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"If only you could see heartstrings." [S.]

 
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 "If only you could see heartstrings." [S.]

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Apple Hunt
Élève de 6ème année



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Particularités: Je suis un ninja.. Si, regarde ce que je viens de faire ! ... tu n'as rien vu ?... justement... B-)
Ami(e)s: Hé ! Hé ! Scott ! Scooott ! Reviens, j'ai un truc à te montrer...
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MessageSujet: "If only you could see heartstrings." [S.]   Lun 14 Mai - 19:03

Allongée dans mon lit, les jambes appuyées contre le mur, je gratouillais pensivement Freja, qui poussait des petits babillements satisfaits. Mon esprit dérivait, revenant toujours au même sujet, celui qui agitait mon estomac et provoquait une série de fourmillements le long de ma colonne vertébrale. Scott. Je poussai un petit soupir, sans pouvoir m'empêcher de sourire. Chaque jour qui passait, je me laissais un peu plus tomber dans cette douce euphorie dont j'étais la seule à connaître l'existence. À vrai dire, toute cette histoire occupait la plupart de mes pensées heureuses, surtout depuis que j'avais passé les vacances à Poudlard, quasiment seule, tandis que tous mes amis étaient retournés chez eux. Scott aussi était part chez lui pour les fêtes, et je n'avais pas pu m'empêcher de m'inquiéter de le savoir là-bas, au milieu de sa famille qui ne semblait jamais le considérer à sa juste valeur. Bien sûr, depuis qu'il était au ministère, c'était un peu différent, mais j'étais sûre qu'il ressentait l'amertume d'être soudainement plus intéressant, sans jamais, de toute façon, égaler aux yeux de ses parents ses frères et ses sœurs. J'avais donc veillé à lui écrire beaucoup, et à lui demander comment il allait, ce qu'il faisait, m'intéressant à lui tout en glissant quelques compliments au milieu des lignes. Ça ne changeait sûrement pas trop de d'habitude, puisque j'étais toujours très vocale sur l'affection que je lui portais, mais cette fois-ci, je voulais être sûre qu'il le ressente particulièrement. Pour Noël, j'avais aussi cherché à lui trouver un cadeau aussi spécial qu'il l'était pour moi, et malgré son insistance polie pour que je ne dépense pas le peu d'argent que je possédais, je lui avais offert une vieille édition de l'un de ses livres favoris. D'après le libraire, c'était l'un des exemplaires de la première édition, à présent introuvable, pourtant dans un état presque neuf, le cuir de la couverture brillant encore sous la lumière des bougies du magasin.

En réalité, ce n'était pas grand-chose comparé à ce que j'aurais voulu offrir à Scott si j'en avais les moyens - mon cadeau n'était pas tangible et j'en ignorais les limites, seulement, je voulais profondément qu'il soit heureux et se sente aimé, et je savais bien qu'un pauvre livre ne suffisait pas à illustrer combien je tenais à lui. Même lors du Nouvel An que nous avions passé ensemble, je n'avais pas réussi à fêter cette nouvelle année aussi joyeusement que je l'aurais voulu. Je ne voulais pas seulement serrer Scott dans mes bras à minuit, je voulais ne plus le lâcher, jamais. Toutes ces émotions se transformaient en petites bulles qui venaient éclater à la surface de ma peau, sur le bord de mes lèvres, prêtes à exploser au visage de quiconque me donner trop longtemps la parole. Pourtant, personne ne semblait encore mériter mon secret, mon amour pour Scott, et si Serghei ne semblait pas dupe, et mes amies de dortoir un peu trop curieuses, je gardais en moi tous ces mots, toutes ces petites bulles, car la seule personne qui les méritait vraiment était Scott. Pourtant, je ne pouvais toujours pas lui avouer tout ça... Pas encore.

Scott, Scott, Scott - je poussai un second soupir avant de rouler dans mon lit, au grand désarroi de Freja qui protesta en couinant. J'étais vraiment digne des comédies romantiques avec Hugh Grant que je regardais petite... D'ailleurs, en y réfléchissant, Scott et Hugh Grant pouvaient se ressembler. Grands, les yeux bleus très clairs, bruns, un sourire craquant... Bon, c'était officiel, je me transformais en magazine pour filles. Cette fois-ci, je bondis hors de mon lit, bien décidée à ne pas me transformer en marshmallow niais. C'était bizarre... Parfois, j'étais capable d'un tel recul sur Scott, je me disais que notre relation était si particulière que je n'avais pas besoin de plus, que mon amour, aussi secret soit-il, suffisait. Puis, quelques jours plus tard, j'étais incapable de dormir tant je pensais à lui, et j'avais envie d'aller chanter tout en haut de la tour d'astronomie, tellement j'étais euphorique. En tout cas, recul ou non, une chose était sûre, j'étais heureuse quand j'étais avec Scott. Quand je pensais à lui. Ses épaules larges. Ses grandes mains. Son regard tout doux. Son sourire timide et amusé.

Ah, voilà que je recommençais !

J'étais décidément bien loin des passions passagères que je pouvais avoir. Scott était tout ancré en moi, si confortablement que j'en oubliais d'en avoir peur. Pourtant... Pourtant, rien n'était sûr, pas vrai ? Je ne savais pas où tout cela me menait. Je n'étais pas sûre qu'un jour Scott ressente la même chose. Pourquoi est-ce que tout ça ne me paniquait pas plus ?!

Bon, je n'allais pas rester ainsi à barboter dans mon hystérie amoureuse, songeai-je, même si c'était très tentant. J'avais envie d'aller chanter, et j'espérais que la salle sur demande serait libre, sans quoi je serais obligée de trouver une salle vide et de jeter un assurdito, sort pour lequel je n'étais pas extrêmement douée - Serghei disait toujours que ma baguette devait sentir combien il était contre nature pour moi. Je partis donc dans les couloirs, Freja et mon livre de chant sous le bras, le cœur gonflé comme un ballon à l'hélium. J'évitais de passer par le couloir de l'aile est du septième étage, où je savais qu'Espen sortirait bientôt de son cours d'arithmancie, car je prenais bien soin de croiser son regard noir le moins souvent possible.

La salle sur demande étant vide, elle multiplia à ma guise les ouvrages sur le chant, et les jolis disques parfaitement adaptés au tourne disque sorcier, sans oublier une belle sélection de groupes moldus. Je remerciai la salle, tandis que Freja s'en allait rouler dans un tas de cousins, et quelques secondes après avoir agité ma baguette, la voix claire de Laura Marling s'élevait jusque vers le haut plafond de la pièce. Je me posai dans les cousins, ignorant Freja, me concentrant sur les notes, la façon de moduler le son de la voix, tout en fredonnant pensivement, tentant de reproduire les mêmes effets. Dans ma petite bulle mélodieuse, mes pensées dérivèrent, plus calmes cette fois-ci, mon cœur apaisé de cette nouvelle quiétude. J'aurais aimé que Maman soit là, assise dans les cousins avec moi, feuilletant son habituel magazine de cuisine. Ma voix tressaillit légèrement, et je fermai les yeux, repoussant doucement la mélancolie pour me concentrer sur la musique. J'aurais tout le temps d'être triste ce soir.

