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"I dream today, tomorrow speaks." [S.]

 
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 "I dream today, tomorrow speaks." [S.]

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Apple Hunt


Apple Hunt
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MessageSujet: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeLun 9 Juil - 20:10

https://www.youtube.com/watch?v=RPvhItA3lIM

Ain't never felt this way
Can't get enough so stay with me
It's not like we got big plans
Let's drive around town holding hands

And you need to know
You're the only one, alright alright
And you need to know
That you keep me up all night, all night

Oh, my heart hurts so good
I love you, babe, so bad, so bad
Oh, oh my heart hurts so good
I love you, babe, so bad, so bad



(Hampsteah Heath, Londres)


Plus les jours passaient et plus je me sentais coincée dans une chanson triste sans fin.

Je n'aurais sûrement pas dû rentrer chez moi à Liverpool pour les vacances de février. L'atmosphère à la maison était terrible, d'une tristesse absolue, et je m'en voulais d'avoir presque cru que cette fois-ci serait différente. Serghei m'avait dit qu'il devait rentrer pour une fête religieuse avec ses grands-parents, et j'avais eu l'envie étrange de rentrer moi aussi, de revoir chez moi, d'être là avec Serghei, dans notre petit univers. Je n'étais même rentrée à Noël, et c'était l'occasion, pas vrai ? Qu'est-ce qui m'était passé par la tête, je ne savais pas trop... Peut-être que Maman me manquait et que je voulais la retrouver à la maison. Peut-être que tout ce travail que j'avais fait pour aller mieux me donnait l'impression d'être capable de revenir. Peut-être que j'étais tout bêtement une éternelle optimiste... J'aurais dû me rappeler, pourtant, que ma maison était devenu un espace temps propre à elle-même. Là-bas, la lumière était constamment grise, les couleurs désaturées et le son de la télévision était la seule musique qui résonnait entre les murs. Dans ma chambre, je me sentais comme une étrangère, les murs couverts de dessins et de posters semblaient appartenir à une Apple lointaine, mais en même temps, j'avais peur de les toucher et de briser ce qui me restait d'avant. J'étais dans cet entre-deux douloureux, vague, bloquée dans cet espace temps morbide. Même père n'avait toujours pas trié les affaires de ma mère, transformant la maison en cimetière de souvenirs. J'avais envie de lui crier dessus et de le secouer, mais à chaque fois, une petite voix me rappelait que ça ne servait à rien. Je n'aurais pas dû rentrer.

À la recherche d'une solution factice, je m'étais à nouveau teint les cheveux, une couleur lilas qui contrastait avec le gris ambiant du ciel. Même la neige de Liverpool était grisâtre, boueuse, fondant sur le goudron pollué des rues de mon quartier résidentiel. Poudlard me manquait, les jolies rues de Pré-au-Lard aussi ; mais à la fois, ma maison me manquait aussi. Je voulais rentrer chez moi... Si ce lieu existait encore.

Mon père était plutôt indifférent à ma présence, et la seule interaction que nous avions partagée se résumait à un éclat de rire devant un film. Mais au moins, j'étais libre de mes allers et venues. J'étais passée voir ma professeure de théâtre, celle qui animait mes camps d'été, et nous avions pris le thé ensemble ; elle avait été adorable avec moi, comme toujours, sincèrement intéressée par mon avis sur les pièces que j'avais lues, et toujours prête pour me complimenter sur mes interprétations des étés passés. Je profitais aussi de mon temps libre pour pratiquer le chant et la danse. J'avais récupéré dans l'armoire de mes parents une vieille boîte en carton avec les anciens tutus de Maman, et même si j'étais incapable de les porter pour l'instant, j'avais décidé de les ramener avec moi à Poudlard. Ils me rendraient heureuse un jour, j'en étais certaine. Et évidemment, pour terminer, je passais beaucoup de temps avec Serghei, à rattraper mes devoirs en retard et à profiter du parc près de la maison. Plusieurs fois, j'avais failli lui confier mes sentiments pour Scott, mais quelque chose m'avait retenu, sans que je sache trop l'expliquer. Pourtant je voyais bien la façon dont Serghei me regardait quand j'en parlais, il n'était pas bête... Mais nous avions comme un accord silencieux, comme s'il attendait que je sois prête à en parler. D'une certaine façon, ça m'arrangeait. J'avais l'impression que c'était mon trésor, mais surtout ma responsabilité, mon histoire. Je voulais faire les choses comme je l'entendais, loin du jugement des autres. Scott était trop précieux, mon amour pour lui trop spécial.

