veux dire avant que la force des choses ne nous éloigne.

Mon regard bifurqua sur Le Chat aux côtés de Lizlor – j’étais bête de m’être laissée prendre de court et de ne pas avoir fait le lien immédiatement, je n’étais jamais très concentrée après ces moments-là, la course, parce qu’après la course, il y avait la reprise des forces et après la reprise des forces… Non, je ne voulais pas discuter de ça avec elle, la proximité avec Le Chat ne voulait pas dire qu’il en allait de même avec son maître et je ne tenais pas trop à ce qu’elle s’aperçoive qu’elle avait touché la bonne corde – d’où mon apparent détachement quant à notre amitié. Mais… je pouvais quand même essayer de me renseigner un peu, non ?


- Non il n'en a pas parlé, il ne parle pas.

Je haussai les épaules, pas par désintérêt, mais parce là-dessus, on opérait un peu de la même façon, c’était peut-être pour ça qu’au départ le fondement de notre amitié, les bases avaient été si faciles à construire. Le reste c’était… plus compliqué, ou du moins ça l’était devenu et bien sûr parfois des questions se posaient, c’était plus élaboré venant de sa part puisque ça se faisait de manière indirecte et par actes – je me souvenais de cette fois-là dans les cuisines où on s’était retrouvé sans vraiment parler du problème, je l’avais compris tout de suite, qu’il avait essayé de pointer du doigt. Mais alors s’ils n’en avaient pas parlé ensemble, qu’est-ce qu’elle pouvait en savoir ?!

- Mais je le sais, j'ai pas besoin qu'il me le dise. C'est plus pareil avec toi, c'est tout ce que je sais, et... Et je sais bien que tu comptes pour lui. Alors, je me demandais si il y avait une raison pour que tu l'évites.

Je ne pouvais m’empêcher de m’interroger sur la nature de leur relation et je me rendis compte qu’en fait j’étais frustrée de voir à quel point non seulement j’étais incapable de le savoir, mais en plus que ça aussi je ne l’avais pas remarqué plus tôt. La vérité, c’était que Stephen me manquait beaucoup trop, mais ça je ne pouvais pas le lui dire – plutôt ne pas lui expliquer les raisons.

- Ça s’est fait comme ça et… mais non, je ne voulais pas qu’elle me prenne pour une lâcheuse, il faisait partie des personnes qui comptaient le plus pour moi ici, mon meilleur ami, et ce n’était pas parce que nous ne rigolions plus ensemble comme avant que ça changeait quelque chose à cela et à ce que je ressentais.

Je l’évitais, pour reprendre ses termes, mais pas pour rien. On était pas vraiment disputés, mais on avait pas été en de super termes non plus quand j’étais partie, je n’avais jamais répondu aux lettres parce que j’avais pensé ne jamais le revoir et me sentais trop malheureuse à cette idée ajouté à cela que j’avais tout gâché avec mes histoires, que j’avais défendu Chuck, mais que je m’étais tirée une balle dans le pied toute seule et que c’était par ma faute si je n’avais plus personne. Mais le pire, c’était que Stephen avait fonctionné dans mon sens pendant la rentrée, se rendant compte sans doute que ça ne servait à rien et qu’il valait mieux s’arrêter là, il avait été si secret sur la fin et pour éviter ses questions, je n’avais pas posé les miennes et maintenant il fallait en payer le prix fort… Il faisait sa vie dans laquelle je ne faisais plus partie et ne faisait plus partie de la mienne. Ça ne voulait pas dire pour autant que j’en étais heureuse. Avoir le sentiment de ne pas connaître quelqu’un dont on se sentait si proche n’était pas le stade le plus douloureux à atteindre ?
Que notre amitié était aussi peu solide qu’une barque en pleine tempête. Qu’elle n’était en fait écrite que sur du vide, d’impalpable.

- Oui il y en a une, lui avouais-je alors. Mais je ne pouvais pas lui expliquer tout ça, tout ce que j’éprouvais… Je veux qu’il fasse ses propres, choix, il sait bien que je ne me mettrais pas en travers…

Même si pour ça, je n’étais pas incluse – dans ses choix. Elle pouvait bien croire que c’était facile, mais ce n’était pas elle qui avait eu cette conversation, séquestrés dans une serre désaffectée où il m’avait laissé faire les miens, malgré ce qu’il en pensait. C’était à moi maintenant de lui rendre la pareil. Puisque la situation semblait gelée pour toujours dans un paysage hivernal, silencieux et où rien ne bouge comme si on allait provoquer une avalanche si on faisait le moindre mouvement, je pouvais bien faire ça pour lui.


- Oui, "nous..." . Mais ça non plus, il ne te l'a pas dit, pas vrai.

