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Les Fleurs du Mal [PV]

 
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 Les Fleurs du Mal [PV]

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Manel Moon


Manel Moon
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MessageSujet: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeJeu 29 Juil - 19:35

Des pas oubliés résonnèrent pour la première fois depuis longtemps dans le château. Ni rapides, ni lents, ils se dirigeaient vers la plus haute salle de la plus haute tour qu'ils avaient déjà franchis à de nombreuses reprises. Un feu roux embaumé d'une fragrance de vanille - du parfum Vanilla de Jonette Lucky - glissait vers la plus haute salle de la plus haute tour ( Les Fleurs du Mal [PV] 767333 ). Les regards se posaient un instant sur cette personne et poursuivaient leur chemin. Vêtue de son uniforme, elle se fondait dans la foule sachant qu'elle y était devenue étrangère. Des bribes de souvenirs remontaient à la surface de la mer de l'oubli au fur et à mesure qu'elle gravissait les marches infernales.

Contre sa tête, cognaient des éclats de rires éteints et des conversations perdues. Et c'est pourtant sans nostalgie qu'elle continuait d'avancer. Elle était changée. Se noyer dans son passé ne l'ébranlait plus. Seul un trou béant trahissait une période mouvementée. Et tout cela à cause de cette personne.

Elle arriva enfin dans la plus haute salle de la plus haute tour. Tout lui apparaissait comme différent alors que rien n'avait bougé. Les murs, les fauteuils et la cheminée étaient à leur place. Sur le canapé, elle trouva un exemplaire du journal de l'école. A peine eut-elle lu quelques lignes qu'elle le jeta dans les cendres. Ne serait-ce que par le biais d'un morceau de papier, revoir son nom et son visage la répugnait.

Agacée, elle décida de se rendre dans ce qui était son ancienne chambre. Chambre qui retenait aussi de nombreux souvenirs qu'elle se contentait d'ignorer. Contrairement aux autres pièces, une chose avait changé dans celle-ci : son nouveau lit était près d'une fenêtre alors qu'auparavant il était collé au mur de droite.

La jeune fille aperçut sa valise et entreprit de ranger ses affaires. La pièce était vide mais elle ressentait la chaleur des souffles qui l'avait habitée. Bientôt, elle les rejoindrait et tout ira bien. Vraiment tout ? Nan. Car l'on ne réapparait pas comme une fleur à l'appel de la rosée lorsqu'on a déjà essuyé une tempête. Les gouttes du passé séchaient sur les pétales d'une vie autrefois rose et belle. Le bourgeon devait renaître au prochain printemps. A chaque hiver succèdent les beaux jours.

Brusquement, elle ferma la porte de son placard lorsqu'elle entendit des pas familiers franchir la porte du couloir.

La Gryffondor redoutait cet instant fatal qui la consumait de l'intérieur depuis si longtemps.

Ces pas symbolisaient son passé qui venait la chercher pour lui faire comprendre que tout n'était pas encore terminé. C'est un nouveau commencement au contraire. Elle qui croyait l'avoir semé à travers diverses embûches, la voilà au pied du mur et contrainte de lui faire face encore une fois. Le couteau sous la gorge, elle serait obligée de braver le fameux regard froid et pénétrant qu'elle avait tenté d'oublier.

Son regard défia la porte avant même que la poignée s'enclenche. Elle n'était pas sûre d'être prête à affronter cet instant mais l'heure de la sentence avait sonnée. Il était temps que chaque chose reprenne sa place et que fanent ces fleurs aux épines meurtrières. Mais pour les décimer, il faudrait les arracher à la racine.


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Lilian Easter


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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeVen 30 Juil - 16:59

Quel effet cela vous fait-il lorsque l'on vous arrache une parcelle de votre cœur ? Une sensation bien désagréable, croyez-moi. Celui de Lilian se retrouvait mutilé une deuxième fois. Après la perte de son frère aîné, un événement inattendu était survenu et avait tout bousculé dans sa vie faite de pourpre, d'or et de conquêtes servies sur un plateau d'argent. Le choc enduré avait été rude et brutal, un vrai coup de massue. Elle avait cru ne jamais s'en remettre. Mais elle avait encaissé, s'était ressaisie et avait relevé ses épaules et sa tête fière. Loin d'être Davy Jones qui s'arrache le cœur pour ne plus souffrir de la femme qu'il aime, Lilian s'était armée de patience et l'ignorance avait été sa fidèle alliée. L'indifférence est le pire des mépris dit-on ; devinez comment la sirène en avait usé et abusé.

Cependant, les blessures cicatrisent, les mots s'envolent et s'oublient et c'est ainsi que Lilian était rentrée victorieuse de son combat contre cette sangsue qui aspirait tout son sang pour ne lui laisser qu'en guise de seuls souvenirs, les plus douloureux. Évidemment. Tout aurait été trop beau sinon. Voyez-vous, nous ne sommes, pas dans une saison des Feux de l'amour où tout est rose et bleu, tout le monde s'aime, tout le monde se marie et tout se termine pour le mieux. Les oiseaux chantent, les lapins parlent, les petits poissons nagent et c'est le happy end dans le happy land du coin. Ici, ce n'est guère le cas. Tout dérogeait à la règle du célèbre « tout est bien qui finit bien ». Des tempêtes s'abattent sur les personnages, les éclairs fusent, les coups de tonnerre grondent au-dessus de leurs têtes et les pluies diluviennes achèvent de piquer les cœurs déjà à vif. Fut un temps où la belle rouge et or se croyait au beau milieu de la troisième guerre mondiale. Elle s'était alors improvisée stratège. A la tête d'une armée, elle avait dû envoyer ses hommes au combat, choisir ses armes, adopter différentes tactiques d'attaque et tenir tête à l'ennemi jusqu'à ce qu'il s'avoue vaincu et se rende à ses pieds. Toutefois, elle n'aurait jamais imaginé combattre cet ennemi.

La victoire avait alors eu un goût amer et lui restait coincée dans la gorge. Toutefois, elle avait su digérer la pilule et était allée de l'avant, oubliant ce conflit. A partir de ce jour, Lilian pensait que tout était terminé, que plus rien ne se passerait. Se pouvait-il que la Sirène se soit trompée ?

En tout cas, quand elle se leva ce matin, elle était loin d'imaginer qu'un nouvel événement viendrait de nouveau tout perturber. Encore une fois. Cela faisait longtemps qu'elle ne cherchait plus des yeux la silhouette autrefois si familière à sa personne et étrangement, elle se surprenait, durant son petit-déjeuner, à scruter l'entrée de la Grande Salle. Pourquoi ? Ne lui demandez pas, elle ne saurait vous répondre. La rouge et or croyait avoir totalement effacé cette personne de sa vie. Ses souvenirs avec elle avaient été balayés, envoyés aux catacombes et son nom rayé de sa mémoire. Plus jamais elle ne souhaitait recroiser le regard de cette personne. Plus jamais elle ne désirait trôner dans la même pièce. Plus jamais elle ne voulait revoir cette personne. Cette personne faisait désormais partie du passé et l'on ne vit pas dans le passé. Le passé, c'est bon pour ceux qui n'ont plus d'espoir.

