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"Happy New Year ?" [S.]

 
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 "Happy New Year ?" [S.]

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Apple Hunt


Apple Hunt
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MessageSujet: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeLun 25 Jan - 21:34

Mon seul réconfort des vacances avaient été la neige. Elle était tombée sans relâche pendant plusieurs jours, couvrant le parc d’un joli manteau, et Pré-au-Lard aussi, et quand je partais en escapade, j’avais l’impression de vivre dans une boule à neige, qu’on secouait encore et encore pour que les petites paillettes de neige tombent sur le décor en plastique. Je n’avais pas eu le cœur à faire de la luge ou des batailles de boule de neige, mais j’avais fait quelques bonhommes de neige et des anges, en m’étalant, ignorant le froid glacial qui transperçait mes habits. C’était beau, et la neige me faisait penser à Maman, parce qu’elle adorait ça, parce qu’elle avait grandi en Suède où il neigeait chaque hiver. Je savais qu’elle était peinée à Londres de ne pas avoir ce plaisir, et je savais que si elle avait été là, elle aurait adoré voir ce joli paysage enneigé. Plusieurs fois, je m’étais assise et j’avais parlé toute seule, racontant ce que je voyais, parlant à Maman comme si elle était à l’autre bout d’un téléphone imaginaire, ou à côté de moi, invisible. Je n’avais jamais fait ça depuis son décès, lui parler, et je me rendis compte que ça me faisait du bien sur le coup mais que juste après, ça me rendait encore plus triste. Mais ça avait quelque chose d’un peu addictif, parce que pendant un instant, c’était comme si Maman était là, et j’y croyais presque pendant quelques minutes, et c’était réconfortant.

J’avais envoyé quelques lettres à mon père et mes sœurs pour Noël. J’avais même fait une jolie carte de Noël avec du papier brillant et de la fausse neige qui voltigeait quand on l’ouvrait, à l’aide d’un sort un peu compliqué que je m’étais entraînée à faire pendant plusieurs jours. J’avais reçu en retour un colis, avec des bonbons et un joli bonnet bleu ciel avec un pompon tout blanc qui ressemblait à une queue de lapin. Dans leur lettre, ils me souhaitaient tous joyeux noël, chacun m’écrivant un petit mot gentil. On aurait dit une carte d’une famille lointaine qu’on recevait parfois pour les fêtes. La carte en elle-même avait été acheté dans un magasin moldu, et elle était basique, absolument impersonnelle. J’avais repensé à la mienne, sur laquelle j’avais passé autant de temps. Pourquoi m’embêter ? J’avais sangloté ce jour-là, toute seule, assise sous un arbre du parc, serrant mon doudou. J’étais malheureuse, et Maman me manquait plus que jamais, et rien ne m’amusait, je n’avais le cœur à rien, et c’était horrible comme sensation. Je me sentais lamentable.

Le château était désert, car quasiment tout le monde rentrait chez soi pour Noël. J’avais littéralement tout mon dortoir pour moi, et au début, j’avais hésité à en profiter pour fouiner dans les affaires des autres. J’étais curieuse, mais je savais que ce n’était vraiment pas poli. Je m’étais allongée dans mon lit, et j’avais parlé toute seule à Maman, lui demandant ce qu’elle en pensait. Evidemment, j’avais entendu sa voix me gronder. Je pouvais recréer exactement sa voix. Son odeur devenait quasiment impossible à reconstruire, mais sa voix subsistait. Je l’avais écouté. A la place de fouiner, j’avais décidé à faire des jolies cartes de Noël pour toutes mes camarades, et je les avais posées sur leurs tables de nuits. Maintenant que je m’étais embêtée à apprendre ce soir de fausse neige, autant l’utiliser ! Je fis aussi une carte à Serghei, que je lui envoyais avec une lettre qui se voulait rassurante. Je lui racontais que je m’amusais bien dans le château vide, à faire un tas de bêtises, et que j’espérais que son réveillon se passait bien, qu’Alec ne lui manquait pas trop, ce genre de choses. J’avais hésité aussi, et puis finalement, j’avais envoyé une carte à Scott aussi. Elle était bleu nuit comme son costume du bal, et j’avais écrit à l’intérieur « JOYEUX NOËL » avec des paillettes argentées, et complété le tout avec ma fameuse neige magique. J’avais signé Apple en tout petit, pour qu’il sache que c’était moi tout de même, et j’avais fait un petit smiley à côté. Au moins, ça m’avait occupé pendant plusieurs heures, et j’étais contente de moi. J’avais fait autre chose que m’allonger dans mon lit ou marcher pendant des heures dehors sans rien faire de précis.

Je m’étais sentie plus seule que jamais, au point de regretter presque de ne pas être rentrée à la maison. Je me demandais souvent si y avoir été allé m’aurait rendu plus heureuse ou plus triste. L’ambiance devait étrange, pesante. J’aurais probablement été obligée de voir Serghei, et ce n’était pas que je n’avais pas envie, simplement, je ne voulais pas être contrainte parce que nous étions voisins. Ne pas le voir aurait été bizarre. Ça aurait sûrement fait une ambiance lourde, parce qu’il m’en aurait voulu, malgré lui. Je savais déjà qu’il m’en voulait de m’éloigner, mais que nos maisons différentes et nos emplois du temps différents me donnaient des excuses. Vivre à dix mètres l’un de l’autre, là, ça allait être plus compliqué. Je ne voulais pas faire de peine à Serghei, tout de même, et je me promis qu’à la rentrée, j’essayerais de le voir plus souvent, ou du moins de faire attention à comment il allait. Je n’avais pas trop envie de le voir, mais je n’avais pas envie de le perdre non plus, et je savais qu’il fallait faire des efforts. Mais durant l’une de mes balades à Pré-au-Lard, je me pris à penser que je pourrais amener Serghei ici et lui proposer de m’aider à choisir un Boursoufflet – j’avais envie d’en avoir un depuis des mois – et je me réalisais qu’il me ferait sûrement la morale en m’expliquant qu’il fallait être responsable, et que peut-être j’en voulais un à cause d’un coup de tête, et que « Apple, tu es sûre que c’est une bonne idée ? » ; je me surpris à être énervée toute seule devant cette dispute imaginaire qui n’arriverait probablement jamais. Je compris que l’idée de ce genre de remarques m’exaspérait, mais l’idée qu’il n’en fasse pas, parce qu’il n’osait plus rien avec moi en ce moment, m’exaspéra encore plus. Ma promesse de passer plus de temps avec lui à la rentrée s’effaça un peu de mon esprit.

Je fus tout de même contente quand tout le monde commença à rentrer au château, parce que je commençais à trouver le temps long. Mes camarades de dortoir revenues, l’ambiance se réchauffa un peu, et j’essayais de balayer de mes pensées les derniers mauvais jours que je venais de passer. Je réalisai aussi que j’avais pris beaucoup de retard dans mes devoirs – parce que je n’avais pas eu le cœur à les faire – et j’avais dû aller me terrer à la bibliothèque pour les finir, en compagnie d’une amie, Pénélope, qui était aussi en retard. Ça me fit plaisir de discuter avec quelqu’un, et pas avec moi-même pour une fois. Mais je remarquais aussi que cette terrible tristesse qui m’avait prise ne voulait pas partir aussi facilement, et ça m’énervait, parce que j’avais l’impression d’être coincée dans une substance gluante qui m’étouffait. Les cours reprirent, et j’avais du mal à me concentrer, à me sentir mieux… Ça ne faisait même pas une semaine que les vacances étaient finies, il fallait sûrement que je sois patiente… Mais même si j’étais à Poufsouffle, ce n’était pas trop mon fort en ce moment. Je voulais tout, tout de suite, et surtout, je voulais que ça aille mieux. J’étais fatiguée d’être triste et de ne pas savoir comment faire pour que ça s’améliorer. J’étais capable de me changer les idées quelques heures, mais ça revenait toujours. Toujours.

On était jeudi, et je venais de terminer les cours, de mauvaise humeur car j’avais raté un examen de potion, ce qui me frustra particulièrement. Trainant des pieds, j’errai dans le château en ruminant et en broyant du noir. Depuis quelques temps, j’allais souvent à la tourelle du pont de pierre pour observer le parc enneigé, et je décidai d’aller y faire un tour pour me changer les idées. J’avais mis mon nouveau bonnet sur mes cheveux roux délavés tout emmêlés, et mes vieilles moufles rose fluo – je les avais depuis mes 10 ans, et l’avantage de ne jamais vraiment grandir était qu’elles m’allaient encore. Je réfléchissais à comment rattraper mon examen catastrophique, tout en montant les escaliers de la tourelle, songeant en même temps à mon envie de soupe au potiron qui me trottait dans la tête depuis ce matin…

- Oh, SCOTT ! Mais qu’est-ce qu’il faisait là ! Il sursauta, et j’eus un petit rire. Tiens, ça c’était une bonne coïncidence, je ne l’avais pas vu depuis le bal qu’on avait passé ensemble ! Il était assis par terre – même là, il me paraissait immense – et tenait une lettre à la main. Je m’approchai de lui, avec un regard intrigué et amusé. Alors, on se cache pour lire des courriers intimes ? C’est ton amouuuureeeuuuse ? J’allais me mettre à le taquiner quand je réalisai qu’il avait l’air… Triste. Je me figeai, fronçant les sourcils. Oh, euh, pardon, ça va pas ? Bon, ça c’était une question bête. Attends, tiens…

Je me mis à fouiller mon sac, cherchant quelque chose de précis… Mais les moufles m’handicapaient, et surtout il y avait un bordel monstre dedans. Je finis par m’agenouiller, ôtai mes moufles, et vidai la moitié de mon sac sur le sol pour enfin mettre la main sur une tablette de chocolat au caramel que j’avais acheté à Honeydukes.