Mais la salle sur demande sembla vouloir m'encourager à une soirée un peu différente, car je tombais nez à nez avec Penelope, qui tenait fébrilement un bout de parchemin entre les doigts, tant absorbée par sa réflexion qu'elle me remarqua à peine. Un couinement de Freja la fit cependant sursauter, et son visage s'illumina en me voyant, ses yeux en amande brillant tout à coup, comme lorsqu'elle venait d'avoir une idée. La suite se passa très vite, elle m'expliqua avec agitation qu'elle avait été invitée à une soirée à Pré-au-Lard par cet ancien élève qu'elle avait rencontré quand nous avions été goûté au Trois Balais ensemble, avec Serghei et Alec, et que ce fameux garçon, un ancien camarade de Serpentard d'Alec, était venu discuter avec nous, et à présent il l'invitait - elle insista sur le terme en rougissant de plaisir - mais oh, il fallait "absolument" que je vienne, puisqu'Alec et Serghei venaient aussi, et il fallait que je l'aide à "se préparer pour lui en mettre plein la vue".

Sa tirade finie, j'étais aussi essoufflée qu'elle, mais elle avait réussi à me convaincre. Surtout si Serghei en était, ce qui arrivait rarement ; il avait la manie de quantifier les risques que présentait une soirée remplie d'inconnus, et les nombres l'encourageaient souvent à rester dans son dortoir le soir. Je devinais qu'il avait voulu faire plaisir à Alec, qui lui même voulait probablement seulement faire plaisir à son ancien camarade, et voilà maintenant que je me joignais à cette petite troupe pour faire plaisir à Penelope. Cette soirée promettait décidément d'être étrange, songeai-je, guillerette tout de même d'avoir quelque chose de prévu pour mon vendredi soir.

Une heure plus tard, Penelope et moi étions prêtes. Elle avait pris très au sérieux cette soirée, bouclant ses cheveux épais, s'autorisant un rouge à lèvres rouge vif et un décolleté qui mettait en avant sa poitrine généreuse. Elle était vraiment top dans sa tenue, et nous avions gloussé de la future réaction du garçon qui la courtisait, comme deux adolescentes un peu niaises - la légèreté de la conversation me fit du bien. Toute contente de m'avoir comme compagnonne d'aventures, Penelope avait insisté pour que je joue le jeu aussi. Elle m'avait prêté un vieux tee-shirt à elle, qui ne lui allait plus depuis qu'elle faisait du D. La matière était noire, élastique et moulante, avec des manches trois-quarts, et un dos nu. J'enfilai également ma jupe évasée taille haute, et les vieilles bottines ayant appartenues à Kathleen. Maintenant que je faisais officiellement 1m75, les petits talons me faisaient presque atteindre le 1m80, me donnant l'impression d'être une girafe un peu maladroite, et compliquant la tâche de Penelope qui voulait me maquiller ; un fou rire plus tard, et j'avais un magnifique trait d'eyeliner épais et bleu nuit, assorti à mes cheveux bleus pastel, et un peu de fard brillant argentée sur les pommettes, qui reflétait la lumière lorsque je souriais. L'excitation de la soirée m'avait défitivement gagnée, et je laissais le sentiment m'envahir avec délice. Ce genre de petites joies m'avaient manquées si longtemps que je ne me lassais jamais de les retrouver.

Nous avions retrouvés les garçons, qui avaient insisté pour que nous soyons à l'heure à la soirée, et je fus surprise de constater que le petit appartement était déjà bien animé. Le salon sentait bon le feu de cheminée et le whisky pur feu, une chanson entraînante jouait en fond, et je trouvais tout de suite le lieu chaleureux. Le fameux prétendant de Penelope l'accueillit avec un grand sourire, et la discussion se lança, Serghei s'y joignant même, l'air tout de même un peu étriqué dans sa chemise boutonné jusqu'au col. Heureusement, Alec avait l'air de veiller sur lui, le regard en coin, me faisant sourire. La fête pouvait officiellement commencer !

Je m'approchai de la table ronde qui faisait office de buffet, l'estomac gargouillant devant les sucreries, puis sursautant à la vue de Chuck, en pleine bataille plus ou moins discrète de cacahuètes avec Emmy. Je m'y joignis en guise de bonjour, et la conversation se lança ainsi, au milieu d'éclat de rires. Ça me faisait plaisir de revoir Chuck, surtout qu'il avait bonne mine - il ne ressemblait plus à ce Chuck d'il y a quelques mois, et je réalisai que je ne ressemblais plus non plus à cette Apple là.

Pourtant en pleine discussion animée, mon attention tressaillit un instant, comme mes sens avaient détecté quelque chose avant moi - un son, un parfum. Je me retournai, les sourcils légèrement froncés, avant de pousser un petit cri. Scott ! Scott était là, en train d'ôter sa veste et de dire bonjour à l'un des colocataires de l'appartement, son regard vers moi. Lui aussi m'avait vu.

Sans attendre plus longtemps, je fonçai vers lui et me jetai dans ses bras.


- Scoooott !! Je le serrai contre moi, le cœur palpitant jusque dans mes paumes. Si j'avais l'habitude de l'enlacer pour le saluer, plus les semaines passaient et plus mon étreinte s'eternisait toujours quelques secondes de plus. Il sentait tellement bon... Oh, je suis trop contente de te voir, c'est fou que tu sois là aussi !!

Je m'écartai finalement, les joues rosies, me rappelant que nous étions pas seuls. À vrai dire, plus personne ne m'intéressait autant que lui à présent. La sensation était impossible à décrire tant elle me semblait paradoxale. À côté de Scott, je me sentais tout à coup calme, mon euphorie amoureuse descendait de ma gorge jusqu'à mon cœur où elle s'y reposait tranquillement, j'étais rassurée, emplie d'une plénitude étrange... Et en même temps, tout était démultiplié, chaque regard qu'il me lançait me donnait envie de sourire, je voulais me loger contre sa large carrure pour qu'il m'aspire dans le parfum de sa lotion d'après rasage... Je ne comprenais même pas comment je pouvais ressentir toutes ses émotions contradictoires sans exploser, sans même avoir peur. C'était comme si Scott était à la fois mes ailes et mon ancre.

Ma main attrapa la sienne, un immense sourire sur mes lèvres.


- Tu viens, on va chercher à boire à la cuisine ?

Je l'entraînai à ma suite, enivrée par sa présence et mon courage d'avoir nos mains toujours jointes. Serghei revenait justement de la cuisine, un verre dans la main.

- Serghei, regarde qui j'ai trouvé ! C'est trop cool ! J'ai vraiment bien fait de venir !

Et je continuais ma course jusqu'à la cuisine, telle une petite tornade, complètement euphorique, forçant Scott à prendre mon rythme.

- Qu'est-ce que tu veux boire ? En tout cas, je ne sais pas si je te l'ai déjà dit, mais j'adore la chemise que tu portes elle met vraiment en valeur tes yeux ! Je réalisai que je n'avais pas respiré correctement depuis plusieurs minutes, et me forçai à inspirer, riant à moitié. Ohlala, pardon, je ne m'attendais pas à te voir alors ça me rend toute euphorique ! J'examinai les bouteilles posées sur la table. Je crois que je vais prendre du jus de fraise ! Et toi ?!