Malgré mon appartenance à Poufsouffle, « patiente » était probablement l'un des derniers mots que l'on utiliserait pour me décrire. C'était donc un véritable miracle que je n'ai pas encore confié mes sentiments à Scott, surtout lorsque j'étais persuadée qu'ils étaient réciproques. Je n'avais pas beaucoup d'expériences dans ce domaine, mais quelque chose avait changé entre nous, je le sentais, et Scott était beaucoup trop perspicace pour ne pas le voir. Tout me paraissait si... simple ! Alors pourquoi était-ce à la fois si compliqué ? À vrai dire, cette situation commençait à étrangement me peser, surtout depuis que j'étais à Liverpool, et me maintenait dans cette chanson triste. La vie me semblait tellement courte et tellement triste par moment, je ne voulais plus attendre Scott, je voulais vivre avec lui. Mais je crois qu'il avait peur de tout ça, de la force de nos sentiments, que l'ombre d'Haley planait et l'empêchait d'agir. Ou alors je me méprenais complètement et il n'était pas du tout intéressé par moi ?

C'était impossible, pensai-je en arrivant à sa hauteur dans la petite ruelle où nous devions nous retrouver pour qu'il me fasse transplaner jusqu'à Londres. Il avait troqué sa cape d'hiver pour un manteau moldu, un duffle-coat qui accentuait ses épaules, et je me mis à sourire bêtement. Scott aussi souriait. Je me sentais propulsée dans une petite bulle pleine de tendresse. C’était impossible que je rêve ses sentiments.


- Ohlala, m’exclamai-je en guise de bonjour, m’hissant sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue. Ce manteau te va si bien, je sais que je te l’ai déjà dit, mais j’adore tes épaules !

Oui, je lui avais déjà dit, au moins une demi-douzaine de fois, et j’étais un peu trop enthousiaste sur le sujet. Eh, je n’avais jamais prétendu être discrète !

- On y va ? Demandai-je joyeusement en m’accrochant à son bras, le cœur tambourinant. Le courant d’air de la ruelle faisait voler le parfum de Scott jusqu’à mes narines et m’enivrait.

Un « pop » plus tard et nous étions dans une nouvelle petite ruelle déserte près de Hampstead Heath. Je réajustai la capuche de la vieille doudoune framboise qui avait appartenu à Carolyn, et mes cheveux qui s’étaient emmêlés dans la fermeture éclair. Je racontai à Scott mon avancée sur mon devoir de métamorphose tandis que nous marchions jusqu’au parc, dont les petites collines étaient couvertes d’une fine pellicule de neige. J’adorais cet endroit depuis que Scott, qui habitait tout près, m’avait amenée. C’était comme une promenade en forêt en plein milieu de Londres, et seulement après quelques minutes, je m’étais déjà lancée dans l’ascension d’un arbre en riant, sous le regard mi courroucé mi amusé de Scott.


- J’aime tellement cet endroit, soupirai-je, perché sur l’une des branches, mes pieds se balançant dans le vide. Je regardai le sol, réalisant que la descente allait être plus compliquée que la montée. Je me mis à rire. Tu m’aides à descendre ?

Je gigotai à moitié sur la branche pour glisser jusqu’au sol où Scott me rattrapa par la taille avant de me poser par terre. J’avais vraiment l’impression d’être dans une scène de Dirty Dancing, et je ne me gênais d’ailleurs pas pour admirer le visage de Scott et lui faire un immense sourire. Ohlalala, c’était bête tous ces petits manèges, n’est-ce pas ?! Je m’écartai en rougissant un peu, et repris notre balade comme si de rien était.

- Bon, et toi alors, tu ne m’as pas raconté, ça allait la réunion au travail ?... Demandai-je d’une voix douce. Scott avait eu quelques soucis au travail récemment, et je savais que ça lui pesait, et je voulais simplement qu’il sente que j’étais là pour lui, et qu’il pouvait se confier à moi.