- Tiens, dis-je en la tendant à Scott. Je peux partir si tu veux, mais prends, le chocolat ça fait toujours du bien quand y a un problème, et, euh, j’espère que ce n’est pas trop grave ?... Demandai-je prudemment.

Je ne voulais pas imposer ma présence, je savais combien parfois on avait envie d’être seule, mais je ne voulais pas non plus abandonner Scott s’il avait besoin de quelqu’un pour parler… Il me regarda, et je lui fis un petit sourire encourageant, me demandant s’il allait prendre la main que je lui tendais – et le chocolat qu’il y avait dedans.

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Scott McBeth


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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeDim 31 Jan - 18:16

Les vacances avaient passé à la vitesse de la lumière et revenir à Poudlard avait été terriblement douloureux - plus que jamais. C'était étrange, d'ailleurs, car les vacances de Noël me donnaient toujours envie de m'enfouir sous ma couette pendant deux semaines et de compter les jours jusqu'au retour à Poudlard, car ma famille n'était pas vraiment l'endroit où je m'épanouissais le plus. Au contraire, qui disait Noël disait fêtes familiales et repas en grand nombre, dans lesquels je me noyais, encore plus insignifiant et transparent que d'habitude, encore plus écrasé par l'aura de tous mes aînés qui avaient plus de choses intéressantes à raconter les uns que les autres. En un sens je pouvais faire ce que je voulais ; malheureusement je ne l'avais jamais vu de cet oeil et j'en souffrais encore plus que d'habitude, persuadé que je n'existais pour personne ou du moins pas vraiment, car mes parents me caressaient les cheveux de temps à autre quand je passais devant eux, de la même manière qu'on le faisait à un mignon petit chien pour qui on a une sincère affection. Mais rien de plus. Ce Noël, en revanche, avait été embelli par le fait que je retrouvais Haley la deuxième semaine ; étrangement aussi, comme j'étais en dernière année d'études, les questions des adultes se faisaient un peu plus nombreuses car chacun m'accordait un tout petit peu d'attention pour savoir au moins quels étaient mes projets. Auror, c'était bien et respectable, mais j'avais presque l'impression parfois qu'ils trouvaient cela trop peu original pour la famille McBeth et qu'avec le métier de mes parents, journaliste, il pouvait y avoir quelques sous-entendus, que j'en étais agacé. Très vite, je coupais court à la conversation, peu enclin à retomber dans la tristesse d'autrefois. Je n'avais pas besoin d'eux. J'avais mes amis, j'avais Haley... J'avais mon futur à portée de mains, et c'était tout ce qui comptait à présent. J'étais heureux, comme à chaque fois, de retrouver les jolis environs d'Aberlour, mais je préférais Poudlard sous la neige, ses beaux paysages et ses grands montagnes, à l'horizon.

Haley était arrivée pour passer deux jours chez moi (à la demande de mes parents car ils voulaient la connaître un peu plus « Tu comprends, elle n'est pas très bavarde, il nous faut du temps pour échanger avec » avait gentiment plaisanté ma mère. J'avais trouvé cela furieusement insultant. Mais Haley avait tenu à venir.) ; ils se passèrent plutôt bien et nous fîmes de grandes promenades à pieds, loin de l'agitation de chez moi. Ensuite, nous allâmes chez elle, à Londres, pour que commencent nos vraies vacances car cette fois nous étions tous les deux, rien que tous les deux ! Ces jours passèrent comme un rêve : doux, délicat, douillet, léger, apaisant... J'étais aux anges, bien que la seule ombre au tableau fut qu'elle était parfois un peu préoccupée et distante, à cause de son travail m'expliqua-t-elle, si bien que je m'appliquais à lui changer les idées du mieux que je pus. Trop vite, la rentrée arriva ; trop vite, je dus retourner à l'école.

Et laisser derrière moi cette petite parenthèse adulte pour laquelle je mourrais pourtant d'impatience.

C'est en rentrant à Poudlard, quelques jours après le retour en cours, que je reçus cette lettre de Stephen. J'en avais reçues d'autres pendant les vacances, de Lilian, de Taylord, d'Ophelia, d'Apple aussi - sa carte m'avait fait rire et du coup je lui avais répondu. J'avais hésité à lui en envoyer une mais comme elle l'avait fait, je lui répondis de bon coeur... Tout en me sentant assez stupide quand je lui achetai une carte rose et mignonne et très... Apple, mais bref. Mais rien de Stephen, évidemment. Comme d'habitude depuis des mois et des mois, à part ce petit carton froid de meilleurs voeux imprimés.

Je m'y étais fait, contraint et forcé. Stephen était comme ça... On ne le retenait pas. Personne ne le pouvait. Même Lizlor n'avait pas pu. Mais au fond de moi... Au fond de moi il y avait toujours cette étrange lueur ; Stephen était mon frère mon seul vrai frère, depuis le début. Stephen était mon soutien, mon modèle. Je savais pertinemment que je l'avais trop admiré et placé sur un piédestal mais c'était ainsi, et je l'acceptais à présent. Il comptait véritablement pour moi, malgré tout ce qui avait pu se passer, malgré toute mon incertitude aussi sur le fait que je comptais pour lui... Il était parmi ces personnes pour qui j'aurais donné ma vie, et si son absence me rendait triste, c'était surtout son détachement qui me causait tant de peine. Une lettre... Une réponse, par-ci par-là... Était-ce si compliqué ? Je me doutais qu'il devait être très occupé, bien sûr, quelqu'un d'aussi intelligent que lui ne partait pas pour découvrir le monde, il partait pour le changer. Mais quelques minutes ! Seulement ! Et j'aurais été si content...

Alors, quand j'avais l'écriture fine et penchée, mon coeur s'était accéléré. Je ne l'avais pas ouverte tout de suite, pa dans la grande salle ; j'avais juste récompensé le hibou assoiffé au plumage un peu abîmé. Il était reparti tout de suite.

Mon repas terminé en hâte, j'avais filé dans un endroit où je savais être seul ou peu dérangé. En cheminant, mon coeur battait fort... Deux lettres en l'espace de si peu de temps, c'était inespéré... Qu'est-ce que cela voulait dire... Est-ce qu'il avait enfin compris qu'il pouvait me tenir au courant, me parler un peu de lui, à sa manière certes, mais tout de même ? Est-ce que je lui manquais ? Et en même temps, j'avais aussi hâte d'ouvrir cette lettre que je le redoutais. J'y misais trop d'espoir et quelque chose m'assurait que j'avais tort, tellement tort...




« Bonjour Scott,

Pardonne mon écriture, je suis pressé et mal installé.
Pourrais-tu m'envoyer de cette fine poudre de corne de licorne
qu'on ne trouve que chez l'apothicaire du Chemin de Traverse ?
J'en ai un besoin crucial et ici, elle est de moindre qualité.

Merci d'avance,
J'espère que tu vas bien,

Stephen »



C'était incroyable comme quelques petits mots pouvaient faire mal, si mal.

Le même nombre de mots, d'une toute autre teneur, aurait pu être tellement différent... Mais non. Stephen restait Stephen, efficace, investi, perdu dans sa bulle, rationnel à ses heures, pratique. J'avais juste le malheur d'être doté de sentiments et tenir tant à cet étrange personnage : voilà mon erreur.


- Oh, SCOTT ! ...Oh, non. Apple venait d'arriver et de me faire sursauter et j'étais si malheureux que je n'aspirais qu'à être seul, et encore moins à me frotter à sa personnalité si exubérante. Alors, on se cache pour lire des courriers intimes ? C’est ton amouuuureeeuuuse ? Je lui jetai un regard un peu fermé, dissuasif, et curieusement elle parut comprendre tout de suite. Oh, euh, pardon, ça va pas ? Attends, tiens…

Semblant plonger dans les entrailles de son sac, elle finit par en vider ensuite la moitié par terre. Je n'avais pas le courage, face à cet entrain soudain, de lui demander de partir ; j'allais partir moi, c'était plus simple.

- Tiens, dit-elle comme si elle m'avait entendu. Elle me tendit un gros morceau de chocolat. Il avait l'air onctueux et délicieux. Je peux partir si tu veux, mais prends, le chocolat ça fait toujours du bien quand y a un problème, et, euh, j’espère que ce n’est pas trop grave ?...