Je consentis à lâcher la main de Scott pour attraper un verre, mon regard toujours accroché à lui, mon corps plongé dans une tiédeur agréable.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "If only you could see heartstrings." [S.]   Mar 22 Mai - 22:15

Il faisait très froid, mais l'air restait sec et coupant. Oublier son écharpe aurait été une bien mauvaise idée ; le vent d'hiver sifflait dans les rues et tournoyait autour des arbres ou des poteaux, si bien que cela devenait un travail de précision de circuler sans se faire malmener par les bourrasques cinglantes. En dehors de cela, le temps était splendide ces derniers temps : le soleil brillait et parait la ville de rayons argentés, même si malheureusement je n'avais guère le temps d'en profiter. Depuis que j'avais échoué la mission sur le terrain que nous montions depuis des mois, il me semblait que tous les efforts que je faisais étaient tellement minimes que j'avais redoublé d'intensité. Mes journées au travail s'éternisaient, j'étais le dernier à partir le plus souvent, et je rentrais pour travailler. Même quand j'allais dîner chez Ruby, chez les jumelles, avec Apple, il m'arrivait de rentrer et de me remettre à la tâche. Je n'avais jamais rechigné à cela, heureusement pour moi — mais plus le temps passait plus je devenais amer. J'avais l'impression que, m'étant construit au fil des années avec au moins la certitude d'être doué, plus que la moyenne, et que c'était là ma seule qualité, on tentait de m'enlever ce qui m'avait permis de garder la tête hors de l'eau. Inutile d'essayer d'empêcher mon cerveau de penser à Stephen qui se faisait un malin plaisir de me remémorer toutes nos conversations, toutes les situations où il s'était évidemment montré plus brillant que moi. Toutes ses remarques désobligeantes pour me le rappeler, aussi. Et si finalement je n'étais pas si intelligent que cela ? Y penser me donnait le vertige, et dans ces moments-là j'allais me coucher, et je dormais d'un sommeil qui avait le mérite d'être profond et brutal, à défaut d'être long. Les journées s'enchaînaient et passaient, ponctuées de quelques seules respirations. La plupart étaient en compagnie d'Apple. La plupart également — les mêmes — me laissaient dans un tel état de perplexité que je reprenais avec plaisir mon travail acharné, qui m'empêchait de trop penser à moi-même. Les rouages de ma vie étaient bien huilés, en un sens. Si on n'y regardait pas de trop près.

Ce n'est que quand la cafetière vint me heurter l'épaule pour la cinquième fois consécutive, plus fort que celles d'avant, et donc qu'elle me renversa un peu du liquide brûlant sur l'épaule que je sortis de ma réflexion en sursautant : bon sang, j'avais préparé ce café il y avait déjà plus d'une heure et je ne l'avais pas bu et il était... Déjà si tard !! Mais je devais me rendre à une soirée, or il me fallait absolument finir ce parchemin d'application des Runes... Vite, je me concentrai, conclus la chose après relecture, avalai une tasse de café pour me donner de l'énergie, me levai de mon bureau après l'avoir rangé d'un coup de baguette. Je pris ma douche en essayant de me changer les idées mais mes cellules grises étaient encore échauffées, et m'habillai distraitement. J'étais invité par un ami d'ami à une soirée, je savais juste que mon ami en question y serai, rien de plus. J'étais juste heureux de prendre un peu l'air et de me changer les idées, même si la perspective d'une soirée bondée n'était pas vraiment ce qui m'enchantait le plus.

Ce n'est qu'une fois arrivé que je sentis une onde tiède m'irradier toute entière — et ce n'était en rien dû à la cheminée dans laquelle ronflait un grand feu, qui apportait un confort très appréciable après le froid au dehors. J'avais repéré Apple dans la foule. C'était une très bonne surprise (mais pas tant que ça car nous avions des amis en commun, même si je n'avais pas imaginé qu'elle serait là) et je lui fis un grand sourire. Elle courut vers moi pour me serrer dans ses bras (c'était toujours un peu gênant, mais on s'y faisait avec le temps) et je me fis la même réflexion qu'à chaque fois : elle était si grande à présent ! J'avais l'impression qu'elle avait pris un mètre en an, tant elle s'était affinée et étirée, tant maintenant sa présence était plus resplendissant qu'elle ne l'avait jamais été. Je lui rendis son étreinte un peu maladroitement, sentant son parfum envahir mes narines. La couleur de ses cheveux — sans arrêt changeante — lui allait plutôt bien, mais sa tenue encore plus, même si en sentant la peau de son dos sous ma main, j'eus l'impression d'avoir eu un geste déplacé. Il m'échappa un petit « oups » mais elle ne parut pas y prêter attention.


- Scoooott !! Oh, je suis trop contente de te voir, c'est fou que tu sois là aussi !!
- Moi aussi ! C'est une merveilleuse surprise !


Je lui souris et seulement pris compte de la situation, de la pièce, des gens autour de nous. Je leur fis un petit signe en guise de bonjour, même à Chuck, surtout à Emmy.

- Tu viens, on va chercher à boire à la cuisine ?
- Oui, j'ai vraiment très envie de boire un verre.


C'était dit avec un tel sérieux que c'était un peu surprenant de ma part, mais ces derniers temps, je travaillais tellement que parfois un petit verre de vin ou d'un bon Pur-Feu n'était vraiment pas de refus pour se détendre. Quant à Apple, elle avait l'air tellement surexcitée, que je me fis la réflexion qu'elle n'avait définitivement pas besoin d'alcool. Je saluai évidemment Sergheï au passage, que j'étais content de voir aussi.

- Qu'est-ce que tu veux boire ? En tout cas, je ne sais pas si je te l'ai déjà dit, mais j'adore la chemise que tu portes elle met vraiment en valeur tes yeux ! Ohlala, pardon, je ne m'attendais pas à te voir alors ça me rend toute euphorique ! Je crois que je vais prendre du jus de fraise ! Et toi ?!

- Hmm... Je veux bien un verre de vin ! Le blanc, là-bas. Arrête, c'est toi qui est la mieux habillée ! Je me suis préparé vite fait, je venais à peine de m'arrêter de bosser. Mais c'est gentil !

J'attendis qu'elle se serve pour trinquer avec elle. Je détestai ces moments : quand je me rendais compte que mon travail me prenait tellement de temps que j'en avais moins pour elle, même si nous nous voyons très souvent et que nous nous écrivions presque tous les jours. Mais je n'étais pas aussi présent que je l'aurais voulu, surtout lorsque je savais qu'elle traversait une période plutôt compliquée.

- Alors, ton devoir de Sortilèges ? Et des nouvelles d'Espen ? Sinon, c'était bien ta sortie à Pré-au-Lard avec tes amies l'autre jour ? Et tu ne m'as pas raconté de ce qui s'était passé l'autre jour dans la Grande Salle ? Oh là là ! Il suffit que cinq jours passent et j'ai l'impression qu'on a trop de trucs à rattraper !

À vrai dire, j'aimais cela. Avec Apple, j'avais la sensation de pouvoir tout dire, tout et n'importe quoi, sans jamais être ennuyeux. Un de nos amis en profita pour venir nous saluer et discuter un peu avec nous, et si nous lui répondions évidemment, tandis qu'autour de nous les groupes échangeaient et riaient, je me rendis compte que je me fichais bien du reste, et que c'était avec Apple uniquement que j'avais envie de profiter de la soirée.