Lilian se concentrait maintenant sur son présent. Présent d'actualité qui tous les jours, fixait les yeux sur son corps divin, son visage angélique et sa démarche fluide, souple et gracieuse. D'ailleurs, cependant qu'elle rentrait dans sa salle commune, accompagnée de trois conquêtes, elle crut distinguer parmi la foule grouillante d'élèves, une chevelure familière. Elle haussa un sourcil interrogateur et poliment, délaissa ses gueules d'amour pour suivre discrètement cette forêt d'automne ambulante. Cette dernière empruntait un chemin bien connu, qu'elle-même faisait plusieurs fois par jour. Cela signifiait qu'elle connaissait donc un minimum le château et n'était pas nouvelle, par conséquent. Des idées commençaient à se bousculer dans la tête de Lilian qui refusait d'y croire. Ce n'était pas possible. Pas cette personne.

Tandis qu'elle continuait de la suivre, une foule d'élèves lui bloqua le passage lors de la montée des escaliers. Ainsi elle perdit la trace de cette mystérieuse silhouette. Pour l'instant. Quand elle parvint enfin à s'extirper des pots de colle, les diamants bleus ne retrouvèrent pas les couleurs chatoyantes de cette chevelure pas si inconnue que cela. De ses longues foulées de gazelle, Lilian gravit les marches capricieuses des escaliers facétieux et se dirigeait vers la plus haute salle de la plus haute tour. Elle se doutait que ce serait ici qu'elle y trouverait cette personne car même si elle souhaitait du plus profond d'elle-même que ce n'était qu'un simple malentendu, elle savait aussi qui pouvait être cette personne. La belle rouge et or pénétra dans la salle commune et s'aperçut qu'un exemplaire du Daily Poudlard venait d'être jeté dans les cendres il y a peu de temps. Les cendres, secouées, voletaient encore dans l'âtre de la cheminée et retombaient doucement sur le papier et l'encre noire qui encadraient une photo animée en noire et blanc. Cette dernière représentait un coeur séparé en deux. Les deux moitiés représentaient, à droite le fameux Mister Gryffondor tout sourire et jouant au base-ball et à gauche, elle-même, radieuse, souriant à diverses conquêtes qui, s'imaginait-on, l'entouraient de toutes parts. Il n'y avait plus de doutes à avoir désormais ; Lilian savait qui était cette personne qu'elle suivait et qui, apparemment, revenait du monde des morts.

Grave, elle monta les marches menant à son dortoir et distingua que la porte avait été refermée. Ses longs doigts de fée pressèrent la poignée et Lilian entra dans la chambre. Ses traits restèrent de marbre devant cette figure qu'elle avait autrefois chéri. Comment avait-elle pu ? La fille rangeait ses affaires qui auparavant étaient déposées sur son lit. Ce dernier, devant la fuite impromptue de son occupante, avait été déplacé près de la fenêtre. Avant l'incident, il siégeait aux côtés de celui de Lilian. Mais tout cela était loin maintenant. Pas si loin apparemment.

Fière, la Sirène releva sa figure angélique tandis qu'elle entrait dans la chambre, toujours dans le dos de la rousse. Alors qu'elle s'apprêtait à lui adresser la parole, tout en sachant que cela risquait de lui arracher les lèvres, elle sentit son cœur battre plus fort, son sang bouillir dans ses veines. Tout son corps manifestait les effets que lui procurait cette rencontre. Les épines de la rose s'enfonçaient dans ses chairs tendres et lui faudrait redoubler de patience pour toutes les extraire.


- Tiens tiens, Manel. Apostropha la jeune fille aux grands yeux. Elle restait debout, droite dans l'embrasure de la porte, la main toujours sur la poignée. Ton cousin va bien ?

Certains médecins vous le diront, parfois, il faut combattre le mal par le mal.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeLun 30 Aoû - 20:54

Lilian Easter, voilà un nom qui devait faire battre bien des coeurs, pourtant celui de la rouquine exprimait bien d'autres sentiments à son égard. Ce n'était pas de la haine, ce n'était plus de la colère mais un simple dégoût comme un bonbon acide qui vous laisse un goût dérangeant sur la langue.
Mais voilà qu'elle se présentait à elle, accrochant ses épines à la tulipe, la rose est un ennemi redoutable que sa victime ne peut dès lors plus ignorer. La rouge et or savait qu'elle devait alors combattre ce qu'elle avait fui, elle ne laisserait pas ses épines la transpercer. Car lorsqu'on sort d'une lourde épreuve on est plus fort que jamais.


- Tiens, tiens Manel.

** Chouette elle se souvient de mon nom ** Pensa-t-elle amèrement.

Plus les secondes s'écoulaient, plus elle se disait qu'elle devait éviter cette confrontation. Mais l'éviter pendant combien de temps ? Elles dormiraient dans le même dortoir désormais, elles arpenteraient les mêmes couloirs, elles partageraient le même repas. Et cela pendant des jours, des mois, jusqu'à ce que l'une termine ses études. Alors, qu'est-ce que Manel pouvait espérer par "éviter" ? Si elle ne pouvait pas fuir ce problème, alors elle devrait l’affronter quoi qu’elle désire.

- Ton cousin va bien ?

Ah ! Comme une lame qui transperce sa poîtrine la Gryffondor sentait une douleur affreuse affluer vers son coeur. Elle ne savait pas l’interprêter exactement, mais elle en connaissait l’origine : ces simples mots lui faisaient mal. Cette garce, elle le faisait exprès. Comment osait-elle ? Pourquoi la provoquait-elle ? On ne réveille pas le lion qui dort à moins d'en vouloir à sa propre vie. Mais une lionne contre une lionne ce n'est pas un félin contre sa proie, c'est le début d'une longue et périlleuse bataille qui passerait par tous les aspects. Chacun s'armera de ses griffes et de ses dents et alors qui vivra verra son ennemi s'abattre devant lui.

- Et bien ça ne marche pas trop en ce moment, si tu vois ce que je veux dire.

Pourquoi ces piques ? Quel était le but de ces phrases hypocrites ? Pourquoi tournait-elle autour du pot ? Préférait-elle d'abord observer son ancienne meilleure amie qu'elle devrait connaître si bien, avant de se lancer au combat ? Manel n'aimait pas ça. Elle détestait ce genre de stratégie qui ressemblait tellement à celle des Serpentards mesquins et perfides. Elle, ce qu'elle voulait c'était de la colère, de la fureur, comme un feu qui s'embrase d'un coup pour ensuite pétiller dans un petit feu tranquille. Elle voulait en finir avec elle. Elle voulait refaire, non mieux, continuer sa vie, poursuivre sa route, avancer sans avoir à reculer, mais avancer sans ce qui la raccrochait à son ancienne vie à Poudlard.

- Moi aussi je prendrai volontiers des nouvelles de ta famille, mais je sais déjà qu'elle va très bien !

Cette phrase elle l'avait dite avec violence malgré elle. La bûche commençait à s'embraser, c'était plus fort qu'elle. Elle n'avait jamais sût contrôler ses émotions.
Sans s'en rendre compte, elle avait empoigné son oreiller et serrait le tissu de toute ses forces, les mains tremblantes.