J'hésitai une seconde, puis j'acceptai le chocolat et mordis dedans. Entre temps, j'avais soigneusement replié la lettre, qui était sur mes genoux. Le chocolat fondit dans ma bouche et dans ma gorge et, comme Apple l'avait dit, sembla étrangement me réconforter de l'intérieur. Je levai les yeux vers elle et sourit à moitié, lui faisant un petit signe de s'installer à côté de moi - je crois que je ne pouvais pas grand chose contre sa joie de vivre, c'était inutile de lutter. Et puisque je souffrais tant à cause d'un ami, pourquoi ne pas tenter de découvrir un peu plus... mon amie, ou presque ?

- Non, ce n'est pas une lettre d'Haley,
expliquai-je doucement. C'est une lettre de mon meilleur ami.

Un regard vers la dite lette me serra le coeur. Je continuai :

- Comment ça va, toi ? Ta carte de voeux était vraiment magnifique, merci beaucoup ! Elle m'a fait très plaisir. Mais... C'était un grand duc de Poudlard, tu y es restée pendant les vacances ?

J'avais fait le rapprochement tout de suite, mais j'étais certain qu'Apple fuirait le sujet si je l'abordais au cours d'une discussion quelconque ; maintenant était le moment et je ne voulais pas forcer la chose, mais simplement m'assurer qu'elle allait bien, car je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir énormément de compassion pour elle qui gardait si secrètes toutes les tragédies de sa vie.


_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeMer 3 Fév - 22:54

Scott était assez timide, j’avais compris qu’il était introverti – tout mon contraire donc – et je ne savais pas comment il réagissait dans ce genre de situations. Je savais que certaines personnes avaient besoin d’être tranquille, et n’avaient pas envie de parler, et je comprenais, d’une certaine manière. J’étais peut-être extrovertie, mais quand il s’agissait de ce qui m’arrivait, j’étais beaucoup plus renfermée. Je ne savais pas trop pourquoi. Après tout, j’aurais pu en parler, en rigoler, comme j’avais toujours fait avec le reste ; j’aurais pu profiter du soutien de mes amis, qui essayaient comme ils pouvaient d’être là. Pourquoi le refusais-je ? Moi-même, je ne savais pas trop. La seule chose claire qui s’imprimait dans ma tête était que je n’avais envie de parler de tout ça qu’avec une seule personne, Maman, et c’était la seule qui n’était pas là. Que m’aurait-elle conseillée ? J’entendais encore sa voix dans ma tête, surtout quand je lui parlais, mais petit à petit, je la sentais plus lointaine. Je me surprenais à mettre ma personnalité dans la sienne, à brouiller la frontière et à me détester de le faire, car ce n’était pas à moi que je voulais parler, mais à Maman, et j’étais ma seule intermédiaire. Je m’en voulais un peu, quand j’y pensais. J’avais eu une relation privilégiée avec Maman, je savais que je la connaissais très bien, mieux que mes sœurs, mais souvent, je m’étais laissée bercer par sa présence, je m’étais confiée, sans chercher à la connaître mieux elle. Elle m’avait raconté beaucoup de choses sur sa vie, tout en restant élusive dès que les choses devenaient un peu difficiles. Je savais qu’elle souffrait d’avoir quitté la Suède, de ne pas s’épanouir en Angleterre… Souvent, je me plaignais aussi, d’avoir quitté le pays où j’avais grandi, je lui demandais des histoires sur notre famille, sur sa vie là-bas, parce que j’étais curieuse… Lui avais-je fait de la peine en lui demandant tout cela ? Regrettait-elle d’avoir suivi Papa ? De l’avoir rencontré ? Il était trop tard pour lui poser toutes ces questions, et je m’en voulais. J’avais l’impression que Maman n’existait plus qu’à travers moi, et je voulais que son souvenir reste le plus vivide et le plus fidèle possible.

Je savais ce qu’elle aurait dit si je lui avais parlé de Scott et son désarroi devant cette lettre. Elle m’aurait dit : sois là pour ton ami, mais écoute ses besoins, et s’il veut être seul, laisse le, c’est une manière de le soutenir aussi, de respecter ses choix, mais s’il a besoin de ta présence, fais tout pour donner ce dont il a besoin.

Lorsque Scott prit la tablette de chocolat que je lui tendais et qu’il me fit un signe pour m’asseoir, je souris malgré moi. Il avait choisi d’accepter de ma présence, de me signifier qu’il en avait besoin d’une certaine manière, et je sautais sur l’occasion. La voix de Maman résonnait en moi. Fais tout pour donner ce dont il a besoin. Promis Maman, murmurai-je pour moi-même, je vais faire mon possible. Elle n’était plus là, mais j’espérais que s’il existait un infini où son âme errait, ou quelque chose du genre, elle était fière de moi, de voir que j’étais là pour les gens que j’aimais. Elle qui était si altruiste, j’espérais qu’elle savait que je maintenais cela, que j’essayais d’honorer ce qu’elle m’avait appris, d’une certaine manière. Enfin, si elle était quelque part, s’il existait autre chose que son corps à présent froid – je sentis un frisson me prendre, et je le repoussai, presque honteuse.

- Non, ce n'est pas une lettre d'Haley. C'est une lettre de mon meilleur ami.

Je fronçai les sourcils, malgré moi. Est-ce que son meilleur ami avait un problème ? Parce que de toute évidence, cette lettre avait l’air de faire de la peine à Scott, et je ne comprenais pas trop, surtout si c’était son meilleur ami ?! Après, je ne connaissais pas trop Stephen – c’était son prénom, n’est-ce pas ? – mais lui et Scott avaient été assez inséparables pour que je me souvienne d’eux, ensemble, comme un duo, et vu ma mauvaise mémoire, ça en disant long sur eux ! Mais ça devait être bizarre pour Scott, d’être loin de lui maintenant, surtout que j’avais cru comprendre que Scott avait hâte de quitter Poudlard, alors entre sa copine et mon meilleur ami qui étaient déjà dans le monde adulte, il devait se sentir à la traîne, et peut-être que ça entachait leur relation ? Et puis, ça devait être étrange d’être aussi loin de son meilleur ami… J’eus une pensée pour Serghei malgré moi. J’étais loin de lui aussi, d’une certaine manière. La différence, c’était que je l’avais voulu. Vu le visage renfermé de Scott, peu importe ce qui se passait avec Stephen n’allait pas l’air de l’enchanter…

- Comment ça va, toi ? Ta carte de voeux était vraiment magnifique, merci beaucoup ! Elle m'a fait très plaisir. Mais... C'était un grand duc de Poudlard, tu y es restée pendant les vacances ?

Je me crispai malgré moi, avec la sensation que la situation venait de se retourner sans que je le choisisse. Comment j’allais ? Mes vacances ? Ce n’était pas des sujets que j’avais spécialement envie d’aborder… Surtout que Scott n’était pas bête, personne ne restait à Poudlard à Noël, et je savais très bien qu’il savait pour Maman, même si on n’en avait jamais parlé. Je me demandais quelles conclusions il avait tirées. Ce que j’aimais bien avec lui, c’est qu’il ne m’avait jamais jugé ou comparé à quelque chose, peut-être parce qu’il ne me connaissait pas avant ou que ce n’était pas son genre, je ne savais pas trop… Mais j’aimais bien qu’il ne sache pas trop, qu’il ne dise rien, que je sois quelqu’un d’autre avec lui, ou peut-être seulement qui je voulais. Tout à coup, ses questions coupaient un peu cet anonymat que j’appréciais.

- Oui, je suis restée, dis-je. Je n’étais pas capable d’ajouter autre chose. Pendant quelques minutes, un silence étrange plana. Malgré moi, je jetai un coup d’œil à Scott. Il avait l’air tellement… Préoccupé de sa lettre, que je m’en voulus un instant. Je n’allais rien faire avancer en étant aussi fermée. C’était le premier Noël depuis… Sans… Je sentis que je butais sur les mots malgré moi. Sans ma mère, lâchai-je d’un ton précipité. Tout mon corps s’était crispé et j’étais soudainement bêtement angoissée. Et, euh, je ne m’entends pas trop avec mes sœurs. J’ai huit ans d’écart avec Kathleen, donc bon, forcément, et puis Alexandra et Caroline, elles étaient à Serdaigle aussi je sais pas si tu vois qui c’est, elles sont vraiment plus âgées, j’ai six ans d’écart avec Alex et quatre avec Caro, donc bon, bref, et en plus on est très différente, toutes les quatre, et euh… Tu vois quoi, dis-je d’un ton vague. Je ne m’entends pas trop avec mon père non plus, enfin, pas autant qu’avec… Maman, finis-je silencieusement. Donc j’avais pas trop envie de rentrer, mais c’est pas grave, j’ai bien aimé mes vacances ici, mentis-je. L’esprit familial est pas trop… Présent en ce moment, alors bon.

C’était drôle de dire tout ça, alors que c’était habituellement des discussions que j’évitais le plus possible. Je n’avais pas envie que Scott me voit différent, qu’il me prenne en pitié… J’évitais consciencieusement son regard, rongeant mes ongles malgré moi. Finalement, je lui jetai un coup d’œil, et son regard était étrange. Je me sentis bizarre, comme percée jour.

- Oui, bon, c’était pas un très bon Noël. Sûrement le pire en fait. Mais bon, c’est comme ça, conclus-je d’une voix évasive.