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SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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MessageSujet: Re: "If only you could see heartstrings." [S.]   Jeu 24 Mai - 21:03

La table de la cuisine débordait de boissons en tout genre, avec des bouteilles aux formes étranges et aux étiquettes colorées dont les lettres et images bougeaient joyeusement. L'alcool sorcier était encore plus loufoque que celui moldu, et même si je ne buvais pas trop, il était vrai que certains m’intriguaient, comme la bouteille violette vif dont de la vapeur s’échappait du bouchon pourtant scellé. Evidemment, ce n’était pas ce que choisirait Scott, pensai-je en souriant, il était plutôt classique, et pour ma part, j’étais beaucoup trop émotive pour l’instant pour supporter de l’alcool. Peut-être dans une petite heure, quand la surprise de la présence de Scott se serait atténuée, je tenterais l’une des liqueurs étranges.

- Hmm... Je veux bien un verre de vin ! Le blanc, là-bas. Arrête, c'est toi qui est la mieux habillée ! Je me suis préparé vite fait, je venais à peine de m'arrêter de bosser. Mais c'est gentil !

Je ne fus pas surprise de voir Scott me retourner mon compliment, mais mon cœur accéléra tout de même, flattée de voir que je lui plaisais. Enfin, plaire n’était peut-être pas le terme adéquat. Scott m’avait déjà dit qu’il me trouvait jolie, il me faisait toujours pleins de petites remarques agréables sur mes cheveux, mes tenues, ou même ma personnalité, sans jamais que j’ai besoin de réclamer… Je n’avais pas oublié ce qu’il m’avait dit sur Espen, et comment la personne avec qui j’étais devait me valoriser naturellement, et si je suivais son conseil, je n’avais pas besoin de regarder beaucoup autour de moi pour trouver la personne qui le faisait le plus et le mieux. Elle était littéralement devant moi. Je souris à Scott, sentant une vague d’affection pour lui monter en moi.

- Tu venais d’arrêter de travailler ? Scotty, je t’ai dit, tu travailles trop, le grondai-je à moitié. Je me tournai vers lui et inspectai son visage en fronçant les sourcils, l’air pensif. Tu bois bien les smoothies que je t’ai conseillés ? Je te trouve un peu pâle ! De toute façon, dimanche tu seras obligé de te reposer, dis-je, les yeux brillants. Nous devions passer l’après-midi ensemble et j’étais toujours aussi heureuse à la perspective d’avoir un moment rien qu’avec lui. S’il fait beau, je me suis dit qu’on pourrait marcher un peu dans les alentours de Pré-au-Lard, enfin, s’il ne fait pas trop froid, il ne faudrait pas que tu tombes malade… Ce qui n’arrivera pas si tu bois ton smoothie, c’est bourré de vitamines D !

Je riais en même temps, et pourtant, au fond… Je m’inquiétais un peu. Scott travaillait vraiment beaucoup, et je savais que son moral vis-à-vis de tout ça était un peu en baisse. Il n’avait pas choisi une profession facile, et si j’étais admirative de son ambition et son intelligence, je voyais bien qu’il était beaucoup plus critique avec lui-même, comme d’habitude. Sauf que même si Scott allait beaucoup mieux, je n’avais pas oublié sa dépression de l’année dernière, et je craignais que toute sa pression ne le fasse à nouveau craquer. Je n’arrêtais pas de lui recommander de lâcher un peu prise, de prendre du recul, je faisais tout pour lui changer les idées, mais il était tellement investi dans son travail et sa réussite qu’il était difficile de lui faire décrocher les yeux de ses rapports et ses papiers. A chaque fois que nous nous retrouvions, il avait l’air préoccupé, et j’étais simplement rassuré par la constatation qu’après un peu de temps en ma compagnie, il semblait s’illuminer et se sentir mieux. J’espérais vraiment pouvoir être aussi réconfortante qu’il pouvait l’être pour moi. Tous les jours, à Poudlard, je ressentais son absence comme un vide glacial que les lettres comblaient difficilement. A côté de Scott, c’était tellement plus simple, comme si l’air se chargeait d’une énergie nouvelle et lumineuse.

- Alors, ton devoir de Sortilèges ? Et des nouvelles d'Espen ? Sinon, c'était bien ta sortie à Pré-au-Lard avec tes amies l'autre jour ? Et tu ne m'as pas raconté de ce qui s'était passé l'autre jour dans la Grande Salle ? Oh là là ! Il suffit que cinq jours passent et j'ai l'impression qu'on a trop de trucs à rattraper !

Je lui tendis son verre de vin en riant, et m’attaquai au jus de fraise, en renversant un peu sur mes doigts que je léchai distraitement.

- Heureusement qu’on se voit dimanche je pourrais tout te raconter tranquillement ! Mais je passe ma vie à éviter Espen, à chaque fois que je le croise j’ai l’impression qu’il se prend pour un basilic ! Mais bon, ça va lui passer, je t’ai dit, je pense qu’il est plus mal de son égo blessé que de ne plus être avec moi… J’haussai les épaules, et trinquai avec Scott en souriant. Rompre avec Espen n’était vraiment pas très agréable, mais un mois s’était écoulé et je m’étais habituée. De toute manière, à présent, mes sentiments complexes pour Scott avaient pris toute la place. Mais dimanche fais-moi penser à te raconter la Grande Salle, et mon cours d’astronomie avec Riley, et toi tu me raconteras l’apéro chez Aidan et ta discussion ta sœur ?!

Je ne voulais absolument rien oublier, et la soirée n’était pas le meilleur lieu pour se raconter toutes ces choses, car nous allions sans cesse être interrompus... Pourtant, ça n’empêchait pas que je mourrais d’envie de lui poser mille questions, et de lui confier toutes mes petites aventures de la semaine, mais comme nous commencions à parler avec d’autres personnes, je dû réfréner mon emballement. Je laissai aussi Scott discuter longuement avec Serghei d’une histoire de runes et d’ingrédients de potions, et je riais silencieusement de les voir tous deux ainsi, dans leurs discussions de Serdaigle que je trouvais aussi intéressante qu’incompréhensible par moment. Au détour de quelques conversations, je jetai à Scott des coups d’œil car je pensais soudainement à une discussion que nous avions eue, à une plaisanterie que nous partagions, et à chaque fois, Scott me souriait d’un air entendu, devinant très bien ce à quoi je pensais. La complicité que nous avions me donnait toujours des petits papillons dans le ventre… Mais bizarrement, elle me rendait parfois presque triste, car je n’arrêtai pas de me demander si Maman avait un jour eu une telle sensation avec mon père. Même avant qu’il perde tout et que nous déménagions à Liverpool, il était toujours plus renfermé, moins lumineux, et je ne crois pas qu’ils aient partagé ensemble une telle connexion, ou plutôt que Maman l’avait imaginée plutôt que l’avait vécue. Ça me faisait toujours de la peine – ça et le fait que Maman ne rencontrerait jamais Scott, alors qu’il était à présent la personne la plus importante de ma vie.