_________________


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Scott McBeth


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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeLun 17 Sep - 15:03

Je ne m’étais pas vraiment rendu compte, jusque-là, que travailler signifiait avoir considérablement moins de vacances qu’à Poudlard, et que les effets s’en ressentaient au bout d’un moment. Les fêtes passées, qui ne sont jamais très reposantes, je m’étais pris à espérer en rentrant chez moi avoir encore quelques jours pour me relaxer, pour me vider la tête. Pourtant, Merlin savait que j’aimais mon travail et avoir la tête occupée, mais cette fois la lassitude était physique, et j’avais de plus en plus de mal à me réveiller le matin. Heureusement, Ruby m’avait parlé de potions absolument inoffensives mais qui dynamisaient un peu, et elles m’avaient permis de moins souffrir en me réveillant. Pour le reste, j’avais passé plusieurs week-ends à ne pas faire grand’chose à part me reposer, et je me sentais déjà un peu mieux. C’était tant mieux, car comme Apple était en vacances, nous avions prévu de nous voir, et de profiter. Je lui avais même proposé de dormir chez moi le soir, afin que ce week-end soit comme un petit week-end de vacances pour elle – je savais que la semaine à Liverpool ne lui apportait jamais rien d’autre que de la mélancolie, et j’avais envie qu’elle se change les idées, elle aussi. Malheureusement je n’étais pas certain d’être d’excellente composition – en ce moment j’avais l’impression de suivre une pente douce mais inclinée tout de même, et que certaines choses que je faisais avec plaisir notamment à mon travail me demandait plus de concentration et de motivation que d’habitude. Ce n’était pas de l’ennui au travail, c’était une désagréable sensation, de plus en plus pesante, qui me faisait douter jour après jour sur les choix que j’avais fait, sur cette voie qui n’était peut-être pas, finalement, la mienne. Parfois, j’en avais assez. Mais je prenais mon mal en patience, après tout je n’étais pas à plaindre, et j’avais tout de même un poste à la hauteur de mes espérances d’adolescent.

Après m’être préparé pour rejoindre Apple, en conséquence car il ne faisait pas chaud, je m’arrêtai dans une boutique qu’elle aimait beaucoup, tenue par un couple de sorcier et de moldu, qui avaient eu la bonne idée de réunir tout ce qui marchait dans les deux mondes : un genre de starbucks amélioré, aux parfums originaux et avec des ajouts magiques. Apple était évidemment le genre de clientèle parfaite pour ce genre de choses et je commandai un thé à l’hibiscus pour moi et une boisson que je ne savais même pas définir (elle s’appelait : l'Étonnante Citrouille Acidulée) et qui émettait alternativement des bulles roses et des volutes de fumée bleue parfumée à la mûre. Je nous pris des gâteaux également et partis transplaner pour aller chercher Apple.


- Ohlala. Ce manteau te va si bien, je sais que je te l’ai déjà dit, mais j’adore tes épaules !

Je souris, évidemment. C’était sans doute la quinzième fois qu’elle me le disait.

- Tu radotes déjà comme une petite mamie, mais merci, dis-je, flatté quand même.

Sans le savoir, Apple ne me simplifiait pas la vie. Elle était aujourd’hui la personne la plus présente et la plus importante de mon existence, celle à qui je relatais tout, celle sur qui je pouvais compter pour n’importe quoi, celle à qui j’avais envie de donner plein de petites attentions, celle qui en avait pour moi, celle avec qui je prévoyais le plus de choses. D’amie chère elle était devenue cette personne hybride, bien plus intime que je n’aurais pu un jour l’imaginer. Parfois j’avais l’impression que quelque chose se tramait dans sa petite tête et rejoignait mes idées ; parfois j’avais l’impression de divaguer ; parfois je me disais que tout serait plus simple si nous étions véritablement en couple, puisque nous faisions quasiment tout comme. Mais j’étais sans arrêt retenu en arrière, par la ferme sensation que tout cela n’était pas vraiment pour moi, au vu de mes expériences passées. J’avais trop peur de bouleverser quoi que ce soit avec Apple, même si je fermais de plus en plus les yeux devant l’évidence.

À peine étions-nous arrivés dans le parc d’Hampstead qu’elle décida de grimper sur un arbre ; je l’accompagnais, l’aidant à descendre ensuite, saisissant sa petite taille entre mes mains. Aussi grande qu’elle était à présent, elle était toujours menue, et me faisait souvent penser à une nymphe, avec ses cheveux fins et ses grands yeux limpides. Elle aurait été probablement trop banale si justement ses yeux n’étaient pas sans arrêt pétillants, si son sourire n’avait pas été aussi charmant et toujours prêt à s’envoler en un rire très assumé, si la vivacité de son esprit n’avait pas été aussi trépidante. J’étais heureux qu’elle apprécie cet endroit ; j’adorais moi aussi ce quartier, calme et boisé, loin des clameurs urbaines.


- Bon, avec tout ça j’ai apporté le goûter, tiens, j’ai pris ta boisson préférée ! Je lui tendis le gobelet, gardant les gâteaux pour un peu plus tard. Je bus un peu à mon gobelet, dont la magie avait gardé le liquide chaud.