Que dire de plus. Je n’avais pas envie de m’étendre, et je me sentais déjà un peu mal à l’aise d’avoir été aussi honnête avec Scott. Que pensait-il, maintenant ? J’étais habituée à ce que notre relation soit légère, et sans problèmes. Amusante même. Tout à coup, cette atmosphère prompte à la confidence me déstabilisait.

- Pourquoi ça te rend triste, la lettre ? Demandai-je un peu de but en blanc. Si c’est ton meilleur ami, ça devrait te rendre heureux d’avoir de ses nouvelles non ? C’est Stephen, c’est ça ? Vous vous êtes disputés ?

Peut-être que c’était trop direct, que Scott ne voudrait pas répondre, mais au moins j’aurais essayé, je lui aurais tendu cette perche. Est-ce qu’il voyait que j’étais prête à l’écouter ? Parce que malgré l’apparente simplicité de notre relation, j’estimais Scott à ma façon, et sa vie m’importait, même si je ne savais pas trop comment l’exprimer. Je n’étais peut-être pas très perspicace, je manquais sûrement de tact, mais j’étais là, et la voix de Maman me murmura une nouvelle fois de faire tout mon possible, de donner à Scott ce dont il avait besoin – un soutien, une épaule, quelque chose pour oublier, peu importe, je pouvais être tout cela et plus encore, s’il en avait besoin.

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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeLun 15 Fév - 15:11

Sitôt ma question posée, je me pris à penser que c'était bien inutile : oui, Apple était adorable et avait des gestes touchants envers moi, mais ce n'était pas pour autant qu'elle allait me livrer ce qu'elle avait sur le coeur, tout comme je n'allais pas en faire de même. Nous passions de plus en plus de temps ensemble mais rien n'avait vraiment changé : je l'aimais bien, elle m'aimait sûrement bien. Mais quoi de plus ? Nous n'avions pas le même âge, pas les mêmes choses en tête, et j'étais bien insignifiant dans la masse de tous les gens qu'elle côtoyait, il ne fallait pas se voiler la face. Je me demandais d'ailleurs ce que pensaient ses amis en nous voyant ensemble, et si elle en retour elle racontait des choses - je ne l'imaginais pas langue de vipère, mais toute exaltée qu'elle était, j'imaginais qu'elle devait aisément parler de tout et de rien. Je ne voyais pas pourquoi j'aurais dérogé à la règle...

- Oui, je suis restée.

J’acquiesçai, pensif. Elle n'en dirait pas plus, et c'était de bonne guerre après tout : je n'avais pas non plus été expansif. Ses vacances avaient dû être bien particulières, mais après tout, quand on est mieux partout que chez soi, j'étais persuadé que Poudlard pouvait offrir un foyer des plus agréables.


- C’était le premier Noël depuis… Sans… Sans ma mère. Interdit, je ne fis pas un mouvement - la voix d'Apple, à l'intonation douce et paradoxalement un peu grave, venait de briser le silence qui s'était installé. C'était la première fois qu'elle évoquait sa mère défunte, et ni elle ni moi n'étions très à l'aise. Et, euh, je ne m’entends pas trop avec mes sœurs. J’ai huit ans d’écart avec Kathleen, donc bon, forcément, et puis Alexandra et Caroline, elles étaient à Serdaigle aussi je sais pas si tu vois qui c’est - je hochai la tête ; je les connaissais de visage et de nom sans jamais avoir été dans leur cercle - elles sont vraiment plus âgées, j’ai six ans d’écart avec Alex et quatre avec Caro, donc bon, bref, et en plus on est très différente, toutes les quatre, et euh… Tu vois quoi.

- Je vois très bien, murmurai-je avec un pauvre sourire, malheureusement de connivence.

- Je ne m’entends pas trop avec mon père non plus, enfin, pas autant qu’avec… Donc j’avais pas trop envie de rentrer, mais c’est pas grave, j’ai bien aimé mes vacances ici. L’esprit familial est pas trop… Présent en ce moment, alors bon.

Coulant un regard de côté en sa direction, je fronçai légèrement les sourcils, pas très dupe de sa conclusion.

- Oui, bon, c’était pas un très bon Noël. Sûrement le pire en fait. Mais bon, c’est comme ça.

La pauvre... Si j'avais été une personne différente je l'aurais sûrement pris dans mes bras pour lui témoigner toute mon affection et tout mon soutien, mais jamais, en étant moi, je n'aurais osé, malheureusement. Il me semblait très souvent que mon corps était trop grand et trop gauche et que je ne savais pas m'en servir, à tel point que je m'imaginais avoir l'air ridicule la plupart du temps. Je n'en savais pas assez au sujet d'Apple, de sa mère et de leur relation pour comprendre comment elle vivait son deuil et ce qu'elle ressentait mais j'imaginais bien combien cela lui devait être difficile, et combien en plus elle le gardait pour elle comme si elle n'avait pas été une enfant. J'avais de la peine pour toute cette famille qui avait vécu la mort mais surtout pour Apple, si esseulée à Noël et à Poudlard - comment sa famille l'avait-elle laissée faire ?! Une petite voix me chuchota à l'oreille qu'elle ne devait décidément pas être très proche de ses soeurs et de son père, et encore une fois cette douloureuse ressemblance me peina un peu plus. J'aurais aimé qu'elle soit au moins très entourée, bien entourée, et qu'à défaut qu'on comble l'absence de sa mère, sa famille soit là pour elle. Je pensai tout naturellement à Haley qui, au moins, avait eu sa mère bien que la situation soit différente ; je pensai à Lizlor aussi, à défaut de pouvoir compter, elle aussi, sur Stephen, avait sa mère, son frère, Ruby, de qui elle était très proche. Comment auraient réagi mes parents, ma famille, si l'un de nous vivait quelque chose de terrible ?... J'étais bien incapable de l'imaginer, et je chassai cette idée de ma tête car une voix désagréable susurra au creux de mon oreille : « Tout dépend qui... ».

- Je suis désolé pour toi, ça doit être difficile à gérer, tout ça, murmurai-je après un nouveau silence, pas aussi lourd que le précédent - c'était simplement le temps nécessaire à ce que de tels mots, plus lourds que d'habitude, s'évaporent. Ça va sûrement aller mieux avec le temps... Tu... Tu parles quand même de ta Maman avec ton père ou tes soeurs ? risquai-je, du bout des lèvres, me demandant si Apple accepterait de prolonger un peu la discussion sur le sujet.

Devant moi, inerte, la lettre de Stephen ne cessait d'attirer mon regard, et je lui prêtais un visage au sourire insolent et moqueur
.

- Pourquoi ça te rend triste, la lettre ? Si c’est ton meilleur ami, ça devrait te rendre heureux d’avoir de ses nouvelles non ? C’est Stephen, c’est ça ? Vous vous êtes disputés ?

Elle posa sa question presque abruptement et mon premier réflexe fut de sourire en entendant toutes ces questions précises et pressées - je me tournai vers elle et, croisant son regard sincère, je décidai de lui répondre, qu'importe ce qu'elle en ferait. Après tout, je n'avais rien à perdre - tout le monde savait plus ou moins que j'étais toujours le dindon de la farce, et que Stephen était parti en laissant tout derrière lui, alors...

- Non... On ne s'est pas disputés, soupirai-je. Peut-être que, quelque part, cela aurait été plus simple, mais notre seule dispute avait été si étrange et si... Étouffée que je n'avais pas non plus envie de cela. Il est parti... Sans laisser d'adresse, ou pas vraiment... Il est parti pour poursuivre tout seul son apprentissage, à l'autre bout du monde. Je ne sais pas ce que tu connais de Stephen, mais c'est un phénomène, il est particulier et très indépendant, très secret. Mais il a toujours été mon meilleur ami... Je ne sais pas trop si ça a jamais été réciproque, soulignai-je en haussant les épaules - tant de souvenirs le prouvaient, mais en tout cas ce n'est pas la question, il est très important pour moi, et c'est malheureusement très compliqué d'être attaché à quelqu'un comme lui. On ne sait jamais ce qu'il pense, ce qu'il espère, ce qu'il envisage, ce qu'il invente, et pourtant je le connais tellement bien et je sais qui il peut être, je sais qu'il est capable de s'intéresser et de s'attacher aux gens... Enfin. Il me manque beaucoup. Ça fait un an déjà, et si c'est bien normal qu'il vive sa vie et devienne encore plus brillant qu'il l'était, ça me fait de la peine qu'il ne prenne pas plus de temps pour me donner des nouvelles. Je lui écris très souvent et je pourrais compter sur les doigts d'une main le nombre de lettres qu'il m'a envoyées, sans compter qu'elles étaient purement formelles... J'imagine bien que la vie doit être palpitante en Amazonie, je ne lui demande rien d'impossible, mais... C'est seulement qu'il me manque, tu vois ? Et que je me demande même s'il pense à moi.

Quelle étrange réaction venais-je d'avoir là ? Les mots avaient coulé tout seul de ma bouche, dans une espèce de flot un peu brouillon et étonnement plein de louanges pour celui contre qui je me pensais si énervé... La vérité était bien différente et bien plus pathétique que ce que je pensais, malheureusement.