J’accusai le coup comme je pouvais et à cela je répondis par le même espèce de sourire qu’elle faisait elle-même. C’était de bonne guerre je m’étais bien gardée de laisser sous silence ma relation avec Chuck, mais pas parce que je ne lui faisais pas confiance, mais par souci de tenir la promesse que j’avais faite – mais pour ce qu’elle m’avait apporté elle aussi… J’en avais voulu à Chuck pour ça et plus que jamais je réalisais que je l’avais laissé ma lier les mains à son bon vouloir et je trouvais ça profondément injuste maintenant, parce qu’il en avait bien profité et que ni moi ni Stephen n’en avait profité, puisque ça nous menait à cette conversation un peu étrange avec Lizlor aujourd’hui. Je n’allais jamais lui faire le reproche parce que sur ce coup, je n’étais pas mieux, mais j’étais un peu vexée de ne pas l’avoir su de sa bouche.

- Il n’a pas dû y penser… dis-je en plaisantant avec elle. Il avait fait semblant de ne pas y penser. Depuis combien de temps ? Au point où on en était autant en avoir le cœur net : seulement depuis la rentrée, ou… encore avant… ?

Mais c’était bizarre quand même. Stephen était un original alors il faisait toujours des choses originales, jusque-là rien d’étonnant, mais même si j’avais vécu dans ma bulle pendant des semaines jamais je ne les avais vu particulièrement ensemble et lui n’avait jamais manifesté de signes alors… En plus je n’étais pas douée avec tout ça, comment on remarquait que… enfin, c’est trucs là quoi… cet instinct de fille.


- Enfin, je sais pas très bien ce qu'on est exactement, mais bon... Tu vois.


Je lui emboitai le pas normalement, changeant donc d’avis pour la deuxième fois de mes plans de départ. Comme nous passions devant les affaires que j’avais laissées par terre dans le parc, je les attrapai au passage, sans être capable de définir ce que je pensais de Lizlor ou non. Autant s’accorder plus de temps pour le savoir… Je passai mes bras dans ma veste à capuche pour ne pas attraper froid. Entre nous il n’y avait plus que le silence des alentours pendant que je réfléchissais à ce qu’elle avait dit, ce qui répondaient en même temps à mes interrogations précédentes. J’avais rapidement acquiescé d’abord – ah ça ouais je voyais de quoi elle parlait. Un peu trop même. Oui c’était à Stephen de faire ses choix et je devais le laisser faire j’avais dit en plus théoriquement j’étais censée être de son côté quoi qu’il arrive mais…

- Lizlor, tu dois clarifier les choses alors, lâchai-je tout à coup. Ensuite elle en faisait ce qu’elle voulait et même si j’étais la première à soutenir Stephen quoi qu’il arrive, ce n’était pas une raison de faire n’importe quoi non plus.

Et Lizlor avait beau m’être une inconnue finalement, je savais trop ce que ça faisait pour ne rien dire – c’était peut-être pour ça par contre que j’avais compris tout de suite, dans le ton de sa voix, qu’elle avait envie de savoir ce qu’ils étaient.
Exactement.

- Même si t’as une chance sur deux d’avoir c’que tu veux
. C’était à elle de voir si elle était assez courageuse et n’avait pas peur de la carte qu’elle allait retourner.

La réalité avait deux conséquences : ou elle était aussi belle que le rêve.
Soit elle devenait tranchante et sans pitié.

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Jeu 27 Déc - 18:53

Me trouver debout me faisait du bien, je sentais le sang circuler le long de mes jambes et mes fesses endolories se remettre tant bien que mal du choc que je leur avais infligé. Je repensais à Maman qui un jour m'avait dit en riant que moi, pour réfléchir, j'avais toujours besoin de courir et de sautiller partout et que cela devait être bien difficile de rester des journées entières dans une salle de classe. C'était l'exacte vérité : mon goût pour le grand air, l'extérieur, les animaux, l'exercice, le sport, tout cela ne venait pas de nulle part, c'était un besoin physique et vital. En cet instant je sentais clairement mes pensées reprendre un semblant de clarté, un peu d'ordre tout du moins, et je jugeai bon de me dire une fois pour toutes qu'il ne fallait pas que je m'emporte contre Taylord parce que ce n'était pas elle le problème, c'était sur elle que je projetais les miens, et là était toute la différence. Parfois je regrettais de n'être pas aussi organisée que Ruby, de ne pas avoir des petits carnets dans lesquels je notais tout, parce que ça devait aider à faire le tri, le vide, et que dans mon esprit à moi il n'y avait jamais rien de trié ou de vide. Mais je marchais comme ça : à l'instinct, aux pulsions, et je savais qu'il était inutile de lutter contre qui on était. On pouvait arrondir les angles et limiter les dégâts, comme je l'avais fait après la mort de Papa, mais le reste... Le reste c'était nous, et je crois qu'une branche de la magie, très complexe, expliquait cela, et s'apparentait à la génétique ou je ne sais pas trop quoi - je n'avais pas écouté, mais une fois Maman et Katie en avaient parlé.