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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeMar 31 Aoû - 23:00

Manel. Manel Moon. Que de répugnance quand Lilian prononçait ce prénom. Il lui faisait le même effet que si elle venait de manger des tripes de porc. Elle courrait limite tout vomir dans les toilettes ou sur les pieds de cette fille rousse, rien que pour abîmer ses belles chaussures. Oui, elle lui vomirait bien ses tripes sur les pieds, juste pour bien lui montrer qu'elle n'était dès lors plus rien pour elle ; rien à part ces déjections sur ses chaussures. Et le fait qu'elle se souvienne encore de son prénom n'était pas que le pur fruit du hasard : ce nom la dégoûtait qu'il la marquait au plus profond d'elle-même. Lilian souhaitait s'en souvenir pour pouvoir parler de ce que lui avait fait cette dénommée Manel Moon, cette fille qui cache bien son jeu et qui est trop fière pour pardonner et ne pas reconnaître ses torts.

Car c'était à cause d'elle que tout cela était arrivé. Si elle avait reconnu dès le début que ce n'était pas de la faute de Lilian, tout serait rentré dans l'ordre et elles ne seraient pas là en train de se cracher dessus mutuellement dans cette chambre. En parlant de cracher, l'envie démangeait la sirène. Elle se demandait encore comment elle avait fait pour la considérer comme sa meilleure amie, la serrer dans ses bras au retour des vacances ou même en plein milieu d'une journée banale. Comment avait-elle pu lui confier toutes ses peines ? La lionne rouge et or se retenait tant bien que mal de lui jeter à la figure toutes les insultes qu'elle connaissait à son compte.

- Et bien ça ne marche pas trop en ce moment, si tu vois ce que je veux dire.

Une chose de sûre : Manel ne cherchait pas à éviter la bataille qui éclaterait tôt ou tard. Cependant, elle l'avait bien cherché. On n'évite pas l'inévitable. Elle voulait la guère, elle l'aurait et ce n'est pas Lilian qui se rendrait en première. Cela promettait d'être un mix de la troisième guerre mondiale mélangé à Armageddon et alors ? Tant que cette fille avait son compte, Lilian s'en foutait du reste. Son pardon, c'est tout ce qu'elle souhaitait. Et elle n'aurait aucune pitié pour l'obtenir. Elle la mordrait au sang s'il le fallait. Elle ne méritait rien de mieux. La lionne sortait les griffes et les crocs. Tant pis pour elle.

- Tiens donc ? Pourquoi ne va-t-il pas voir un médecin ? Au fait, qu'est-ce qu'il a ? Demanda-t-elle, acide comme rarement.

Un venin amer trempait ses mots pour se diriger tout droit vers le coeur de Manel et lui empoisonner le sang. Ses bras se croisèrent sur sa poitrine et elle se déhancha sur la gauche, penchant la tête sur la droite, arborant un sourire ironique. Insolente à souhait. Elle ne désirait pas crever l'abcès immédiatement. Faire souffrir Manel était bien trop tentant et surtout délicieux qu'elle préférait attendre encore un peu. La rousse ne tiendrait pas longtemps si la sirène continuait de la sorte et tout deviendrait alors beaucoup plus amusant. L'affront commencerait vraiment.


- Moi aussi je prendrai volontiers des nouvelles de ta famille, mais je sais déjà qu'elle va très bien !

Lilian se contenta de pouffer ironiquement. Cela lui allait droit au coeur. Elle, prendre des nouvelles de sa famille ? A d'autres ! Cette fille était la plus hypocrite qu'il lui eut été donné de connaître. Et maintenant qu'elle voyait son vrai visage, qu'elle connaissait son vrai caractère, Lilian remarquait comment l'hypocrisie et le mensonge trônaient dans ses yeux et se voyaient comme le nez au milieu de la figure.

- Ton attention me touche sincèrement. Cependant, je n'en dirais pas de même pour la tienne. Il paraîtrait que tout n'est pas rose chez toi en ce moment. Bien évidemment, tu m'en voies désolée.

Lilian fit mine de se contempler sa manucure et adressa une fausse moue attristée à sa comparse. Elle n'en revenait pas comment elle arrivait encore à lui adresser la parole, car elle ne le méritait certainement pas. Si elle avait su, Lilian ne l'aurait jamais rencontrée, jamais elle n'aurait croisé son chemin et tout serait merveilleux aujourd'hui. Au lieu de quoi elles devraient se supporter tous les jours, toutes les nuits. Même de l'entendre respirer la répugnait. Elle ne méritait pas de vivre. Pas dans la même chambre que Lilian. Mais la teigne est récalcitrante. La sirène mettrait donc tout en oeuvre pour la détruire, pour l'anéantir com-plè-te-ment.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeMer 1 Sep - 11:39

Le pire dans tout ça, c'est que Lilian se proclamait la victime de cette querelle qui prenait des mesures disproportionnées. Une victime elle ? Il suffisait de la regarder pour savoir que ce n'était pas elle qui souffrait. Elle était juste là, à papillonner des yeux, avec son mascara qui lui rallongeait et qui lui graissait ses cils noirs. Ce n'était pas la première fois que Manel voyait cette fille adopter cette attitude, mais voilà, jusqu'à présent, cela n'avait jamais été contre elle. Quel était le mieux ? Une sirène qui vous envoûte de son beau chant mielleux pour vous étouffer ensuite dans les profondeurs de l'océan ou bien directement sortir ses armes ? Malheur à ceux qui se prêtent à son charme. Mais ils sont bien trop nombreux pour s'apercevoir que sous ses allures de déesse, une diablesse s'use d'eux.

Ses doigts se desserrèrent du coussin qu'elle tenait toujours, et elle le reposa sur le couvre-lit. Ce fut d'un effort extrême pour elle de contrôler ses mains, ses douces mains qui n'avaient aucune autre envie que de se poser autour de sa nuque blanche, de presser leurs doigts contre ce corps impur. Manel découvrait ses envies meurtrières à la fois avec répulsion et avec fascination. Jamais elle n'avait ressentie une telle passion au fond d'elle-même, ce feu ardent incontrôlable qui s'émancipait en elle, elle voulait le sentir brûler encore plus fanatique dans sa gorge. Car rien ne fait plus de ravage que le feu.

Ce goût qui jadis était d'acide s'était transformé en piment qui s'embrasait dans sa gorge.


- Tiens donc ? Pourquoi ne va-t-il pas voir un médecin ? Au fait, qu'est-ce qu'il a ?

Lilian n'avait pas dû comprendre, sans doute n'avait-elle pas été assez intelligente, en tout cas elle ne comprenait toujours pas pourquoi la Gryffondor s'obstinait à ne pas vouloir lui pardonner et à s'excuser à son tour. Car si une dispute peut se déclencher d'une allumette, il faut des bûches pour l'alimenter. Non, elle n'avait pas compris qu'une amie dans le chagrin pouvait faire des erreurs de jugement, de conduite, dire des choses qu'elle ne pensait pas sous l'afflux de la détresse ? Mais qu'avait-elle fait en retour, celle dont le sang de l'innocence accourait encore dans ses veines ? Elle lui avait tourné le dos, abandonnant sa meilleure amie qui avait besoin plus que jamais d'un réconfort, de quelqu'un qui l'aurait remis dans le chemin de la raison. Mais non, la septième année était bien trop orgueilleuse pour mettre sa fierté un instant de côté et s'occuper de la malheureuse.

Mais Manel, doucement, tel un sphinx renaissait de ses cendres, seule, et elle comptait bien se venger du sort misérable qui avait affaibli son corps pendant toutes ces années.


- C'est bien ça le problème, c'est qu'il est allé en voir un de médecin. Mais c'est fou comme la médecine moldue est si mal pratiquée chez certains.