- Mais il est comme tous les personnes trop intelligentes, je crois qu'il ne saura jamais vraiment bien faire avec les gens, conclus-je avec amertume, cette fois. J'étais amer contre lui, mais surtout contre moi. J'ai reçu une lettre de lui et j'étais plein d'espoir qu'il m'écrive enfin et... Juge par toi-même, dis-je en prenant la lettre pliée et en lui tendant en haussant les épaules.

Il n'y avait vraiment rien à cacher dans ce bout de papier noirci du strict minimum, dénué de tout le sens que j'avais pourtant espéré.

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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeMar 23 Fév - 0:15

Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander à quoi aurait ressemblé Noël si Maman avait été là. J’en rêvais même. Dans ces songes, il avait toujours cette même atmosphère blanche, lumineuse, et Maman était presque vaporeuse, comme si elle flottait. Le scénario était toujours un peu similaire, comme une trame qui se répétait. Nous étions en Suède, dans notre ancienne maison, il y avait un sapin, des lumières et des décorations. Maman et moi cuisinions, et même si ce n’était qu’un rêve, je pouvais presque sentir l’odeur des patates dans le four, et entendre distinctement la voix de Maman qui me rappelait de ne pas manger toute la pâte du gâteau. Il n’y avait pas de début ou de fin, ni d’histoire concrète, mais à chaque fois que je me réveillais, je comprenais que ces sensations de douceur et de sérénité n’étaient que des produits de mon imagination endormie. A chaque réveil, c’était comme si on m’avait arraché violemment un bras, tout mon corps était douloureux et mon cœur complètement serré dans ma poitrine... J’aurais voulu que mon Noël soit à l’image de mes rêves, et à la place, je me retrouvais à errer dans le château sans but, le cœur lourd. Est-ce que mes Noëls allaient tous ressembler à ça, à présent ? Ou est-ce que j’allais finir par m’habituer ? Je n’en savais rien, et malheureusement, il n’existait pas de remèdes à ces maux-là – j’avais même été à la bibliothèque pour chercher. Evoquer Noël avec Scott me donnait un peu envie de pleurer, malgré moi, mais j’avais appris à retenir à l’intérieur quand j’étais en compagnie d’autres personnes. Les premières semaines, j’avais trop pleuré, quittant les cours et les repas pour m’effondrer dans un couloir, à la vue de tout le monde… A présent, j’étais plus pudique. Je n’avais pas envie que tout le monde me voit aussi fragile. Je l’étais, et je n’avais pas honte, mais c’était la réaction des autres qui m’agaçait. J’avais l’impression qu’ils ne réduisaient plus qu’à ça, s’inquiétant toujours que je me brise à la moindre remarque, et quand j’étais avec eux, j’étais sans cesse renvoyé à Maman, à son décès, à ma tristesse. Je jetai un coup d’œil à Scott. Avec lui, je n’avais pas cette impression, et j’espérais qu’évoquer Maman ne changerait pas ça…

- Je suis désolé pour toi, ça doit être difficile à gérer, tout ça. Ça va sûrement aller mieux avec le temps… Tu… Tu parles quand même de ta Maman avec ton père ou tes sœurs ?

Je sentis quelque chose pincer ma poitrine. Maman… Je ne l’appelais jamais comme ça devant les autres, je disais toujours « ma mère », parce que ça mettait un peu une distance, et entendre Scott l’appeler par ce mot que tout le monde employait mais qui me semblait si personnel, si spécial... Je clignai des yeux rapidement, chassant le picotement désagréable des larmes qui risquaient de jaillir si je me laissais aller.

- Non, pas trop, dis-je rapidement, pour toute réponse.

Je ne voulais pas vexer Scott, mais si la conversation continuait, je risquais d’éclater en sanglots. Je détournai mon regard, fixant mes mains aux ongles rongés pendant quelques secondes. Ça va sûrement aller mieux avec le temps… Je ne pouvais que l’espérer, mais je me demandais bien comme un jour tout cela pourrait être moins douloureux. Je n’étais pas sûre qu’un jour Maman cesse de me manquer terriblement, et que je ressente cela physiquement, jusque dans mes entrailles… Je relevai la tête, un peu brusquement, parce que je n’avais pas envie de laisser tout ça m’envahir, et je questionnai Scott sur sa fameuse lettre, espérant qu’il serait aussi honnête que j’avais essayé de l’être. Mais au fond de moi, je n’y croyais pas trop. Non seulement Scott était timide, mais en plus, je venais de parler de Maman, de mon Noël, et il y avait beaucoup de chances qu’il se sente mal à l’aise de me parler de ses problèmes à lui juste après. J’avais remarqué ça chez mes amis. Ils se plaignaient très rarement auprès de moi, parce que j’avais visiblement le monopole de la tristesse, et que ça n’aurait pas été poli, ou quelque chose du genre ? Je ne savais même pas ce qui leur passer par la tête, en particulier Serghei, qui savait combien j’avais toujours là pour l’écouter. Ça m’insupportait, évidemment.

- Non… on ne s’est pas disputés. Il est parti… Sans laisser d’adresse, ou pas vraiment… Il est parti pour poursuivre tout seul son apprentissage, à l’autre bout du monde. Je ne sais pas ce que tu connais de Stephen, mais c’est un phénomène, il est particulier et très indépendant, très secret. Mais il a toujours été mon meilleur ami… Je ne sais pas trop si ça a jamais été réciproque, mais en tout cas ce n’est pas la question, il est très important pour moi, et c’est malheureusement très compliqué d’être attaché à quelqu’un comme lui. On ne sait jamais ce qu’il pense, ce qu’il espère, ce qu’il envisage, ce qu’il invente, et pourtant je le connais tellement bien et je sais qui il peut être, je sais qu’il est capable de s’intéresser et de s’attacher aux gens… Enfin. Il me manque beaucoup. Ça fait un an déjà, et si c’est bien normal qu’il vive sa vie et devienne encore plus brillant qu’il l’était, ça me fait de la peine qu’il ne prenne pas plus de temps pour me donner des nouvelles. Je lui écris très souvent et je pourrais compter sur les doigts d’une main le nombre de lettres qu’il m’a envoyées, sans compter qu’elles étaient purement formelles… Je m’imagine bien que la vie doit être palpitante en Amazonie, je ne lui demande rien d’impossible, mais… C’est seulement qu’il me manque, tu vois ? Et que je me demande même s’il pense à moi.

…Wow, wow, wowowooow ! J’étais tellement surprise que ça m’avait cloué le bec, m’empêchant de couper Scott dans sa tirade, ce que j’aurais sûrement fait tant il avait dit des choses qui m’avaient choqué ; mais wow, je ne m’étais pas attendue à une telle sincérité, encore moins de se part et… Je sentis que j’avais les yeux un peu écarquillés malgré moi. A l’intérieur, quelque chose ronronnait presque. Scott s’était confié à moi ! Sans trop savoir comment l’expliquer, j’étais particulier touchée par ce qui venait de se passer, et en même, je ne savais presque pas comment réagir tant j’étais prise de court. Surtout que j’avais reçu un flot d’informations… Un peu contradictoires. A la fois Stephen m’apparaissait comme quelqu’un de particulièrement désagréable, mais Scott en parlait en bien en même temps, ce qui me rendit triste pour lui, parce que j’avais compris que malgré tout, il l’aimait toujours autant, peu importe la distance. « C’est seulement qu’il me manque, tu vois ? », oui, je vois, bien sûr que je vois. Je me sentis triste pour Scott, qui avait l’air si désemparé, et un peu outrée aussi. Il ne savait même pas si Stephen le considérait avec autant d’affection, ça devait être horrible ?! Si Stephen était si intelligent que ça, il devait bien voir qu’il faisait de la peine à Scott ?! Dire qu’en plus lui il lui écrivait de longues lettres, cherchait à maintenir le contact, et pour quel résultat ?! C’était injuste !

- Mais il est comme tous les personnes trop intelligents, je crois qu’il ne saura jamais vraiment bien faire avec les gens. J’ai reçu une lettre de lui et j’étais plein d’espoir qu’il m’écrive enfin et… Juge par toi-même.

Presque gênée de lire ses correspondance, mais en même temps curieuse, je pris la lettre que Scott me tendait, et je me plongeai dedans… Arrivée à la fin, je retournai malgré moi le parchemin, cherchant une autre note, un PS, quelque chose. Je compris que non, c’était tout, c’était la lettre, et je me sentis mal de mon stupide réflexe qui n’avait sûrement pas échappé à Scott.