J'étais comme ça. Taylord était comme ça - même si ce
ça n'était pas encore très bien défini, je ne la connaissais pas assez. Mais elle ne pouvait pas changer qui elle était. Ruby était comme ça, et je l'aimais pour tout ce qui la constituait. Stephen était comme ça aussi... Je sentis une vague de lassitude m'envahir. On ne me changerait pas, pourquoi le changerait-on? Pourquoi changerait-il? Pour qui? Et que changerait-il?...

Sûrement pas pour toi, murmura une petite voix dans ma tête, tandis que je m'efforçai de me concentrer sur le beau temps, les feuillages du parc que l'automne moiraient, le ciel clair, le vent frais, mes mèches blondes qui volaient parfois quand les bourrasques étaient plus fortes. Je sentais l'odeur des pins, là-bas, celle de l'herbe humide et de la terre en cette saison qui préparait l'hiver. Je devinais les bêtes dans la pénombre de la forêt qui se préparaient à la rudesse des temps à venir, qui préparaient une tanière, des provisions. Qui sentaient en elles, comme réglées comme une horloge, la saison à venir. Je la sentais moi aussi, que l'hiver venait, sans savoir si je devais m'en réjouir ou non : j'aimais le froid et le ciel blanc, la gelée, la neige, mais j'avais peur que tout cela soit de mauvaise augure... C'était stupide. J'avais d'ailleurs hâte de fêter Noël et de rentrer dans le Kent, où j'espérais qu'il neigerait pour qu'on puisse faire des boules de neige.


- Ça s’est fait comme ça et… Je lui glissai un regard de côté alors que nous nous mettions en marche. Ce n'était pas vrai. Je le sentais. Oui il y en a une. Je veux qu’il fasse ses propres, choix, il sait bien que je ne me mettrais pas en travers…

Un silence accueillit ses paroles - à part nos pieds qui foulaient l'herbe et les petits cailloux. Contre moi, Le Chat, qui visiblement avait décidé que c'était l'heure de la sieste, était allongé de tout son long sur mon bras replié sous ma poitrine, et ronronnait comme un pacha alors que ma main le caressait pensivement. Je lui devais pourtant une belle chute, mais je n'arrivais jamais à être en colère contre lui bien longtemps.

Des choix de quoi?! La frustration m'envahit, et je savais par habitude que nous n'étions pas amies. Comment ça, des choix? Des choix pour quoi faire? Entre qui et qui devait-il choisir? J'avais beau ne pas vouloir être méchante avec Taylord, par solidarité sans doute, je ne pouvais m'empêcher de me dire, mauvaise, qu'elle voulait peut-être plus de Stephen que de l'amitié, et que c'était ça qu'il devait choisir?! Pfff, elle et Stephen! Je ne lui donnais pas deux jours pour tenir. A elle.


- Mais de quels choix tu parles? Je pensais que vous étiez amis, marmonnai-je, un peu de mauvaise humeur tout d'un coup, bien que ce n'était pas contre elle en particulier, mais contre lui, il me semblait.

Parfois, je me disais vraiment que j'aurais dû écouter, comme toujours, mon instinct premier, et fuir pour toujours ce garçon qui n'avait rien de respectable, et surtout aucun respect pour les autres. Je l'avais toujours su, pourtant! Combien de fois l'avais-je vu maltraiter Le Chat! Combien de fois nous étions-nous disputés, combien de fois avait-il été odieux! Combien de fois avais-je deviné dans ses regards hautains et les bribes de mots qu'il laissait échapper parfois qui prouvaient qu'on ne pouvait pas lui faire confiance, qu'il cachait quelque chose en lui qu'il essayait de tuer à coups de jolies petites expériences explosives, de potions inventées, d'éclats de rire et de beaux discours!

Je me sentais perdue et je détestais cela : ça me donnait envie de courir au plus profond de la forêt, grimper sur le plus haut arbre que je trouve et m'y lover, m'y installer une tanière moi aussi, pour l'hiver, et disparaître quelques mois...


- Il n’a pas dû y penser… Depuis combien de temps ?

Nous étions arrivées près du lac - à l'endroit même où j'avais retrouvé Alex, d'ailleurs, me dis-je sur le coup. L'une comme l'autre nous essayions de calmer le jeu, de faire des efforts et je le sentais. Malheureusement je n'avais pas trop le coeur à rire et j'ébauchai un simple sourire : hélas, c'était juste, ce qu'elle disait. Bien sûr qu'il n'y pensait pas. Il n'y pensait que quand ses hormones le travaillaient trop, alors il courrait me voir. J'étais pareille. En apparence, parce que plus cela allait, plus j'avais envie simplement de passer du temps avec lui, ou bien de rester un peu plus longtemps après qu'on se soit rhabillés et d'aller manger ensemble, par exemple. C'étaient de simples choses, mais elles me pesaient, de plus en plus.