Voilà, les dés étaient jetés, le jeu commençait. Mais les pions n'avanceraient pas que par le fruit du hasard. Certaines cartes étaient posées sur le tapis mais d'autres restaient bien cachées entre les mains des joueuses, les plus belles et les plus fortes dissimulées dans leurs manches car toutes les règles étaient permises. Pour la première fois, l'important était de remporter la partie.

Lilian gloussa d'amusement. Elle avait tort de prendre tout ça avec si peu de sérieux, et rien que pour ça, la rouquine n'éprouvait aucun remord d'être revenue. La diablesse se fichait bien de savoir ce qu'elle pouvait bien ressentir, tout ce qu'elle voulait c'était que son popotin ne bouge pas de son royal trône et que Manel lui baise les pieds en la suppliant de lui pardonner alors qu'elle-même était fautive ? Mais tu rêves ma belle.


** Enfin 'ma belle' n'est qu'un jugement de valeur qui se modifie suivant les moeurs. Tu sais que tu ne devrais pas prendre appuie sur tes forces qui ne sont qu'éphémères. Ne t'inquiètes pas, ma force sera le temps si c'est la seule chose qui peut te battre, mais je le ferai. Oui, j'attendrai que la dernière pétale de ta beauté tombe à terre et nous nous battrons contre une force juste. **

- Ton attention me touche sincèrement. Cependant, je n'en dirais pas de même pour la tienne. Il paraîtrait que tout n'est pas rose chez toi en ce moment. Bien évidemment, tu m'en voies désolée.

** Mais toi tu ne me touches plus exactement où il faut pour atteindre mon cœur, tu ne fais que froisser la chair affaiblie, tu ne transperces pas là où j'ai le plus mal. La douleur que tu m'infliges en ce moment n'ai rien à côté de ce que tu pourrais me faire. **

Mais la sirène, aussi belle et envoûtante soit-elle ne le savait pas, et c'était pour l'instant là son seul joker. Et le temps qu'elle le découvre, elle aurait d'autres armes à lui passer sous la gorge.

- Tu m'envoies ravie de m'apprendre que tu manies les mots avec tant de facilité, mais ce n'est pas en faisant simplement claquer contre ton palet de vulgaires phrases que tu vas parvenir à tes fins.

Madame fit semblant d'être plus intéressée par ses ongles que par le reste.

** C'est ça ! Fait que ce que tu n'es capable de faire petite princesse aux airs de reine. Mais c'est l'échec au roi qu'il me faut, l'échec et mat. Non seulement tu seras ma victime mais en plus tu n'auras même pas l'honneur d'être la pièce principale. Parce que c'est bien cela qui t'importe n'est-ce pas ? Demeurer sous le regard de tous ? **


- Maintenant laisse-moi tranquille s'il-te-plait, j'ai besoin de me laver, le trajet a été bien long. A moins que tu es envie de m'étrangler avec le rideau à douche.

Évidemment, elle ne déballait pas ses phrases avec tant de sérénité que miss manucure, toutes étaient prononcées avec la plus grande colère qu'elle ne s'était jamais donnée de montrer, dans la plus grande sincérité qui dévoilait son état d'âme actuel. Les jeux d'hypocrites n'avaient pas de place dans sa stratégie.




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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeSam 11 Sep - 21:27

Comment avait-elle pu ? Comment cette fille, Manel en l'occurrence, avait put commettre de telles atrocités ? Usant simplement de mots, plongés dans un venin corrosif, elle était parvenue à détruire une amitié de quatre ans en quelques secondes. Car si elle s'était trompée dans son jugement, où se trouvaient ses excuses ? Lilian ne les voyaient nulle part. Pas même une ombre sur le coin de sa bouche. Pas même un voile dans ses yeux bleus. Pas même un ressenti dans sa voix. Elle paierait pour cet affront.

D'autant plus que Manel ne s'excusait même pas. Elle venait à l'instant de la jauger d'un regard élevé aux cieux qui en disait bien long quant au fond de sa pensée. La présidente du club des hypocrites. La reine des mensonges. Deux souveraines s'affrontaient en ce moment même. Une régnait sur le royaume de l'hypocrisie, armée du mensonge dissimulé sous du velours, elle défiait la reine de la séduction qui n'attendait que le bon moment pour user de son venin refoulé. Deux lionnes sortaient les griffes. Leurs crocs chatouillaient leurs babines tels des poignards et c'était à la première qui égorge l'autre. Plus ce serait rapide, mieux ce serait. L'une comme l'autre désirait que tout cela se termine au plus vite et pourtant, aucune d'elle n'engageait franchement le combat. Mais une fois lancées, plus rien ne les arrêteraient. Quand les obus tombent, il n'y a plus rien pour les rattraper.


- C'est bien ça le problème, c'est qu'il est allé en voir un de médecin. Mais c'est fou comme la médecine moldue est si mal pratiquée chez certains.

En attendant sa réponse, Lilian avait détourné son regard au sol. Aux paroles acerbes de Manel, elle releva soudainement la tête, faisant voler sa chevelure de soie autour de son visage angélique habillé de l'ironie. Ses yeux foudroyèrent la rousse du regard. Si un regard pouvait tuer, nul doute que Manel serait morte sur le champ. De plus en plus les poignards taquinaient les mâchoires de la lionne rouge et or et elle retenait ses griffes avec peine. La guerre engagée, les hostilités pouvaient dès lors commencer. Manel l'avait cherchée, Manel l'avait trouvée.

La Sirène se transformait en lionne vengeresse redoutable. Cependant, elle tentait de refouler du mieux qu'elle pouvait la colère qui bouillonnait en elle, qui animait ses pupilles d'habitude si douces et malicieuses.

- Peut-être que la maladie de ton cousin est trop complexe, trop rare pour un simple médecin généraliste. Et puis, si vous n'étiez pas satisfaits, rien ne vous empêchait d'aller voir ailleurs. Lilian parla le plus posément possible, en regardant droit dans les yeux de Manel.

Enervée, la rouge et or devenait très vite intimidante. Hadrian le savait très bien. Toute séduction, tout charme disparaissait, laissant place à une ironie venimeuse et à des piques acérées qui meurtrissaient un peu plus le coeur de l'adversaire. Lilian s'armait des meilleures armes, au grand malheur de Manel. Ce qui l'énervait le plus chez elle en ce moment même, était le regard que lui infligeait la rousse. Un regard du genre «  je m'en fous totalement de ce que tu me dis, c'est moi la gentille dans l'histoire espèce de salope. » Et ce regard plus qu'autre chose tentait la jeune fille d'asséner une violente claque à celle qui fut sa meilleure amie. Au deuxième lâché de bombes de Lilian, Manel riposta par un nouveau lancé d'obus :


- Tu m'envoies ravie de m'apprendre que tu manies les mots avec tant de facilité, mais ce n'est pas en faisant simplement claquer contre ton palet de vulgaires phrases que tu vas parvenir à tes fins.

Obus qui eut autant d'effet qu'un pétard mouillé. Cela étira les lèvres fines de la belle qui croisa les bras sur sa poitrine généreuse.

- Dommage que je ne puisse pas en dire autant pour toi.

Une balle venait d'être tirée à bout portant. Manel devrait faire vite pour l'éviter. Lilian maniait à merveille ce type d'armes lorsqu'il lui tombait dans les mains. « Doucement ma jolie, fais attention à ce que tu fais et réfléchis à ce que tu vas dire. » La rouge et or fut surprise de l'étonnant jeu – pathétique soit dit en passant – qu'employa la rousse pour se tirer d'affaire.