- Je sais où me procurer de la poudre explosive, tu devrais lui en envoyer, ça lui ferait les pieds tiens, dis-je avec humeur, sans réfléchir, avant de me reprendre. Pardon, ce n’est sûrement pas ce que tu veux entendre, c’est juste que, euh, ça me choque un peu… Et ça me fait de la peine pour toi… Je restai quelques secondes sans rien dire, cherchant mes mots. Je me connaissais, je n’avais pas beaucoup de tact, et je ne voulais pas froisser Scott qui venait de se confier autant à moi. Tu as essayé de lui dire, peut-être, ce que tu ressens ? Peut-être que… Que… Ou alors, prends toi aussi un peu tes distances ? Parce que toi tu maintiens ton lien fort avec lui et du coup forcément quand lui ne réciproque pas, ça te rend triste. Peut-être que te détacher un peu, juste prendre du recul ? Mais je comprends que tu n’aies pas envie, si c’est ton meilleur ami… Hm, je suis désolée, c’est vraiment nulle comme situation. Je suis désolée qu’il te manque, et puis, tu as l’air de vraiment l’estimer… Je ne sais pas s’il mérite ça de la part de quelqu’un comme toi, en vrai, vu comment il te le rend, mais bon… D’ailleurs, je trouve que c’est un peu facile de dire que c’est parce qu’il est intelligent, regarde, toi aussi tu es intelligent et pourtant tu sais bien faire ! M’exclamai-je. C’est pas une excuse, dis-je à nouveau d’un ton un peu frustré. Enfin, euh, pardon, je ne veux pas te faire plus de peine, rajoutai-je avec empressement, en jetant un petit coup d’œil inquiet vers Scott. Tu en parles parfois avec, genre, Haley ? Elle le connaissait aussi non, elle sera peut-être de bon conseil ?

Je me doutais que trouver des excuses à Stephen devait l’aider à supporter son attitude, et je ne voulais pas retourner le couteau dans la plaie. Il avait l’air tellement peiné… C’était étrange, pour la première fois depuis la mort de Maman, quelqu’un me confiait véritablement ses peines, et je les ressentais aussi, effaçant presque un instant les miennes, tant j’étais concentrée sur celles de Scott. Je me demandais s’il parlait de tout ça avec ses autres amis, ou Haley, s’il trouvait un peu de réconfort dans ces présences-là. J’avais bien envie de lui dire que Stephen était un gros plouc qui ne méritait pas son attention, mais bon, ça ne marchait pas trop comme ça, je savais que ça n’aurait rien changé… Je lançai un nouveau regard à Scott, repensant à ce qu’il m’avait demandé plus tôt à propos de Maman, et comment j’avais esquivé la question. Je pris une inspiration. J’avais envie d’être honnête, moi aussi.

- Je suis nulle d’avoir évité ta question alors que tu es aussi honnête avec moi, dis-je, avant de me caller plus confortablement contre le mur. Donc, euh, pour te répondre vraiment… Je sais qu’Alex et Caro parlent ensemble, parce qu’elles sont très proches, et d’ailleurs, je suis un peu jalouse, parce qu’elles ont toujours été un duo, et elles ont de la chance de s’avoir en ce moment, et moi… Moi je faisais un duo avec ma m… avec… Maman. Donc bon… Mais j’ai reçu une lettre de mes grands-parents ces vacances, ça m’a fait plaisir, mais c’est dommage ils sont loin, je ne les ai vu qu’une fois depuis mes six ans… Ils vivent en Suède, précisai-je. Maman est suédoise ! Euh, était suédoise. J’ai vécu à Stockholm jusqu’à mes six ans ! Hej Scott, hur mar du ? Ça veut dire salut Scott, comment ça va, expliquai-je joyeusement. Je sentais une douce chaleur se répandre en moi en parlant de mon pays natal. Au début j’aimais pas du tout l’Angleterre, on y a déménagé à cause de mon père, mais je me suis faite, mais tu vois, j’aimerais bien avec ma famille suédoise maintenant, parce qu’eux ils connaissent Maman, et je pourrais peut-être en parler avec eux… Je… Je… Je me sens un peu seule, tu vois, murmurai-je d’une petite voix.

C’était étrange de dire tout ça à Scott, mais j’en avais envie. Pas parce que je lui devais, parce qu’il avait été honnête, non, j’avais justement vraiment envie de lui parler, de me confier un peu. C’était rare en ce moment, et ressentir cette sensation à nouveau me fit chaud au cœur, et je souris à Scott, me demandant si lui aussi se sentait un peu mieux.


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Scott McBeth


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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeMar 1 Mar - 23:04

Ce n'est qu'en tendant la lettre à Apple que je me souvins qu'elle m'avait donné un morceau de chocolat et qu'il m'en restait un morceau ; je le croquai une fois ma tirade terminée, pour combler ma bouche un peu sèche et mon cœur étrangement allégé de tous ces aveux. Il fondit une fois de plus délicieusement dans ma bouche et me réchauffa la gorge, ce qui m'apaisa temporairement. J'étais entre deux eaux, à ne pas savoir si j'étais parfaitement heureux ou plutôt mal à l'aise de toute cette situation, mais quelque chose me dictait d'instinct que je devais me laisser guider. Apple était sans doute ce qu'elle était, dans toutes ses explosions et son exubérance, mais je ne voyais pas quel intérêt elle aurait pu avoir à rester ici à discuter avec moi, sans oublier non plus que nous passions plutôt pas mal de temps ensemble... Avec un soupir, je décidai de ne pas me poser d'avantage de questions pour le moment. J'allais adopter la même technique d'habitude : être normal et légèrement sur la défensive, ce qui pour l'instant, avec elle, ne m'avait fait aucun ombrage.

Il n'en était évidemment pas de même avec Stephen. À y réfléchir, je ne pouvais pas me souvenir quand il ne m'avait pas fait comprendre quand je ne me conduisais pas bien. Quand j'étais trop effacé, il s'en servait pour se mettre en avant et je ne servais que d'interlocuteur bon à acquiescer, à faire l'audience. Et puis dès qu'il avait décidé qu'il en avait assez dit, il déplorait, d'un regard ou d'un soupir, que je n'ai pas plus de conversation. Quand j'essayais de lui parler ou de me confier je le sentais un peu loin, pas forcément intéresser - comment oublier le jour où il avait dit ne pas vouloir se mêler de nos « psychodrames », ce fameux jour dont on n'avait jamais reparlé, mais que je ne pouvais pas oublier ? Jamais je n'avais élucidé le mystère du Veritaserum dans le dortoir, pourquoi et comment il s'était retrouvé dans notre thé. Mais les résultats, en tout cas, avait rendu ce petit détail encore plus vicieux. Enfin... J'en avais assez. J'en avais assez de penser à lui parce qu'il me manquait, assez de me souvenir à chaque fois tout ce qu'il avait fait et qui m'avait blessé, assez de lui chercher des excuses. Mon ami me manquait et il était loin d'être parfait ; c'était la meilleure conclusion que je pouvais tirer de tout cela. Je regardai du coin de l’œil le visage d'Apple penché sur le parchemin déroulé, ses sourcils froncés, son air dubitatif. Je me doutais bien ce qu'elle pouvait se dire, extérieure à tout ça : cette lettre était horriblement froide, horriblement sans vie, dénuée de toute affection. Et pourtant, le fait même de voir son écriture, de voir cette demande qui m'était adressée et donc un signe qu'il comptait encore sur moi... Je ne pouvais pas m'empêcher, quelque part, d'en être un peu touché.


- Je sais où me procurer de la poudre explosive, tu devrais lui en envoyer, ça lui ferait les pieds tiens, lâcha-t-elle après avoir cherché une suite évidemment inexistante.

- Il est bien trop intelligent pour ne se laisser prendre au piège, ne pus-je m'empêcher de murmurer.

- Pardon, ce n’est sûrement pas ce que tu veux entendre, c’est juste que, euh, ça me choque un peu… Et ça me fait de la peine pour toi… Je haussai les épaules. Tu as essayé de lui dire, peut-être, ce que tu ressens ? Malgré moi, j'eus un petit rire triste. Peut-être que… Que… Ou alors, prends toi aussi un peu tes distances ?

- Les distances sont déjà là, et je ne le harcèle pas de lettres non plus de toute façon, j'ai bien compris que ça ne changerait rien, expliquai-je d'un air fataliste.

- Parce que toi tu maintiens ton lien fort avec lui et du coup forcément quand lui ne réciproque pas, ça te rend triste. Peut-être que te détacher un peu, juste prendre du recul ? Mais je comprends que tu n’aies pas envie, si c’est ton meilleur ami… Hm, je suis désolée, c’est vraiment nulle comme situation. Je suis désolée qu’il te manque, et puis, tu as l’air de vraiment l’estimer… Je ne sais pas s’il mérite ça de la part de quelqu’un comme toi, en vrai, vu comment il te le rend, mais bon… D’ailleurs, je trouve que c’est un peu facile de dire que c’est parce qu’il est intelligent, regarde, toi aussi tu es intelligent et pourtant tu sais bien faire !

Je levai le regard vers le sien, brusquement happé de mes idées flottantes et grises. Je ne sais pas ce qui m'interpellait le plus : le fait qu'elle me dise aussi simplement que cela que je « savais bien faire » alors que je n'en étais même pas certain moi même, ou bien qu'elle me compare à l'intelligence de Stephen... Qui était incomparable.

- C’est pas une excuse. Enfin, euh, pardon, je ne veux pas te faire plus de peine. Tu en parles parfois avec, genre, Haley ? Elle le connaissait aussi non, elle sera peut-être de bon conseil ?

C'était adorable de sa part de s'inquiéter de cela et j'eus un petit sourire en guise de merci ; je ne m'étais pas imaginé en parler de la sorte et encore moins avec elle, mais j'étais content de l'avoir fait. Quant à Haley, elle n'en savait pas plus que moi - personne ne pouvait quoi que ce soit à cette affaire, alors, à quoi bon ?