- Bien avant les vacances, un an, je dirais, mais ce n'était pas très régulier, c'était juste comme ça au début... C'est encore juste comme ça, repris-je, la voix froide, de ce que je venais de réaliser. Finalement, ce n'était peut-être même pas, puisqu'il n'en parlait même pas à sa meilleure amie. Que je sois damnée si Ruby n'était pas au courant des évènements (essentiels ou pas) de ma vie!


- Lizlor, tu dois clarifier les choses alors. Même si t’as une chance sur deux d’avoir c’que tu veux.

Heureusement que la vie du parc vivait séparément de nous et qu'elle comblait nos silences car je me sentis subitement un peu gênée... Gênée du fait que je devinais presque à quoi elle faisait allusion, gênée de me rendre compte que je connaissais sa vie et qu'elle connaissait probablement la mienne dans les grandes lignes alors que nous ne nous connaissions pas, mais le petit monde de Poudlard se chargeait du reste. Devais-je en conclure qu'elle tirait ça de sa propre existence? En un sens, j'étais contente de l'avoir vengée aussi en frappant Carlton, alors, si je pouvais faire d'une pierre deux coups... Je me promis de demander à Ruby ce qu'elle pensait de Taylord, je savais qu'elles étaient amies, copines tout du moins, et je me disais que Taylord était finalement plus mon alliée qu'autre chose.

- Mais c'est prendre le risque de tout perdre... Pas vrai? Lui demandai-je tristement d'un coup d'oeil rapide.

Un nouveau silence passa, pendant lequel je dus changer de position mes bras car Le Chat avait décidé de s'y vautrer d'avantage et il m'arracha même un petit rire car il se mettait dans des positions impossibles, sur le dos et les pattes repliées sur son ventre tourné vers le ciel, en ronronnant de plus belle, pendant que je m'y prenais au mieux pour lui faire un lit de mes deux bras et qu'il ne risque pas de tomber. Comme je me penchai vers lui, parfois quelques mèches de mes cheveux lui tombaient dessus et il jouait avec quelques secondes avant de retomber dans une torpeur qui avait l'air des plus merveilleuses.


- Je suis désolée pour Carlton et toi,
murmurai-je tout d'un coup, brisant le silence une nouvelle fois. Ce n'était pas comparable, mais je crois que je pouvais envisager ce qu'elle avait ressenti. Stephen s'inquiète vraiment pour toi, tu sais, appuyai-je une dernière fois avec un pauvre sourire ; pauvre de voir que jusqu'au bout ma loyauté restait, alors que plus ça allait plus je me rendais compte qu'elle n'était que d'un seul côté... Comme tout le reste.



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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Jeu 3 Jan - 15:47

- Mais de quels choix tu parles? Je pensais que vous étiez amis.

Franchement Lizlor ne m’aidait pas non plus. Ca n’empêche rien, me dis-je pour moi-même en rectifiant mentalement le « étiez » pour le remettre au présent mais… On était devenu quoi au juste exactement ? C’était comme ça pour Stephen comme pour tant d’autres personnes et je n’étais pas foutu de définir clairement qu’elles étaient devenues les natures de mes relations avec mes amis. A part le silence radio total, il n’y avait rien à dire de plus.

Le choix, le choix… le choix de faire ses propres erreurs par exemple. Mais est-ce que je pouvais le dire à Lizlor ? Pas de cette façon en tout cas, je ne voulais pas qu’elle pense qu’elle se considère comme telle, même si je ne pouvais m’empêcher au vu de ses révélations de me dire qu’elle était malgré elle le crash test de Stephen, à moins qu’il n’ait vécu plusieurs relations cachées auparavant qu’il n’avait pas jugé bon de m’en tenir informée… Je n’avais pas le droit d’être agacée comme je l’étais de passer pour la plus parfaite des ignorantes qui ne savait même pas ce qui se passait dans la vie de son meilleur ami puisqu’entre Stephen et moi à ce niveau, c’était kif-kif bourricot la même chose. Est-ce qu’il ressentait la même chose à mon égard. Sûrement que oui, et je commençais un peu plus à comprendre où est-ce que Lizlor voulait en venir…

- On l’est
, affirmai-je le ton un peu plus rigoureux pour ne pas lui laisser l’occasion de me contredire. Je n’arrivais pas à me résoudre à parler de Stephen au passé, comme si quelque part je n’avais jamais tiré un trait sur lui. Et puis, ben ça peut être n’importe quoi, de toute façon, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse, il ne me demande jamais conseil ! boudai-je en rejetant à moitié la faute sur Stephen au passage. C’est pas mon genre de forcer les gens là d’ssus.