- Bon, et toi alors, tu ne m’as pas raconté, ça allait la réunion au travail ?...

Je soupirai discrètement. Je pouvais compter sur elle pour toujours s’inquiéter de mes journées et c’était quelque chose de formidablement rassurant, mais j’avais l’impression, ces temps-ci, de toujours me plaindre.

- Hmm hmm. Ça va. Encore une fois, le chef a fait durer la réunion bien trop longtemps et j’ai toujours la sensation qu’on brasse de l’air au lieu d’aller droit au but. Mais au moins le dossier que j’avais préparé a été validé en tous points. Maintenant on s’attaque à une nouvelle protection à destination des moldus, il y a eu pas mal d’attaques isolées par des loups-garous ces derniers temps, et on s’est rendu compte que les sortilèges de défense avaient vieilli et qu’ils n’étaient plus autant efficaces. C’est comme la technologie moldue qui évolue, il faut que nous aussi on suive. Je suis en train de travailler sur les antennes relais, car apparemment elles ne sont pas pour rien dans cette histoire de détournement de sortilèges, leurs émetteurs sont trop puissants.

J’avais l’impression de débiter une leçon apprise par cœur.

- Rien de neuf en tout cas. Je me demande parfois si je ne serais pas mieux dans un autre service. Mais je n’ai aucune idée du quel… Ou bien il faut que je prenne mon mal en patience, mais ces temps-ci, je suis un peu fatigué.

Sur tous les plans. Je haussai les épaules. Je n’avais pas envie de plomber l’ambiance pour autant.

- Et toi, tu as hâte de retourner à Poudlard j’imagine ? Sergheï va bien ?

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeJeu 20 Sep - 12:13

https://www.youtube.com/watch?v=lu7uE5vrB_U

And as we lie silently
Your body soft, so close to me, close to me
I creep away and let you sleep
I dream today, tomorrow speaks
Oh my, my, my
Oh, how I tried

And as the sun comes out to play
So soon I wish the day away, day away
Still left unsaid, the things to say
I lost my heart through window panes
Oh my, my, my
Oh, how I tried
Oh my, my, my
Oh, how I tried



- Bon, avec tout ça j’ai apporté le goûter, tiens, j’ai pris ta boisson préférée !
- Ooooh, merci, t’es un amour !
M’exclamai-je en avalant une énorme gorgée qui pétilla dans ma gorge, me faisant rire.

Scott était toujours si attentionné avec moi… Une nouvelle fois, une euphorie m’envahit et colora mes joues, et je fus obligée d’en mordre l’intérieur pour réduire l’immense sourire niais qui me prenait. C’était de plus en plus compliqué de rester concentrée, de contrôler les émotions qui me traversaient, et je n’étais pas sûre de devoir les retenir… Après tout, ne voulais-je pas faire comprendre à Scott tout ce qui m’agitait ?! J’étais pourtant persuadée qu’il était plus perspicace que ce qu’il ne laissait paraître, mais c’était peut-être pour cela que je devais me contenir… Si Scott savait, mais ne faisait rien, c’est qu’il ne voulait pas, non ?! Et pourtant… Pourtant, c’était stupide, moi aussi je voyais bien comment il me souriait, la façon dont sa main restait quelques secondes de trop sur mon avant-bras quand nous nous disions au revoir… Ou alors j’avais vraiment tout inventé et je voyais ce que j’avais envie de voir ?!

Heureusement, notre discussion devint plus sérieuse, m’obligeant à me concentrer et à tenir à une distance raisonnable mes élucubrations amoureuses.


- Hmm hmm. Ça va. Encore une fois, le chef a fait durer la réunion bien trop longtemps et j’ai toujours la sensation qu’on brasse de l’air au lieu d’aller droit au but. Mais au moins le dossier que j’avais préparé a été validé en tous points. Maintenant on s’attaque à une nouvelle protection à destination des moldus, il y a eu pas mal d’attaques isolées par des loups-garous ces derniers temps, et on s’est rendu compte que les sortilèges de défense avaient vieilli et qu’ils n’étaient plus autant efficaces. C’est comme la technologie moldue qui évolue, il faut que nous aussi on suive. Je suis en train de travailler sur les antennes relais, car apparemment elles ne sont pas pour rien dans cette histoire de détournement de sortilèges, leurs émetteurs sont trop puissants.

Tout ce que Scott me racontait me passionnait toujours, mais je constatais avec tristesse que pour sa part, il ne semblait pas aussi intéressé parce qu’il me racontait.