Je laissai de côté mes pensées noires, et fini par me servir un cocktail que je demandais à Scott de me concocter, nous lançant dans un fou rire pour une histoire débile d’alcool aussi bleu que mes cheveux. J’étais dans ma petite bulle avec lui et je ne voulais jamais en sortir. Je me rendais compte aussi à quel point elle me faisait oublier le reste – en recroisant Chuck, je réalisai que je l’avais planté en pleine discussion dès que Scott était arrivé, et qu’il m’était ensuite complètement sorti de la tête. J’observai au passage l’attitude de Scott lorsque nous discutâmes tous les trois, consciente des enjeux silencieux qui se déroulaient. Je ne voulais pas que Scott se sente mis de côté, surtout pas dans une soirée où nous commencions à être sacrément nombreux. Des gens dansaient, et je ne voulais pas quitter Scott, mais l’une de mes chansons préférées des Bizarr Sisters commençait à jouer, et j’avais du mal à tenir en place. Heureusement, Scott le remarqua, et sûrement un peu désinhibé par le vin, se prit au jeu de danser un peu, ce qui me rendit encore plus euphorique que je ne l’étais déjà. Depuis que j’avais commencé à étudier le ballet, j’étais devenue un peu plus habile et mon sens du rythme s’était amélioré, mais dès qu’il s’agissait de danser en soirée, je restais adepte des chorégraphies improvisées et complètement fouillis, ce qui fit beaucoup rire Pénélope qui essayait pourtant de garder la face devant le fameux garçon pour qui elle avait le béguin. Il s’était d’ailleurs rapproché et s’était mis à danser avec elle, me laissant avec Scott qui me faisait à moitié danser le rock. Je n’écrasai pas ses pieds une seule fois, heureusement.


- Noooon, reste ! Scott avait réussi à tenir quelques chansons mais je le sentais battre en retraite, et je m’accrochai à son bras en riant. Bon, d’accord ! Finis-je par dire, m’avouant vaincue. Heureusement que tu n’aimes pas trop danser, sinon tu serais vraiment trop parfait ! M’exclamai-je, avant d’embrasser sa joue dans un mouvement complètement spontané. Mon cerveau vacilla une nouvelle fois du parfum de sa lotion d’après-rasage que j’aimais tant. A tout à l’heure !

Et je repris mes mouvements de danse un peu désordonnés, le cœur battant encore plus fort dans ma poitrine et l’impression qu’il me poussait des ailes.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "If only you could see heartstrings." [S.]   Dim 3 Juin - 18:54

- Tu venais d’arrêter de travailler ? Scotty, je t’ai dit, tu travailles trop. Tu bois bien les smoothies que je t’ai conseillés ? Je te trouve un peu pâle ! De toute façon, dimanche tu seras obligé de te reposer. S’il fait beau, je me suis dit qu’on pourrait marcher un peu dans les alentours de Pré-au-Lard, enfin, s’il ne fait pas trop froid, il ne faudrait pas que tu tombes malade… Ce qui n’arrivera pas si tu bois ton smoothie, c’est bourré de vitamines D !

Évidemment je me mis à rire, mais ne répondit rien de spécial — je buvais les smoothies qu'Apple m'avait conseillés quand j'y pensais, mais j'étais très souvent préoccupé par autre chose. À la fois cette attitude maternelle m'amusait beaucoup de la part d'Apple, et à la fois, une partie de moi s'en détachait : j'avais l'impression qu'elle ne comprenait pas, que personne ne pouvait comprendre. Je ne me noyais pas dans le travail parce que je l'avais décidé, je le faisais parce que sinon j'allais sombrer, et je n'étais pas capable de supporter de voir que je pouvais rater, que je n'étais pas à la hauteur. Je me tuais à la tâche pour avoir du résultat et pour être fier de moi ; l'idée de ne pas le faire m'était insupportable.


- Heureusement qu’on se voit dimanche je pourrais tout te raconter tranquillement ! Mais je passe ma vie à éviter Espen, à chaque fois que je le croise j’ai l’impression qu’il se prend pour un basilic ! Mais bon, ça va lui passer, je t’ai dit, je pense qu’il est plus mal de son égo blessé que de ne plus être avec moi… Mais dimanche fais-moi penser à te raconter la Grande Salle, et mon cours d’astronomie avec Riley, et toi tu me raconteras l’apéro chez Aidan et ta discussion ta sœur ?!

Je fis oui de la tête ; moi aussi j'avais envie de parler de tout et de rien avec elle, et à vrai dire j'aurais presque préféré me retrouver en tête à tête avec Apple dans un restaurant ou un bar comme cela nous arrivait parfois et de passer ma soirée à discuter avec elle, plutôt que de devoir faire attention au reste. Son ami Serghei vint alors se joindre à nous et comme il me posait de questions sur des précisions d'ingrédients et de potions, nous nous lançâmes dans une longue discussion approfondie, qui m'embarqua sans que je le remarque. Quand je m'en rendis compte, je fis un petit geste à Apple, désolé de l'avoir laissée de côté un instant. Puis nous allâmes du côté du buffet où Apple me fit rire jusqu'aux larmes, et deux cocktails plus tard sortis tout juste de nos imaginations, nous retournions vers les autres. Ce fut ce moment que Chuck choisit pour s'approcher de nous — évidemment il s'entendait bien avec Apple, avec qui ne s'entendait-il pas, à part moi ? — et discuter un peu ; je fis un effort, me sentant tout de même en retrait, mais je notais qu'il faisait attention lui aussi, et de toute façon Apple était adorable dans ces moments-là, à me faire sentir qu'elle me soutenait. La musique nous entraîna ensuite sur la piste et je me laissai faire, dansant un peu avec elle et la faisant virevolter du bout de mon bras, avant de la laisser continuer toute seule. J'aimais danser avec elle, mais il ne fallait pas trop m'en demander non plus.

- Noooon, reste ! Bon, d’accord ! Heureusement que tu n’aimes pas trop danser, sinon tu serais vraiment trop parfait ! A tout à l’heure !

... Trop parfait ? Je ne m'y étais pas attendu et je ne sais si ce fut son compliment ou son baiser piqué sur ma joue, mais je sentis ma peau tiédir au niveau de mes pommettes. Je lui fis un petit signe de la main, un peu déboussolé. Apple était désarmante, et plus elle me déstabilisait de la sorte, plus j'avais envie de m'accrocher à elle.

Pensif, je me demandai un instant ce que j'allais faire en son absence — elle était partie pour danser un petit moment et j'étais d'humeur plutôt taciturne. Mais je tombai sur Emmy qui me fit un grand sourire et me demanda de mes nouvelles, et très vite la discussion s'engagea sans que j'ai à faire un effort quelconque. J'aimais beaucoup Emmy, même si l'étrangeté de la situation ne m'échappait pas — je me demandais comment elle faisait pour supporter Chuck. Nous parlâmes peu du Ministère mais surtout de théâtre et de littérature, elle était drôle et intéressante, et me fit rire à plusieurs reprises. Finalement nous allâmes nous assoir dans un coin de la pièce où des gros canapés formaient un L et continuâmes de parler tous les deux, avant d'être peu à peu rejoints par d'autres personnes qui se mêlèrent à la conversation. Chuck, qui revenait de la piste de danse, fit même une remarque plutôt pertinente sur l'une des pièces de théâtre dont il était question, ce qui me surprit. Je compris au regard plein d'amour qu'Emmy lui lança qu'elle n'était pas pour rien dans cette évolution positive.