Et puis pour ce que ça m’avait apporté d’une manière générale… Merci.

- J’ai coupé les ponts cet été, parce que je comptais pas revenir, lui avouai-je alors de but en blanc. Dite à haute voix, toute cette histoire me paraissait être si… enfin ça n’avait pas de sens, Lizlor n’allait jamais comprendre, pourtant j’avais bien vu ça comme la meilleure solution lorsque j’étais partie au printemps dernier. Comme quoi, tout ce que j’avais prévu ensuite avait été voué à l’échec. Je n’entrais pas dans les détails parce que je ne tenais pas à m’étendre sur mon renvoie, ce n’était pas ce dont j’étais le plus fière. Pour que ce soit plus facile, parce qu’on allait pas se revoir et puis bah, pour me voiler la face aussi. Quand je repensais à ces mois-là, j’avais totalement nagé en eaux troubles et n’avait plus su discerner quoi que ce soit de ce que je voulais ou pas et finalement tout s’était mélangé et je n’avais pas su faire le tri. C’est nul, conclus-je amèrement.

Parce qu’il y avait peu- être eu des loupés de chaque côté, mais je savais que là-dessus au moins, j’avais merdé, même si ça m’était apparu comme le plus judicieuse des solutions au début.

- Et puis depuis la rentrée, on s’en est accommodé tous les deux, on se parle plus trop, j’imagine que c’est pas plus mal, je l’aurais sans doute mal pris à sa place. Et c’est un peu con de revenir comme ça comme une fleur et comme j’ai vu qu’il s’était éloigné, j’ai pas voulu m’imposer, parce que je lui dois au moins bien ça de choisir et faire ce qu’il veut maintenant, après toutes ces histoires. Voilà.

Depuis Chuck, j’avais toujours l’impression d’être gênante pour tout le monde, par ses paroles et ses actes et j’avais projeté ce sentiment sur tout mon entourage – ce qui n’avait rien arrangé. Comme quoi on peut même déglinguer les personnes les plus sûres d’elle.


- Bien avant les vacances, un an, je dirais, mais ce n'était pas très régulier, c'était juste comme ça au début... C'est encore juste comme ça.

Mes muscles se tirèrent de cette découverte. Je me sentais trop conne de n’avoir jamais rien vu venir depuis tout ce temps, de Stephen qui m’assurait que oui j’avais le droit de penser à mon propre bonheur avant celui des autres lorsque je lui avais posé la question et voilà quel était le résultat aujourd’hui. Je lui en voulais presque de ne m’avoir rien dit à ce moment-là, je m’en voulais encore plus d’avoir agi de cette façon.

Surtout que maintenant, inatentionnellement, je me retrouvais investie dans sa relation – tous les mots de Lizlor avaient ce poids, le poids qu’elle portait depuis plusieurs mois et je savais bien à quoi il ressemblait puisque j’avais eu le même. Peut-être pas de la même manière, ce n’était pas la même histoire non plus… Mais il n’en restait pas moins quelques similitudes.


- Mais c'est prendre le risque de tout perdre... Pas vrai?

A quoi ça servait de mentir ou alors de ne lui livrer quelques paroles bien maigres qui ne serviraient qu’à la rassurer pendant un temps ? Ça devenait trop important pour s’amuser à nuancer. Il y avait un moment où on avait plus le choix que de voir l’autruche perdue en pleine vide qu’on fait exprès d’ignorer en se disant que faire l’aveugle résout tous les problèmes. Mais on y revenait souvent à l’autruche et même plus précisément
à faire l’autruche.

- Ouais. Je laissais un instant mes yeux se perdre dans l’horizon. Comment faisait une personne pour devenir le centre de votre univers du jour au lendemain ? Surtout quand on savait que le moindre choc dans cette force centrifuge pouvait tout faire basculer… Mais plus t’attends, plus tu perds. Tu sais c’qu’on dit, il vaut mieux se prendre d’un coup le toit sur la tête que brique par brique…

Ce que je lui disais n’avait rien pour la rassurer, mais je me dis qu’à sa place, j’aurais aimé qu’on me tienne ce genre de discours. Enfin… On me l’avait fait. C’était juste que je n’avais pas écouté. Je remarquais seulement maintenant qu’on avait bien avancées dans le parc et je baissai la tête pour regarder le petit caillou dans lequel j’avais shooté durant ma marche se perdre un peu plus loin dans l’herbe. Plus que jamais j’avais l’impression d’être tiraillée de part Stephen parce que je me sentais, quoi qu’il arrive, obligée d’être de son côté, même si je n’étais pas d’accord avec lui, mais le problème on l’avait assez répété, c’était que je ne lui disais pas. Que je n’étais pas d’accord. Mais en même temps… C’était Stephen et c’était une raison suffisante pour le soutenir parce que c’était ce que faisait tous les meilleurs amis… ce n’était pas ce qu’il avait fait pour moi ? Mais de l’autre de par Lizlor, parce que même si je n’avais aucune affinité spéciale avec elle, après ce qu’elle venait de me confier, je ne pouvais pas rester simple observatrice et la laisser se démerder alors que ça se voyait clairement qu’elle ne savait pas quoi faire parce qu’elle voulait tout, mais que finalement, ses plus grandes chances étaient… de ne
rien avoir.