- Maintenant laisse-moi tranquille s'il-te-plait, j'ai besoin de me laver, le trajet a été bien long. A moins que tu es envie de m'étrangler avec le rideau à douche.

She doesn't have the balls. Lilian le savait. Elle se défilait. Encore une fois, la deuxième. Elle était lâche. Cela n'étonnait plus la belle sirène, elle savait de quoi elle était faite désormais. Mais qu'elle ne croit pas qu'elle la laisserait s'en sortir aussi facilement. Elle se fourrait le doigt dans l'oeil bien profondément. Alors que Manel se dirigeait vers la porte de la salle de bain, Lilian s'avança aussi de sa démarche souple et rejoint la porte en peu de temps de par ses grandes foulées. C'est alors qu'elle se plaça dans l'embrasure de la porte, droite et face à Manel, les bras tendus pour la dissuader de continuer.

- Tu te défiles encore. Alors quoi ? Je te fais peur ? Lança-t-elle, défiant la rousse en la pointant du menton. Mais bien que l'idée de t'étrangler me tente affreusement, je pense que te torturer encore un peu serait beaucoup plus plaisant, beaucoup plus jouissif ; tu vois ce que je veux dire ?

Elle la regarda en coin. Oh que non elle la laisserait pas s'en tirer ainsi. Manel l'avait cherchée, elle en paierait les conséquences. Qu'elle assume ses actes, on en reparlera après.

- Tu ne mérites pas ta place ici, à Gryffondor Manel. Tu n'es même pas capable d'affronter ton ancienne meilleure amie. Qu'est-ce que tu fous ici alors ?

Une salve de flèches avait jailli de la bouche de la sirène. Car si avant, elle ne croyait pas à la légendes des roux envoyés par Satan, elle avait trouvé en la personne de Manel, la véritable envoyée des Enfers.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeDim 12 Sep - 21:22

Mais pourquoi diable persistait-elle à mettre son cousin au centre de tout ceci ? N'avait-elle pas compris dans son petit cerveau de poisson que là n'était pas le problème de leur continuel affront ? Il avait beau en être l'amorce, ce n'était plus lui qui tenait le pilier du conflit. Il n'était que la goutte qui avait fait exploser le vase et fait jaillir toute la vérité. Elle avait alors vu le reflet de tout ce qu'elle avait laissé esquiver dans son aveuglement. Ce n'étaient pas des défauts mais de véritables vices. On peut pardonner quand on aime, mais lorsqu'on aime plus, la raison n'est plus celle du cœur mais celle de la lucidité. Et c'était Manel qui tenait ce flambeau.

Pour sûr, si des excuses eurent été solution de cette dispute, cela aurait fait bien longtemps que la Gryffondor les aurait fournies. Discuter, comprendre et regretter. Mais voilà quelque chose de bien inimaginable! S'excuser, mais de quoi au juste ? De ne plus avoir la moindre envie de lier tout lien d'amitié avec elle ? Mais qu'est-ce que cela changerait exactement ? Rien, absolument rien. On a beau dire que l'amitié est un amour plus solide que celui du coup de foudre, quand il est brisé, il est difficile de le recoller sans apercevoir les fissures. Un vase de cristal est irréparable, tout le monde sait ça.


- Peut-être que la maladie de ton cousin est trop complexe, trop rare pour un simple médecin généraliste. Et puis, si vous n'étiez pas satisfaits, rien ne vous empêchait d'aller voir ailleurs.

Et voilà, elle continuait ! C'était bien digne de sa petite personne de contourner le problème par un autre chemin. Qu'elle poursuive sa route tranquille à travers les fleuves, elle rejoindrait bientôt l'océan et devra affronter alors les vagues déchaînées. Elle pensait dominer la situation par ses répliques piquantes, mais elle continuait de tirer du mauvais côté. Pourtant il ne lui aurait pas été difficile de gagner, si seulement elle savait viser.

Mais déjà le ton de sa voix commençait à s'élever. Elle n'aurait rien pu lui offrir de mieux à cet instant précis. Enfin ! Si ses sentiments s'embrasaient comme les siens lui consumaient l'intérieur, elle pourrait les laisser dévaster tout le reste. Elle n'aurait plus à se retenir et pourrait s'épanouir dans toute sa fureur.
Sa main s'accrocha au rebord du lit et le serra très fort. Elle n'en pouvait plus de se retenir, elle n'attendait qu’une dernière provocation, tel un taureau enfermé depuis des lustres dans le noir qui attend le drapeau rouge. Voyez comme cette sirène manipule les esprits et torture les âmes ! Elle réduisait Manel à un tel état que c'étaient ces instincts bestiales qui contrôlaient son corps. C'était insupportable. Elle était à deux doigts de s'écrouler lamentablement par-terre et de pleurer si elle n'avait pas déjà épuisé toutes ses larmes.


- Tu te défiles encore. Alors quoi ? Je te fais peur ?

** Non je n'ai pas peur, je veux juste que tu disparaisses, pars ! Laisse-moi tranquille ! **


C'était d'autant plus insupportable pour la jeune lionne que suivant ses pulsions physiques elle changeait d'avis toutes les minutes. A des moments elle était prête à se battre à feu et à sang contre ce qu'elle désignait sa pire ennemie et à d'autres elle aurait préféré se laisser écraser pour en finir avec elle. Deux "solutions" différentes qui en fin de compte la menait au même objectif : qu'elle la laisse en paix. Mais il y avait un "hic", c'était que Manel avait un caractère imbibé de fierté et que si jamais ! Si jamais elle se laissait abattre pendant un instant de faiblesse, elle ne se le pardonnerait jamais. Comme tout Gryffondor qui se respecte, elle aimait gagner.

Contrairement à ce qu’on pouvait penser, non elle ne fuyait pas. Elle cherchait simplement à changer de terrain. Là, entre ces quatre murs, elle se sentait comme emprisonnée dans son propre dortoir. Bien qu’elle y avait habité pendant plusieurs années, elle se sentait étrangère à tout ces lits dans lesquels elle ne pouvait retrouver dans aucun d’entre eux sa propre odeur. Tout empestait le parfum de la diablesse qui lui brouillait tous ses repères. Elle avait délaissé ce monde qui avait fini à son tour par l’oublier. Mais elle était revenue. Elle était là, prête à reconquérir chaque morceau d’elle-même qu’elle avait laissé se parsemer au fil du temps.

Oui, il était temps qu’elle ramasse ses pétales et qu’elle fleurisse à nouveau. Mais avant, il fallait en finir avec cette rose qui perçait chaque jeune pousse de ses épines.


- Mais bien que l'idée de t'étrangler me tente affreusement, je pense que te torturer encore un peu serait beaucoup plus plaisant, beaucoup plus jouissif ; tu vois ce que je veux dire ?

A présent elle lui barrait complètement la sortie.

Manel se redressa, et aussi dignement qu’elle pouvait le faire dans son état, se redressa de tout son corps. Et pendant que la parleuse balançait ses répliques, elle attrapa quelque chose dans sa poche qu’elle prit soin de dissimuler derrière son dos pour que la Belle ne s’aperçoive pas de sa petite manœuvre. Il fallait arrêter avec ces bavardages qui n’avançaient à rien, à part gaspiller le temps lamentablement.