- Elle est dans le même cas que moi, tu sais, nous le sommes tous, conclus-je en douceur. Stephen a toujours été l’électron libre que tout le monde apprécie et aimerait avoir un peu plus proche de soi, mais tu sais comment c'est, ces choses là... J'eus un geste vague pour englober toutes ces questions de physique qu'il n'était pas vraiment nécessaire de développer maintenant. Elles suivent leur propres trajectoires.

Quelque part, j'avais eu la chance qu'il gravite aussi longtemps autour de moi ; et peu importe la suite, Stephen resterait toujours ce frère si particulier à mes yeux. La vraie solution résidait ailleurs, je le savais : accepter que je ne pouvais pas avoir ce que je demandais, me contenter d'autre chose. Il ne sortirait pas forcément de ma vie pour autant.

Apple sembla méditer le sujet un moment et je me demandai si elle allait tout d'un coup me livrer la solution miracle, tellement l'expression de son visage s'était modifiée en un instant ; elle s'installa un peu mieux contre le mur et je faillis préciser que je n'avais pas non plus envie qu'on décortique mon cas pendant des heures, surtout à propos de sujets qui pouvaient me rendre triste - sans compter qu'elle n'avait pas non plus envie que l'on évoque le sien, visiblement... Mais je me rendis compte une seconde plus tard que je faisais fausse route et que j'avais mal interprété le changement d'éclat au fond de ses yeux clairs :


- Je suis nulle d’avoir évité ta question alors que tu es aussi honnête avec moi. Donc,  euh, pour te répondre vraiment… Je sais qu’Alex et Caro parlent ensemble, parce qu’elles sont très proches, et d’ailleurs, je suis un peu jalouse, parce qu’elles ont toujours été un duo, et elles ont de la chance de s’avoir en ce moment, et moi… Moi je faisais un duo avec ma m… avec… Maman. Donc bon… Mais j’ai reçu une lettre de mes grands-parents ces vacances, ça m’a fait plaisir, mais c’est dommage ils sont loin, je ne les ai vu qu’une fois depuis mes six ans… Ils vivent en Suède. Maman est suédoise ! Euh, était suédoise. J’ai vécu à Stockholm jusqu’à mes six ans ! Hej Scott, hur mar du ? Ça veut dire salut Scott, comment ça va. Au début j’aimais pas du tout l’Angleterre, on y a déménagé à cause de mon père, mais je me suis faite, mais tu vois, j’aimerais bien avec ma famille suédoise maintenant, parce qu’eux ils connaissent Maman, et je pourrais peut-être en parler avec eux… Je… Je… Je me sens un peu seule, tu vois.

... Sans doute fus-je assez mauvais pour cacher mon étonnement, mais il était clairement positif. Ça alors ! J'avais peine à croire qu'elle se confie à son tour aussi simplement que cela, et je sentis une douce tiédeur m'envahir. Elle me faisait confiance, c'était incontestable, et le fait qu'elle m'écoute d'abord et me parle ensuite me fit si plaisir que j'eus de la peine à retenir mon sourire. J'étais un idiot, sûrement, mais je savais si mal mesurer les choses lorsqu'il s'agissait d'amitié, surtout naissante, qu'une vague de réconfort me détendit les muscles, pour me rassurer. J'avais sûrement eu raison de me méfier, mais j'avais eu aussi raison de lui laisser sa chance ; aussi bizarre que cela paraisse, Apple avait visiblement véritablement envie de nouer une relation amicale avec moi.

J'avais bien évidemment écouté avec attention et souri quand elle avait parlé suédois - les pays nordiques m'avaient toujours beaucoup intéressés et je m'étais même amusé à apprendre quelques mots et quelques lettres - quant au reste... Mon cœur eut un pincement pour elle ; une famille unie ne l'est pas forcément dans tous les sens et j'avais la triste certitude qu'il y avait des similitudes évidentes et malheureuses entre nos deux familles.


- Je sais ce que ça fait d'avoir des frères et sœurs très proches entre eux, j'en ai six... Dont deux jumelles, tu imagines le truc, essayai-je de plaisanter. Au fond, ça n'avait rien de drôle, justement. C'est un sentiment particulier de se sentir étranger, parfois, à sa propre famille, n'est-ce pas ?... Peut-être que tu devrais essayer de renouer avec ta famille suédoise, justement ! Parfois, le soutien vient des personnes auxquelles on aurait le moins pensé, tu sais, je... Mais j'étais las d'avance d'essayer de me justifier, las de me replonger dans toutes ces histoires. Raconte-moi, c'est comment, la Suède ? Tu te souviens de quoi ? J'ai toujours rêvé d'y aller !

Je lui souris à mon tour, me sentant un peu intimidé par cette nouvelle intimité, même si la nouvelle facette d'Apple qui était apparue, un peu plus sérieuse et plus touchante aussi, me faisait vraiment plaisir.

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Apple Hunt


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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeSam 5 Mar - 18:11

J’essayais de ne pas trop froncer les sourcils, parce que je ne voulais pas être vexante, mais en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher d’être un peu outrée de ce que me disait Scott… Trop intelligent, Stephen ? Bah, s’il voulait mon avis, il était peut-être premier de la classe mais ça l’empêchait pas d’être aussi dégourdi qu’une veracrasse pour le reste… Pauvre Scott, songeai-je, lui qui était si gentil et si serviable, c’était carrément nul d’avoir un ami qui lui rendait si mal. Mais je savais aussi que dans une amitié, les gens impliqués pouvaient souvent être différent et que ce n’était pas toujours aussi simple que ça. J’eus une pensée pour Serghei, qui avait toujours été presque opposé à moi – calme, cérébrale, timide, introverti – et parfois les tensions que ça avait créé, surtout quand à Poudlard j’avais commencé à avoir d’autres amis. Il faut dire qu’avant, nous étions un duo, toujours fourré ensemble dès que ses grands-parents étaient absents, et si j’allais à l’école, Serghei en allait à une différente et m’avait rarement vu avec d’autres personnes. Moi qui étais si contente que nous soyons à Poudlard ensemble, je n’aurais jamais imaginé que cela allait parfois poser problème, parce que mon meilleur ami ne pouvait pas s’empêcher de se comparer aux autres… Mais bon, maintenant les choses étaient différentes. Je me demandais si c’était ça aussi pour Scott, et qu’il aimait quelqu’un de résolument trop différent pour qu’il n’y ait pas des incompréhensions.

Mais tout de même, la façon qu’il avait de parler de Stephen comme s’il était… Pas parfait, mais à moitié, parce qu’il était tellement intelligent et tellement différent… Je me demandais ce que j’aurais pensé de lui, si je l’avais rencontré vraiment. Il devait être sacrément charismatique pour avoir autant d’effet sur Scott, même après qu’il se comporte comme une crotte d’hibou. Je méditais ce qu’il venait de dire, « elles suivent leur propre trajectoire », et je n’étais pas sûre de vraiment comprendre. A l’entendre, Stephen était aussi nébuleux qu’un astéroïde dans l’espace – c’était Serghei qui m’avait expliqué les mystères du cosmos, les planètes, les étoiles, tout ça – et c’était bizarre, parce qu’il était quand même humain et que ce n’était pas très… Gentil de se comporter comme si rien n’existait autour. J’ouvris la bouche pour répliquer, mais la refermai, tout à coup arrêtée par une pensée. « Ce n’est pas gentil », c’était une phrase d’enfant… Peut-être que j’avais une vision un peu naïve ? Je me tus, de peur soudainement que Scott me trouve trop gamine…

Je m’installai plus confortablement contre le mur, un peu songeuse. Ça aussi, ce n’était aussi pas très gentil, de laisser Scott se confier autant à moi alors que de mon côté, je passais quasiment tout sous silence. A nouveau, j’entendis la voix de Maman dans un coin de ma tête, qui me poussait doucement à moi aussi me confier… C’était comme ça comme ça fonctionnait, l’amitié, pas vrai ? J’hésitai un instant, avant de laisser les mots couler entre mes lèvres, tandis que je me tordais un peu les mains.

- Je sais ce que ça fait d'avoir des frères et sœurs très proches entre eux, j'en ai six... Dont deux jumelles, tu imagines le truc. C'est un sentiment particulier de se sentir étranger, parfois, à sa propre famille, n'est-ce pas ?... Sa phrase me fit tiquer – jamais je ne l’avais formulé ainsi, mais ça résonna en moi, touchant sûrement une corde sensible. Peut-être que tu devrais essayer de renouer avec ta famille suédoise, justement ! Parfois, le soutien vient des personnes auxquelles on aurait le moins pensé, tu sais, je... Raconte-moi, c'est comment, la Suède ? Tu te souviens de quoi ? J'ai toujours rêvé d'y aller !

Je me redressai brusquement, comme montée sur ressort. Sans le savoir, Scott venait de me tendre ma perche préférée, et j’espérais qu’il n’allait pas regretter, car maintenant qu’il me lançait, j’allais être difficile à arrêter. A l’intérieur, quelque chose crépitait et s’était allumé, et j’étais reconnaissante envers Scott, qui sans le savoir, venait de réveiller en moi un sentiment rare en ce moment – mais précieux.