- Je suis désolée pour Carlton et toi.

Ma tête se figea un instant dans sa direction parce que je ne m’étais pas attendue à ce qu’elle me parle de Chuck. Tout le monde savait, tous les Gryffondor en tout cas, alors ce n’était pas une surprise qu’elle en ait entendu parler, pourtant nous étions pendant si longtemps restés dans le secret que parfois je pensais que tout ce qui s’était passé, le bon comme le mauvais n’était que pur fruit de mon imagination.

- Non, il ne faut pas
, c’était récent, mais j’arrivais à prendre de plus en plus de recul sur notre relation. Finalement ça n’avait rien de plus été que prévisible, là aussi, je m’étais amusée à faire semblant de voir, alors que je l’avais sus depuis le début que c’était terminé avant même que ça commence par conséquent la façon dont ça s’était conclu n’avait rien d’étonnante. Désolé pour elle, pour elle, pour elle.. ça faisait un paquet de monde et il n’y avait rien qui me plaçait au-dessus du lot, c’était juste que c’était moi qui m’étais prise à croire que j’étais plus importante. Pas pour des trucs qui nous mène nul part. Et dans des coins trop sombres pour en ressortir indemnes.

Parce que c’était ça, non ?


- Stephen s'inquiète vraiment pour toi, tu sais.

Elle l’avait déjà dit, pourtant sa phrase me vint différemment.

- Il l’a toujours fait… Je souris doucement, malgré moi. Ce n’était pas très cool pour Lizlor parce que quand on tient très fort à quelqu’un, on a juste envie d’être la première et je crois que je pouvais comprendre ça. Elle ne l’avait pas dit mais… tout le reste avait parlé pour elle. A sa manière. Mais ce n’était plus de moi dont il devait se soucier. Je ne connaissais rien des dessous donc je ne pouvais pas trop me prononcer, mais même si elle avait l’air de considérer qu’il agissait bêtement Stephen était loin d’avoir des mauvais côtés comme j’en entendais beaucoup parler. Il sait pas comment faire, la vie, c’est pas vraiment comme les potions, c’est pour ça qu’il faut soit le laisser s’en rendre compte tout seul pour en tirer ses propres leçons, soit lui montrer… Tu peux essayer de lui apprendre si tu veux.

Parce que c’était aussi dans la nature humaine.
De croire que tout n’était peut-être pas perdu.

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: Les facéties du chat (pv Taylord) terminé   Jeu 24 Jan - 16:36

Dans ces moments-là, je pensais à Maman. Elle avait cette faculté de parler avec les gens, de discuter et de créer des liens avec eux au cours de la discussion, sans jamais modifier pour autant qui elle était vraiment. Elle leur plaisait naturellement et sans artifices. Je savais que ses origines Vélanes - dont j'avais hérité, mais à moindre échelle évidemment - n'y étaient pas pour rien, car elle attirait l’œil quoi qu'elle fasse, et je ne me rappelais pas une seule fois qu'un homme lui ait fait une remarque désobligeante comme on pouvait en entendre parfois, parce qu'en plus d'être belle elle avait cette beauté froide qui inspire un certain respect. Mais sa beauté allait plus loin, je crois qu'elle allait jusqu'à toucher les gens au fond d'eux, et j'aurais aimé en avoir ne serait-ce qu'une infime partie, pour qu'elle me donne un peu d'aisance, avec les autres comme avec moi-même. J'avais évolué, évidemment, et les nouveaux liens que je tissais avec Maman n'y étaient pas pour rien. Mais je me sentais toujours fragile, mal équilibrée, avec trop de choses au fond de moi pour qu'elles ne s'agitent pas en un immense tourbillon dévastateur qui prenait le pas sur moi sans que je puisse me défendre - le coup de poing à Carlton en était la preuve. Il n'avait pas fallu m'agiter plus longtemps, toute ma colère avait eu besoin de jaillir d'un coup - dont acte. Je ne regrettais rien, de toute façon j'avais appris que les regrets ne faisaient qu’accroître nos problèmes, si ce n'est peut-être que les os de son visage avaient été un peu durs pour mon pauvre poing qui avait eu besoin de quelques jours pour s'en remettre. Mais il me semblait qu'il n'y avait pas qu'en moi qu'un tourbillon ravageait tout : autour de moi, en Taylord aussi, partout... Et chacun vivait son petit tourbillon avec un peu de peine, sans parvenir à le calmer pour qu'il ne blesse pas trop les autres. C'était à se taper la tête contre les murs : pourquoi le monde ne pouvait-il pas être plus simple? Les liens si forts qui m'attachaient à Ruby me semblaient les plus beaux et les plus incassables que je n'avais jamais connu, en dehors de ma famille. L'amitié avait de cela qu'elle rendait tout simple, évident : elle ôtait les inquiétudes. Elle n'ôtait pas les inquiétudes que je pouvais avoir pour Ruby, qui en ce moment... N'allait pas très bien, et je le savais, malgré ce qu'elle cachait, mais elle ôtait les inquiétudes que j'avais à notre sujet, parce que je savais que quoi qu'il arrive elle serait là, toujours, et qu'on ne se quitterait jamais.