- Tu ne mérites pas ta place ici, à Gryffondor Manel. Tu n'es même pas capable d'affronter ton ancienne meilleure amie. Qu'est-ce que tu fous ici alors ?

Et tout alors se passa très rapidement. Tout ce que Lilian eut le temps de voir fut son ancienne meilleure amie se ruer sur elle. La baguette pointée à présent sous son menton et son autre main qui lui agrippait le cou, elle ne pouvait plus bouger. Elle était coincée entre Manel et la porte de la salle de bain. La rouquine se mordait les lèvres pour ne pas prononcer quelque chose qu’elle aurait pu regretter. Elle ferma les yeux, tâchant de reprendre le contrôle de ses membres. Elle sentait sa main brûlante contre la peau froide de l’adolescente. Elle savait que tout cela n’était pas raisonnable, mais à présent qu’elle touchait son corps, le sien se calmait, apaisé. Il s’apaisait parce qu’il était conscient qu’il avait le contrôle physique sur sa proie. Elle inspira fort et soupira. Ses épaules se relâchèrent et tous ses muscles se détendirent. Elle baignait dans une étrange sérénité.

Elle rouvrit les yeux et rencontra un bref instant la douceur fascinante et fausse de ce regard bleu. D’un geste, elle ôta sa baguette et sa main de celle qui l’avait provoqué et recula de deux pas. Puis après quelques secondes de silence, elle avala sa salive et reprit la parole.


- Parce que pour toi le courage s’évalue par le combat ? Tu as bien failli m’avoir.


Comme d’habitude
.


- Je ne me défile pas, mais j’aimerai que tu comprennes que je n’en ai strictement rien à cirer de toi.


** Tant que tu ne me provoques pas. **

- Il va falloir que tu l’acceptes un jour parce que notre amitié n’a désormais plus sa place dans nos vies. Et ne m’accuse pas de tout ça.


Et voilà comment est-ce qu'il faut arracher dignement les pétales d’une rose.

Je t’aime,

Un peu,

Beaucoup,

Passionnément,

A la folie…

Pas du tout.

Plus du tout. Jamais.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeMar 21 Sep - 15:21

Manel, Manel, Manel. Ne comprendra-t-elle jamais que tout cela n'était entièrement que de sa faute, que s'il y avait quelqu'un à blâmer entre elles deux, c'était elle et seulement elle. Certes l'arme de Lilian n'était pas immaculée mais si elle ses mains s'étaient tâchées de sang, c'était par la seule riposte à l'attaque de Manel. Manel qui avait accusé, à tort, sans preuves, sous la colère, aveuglée par la rage et la jalousie. Car oui, elle était jalouse. Jalouse que tout tourne au cauchemar dans sa famille alors qu'elle vivait dans un monde où tout est rose, tout est bleu, tout le monde est beau et gentil. Mais hélas, ma chérie, tout n'est pas ainsi et, un jour ou l'autre, la vie le fait comprendre amèrement. Mais il n'y avait pas de quoi s'en prendre aux autres alors qu'ils n'y étaient pour rien. Ou du moins, même en fournissant leur aide, les choses ne s'étaient pas arrangées comme on le souhaitait. A qui la faute alors ?

Sûrement pas à Lilian. Tout avait commencé à cause de Manel, qui réagissant au quart de tour, avait explosé de fureur. Elle s'était heurtée à Lilian qui avait compromis ses projets. Voilà donc l'origine de leur dispute et ce pourquoi elles en étaient là aujourd'hui. Mais la rousse était bien trop fière pour s'excuser mais elle ne devrait pas compter sur la sirène pour s'incliner sous son orgueil démesuré. Plutôt mourir que de céder la moindre bribe d'excuse à cette fille. Rêve ma chérie !

La rouge et or voyait combien son attitude mettait Manel en rogne et faisait bouillir son sang à l'intérieur de ses veines. Autant crever l'abcès tout de suite. Il faut battre le fer tant qu'il est encore chaud. Ici, Lilian endosserait le rôle du forgeron et Manel serait le fer. Oh que oui elle la battrait, quitte à se blesser. Manel s'excuserait. Il n'y avait pas d'autre solution. C'était tout ou rien.

Les lionnes étaient prêtes à bondir. Les adversaires prêtes à charger. Elles se faisaient face telles deux cow-girls, pressées d'en terminer et qui se donnaient rendez-vous devant le saloon, dans l'allée centrale de la ville, à midi, pour en finir avec leur différends. Eloignées d'une vingtaine de pas chacune, elles se toisaient, se jaugeaient. Leurs doigts titillaient les crosses des deux colts qui patientaient dans leurs ceintures. Les éperons tintaient à chaque pas, renforçant cette idée de silence lourd et pesant. Les yeux perçants se fixaient, malgré les chapeaux qui ombrageaient les visages féminins et les mèches de cheveux qui balayaient ces joues hâlées. Les mâchoires se serraient, aucune des jeunes filles n'osait ouvrir la bouche, de peur de se déconcentrer et de perdre le duel, pour un quart de seconde d'inattention. Une simple question de rapidité. Tout était dans la dextérité. La première qui tirait et réussissait à éviter les balles mortelles de l'autre remportait le défi, un tant soit peu que ses balles atteignent la cible désirée.

Manel fut la première à dégainer. Cependant, ce n'est pas son arme qui menaça Lilian. Elle semblait davantage souhaiter un combat au corps à corps. Sans que la lionne la devance, Manel bondissait sur elle et empoignait sa gorge tendre dans sa main, la plaquant contre la porte. Son autre main, armée de sa baguette, pointait la veine au milieu de son cou. Guidée par la seule rage, Manel se mordait la lèvre, comme pour ne pas céder à une nouvelle pulsion, plus dangereuse cette fois. Elle ferma les yeux. Pendant ces quelques secondes qui lui parurent des heures, Lilian hésitait à se libérer en destinant à la rousse un violent coup de pied dans le ventre et à s'emparer ainsi de sa baguette. Quand la jeune fille rouvrit les yeux, les regards des deux lionnes furieuses se croisèrent. La furie enflammée, d'un geste presque brusque, relâcha son étreinte autour du cou de cygne de Lilian. La sirène se massa légèrement la gorge et avala sa salive tout en jetant un regard noir à la fille qui avait osé la menacer.


- Parce que pour toi le courage s’évalue par le combat ? Tu as bien failli m’avoir.

Décidément, elle ne comprenait rien. Et elle s'en vantait. Elle feintait encore, pour mieux s'éclipser plus tard. Mais c'était sans compter sur la prévenance de Lilian, qui dégaina et la pointa de ses deux colts; un sourire ironique perçant sous l'ombre de son chapeau sur son visage angélique.

- Tu n'es même pas capable de me regarder droit dans les yeux.

Droite et fermement campée sur ses deux longues jambes, la belle rouge et or releva le regard et le plongea dans celui de Manel, une lueur ironique mêlée à une once de sadisme étincelante sur les vagues agitées. Elle défiait Manel de soutenir ce regard cette fois.

- Je ne me défile pas, mais j’aimerai que tu comprennes que je n’en ai strictement rien à cirer de toi.

Un grand sourire méchant et ironique étira les lèvres tendres de la belle, dévoilant une dentition prête à mordre.

- J'en étais sûre ! Clama-t-elle alors que la jeune rousse commençait à lui tourner le dos.