- Apple m'a déjà parlé de ce texte, oui, et de la complexité du rôle, tu l'abordes comment du coup ?

Au moment où je posai ma question à Emmy, Apple apparaissait entre les gens, se faufilant jusqu'à moi, deux verres dans les mains. Je lui fis un sourire et lui fis un signe pour qu'elle vienne me rejoindre — j'étais assis au bout du canapé, elle pouvait s'installer à côté sur l'accoudoir.

- On parlait de toi justement, Emmy me raconte ses derniers projets de théâtre !

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MessageSujet: Re: "If only you could see heartstrings." [S.]   Mar 5 Juin - 21:04


C'était exactement l'ambiance de soirée que j'aimais, l'humeur était à la fête mais les gens n'avaient pas besoin d'être excessif, je n'avais repéré aucun garçon en train de vomir dans un coin, la piste de danse ne se transformait pas en vivier en vivier d'hormones, les invités avaient l'air de simplement vouloir profiter d'un vendredi soir en bonne compagnie. À Poudlard, je voyais bien que les gens cherchaient à pousser leurs limites, parfois pour imiter les septièmes années les plus fêtards, et si tout ça ne m'avait jamais trop attiré, le décès de Maman avait crevé dans l'œuf ma curiosité. Je n'avais pas envie de faire semblant au milieu d'une foule, ni d'être ivre pour ressentir quelque chose ou embrasser quelqu'un pour me prouver quelque chose. Mes émotions étaient tellement fades que je cherchais quelque chose de réel pour me raccrocher ; ici, mon cœur tourbillonnait avec mes mouvements, la musique envoyait des frissons le long de mon dos, mêlés à ceux que me provoquait la présence de Scott. Il fallait que le temps se fige, que les grains de sables du sablier restent en suspension - existait-il un sortilège pour capturer cette minute où la main de Scott était dans la mienne alors que nous dansions ?

Peut-être, mais je ne le connaissais pas, et la magie se brisa en même temps que notre contact. Je la laissai filer avec un petit sourire. Elle reviendrait.

Je continuais de danser pendant un moment avant de retourner dans la cuisine me servir un verre. Je tombai sur Serghei et Alec, avec qui je discutais le temps de faire mes mixtures étranges, sous leurs regards légèrement inquiets. Je mélangeai plusieurs jus de fruits dans mon verre, et y ajoutai des marshmallows, comme un chocolat chaud, puis entrepris de faire un vrai cocktail pour Scott, pas trop extravagant, surtout que je n’y connaissais pas grand-chose en alcool. Mais j’avais repéré sur la table une bouteille de sirop de sureau, et je me rappelai que cet été, il m’avait dit adorer, et j’organisai donc sa boisson autour de ce parfum. Je veillai à ne pas mettre trop de goûts sucrés – Scott était génial, mais il ne connaissait vraiment pas les bonnes choses de la vie en matière de sucre – mais rajoutai tout de même deux pailles roses, comme une petite signature de ma patte.

Je le repérai facilement dans le salon, il était installé sur le canapé, en pleine discussion, à ma grande surprise, avec Emmy et Chuck. Il avait l’air de bonne humeur, ce qui me rassura, et je les rejoignis d’un pas bondissant, reversant un peu des verres sur ma jupe.


- On parlait de toi justement, Emmy me raconte ses derniers projets de théâtre !
- Oooooh,
m’exclamai-je en m’installant sur l’accoudoir, je veux tout savoir ! Je tendis au passage son verre à Scott. C’est moi qui l’ai fait, tu pourras deviner ce que j’ai mis dedans, dis-je d’un ton malicieux en lui adressant un clin d’œil. Ça me rappelait notre premier bal.

La conversation se lança, animée, sur la pièce que la compagnie d’Emmy montait, et je partageai avec elle le texte que j’étais en train d’étudier en ce moment, nous discutâmes même des meilleures pièces qui passaient à Londres en ce moment, et elle m’en conseilla une qui me paraissait tellement géniale que je fis promettre Scott de m’y amener. L’humeur était légère, et l’échange facile, si bien que plusieurs personnes se joignirent à nous, dont une grande fille aux cheveux crépus qui avaient une passion pour les comédies musicales. Mais sur le canapé, nous manquions de place, mais je ne voulais pas partir et me contentai de laisser ma place et de m’installer sur les genoux de Scott afin de libérer l’accoudoir.

Les… Les genoux de Scott.

Ma main se crispa un peu sur mon verre et je sentis que je souriais bêtement, et je ratai tout un passage de la conversation, obligeant Emmy à répéter la question qu’elle me posait. J’avais tout à coup très envie de rire, sans savoir vraiment pourquoi.

J’essayai de garder une certaine distance physique avec Scott, autant que notre position me le permettait… Mais mon dos découvert frissonnait de notre proximité et mon cerveau était cotonneux. Je me surpris à penser aux photographies que je prenais petite avec le vieil appareil argentique de Maman. Je n'avais jamais été très douée pour comprendre les réglages, et mes clichés finissaient toujours par être surexposés, le soleil diffusant sa lumière aveuglante sur les fleurs du jardin dont j'essayais de capturer l'essence. Mon père, Serghei, mes soeurs, tout le monde m'avait dit que les photos étaient ratées. Pourtant, je les adorais. Elles avaient cette atmosphère hors du temps, presque surannée, les rayons de lumière piquaient les yeux et gommaient doucement les contours et les formes. Si proche de Scott, je compris que nous émanions cette même aura étrange. Elle ne provenait pas de lui, ou de moi, mais de l'espace ténu entre nous, ces quelques centimètres de tension qui nous séparaient. J'eus un sourire qui échappa à Scott, tandis qu'une chaleur douce se répandait en moi. J'avais envie de m'appuyer contre lui, que ses bras m'entourent, m'attirent contre lui, que ses grandes mains se posent sur les miennes... Comme c'était étrange ! Jamais je n'avais ressenti cette forme d'attirance. J'avais apprécié Espen, les échanges physiques que nous avions pu avoir, mais jamais je ne les avais désirés de cette façon-là, à la fois simple, terrifiante, et tendre. Je n'avais pas seulement envie d'embrasser Scott, qu'il me caresse, j'avais envie de sentir sa proximité physique, protégée dans le creux de ses bras, son parfum si profond qui réveillait mes instincts amoureux. Lorsque Scott finit par se lever, j’eus l’impression que la musique était devenue plus forte et les couleurs criardes, comme si ma petite bulle paisible s’était éclatée. Je réalisai que j’avais les joues étrangement chaudes.

La soirée avait repris son cours, toujours aussi plaisante, j’étais retournée danser un petit moment, et j’étais à présent en pleine discussion avec Scott et d’autres personnes qu’il connaissait, et j’avais également remarqué que Penelope n’avait toujours pas lâché son prétendant, me faisant sourire. Ils étaient en pleine discussion animée près de la baie vitrée qui donnait sur une petite ruelle de Pré-au-Lard… Je poussai une exclamation surprise. Il neigeait ! De tous petits flocons paresseux, éclairés par la lumière magique des lampadaires. Je tapotai l’épaule de Scott discrètement – enfin, le plus discrètement dont j’étais capable.