Pourquoi ce n'était pas aussi simple? Pourquoi Taylord et Stephen ne pouvaient pas agir de la même manière? J'aurais aimé pouvoir rejeter la faute sur Taylord, parce qu'il était facile de se dire qu'elle faisait sans doute tout capoter, Carlton et Stephen comme preuves à l'appui. J'aurais aimé qu'elle me soit détestable, à vrai dire. Il y avait quelque chose en elle de semblable à moi - ses origines, son caractère? - et je ne pouvais m'empêcher de me dire que
Stephen nous aimait toutes les deux. Mais au fond je n'avais pas envie d'être méchante avec elle ; et, surtout, je savais que Stephen était plus fautif qu'elle... Je ne connaissais que trop bien la manière dont il s'occupait des gens qu'il "aimait". De la même manière, Stephen avait longtemps été inséparable de Scott McBeth - j'avais suffisamment espionné sa vie pour le savoir - et si je m'étais un jour fait la réflexion que nos deux meilleurs amis étaient à Serdaigle, j'avais vite fait l'impasse sur ce détail, étant donné que Scott ne semblait plus trop être proche de Stephen. Ça, plus Taylord, plus... Moi, je ne pouvais décemment pas en déduire que la faute venait de Taylord.

Mais, pourtant, Stephen était et restait celui qui...
celui-là, et je ne pouvais l'effacer de mon cœur, ou lui en vouloir de toutes mes forces, comme j'aurais du le faire.


- On l’est. Et puis, ben ça peut être n’importe quoi, de toute façon, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse, il ne me demande jamais conseil ! C’est pas mon genre de forcer les gens là d’ssus.

Je ne pus que lui lancer un regard plein de compréhension : Stephen et demander conseil était deux notions antinomiques.

- J’ai coupé les ponts cet été, parce que je comptais pas revenir. Pour que ce soit plus facile, parce qu’on allait pas se revoir et puis bah, pour me voiler la face aussi. C’est nul.

Je ne savais pas tout mais là encore j'en savais trop pour quelqu'un que je ne connaissais pas assez : j'avais entendu Maman parler à Katie de la dispute avec Woodley et de ses "manières impardonnables" avec Taylord Reegan, et d'autres. Sans connaître les détails, je me figurais que Taylord avait dû subir une colle plutôt corsée pour payer d'un affront que Woodley avait sûrement mérité, mais hélas, un élève a toujours tort face à un professeur, qui qu'il soit. En revanche j'ignorais qu'elle n'avait pas projeté de revenir après son renvoi, et je ne pus m'empêcher de la regarder avec des yeux ronds comme des soucoupes, sous le coup de la surprise : Euh... Ne pas revenir à Poudlard? Ne pas finir ses études? Mais... Tous les sorciers allaient à Poudlard et avaient leurs BUSE et leurs ASPIC, c'était un peu suicidaire de ne pas les avoir, non?

- Et puis depuis la rentrée, on s’en est accommodé tous les deux, on se parle plus trop, j’imagine que c’est pas plus mal, je l’aurais sans doute mal pris à sa place. Et c’est un peu con de revenir comme ça comme une fleur et comme j’ai vu qu’il s’était éloigné, j’ai pas voulu m’imposer, parce que je lui dois au moins bien ça de choisir et faire ce qu’il veut maintenant, après toutes ces histoires. Voilà.