Son opinion était faite. Manel était une lâcheuse, elle n'avait définitivement pas l'âme d'une Gryffondor. Toute la mesquinerie refoulée aurait dû l'envoyer à Serpentard et là, Lilian aurait eut une bonne raison de s'en faire sa pire ennemie. Or ici, elles devraient se supporter jour et nuit, résistant à la douce tentation d'assassiner l'autre dans son sommeil par n'importe quel moyen.

- Il va falloir que tu l’acceptes un jour parce que notre amitié n’a désormais plus sa place dans nos vies. Et ne m’accuse pas de tout ça.

C'en était trop. La goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les doigts de Lilian se crispèrent sur sa baguette. Manel avait joué avec le feu ; elle finirait brûlée vive. On ne provoque pas une lionne lorsqu'on n'en est pas une autre. Or Manel n'était pas une rouge et or. Pas une vraie en tout cas. Et qu'elle ose s'identifier comme l'innocente de cette histoire, c'était trop pour Lilian.

- Ne pas t'accuser de tout cela ? Mais tu te prends pour qui ? Commença Lilian en haussant la voix et fixant la rousse d'un regard colérique. Tu n'es pas la plus innocente dans cette histoire, je te signale. Est-ce de ma faute si ton cousin est tombé malade ? Ma mère a gentiment proposé ses services mais là, est-ce encore de ma faute si sa maladie s'est empirée et condamne à présent ton cher cousin ? Ma mère a fait tout ce qu'elle pouvait pour l'aider et tout ce que tu as trouvé de mieux à faire, c'est de bafouer son travail en l'insultant sans preuves à l'appui. Alors oui, je t'accuse de tout cela parce que c'est toi qui a rendu la vie telle qu'elle est aujourd'hui. Nous serions certainement encore amies si tu l'avais fermée.

Elle reprit son souffle. Tout ce poids la libérait. Cela faisait longtemps que cela pesait sur son coeur. Combien de fois elle avait souhaité le crier à tous ceux qui lui demandaient pourquoi on ne la voyait plus avec Manel, qui était censée être sa meilleure amie. Un instant, elle baissa ses yeux sur le sol afin de reprendre ses esprits. Au bout de quelques secondes, elle finit par relever la tête, faisant couler certaines mèches dans son dos. Son regard était plus noir que jamais et elle regardait Manel avec dédain et dégoût, comme si elle allait lui vomir ses tripes aux pieds et lui cracher au visage.

- Je me demande vraiment comment j'ai pu... Tu es la reine des hypocrites Manel et je ne sais pas comment tu fais pour ne pas avoir plus d'ennemis.

C'était dit. L'abcès crevé, la fureur commencerait réellement à battre dans les veines. La colère les aveuglerait, la rage animerait chacun de leur mouvement, l'ironie venimeuse tremperait chacune de leur pique acérée. Leurs armes étaient prêtes, parées à vomir leur balles meurtrières. Que la meilleure gagne.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeSam 2 Oct - 22:33

L'apogée de la crise était sur le point de s'assoupir dans un dernier éclat de voix. Mais à partir de maintenant, plus jamais le silence ne viendra souffler de beaux rêves aux oreilles des endormies. Le calme s'étouffera contre les murs et la rancune hantera les songes les plus sereins. Aucun sourire chaleureux ne sera épargné. Leurs lèvres s'arracheront le plus antipathique, le plus hypocrite, celui qui jusqu'alors, n'a jamais autant dessiné de haine sur le visage. Si c'étaient là les conditions pour qu'elles n'aient plus jamais à s'adresser la parole, Manel était tout prête à les employer. Mais elle savait hélas, que nulle sirène n'abandonne son rocher avant d'avoir engloutie sa victime jusqu'à la dernière goutte de son sang.

Elle ne voulait pas lui parler, elle ne voulait pas l'entendre. Pourquoi était-ce si difficile de le lui faire comprendre ? Elle avait envie de se boucher les oreilles, fermer les yeux, se cacher sous ses draps. Oublier. Elle ne pouvait pas assumer ce qu'elle avait fait, elle ne le pouvait pas. C'était trop dur. Elle préférait assumer les conséquences que de revenir sur le passé. Pourquoi ? On ne peut revenir sur le passé. La seule chose qu'elle pourrait en tirer serait des regrets, des remords à s'en tordre le ventre. Elle ressentirait la douleur au plus profond de ses intestins comme un poison qu'on ne peut vomir. Elle en souffrirait jusqu'à l'agonie.

Elle n'était pas capable d'endurer tant de maux. Elle était trop sensible pour tenir des sentiments aussi lourds. Même là, elle ne les avait supporté que quelques minutes avait de menacer férocement Lilian de sa baguette et de sa main. Mais ça ne serait rien à côté de ce que ses émotions pourraient lui faire faire si elle n'arrivait pas plus à les contrôler.


- Ne pas t'accuser de tout cela ? Mais tu te prends pour qui ? Tu n'es pas la plus innocente dans cette histoire, je te signale. Est-ce de ma faute si ton cousin est tombé malade ? Ma mère a gentiment proposé ses services mais là, est-ce encore de ma faute si sa maladie s'est empirée et condamne à présent ton cher cousin ? Ma mère a fait tout ce qu'elle pouvait pour l'aider et tout ce que tu as trouvé de mieux à faire, c'est de bafouer son travail en l'insultant sans preuves à l'appui. Alors oui, je t'accuse de tout cela parce que c'est toi qui a rendu la vie telle qu'elle est aujourd'hui. Nous serions certainement encore amies si tu l'avais fermée.

Cette déclaration surprit Manel. Non pas par son contenu, car elle savait que trop bien ce qui s'était passé cet hiver-là, mais par la violence avec laquelle elle l'avait dit. Une lueur d'espoir naquit dans ses prunelles humides. Elle n'était pas la seule à bout, Lilian aussi à peine avancée sur le champ de bataille rencontrait ses propres obstacles.

Oui son cousin avait été malade. Oui sa mère avait usée de toutes ses capacités pour le soigner, et encore oui cela n'avait pas été suffisant. Manel était bel et bien rentrée dans une colère indomptable. Mais personne à sa place, dans son état émotionnel, n'aurait pu faire autrement. On n'agit rarement par la raison car ce n'est pas elle qui façonne l'être humain. Ce n'est pas elle qui le fait frissonner quand il a froid, ce n'est pas elle qui le fait rougir quand il a honte ! ce n'est pas elle qui...


- Je me demande vraiment comment j'ai pu... Tu es la reine des hypocrites Manel et je ne sais pas comment tu fais pour ne pas avoir plus d'ennemis.

Pour la première fois depuis le début de cet affront, Manel prit le temps de réfléchir sur ce qu'elle devait faire. Elle se pinça fort les lèvres jusqu'à sentir les premières gouttes de sang s'éparpiller sur sa langue. Elle ne comptait pas les minutes qui s'écoulaient, elle cherchait simplement à trouver un peu de calme dans tout ce chaos qui résonnait dans sa tête, apaiser cette petite voix qui criait.