- Regarde, il neige ! Viens, soufflai-je avec un sourire entendu.

La baie vitrée menait à un minuscule balcon qui longeait le salon. Il faisait froid, et des frissons remontèrent le long de mon dos.


- J’aime tellement la neige, ça me rappelle la Suède… Il faudra vraiment qu’on y aille en hiver, tu vas adorer… J’admirai les flocons qui se reflétaient dans la lumière avant de me tourner vers Scott et lui sourire. J’entrelaçai mon bras avec le sien, et appuyai mon épaule contre la sienne. Un silence réconfortant s’installa. J’avais envie de prendre la main de Scott… J’avais envie de l’embrasser. Je mordillai ma lèvre inférieure nerveusement, retenant en même temps un envie de rire. Si seulement tu pouvais rentrer avec moi au château… Pensai-je à voix haute d’un ton songeur, avant de réaliser le double sens de ce que je venais de prononcer. Je me figeai une demi-seconde avant de me mettre à rire. Enfin, je veux dire, comme quand tu étais encore à Poudlard, tu vois ?! Même si tu as ta super nouvelle vie, ça me manque de venir d’embêter à la bibliothèque. J’espère que je pourrais vivre à Londres après Poudlard, soupirai-je avec un petit sourire, posant ma tête sur son épaule, frissonnant de la brise enneigée et de la chaleur que le contact de Scott me provoquait.

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MessageSujet: Re: "If only you could see heartstrings." [S.]   Dim 24 Juin - 22:44

- Oooooh, je veux tout savoir ! C’est moi qui l’ai fait, tu pourras deviner ce que j’ai mis dedans.

J'attrapai le verre des mains d'Apple non sans une certaine appréhension. La connaissant, cela pouvait être délicieux comme... étrange, et je me méfiais surtout des doses. Je lui jetais un regard en biais qui voulait dire « tu es sûre de toi ? » mais elle me fit un hochement de tête, et je pris le parti de lui faire confiance. J'eus raison : c'était très frais et bien dosé, et je notais le délicieux goût du sureau, l'un de mes préférés. Après quelques gorgées je réussis à deviner les ingrédients, ce qui fit battre des mains à Apple, et nous nous replongeâmes dans la conversation avec Emmy, notamment. C'était agréable de discuter de littérature et de théâtre avec des gens qui connaissaient, et je fus surpris à deux reprises des remarques de Chuck, qui comprenait les références et rebondissait même sur ce que disait sa copine. Moi qui le pensais bête comme ses pieds, j'avais de plus en plus la preuve qu'Emmy le tirait vers le haut — ce n'était pas trop tôt. Enfin, je ne pouvais pas m'empêcher de me rappeler que de toute façon Chuck avait été forcé d'évoluer en quelque sorte, et le fait qu'Apple ait été amie avec Cooper et soit du coup liée à ce drame me donnait chaque jour un peu plus d'empathie pour Chuck. Comme quoi, aucun espoir n'était perdu !

Quelques personnes nous rejoignaient, petit à petit, et l'ambiance se faisait plus dense autour du canapé. La conversation avait dérivée sur la culture et un peu la politique, et si le fait qu'Apple me mette en avant à chaque fois m'embarrassait un peu car je n'avais pas l'habitude d'être propulsé sur le devant de la scène, j'en étais flatté à chaque fois, une tiédeur douce m'envahissait, j'étais heureux mais c'était plus que cela, une sensation inexplicable : celle de se sentir important, particulièrement important, pour une personne. Même si ce n'était que pour une seule personne, c'était une sensation particulièrement heureuse. Et inédite. Puis tout d'un coup, par manque de place, Apple se leva de l'accoudoir et glissa vers moi... Sur mes genoux. Je servis un sourire poli à notre nouvelle voisine, un autre à Emmy qui me demandait silencieusement du regard si j'étais bien installé, etc. Il me fallut quelques secondes pour me rendre compte qu'une chaleur presque brûlante émanait de l'endroit de mon corps où Apple était assise. Il me fallut quelques secondes de plus pour libérer de mes yeux son dos nu, tout près de moi, que je fixais ; pour reprendre une attitude normale. Cette proximité soudaine m'avait non seulement pris de cours mais plongé également dans un émois que je n'avais pas envisagé. Je ne voyais pas le visage d'Apple mais j'entendais juste sa voix, aux intonations si familières, au timbre plus grave et chaud qu'on pouvait s'y attendre en la voyant. J'adorais sa voix. J'avais envie de caresser son dos, et j'avais envie de serrer sa taille entre mes bras. Je me sentais tellement gauche tout d'un coup que j'étais incapable de bouger ou de faire quoi que ce soit, même de finir mon verre. Le bruit autour de mois était éloigné, comme venant d'une autre pièce, et j'eus toute la peine du monde à me replonger dans la conversation. Apple finit par se lever pour aller danser, moi par discuter avec d'autres personnes, à me laisser porter, mais j'étais ailleurs... Perdu dans mes pensées, les rouages de mes pensées commençaient peu à peu à se mettre en branle et à me faire comprendre ce que je ne voulais pas voir jusque là. Mon attirance physique pour Apple était grandissante et je commençais à comprendre que tout ce qu'elle éveillait chez moi n'était pas que de l'amitié. Malheureusement, le problème était de taille. La perdre me faisait si peur que je n'étais pas capable d'envisager de faire quoi que ce soit... Apple dansait un peu plus loin et je la regardai ; j'avais envie d'être avec elle mais à la fois c'était peut-être mieux comme ça, la voir là tout de suite, je ne pouvais penser à rien d'autre que ses longues jambes, son dos nu, son petit cou dont j'adorais l'odeur, ses yeux de chat, sa bouche toujours souriante. Quand elle revint vers moi, je dus me faire violence pour ne rien laisser paraître, et toussotai pour me donner une contenance.


- Regarde, il neige !

- Apple, tu vas attraper la mo...


Mais elle était déjà partie en direction du balcon, et je la suivis.

Le spectacle était effectivement merveilleux : tout était silencieux, c'était beau comme une carte postale, les flocons tombaient délicatement et la nuit les rendait encore plus magiques. Apple s'était accrochée à mon bras, sa tête contre moi. Je soupirai. Tout d'un coup, il me semblait que la vie s'était stoppée, que ces quelques bouffées d'oxygène étaient particulièrement pures, et rien que pour nous.


- J’aime tellement la neige, ça me rappelle la Suède… Il faudra vraiment qu’on y aille en hiver, tu vas adorer… Si seulement tu pouvais rentrer avec moi au château… Enfin, je veux dire, comme quand tu étais encore à Poudlard, tu vois ?! Même si tu as ta super nouvelle vie, ça me manque de venir d’embêter à la bibliothèque. J’espère que je pourrais vivre à Londres après Poudlard.

- Oui oui, je vois, dis-je en riant un peu, l'air de rien. Moi aussi ça me manque, que tu ne sois pas près de moi. Mais tu trembles ! Tu vois, je t'avais dit.

Sans réfléchir — que Diable m'avait-il pris ? — je la fis passer devant moi et entourai ses épaules de mes bras pour qu'elle soit son dos contre la chaleur de mon torse. Son dos nu... Quelle idée. Je sentis que je me figeai une seconde fois. Je n'étais plus capable de rien.