Tout était toujours plus compliqué qu'il n'y paraissait, mais je ne pouvais pas m'empêcher de comparer leur histoire à la mienne, et de me dire que jamais je n'aurais pu ainsi me comporter avec Ruby ; pourtant, ils étaient amis, non? Ou bien ils n'étaient pas amis comme on l'entendait?... Je ne savais pas, je me faisais tout un tas d'élucubrations, et je ne voulais pas en venir à ce que je craignais vraiment, alors... Je donnai un petit coup de pied dans un caillou, tandis que Le Chat bougeait un peu contre moi, se retournant, dans une position abracadabrante dont seule les chats avaient le secret. Mais au moins je lui avais dit, à Taylord ; au moins, elle m'avait dit elle aussi pourquoi elle agissait comme ça, alors peut-être qu'avec tout ça... Les choses allaient évoluer, si jamais je pouvais en glisser un mot à Stephen, ou bien si Taylord pouvait prendre mes aveux en compte, peut-être.

- Tu le connais, c'est pas sûr qu'il ose, même si il en a envie, lui fis-je remarquer doucement. Et si aucun des deux n'osait...

Mon aveu, quant à lui, provoqua un petit silence de quelques secondes et je me sentis gênée encore une fois. Heureusement que le spectacle du lac et du parc qui s'étalait devant nos yeux nous offrait de quoi nous occuper le regard, et penser à autre chose, ou bien trouver une manière inspirée de répondre, peut-être. Les secrets étaient décidément bien douloureux, pour ceux qui les gardaient comme pour ceux qui les ignoraient et qui un jour les apprenaient... Je n'en avais jamais eu pour Ruby, ou jamais bien longtemps, et je m'en félicitais. Car ils étaient du poison dans tout ce que nous tentions de bâtir.


- Ouais. Mais plus t’attends, plus tu perds. Tu sais c’qu’on dit, il vaut mieux se prendre d’un coup le toit sur la tête que brique par brique…


Mais parfois, attendre, ça nous protège un peu plus longtemps... Il y avait des coups que je n'aurais jamais voulu ressentir et celui-là... Je n'étais pas sûre d'y être préparée.

- Non, il ne faut pas. Pas pour des trucs qui nous mène nul part.

Au sujet de Carlton je la vis devenir bien plus distante, et je ne pus retenir un haussement de sourcils qui signifiait tout simplement "tu m'étonnes" - je faillis répliquer quelque chose comme quoi de toute façon elle avait bien raison parce que si tôt Taylord dégagée - et salement, en plus - de sa route il avait (entre autres, j'imaginais, évidemment) couché avec Ruby, pourtant amie de Taylord, et comme je n'en voulais absolument pas à Ruby parce que je savais pourquoi elle avait fait ça, Carlton avait à mes yeux toute la faute et la responsabilité. Et je ne voyais pas en quoi ou pouvait perdre quelque chose en n'étant pas avec lui, mais bon. C'était tant mieux pour Taylord, mais j'imaginais qu'elle n'était pas trop prête à l'entendre, enfin... Sauf si elle pensait ce qu'elle venait de dire, ce dont je doutais.

- On va dire que tu peux trouver bien mieux, conclus-je en ne me mouillant pas trop. J'avais envie de la rassurer et d'être gentille moi aussi parce qu'elle faisait des efforts, mais je ne savais pas trop comment m'y prendre.


- Il l’a toujours fait… A sa manière. Il sait pas comment faire, la vie, c’est pas vraiment comme les potions, c’est pour ça qu’il faut soit le laisser s’en rendre compte tout seul pour en tirer ses propres leçons, soit lui montrer… Tu peux essayer de lui apprendre si tu veux.

La comparaison, judicieusement trouvée, me fit sourire à mon tour. Et le conseil aussi... Oui, sans doute qu'il fallait que je lui prenne un peu plus la main, mais... Comment? Sauf que Taylord avait raison : tout seul, Stephen avait bien moins de chances de s'en sortir.

- T'as raison. Mais d'ailleurs, c'est valable pour nous deux... ajoutai-je avec un petit regard en coin. Néanmoins j'avais le cœur plus léger, et Le Chat émit un petit miaulement de contentement entre mes bras : il avait décidé que c'était l'heure de la sieste, et même si je sentais encore dans mon bassin la chute de tout à l'heure, je n'avais plus trop mal. Tu viens, on va boire un thé? Je lui donnerais à manger aussi comme ça, fis-je en montrant Le Chat du regard. Si Stephen s'occupait peu de moi il s'occupait encore moins de son pauvre petit chat, et cela faisait des années que j'avais pris la place de celle qui le nourrit, surveille que tout va bien, le caresse et joue avec lui.

J'invitai Taylord à me suivre et bifurquai vers le château. Je me sentais toujours un peu entre deux chaises avec elle, mais malgré tout j'avais décrypter dans tout ce qu'on avait pu se dire que... La manière dont Stephen la considérait me restait floue, mais la manière dont elle le considérait lui, j'en étais persuadée, était strictement de l'amitié, et cela enlevait un poids considérable de mes frêles épaules.



Fin

_________________

So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
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