- Oh, tu vas regretter de m’avoir lancé, je pourrais en parler toute la journée ! Je m’en souviens bien parce que j’y suis retournée y a quelques temps, et puis avec Maman on en parlait souvent ! C’est trop bien comme pays ! C’est vrai, tu veux y aller ?! Oh, je suis sûre que ça te plairait ! J’habitais à Stockholm, c’est une grande ville mais ce que je préfère c’est le port, et il y a un parc en hauteur près du musée, c’est trop joli, ça sent bon les embruns, et puis l’été je prenais toujours des glaces chez le même marchand, elles étaient trop bonnes, mais j’aime trop en hiver aussi il neige tellement, c’est trop beau, tout est blanc, oh et les gens sont super gentils, très serviables et polis, c’est agréable, et puis la ville est propre, pas comme Liverpool, et il y a des espaces verts partout, tout le monde fait du vélo, c’est trop agréable ! Mais ce que je préfère, c’est la campagne, le bord de mer, c’est trop beau, et les forêts, trop… majestueuses, ça donne envie de se perdre dedans et d’explorer toute la journée, et aussi la nourriture est trop étrange, on a des spécialités horribles mais c’est trop drôle à essayer… Je m’arrêtai, reprenant mon souffle. Pardon, je… Je m’emballe, riai-je. Mais j’aime vraiment la Suède… Je portai ma main à mon cœur malgré moi. Et ça me manque…

Je pensai à Maman, et pendant un instant, j’hésitai à en parler à Scott, à lui dire combien la Suède lui avait manqué à elle aussi, quand elle avait été coincé à Liverpool, et combien j’avais vu qu’elle était malheureuse… Mais quelque chose m’en empêcha, et je butai sur les mots. Parler ainsi de mon pays natal avait un peu remué mes sentiments, et j’avais peur qu’évoquer Maman soit trop difficile et que je me mette à pleurer. Je poussai un soupir, reprenant un peu mes esprits.

- C’est drôle, je ne savais pas que tu avais autant de frères et sœurs, ça doit faire bizarre, et… Difficile de trouver sa place, non ? En tout cas, je n’y avais jamais pensé comme ça, mais c’est vrai que je me sens un peu… Etrangère à ma famille ? Avant il y avait Maman, je pense que ça changeait tout, mais je me suis toujours demandée ce que j’avais en commun avec mes sœurs. Tu t’entends avec tes frères et sœurs toi ? Et tes parents, ils sont gentils ?

C’est vrai que si je ne parlais pas souvent de ma famille, il en était de même pour Scott. Je me demandais à quoi ça ressemblait chez lui… J’imaginais une grande famille avec pleins de personnes intelligentes qui avaient des grands débats à table, mais qui étaient aussi toutes très bien élevées et polies. J’imaginais aussi que Scott devait briller en racontant ses bons résultats ou en parlant de sa relation parfaite avec Haley… Pourtant, avec ce qu’il m’avait dit, j’étais un peu songeuse… Lui aussi savait ce que ça faisait de se sentir étranger à sa propre famille, alors forcément il y avait anguille sous roche. Peut-être que je faisais fausse route et que sa famille lui était opposée ? J’imaginais Scott au milieu de six personnes extraverties et bruyantes, et ça me donna un peu envie de rire, pas méchamment, mais parce que je voyais combien j’arrivais à le brusquer moi seule, je n’imaginais pas six autres personnes sur le coup… !

- Mais tu vois, comme on dit, on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ! Donc je trouve que tu mérites mieux que Stephen… Heureusement, t’as pas que lui… Il y a l’autre préfète avec qui tu traines souvent, non, Ruby ? Et l’autre blonde, euh, Ophélie ? Décidemment, tu aimes bien les blondes, plaisantai-je en ôtant mon bonnet pour montrer les racines de mes cheveux qui redevenaient blonde platine, en lui faisant un grand sourire amusé.

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Scott McBeth


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MessageSujet: Re: "Happy New Year ?" [S.]   "Happy New Year ?" [S.] Icon_minitimeDim 13 Mar - 18:30

C'était comme si elle s'était allumée d'un coup, comme un petit feu magique à l'intérieur d'un bocal ; en parlant ainsi Apple avait tout d'un coup un petit quelque chose en plus de particulier, et les mots qui coulaient de sa bouche avaient une toute autre saveur. Je me sentis sourire en la regardant et entraîné dans son histoire — non pas qu'elle soit très structurée ou quoi que ce soit, mais son entrain était si réel et si naturel qu'il m'entraînait avec lui, et sans peine. J'en avais bien besoin, je crois ; je me perdis sans problème dans mes pensées, imaginant ce qu'elle me racontait et tentant de me figurer ce à quoi pouvait bien ressembler la Suède, ses villes, ses maisons, ses paysages, ses odeurs, ses gens. C'était quelque chose que j'enviais depuis longtemps, pourvoir voyager partout, quand bon me semblerait. Je tenais sans doute cela de ma famille et de mes parents surtout, très souvent (trop) par monts et par vaux pour leur travail, mais qu'ils nous avaient aussi transmis, puisque chaque été depuis que j'étais enfant nous partions deux semaines tous ensemble quelque part, et le plus loin possible. Il y avait eu le Maroc, la Russie, le Cameroun, l'Australie, l'Inde, et tellement d'autres ! Je regrettais parfois d'avoir été trop petit pour bien profiter et me souvenir, mais j'avais toujours apprécié découvrir l'ambiance, l'atmosphère d'autres civilisations, d'autres personnes, d'autres lieux. L'histoire d'Apple me donnait envie de connaître ça à nouveau — et je me demandais tout d'un coup ce que pensait Haley de cela, elle qui était si tranquille et casanière, est-ce qu'elle aurait cette envie ? Je ne me faisais pas de soucis quant au fait qu'elle voudrait me faire plaisir si je lui partageais, mais je n'étais pas non plus certain qu'elle soit aussi enthousiaste que moi.

- C’est drôle, je ne savais pas que tu avais autant de frères et sœurs, ça doit faire bizarre, et… Difficile de trouver sa place, non ? demanda ensuite Apple, après un petit temps de silence que je devinais chargé d'autres émotions. Je n'osais rien dire. En tout cas, je n’y avais jamais pensé comme ça, mais c’est vrai que je me sens un peu… Etrangère à ma famille ? Avant il y avait Maman, je pense que ça changeait tout, mais je me suis toujours demandée ce que j’avais en commun avec mes sœurs. Tu t’entends avec tes frères et sœurs toi ? Et tes parents, ils sont gentils ?

... Deux questions anodines, en somme, mais je sentis mes lèvres se pincer. Gentils ? Certainement, très. M'entendre avec tous mes frères et soeurs... Oui, bien sûr. Il n'y avait jamais vraiment de disputes. Nous ne nous connaissions pas tant que ça, à part Eileen et Aisling, peut-être. Mais les jumelles avaient leur monde à part.

- Je crois que c'est plus courant qu'on le croit, se poser ce genre de questions, conclus-je à mi-voix, pensif. Oh, oui... Comment dire... On est une grande famille, mes parents ont toujours été très pris par leur travail — ils sont journalistes et voyagent beaucoup, pour la Gazett — et pas vraiment présents. C'est de ma nourrice dont je me souviens le plus, quand j'étais petite ! On a eu des précepteurs aussi, expliquai-je, conscient qu'Apple allait sans doute trouver cela bizarre, mais tant pis. Et puis je suis le petit dernier, et à part les jumelles avec qui je suis proche en âge, je n'ai pas vraiment de relation très privilégiée avec les autres, on va dire. Mais on s'entend bien, ça va.

Je retins un soupir. Plus les choses avançaient, plus je me rendais compte de la difficulté que j'avais à réfléchir sur ma famille, ses liens, ses noeuds, ses différences aussi, parce que je la comprenais de moins en moins et je me posais de plus en plus de questions. Y avais-je vraiment ma place ? Est-ce quelqu'un y avait réellement sa place, est-ce que tout n'était ps un peu joué, depuis le début ? Étions-nous réellement une famille, ou des gens qui essayaient se persuader que c'était le cas ? Les réponses à ces questions me faisaient bien trop peur...

- Mais tu vois, comme on dit, on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ! Donc je trouve que tu mérites mieux que Stephen… Heureusement, t’as pas que lui… Il y a l’autre préfète avec qui tu traines souvent, non, Ruby ? Et l’autre blonde, euh, Ophélie ? Décidemment, tu aimes bien les blondes, dit-elle en me montrant la racine de ses cheveux, ce qui me fit éclater de rire.

- Ophelia, corrigeai-je, et oui, tu as raison, je ne suis pas tout seul !... Mais... Mais pour autant mon meilleur ami me manquait, et cette situation était sans issue. Enfin, il n'y a pas grand chose à faire de toute façon. Tu viens, on va dîner ?

« Ensemble » était compris dans ma question, et je me levai en lui tendant la main pour qu'elle se lève aussi, le cerveau un peu chamboulé d'avoir évoqué tous ces sujets mais au moins un peu soulagé d'avoir parlé de cette pauvre lettre qui me serrait tant le coeur.


TERMINÉ

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