- On ne va pas tarder, non ?

Je ne voulais pas rompre le charme de cet instant et je n'avais pas spécialement envie d'être seul chez moi et de retrouver la réalité de la vie, mais j'étais trop rationnel pour repousser l'issue éternellement. Elle se détacha de moi après quelques instants et nous rentrâmes. Après avoir fait le tour des gens pour leur dire au revoir — je détestais ces moments, j'avais l'impression de les déranger ou de ne pas savoir quoi dire, surtout à ceux à qui je n'avais pas parlé de la soirée — nous prîmes nos manteaux et nous dirigeâmes vers la sortie.

- Bon, tu me promets, tu tâches de te reposer cette semaine ? Et tu me dis si tu veux de l'aide pour ton exposé en Sortilèges. Je boutonnai mon col après avoir mis mon écharpe. Le moment de se dire au revoir... Apple me regardait en souriant, ses yeux scintillaient sous la lueur du réverbère. J'aurais presque cru qu'elle attendait que je l'embrasse... Je me baissai maladroitement pour embrasser ses joues, mais elle posa ses lèvres juste au coin de miennes. Je lui souris comme si de rien n'était, malgré les battements désordonnés de mon coeur. Sa main lâcha mon bras, et la mienne lâcha le sien. Bonne nuit Apple, soufflai-je doucement.

J'avais envie de rester avec elle. Je tournai les talons et vérifiai après quelques mètres qu'elle ait pris le bon chemin et que personne ne l'embête, la regardant s'effacer doucement dans la nuit enneigée.

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MessageSujet: Re: "If only you could see heartstrings." [S.]   Mar 26 Juin - 16:52

J’allais repousser sa remarque sur mes tremblements d’un rire, mais le mouvement de Scott étouffa l’éclat dans ma gorge. J’étais à présent contre lui, mon dos contre son torse, et ses bras entouraient mes épaules, me rapprochant encore plus de lui… Tout mon corps se contracta tellement fort que j’en eus mal, puis la seconde suivante, c’était comme si la pression se relâchait d’un coup, partout, que je m’étais mise à flotter, mon corps comme un nuage. Je n’avais plus froid, plus peur, une plénitude m’envahissait avec tant de douceur que j’avais presque envie de pleurer, et l’une de mes mains se posa sur l’avant bras de Scott. Je m’y accrochai doucement, pour ne pas l’effrayer, me laissant tomber un peu plus contre lui. Je me souvenais de tout ce que Serghei m’avait dit sur les réactions chimiques lorsqu’on était amoureux, les hormones libérés par le cerveau, et combien cela m’avait paru étrange et trop scientifique pour expliquer des sentiments humains, mais cette fois-ci, je crois que je comprenais ce qu’il avait voulu dire. J’avais l’impression que mon cerveau produisait mille petites bulles de bonheur et les lâchaient dans mes veines pour me faire planer. Je voyais un bref éclat de ce que j’aurais pu ressentir si Scott m’embrassait, et c’était grisant.

- On ne va pas tarder, non ?

Je battis rapidement des paupières pour chasser les larmes de bonheur qui s’y étaient logées sans que Scott ne le remarque, et hochai la tête. Je n’avais pas envie de briser le charme de ce moment, mais je comprenais que comme les autres, il se devait de passer. Cela ne m’attristait pas, au fond de moi, j’étais toujours persuadée que d’autres viendraient, encore plus beaux… Mais ça ne m’empêchait pas de mourir envie de me retourner pour planter un baiser sur les lèvres de Scott. Quelque chose me retint, peut-être la présence des autres à l’intérieur, car Scott avait toujours été mon petit jardin secret, et je voulais chérir ce trésor rien que pour moi, loin du regard des autres, du moins pour l’instant. Ensuite… J’étais dans tous mes états rien que de l’imaginer, mais si un jour je pouvais prendre la main de Scott et l’embrasser librement, je serais probablement tellement fière de me montrer accrochée à son bras que je me mettrais à parler de lui encore plus que je ne le faisais déjà. J’aurais presque ri à cette idée, si elle n’avait pas provoqué autant de papillons dans mon ventre.

Je quittai à regret les bras de Scott, et nous dîmes au revoir à tout le monde. Chuck et Emmy, adorables comme toujours, me firent des grands sourires et me souhaitèrent une très bonne fin de soirée, les yeux presque un peu trop pétillants pour être innocents, mais je le remarquai à peine. Dehors, il neigeait toujours légèrement, et l’air était clair, tranchant.


- Bon, tu me promets, tu tâches de te reposer cette semaine ? Et tu me dis si tu veux de l'aide pour ton exposé en Sortilèges.

Je répondis un “hmmmhmmm” distrait. Scott boutonnait son col avec attention, et mes yeux accrochèrent ses doigts dans ce moment si habituel que je l’avais vu faire des dizaines de fois ; ce n’était qu’un détail mais tout à coup mon coeur gonflait tellement dans ma poitrine que je crus que j’allais le vomir si j’ouvrais la bouche. J’aimais tellement les petites manies bien de Scott, j’avais appris à les remarquer et les reconnaître, et j’étais sûrement la seule à les voir et à les apprécier autant. C’était presque bête, la façon ce geste mécanique m’agitait, mais ce n’était pas seulement ça, c’était tout ce qu’il impliquait... Scott fermait toujours ses vestes, pour ne jamais attraper froid, tandis que les miennes étaient toujours négligemment laissées ouvertes, et il me répétait toujours de les fermer, avec son petit ton à la fois prévenant et presque rigide. J’aimais la façon dont il pensait toujours à moi dans ces moments, dont il me protégeait, son esprit pragmatique qui contre-balançait le mien plus volatile. Comme c’était étrange, la façon dont mon affection pour lui se propageait partout… Oh, je l’aimais vraiment, n’est-ce pas ? Et tous les moments où il me regardait et que je me sentais n’exister pour lui, c’était bien qu’il m’aimait aussi, non ?

Je le regardai sous mes cils, en souriant tranquillement. Il avait peut-être saisi tous mes gestes, tous mes sourires, et il allait y répondre… Mais son regard papillonnait, il avait l’air presque fébrile, et je ne voulais pas le brusquer ; je ne pus m’empêcher tout de même d’embrasser sa joue, tout près de ses lèvres, mon coeur s’emballant de ma témérité.


- Bonne nuit Apple.
- Bonne nuit Scotty,
répliquai-je joyeusement.

Il tourna les talons le premier, et je restai plantée là, une demi-seconde, avant de rajouter dans une murmure à peine audible :


- Je t’aime. Les mots s’évaporèrent avec la buée de mon souffle dans l’air froid, et mon coeur frissonna. Scott ne m’avait sûrement pas entendu, et ce n’était pas la première fois que je lui disais, mais cette fois-ci, les mots avaient un sens différent. Je l’avais compris dès que je l’avais prononcé à haute voix. Je souris et m’échappai dans la nuit, toute fébrile de cette soirée, enivrée de mes sentiments et du futur qui m’attendait et qui serait, j'en étais certaine, aussi joli que dans mes rêves.
(terminé)

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"If only you could see heartstrings." [S.]
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