** Tu entends ça ? Elle te traite d’hypocrite ! Tu entends ça ? Elle serait capable de t’insulter de tout, toi, sa meilleure amie, celle qui lui a toujours été fidèle même dans ses pires caprices. Tu entends ça ?! **

« Tu entends ce que je te dis Manel ? Cette fille se joue de toi, tu n’es rien pour elle, rien »

Elle sursauta. Cette voix la hantait et elle voulait qu’elle parte. Mais rien à faire elle restait là, ancrée dans son esprit. Comme si elle était scotchée devant une télé qu’elle ne pourrait pas éteindre. Et tout d’un coup les murs sombres du dortoir se peignirent d’un blanc éblouissant. La pièce se rétrécissait. Il n’y avait plus qu’un lit. Il y a un jeune garçon dedans. Il s’appelle Matthew, il a seize ans. Manel en a à peine treize. Il est allongé, englouti sous ses draps blancs. Il lui caresse les cheveux, comme une mère qui console son enfant et il lui répète ces mots.

« Carmen n’a pas réussi à te soigner ? » Lui demande-t-elle en pleurant.

Carmen, c’est la mère de Lilian, infirmière dans un hôpital moldu. Elle vient de sortir de la pièce, l’air grave.
Elle n’a encore rien dit à personne, elle a juste ouvert la porte de la chambre pour la laisser entrer.
Matthew attend que Carmen ai quitté la pièce avant de répondre.


« Non »

« Je suis sûre qu’elle voulait réussir, elle a fait tout ce qu’elle a pu et… » Son cousin lui coupa la parole.

« Manel écoute-moi, lui dit-il d’un air triste, pour moi c’est fichu maintenant mais toi, tu peux encore faire quelque chose te sortir de là. »

« Je ne comprends pas. »

« Il faut que tu t’éloignes de Lilian. Tu entends ce que je te dis Manel ? Cette fille se joue de toi, tu n’es rien pour elle. Sa mère comparée à elle c’est rien. Tu entends ?! »

Le reste de la conversation devenait flou dans la mémoire de la rouquine. Tout était confus. Elle entendait les mots « Felton », « malheureux », « vengeance », résonner en écho dans ses pensées. Elle avait mal à la tête.

Elle rouvrit les yeux et tout le décor aveuglant s’effaça, laissant place à la sombre luminosité de la pièce.
Matthew lui avait dit surtout de ne rien lui dire, car cette manipulatrice pourrait très bien réussir à lui faire croire que ce qu’il avait dit, que sa mise en garde n’était que baliverne.


« Très forte en la matière cette demoiselle » Avait-il ajouté.

- Assez ! je crois que là, on s’est dit tout ce que nous avions à nous dire, non ? A moins que tu es quelque chose à dire, pour le mot de la fin ?







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Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

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MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal [PV]   Les Fleurs du Mal [PV] Icon_minitimeDim 17 Oct - 16:00

Plus rien n'était possible maintenant. Manel s'était arrangée pour que rien ne redevienne comme avant. Elle la détestait. Lilian lui cracherait au visage, lui vomirait ses tripes sur ses pieds si c'était possible. Elle la dégoûtait, l'écœurait, la répugnait. Elle l'avait en horreur. Aujourd'hui, elle avait la preuve en chair et en os que Satan n'était aucunement un homme. Il arborait des traits féminins, un visage rond, des yeux bleus, des cheveux roux, tout ce qui pouvait inciter à la douce candeur. Hélas, les apparences sont tellement trompeuses ; tout le monde fut pris au piège, Lilian en première. Elle s’était laissée abuser par cet air sympathique et amical, lui avait confié ses moindres secrets, elle avait partagé ses rires, ses joies, ses peines et voilà comment cette fille la remerciait. En plaidant sa posture de pauvre victime, martyre de la maladie de son cousin. C’était si simple de mentir. Le meilleur menteur est le crétin sincère. Voilà ce qu’elle était. De tout temps, elle lui avait menti, lui avait caché ce qu’elle était et qui elle était vraiment. Lilian croyait trouver un appui sur ces épaules, le monde se dérobait sous ses pieds. Et lorsqu’elle appelait à l’aide, Manel lui écrasait les doigts pour lui faire lâcher prise.

Ses grands yeux à la mer agitée voyaient le trouble semé en Manel, qui commençait à la rendre folle de rage. Des perles de sang coulèrent sur son menton tandis qu’elle se meurtrissait les lèvres. Lilian venait de frapper là où cela fait mal. Elle retournait le couteau dans la plaie, c’était son but. Elle plantait dans le cœur de la jeune rousse une longue lame, enduite de sel pour s’assurer que la blessure ne guérirait pas de si tôt. Elle y prenait un malin plaisir à voir souffrir cette fille qui s’était attiré les foudres et la haine de la famille Easter. Et Lilian, étendard fier et caractériel de cette noble famille lui faisait comprendre que mieux valait ne pas la chercher plus longtemps. La colère d’une déesse est terrible pour ces mortels si communs, si avides de gloire et de pouvoir ; Manel en faisait l’amère expérience. Cette si belle sirène, déesse de la sublime beauté, se parait des armes les plus destructrices et meurtrières en période de guerre et pour ne pas se tâcher, nul doute qu’elle enfilait des gants. C’est si délicieux de faire durer le supplice.

- Assez ! je crois que là, on s’est dit tout ce que nous avions à nous dire, non ? A moins que tu es quelque chose à dire, pour le mot de la fin ?

Ah, enfin ! Sa victime venait de retrouver sa langue. La réponse est oui, elle avait quelque chose à dire pour le mot de la fin. Manel ne s’en tirerait pas comme cela. Lilian ne lui laisserait pas ce plaisir, celui de se croire victorieuse encore une fois. Elle l’avait fait une fois déjà ; une fois de trop. On ne vient pas si facilement à bout de la redoutable Lilian Easter. Manel l’apprenait à ses dépends.

Car si la rouge et or avait rencontré des obstacles, elle les avait surmontés, un par un, en s’armant de patience et de courage. Pas Manel. Manel ne savait que fuir ou abandonner. Elle ne possédait pas en elle l’âme d’une guerrière, d’une vraie Gryffondor. Certes, peut-être avait-elle d’autres qualités mais il serait impossible à Lilian de les citer, seuls les défauts de la fille rousse apparaissaient à ses yeux. C’est bien connu, lorsque l’on déteste quelqu’un, il a beau avoir les plus belles qualités du monde, nous ne voyons que ses défauts ; ceux qui nous ont fait du mal. Lilian esquissa un fin sourire. A son tour de jouer et d’asséner un nouveau coup à son ennemie.

- Oui j’ai encore quelque chose à dire. Ne compte pas sur moi pour t’aider à ranger ta valise, Manel. Cette époque est finie.

Les grands miroirs la fixèrent méchamment et Lilian se dirigea vers la porte du dortoir. Elle n’avait plus rien à faire ici. Comme elle venait de dire, le temps où elle et la jeune fille rousse s’aidaient mutuellement pour défaire leurs affaires était révolu. L’eau avait coulé sous les ponts, noyé les décombres et l es dernières ruines de leur amitié. Rongée par un violent brasier, celle-ci s’était consumée si rapidement avant de s’écrouler dans la mer de l’oubli. Oublier, c’était tout ce qu’il lui restait à faire. Avant de quitter la pièce, Lilian se tourna une dernière fois vers celle qui fut sa meilleure amie.

- Je te déteste.

Sa longue chevelure soyeuse vola dans son sillage, ses talons claquèrent sur le parquet du dortoir. Elle tournait le dos à une amitié déchue, détruite. Les dernières épines venaient d’être arrachées, laissant derrière elles quelques gouttes de sang. La blessure serait on ne peut plus rapide à se refermer.

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