- Rien de neuf en tout cas. Je me demande parfois si je ne serais pas mieux dans un autre service. Mais je n’ai aucune idée du quel… Ou bien il faut que je prenne mon mal en patience, mais ces temps-ci, je suis un peu fatigué.

J’avais bêtement envie de le prendre dans mes bras et de le serrer très fort, de lui dire que tout allait bien se passer, que j’avais confiance en lui, qu’il allait trouver sa voie et s’épanouir pleinement, et que de toute façon, le travail n’était pas la seule chose qui lui donnait de la valeur…

- J’étais sûre que ton dossier serait validé, je parie qu’il était parfait et très complet. En tout cas c’est drôle de se dire que la technologie peut être assez puissante pour interférer avec la magie… C’est comme si la technologie était une forme de magie en elle-même, tu trouves pas ?! En tout cas, je trouve que ça a l’air aussi mystérieux… Même en la côtoyant en grandissant j’ai l’impression de ne rien y comprendre, plaisantai-je. Avec mon père moldu et Maman qui était cracmol, j’avais été habituée jeune à la télévision, les téléphones, les ordinateurs, mais leurs fonctionnements restaient un mystère à mes yeux, malgré les tentatives de Sergheï de comprendre et de m’expliquer. Tu as des collègues avec qui tu t’entends bien qui sont dans d’autres services ? Peut-être que tu pourrais leur demander en quoi consiste leurs missions, pour voir si ça te parle plus ? Mais c’est vrai qu’il te faut peut-être un peu plus de temps pour s'ajuster ! Mais je suis sûre que tu vas trouver ce qui te correspond, que ça soit ton service ou un autre… Tu as tellement de potentiel, achevai-je d’un ton ferme et entendu. Moi, j’en étais déjà persuadée, c’était Scott qu’il fallait convaincre.

Je continuai à siroter ma boisson, qui avait au passage changé de saveurs, se transformant en d’un jus de citrouille et de cranberry acidulé à un parfum beaucoup plus doux, avec des notes de cannelle. Nous marchâmes jusqu’en haut d’une petite colline, admirant la vue qui s’étendait sous nos yeux, un Londres enneigé digne d’une carte postale. Le vent s’engouffrait dans les arbres, et je serrai un peu plus mon écharpe Poufsouffle autour de mon cou.


- Et toi, tu as hâte de retourner à Poudlard j’imagine ? Sergheï va bien ?

Je laissai échapper un soupir un peu las, et haussai les épaules en buvant ma boisson.

- Oui, il va bien, mais je crois qu’il est un peu déprimé parce que ses grands-parents ont fait un tas de remarques homophobes à table la dernière fois, et même s’il savait déjà qu’ils étaient fermés d’esprit… Je pense que ça le rend triste de devoir cacher ça, cacher Alec… Même si évident il a déjà tout rationalisé avec pleins de chiffres et d’études sur l’âge de ses grands-parents, leur religion… Bref, du grand Sergheï quoi. J’eus un petit rire à la fois amusé et tendre. Et sinon, hm, oui ça va… Enfin, c’est toujours nul chez moi, je ne sais pas pourquoi à chaque fois j’ai l’espoir que quelque chose va changer. Mais c’est pas grave, soupirai-je. J’allais bien finir par m’habituer.

On continua notre balade en discutant de choses et d’autres, jusqu’à arriver dans une clairière entourée par d’immenses arbres. Au centre, l’un d’eux s’étendait vers le ciel, dont le bleu perçait le tronc. Je fronçai les sourcils. Je m'approchai de l'arbre, posant ma main sur l'une de ses racines noueuse. Le tronc était ouvert sur plus de deux mètres, et je réalisai que l'intérieur était évidé, comme si le bois avait été rongé ; je laissai échapper une exclamation surprise et excitée, chassai la neige des racines pour entreprendre mon escalade, faisant signe à Scott de me suivre. Évidemment, je n'eus aucun mal à me faufiler jusque dans le tronc, mais la carrure de Scott posa quelques difficultés logistiques.


- Non, non, attends, tourne toi plus tôt comme ça... Mais non ! Attends tu vas rester coincé, dis-je en l'aidant, prise d'un fou rire qui se propagea jusqu'à Scott. Ne va pas abîmer tes épaules, tu sais que c'est ce que je préfère chez toi !

Finalement, il réussit à se glisser, et nous étions à présent dans l'arbre, un petit cocon au bois poli par les années passées, et gravé de plusieurs prénoms et dates. Je me demandais toujours si les gens qui les avaient écrit étaient toujours ensemble, ou au moins toujours heureux. Mes doigts coururent sur l'une des marques qui lisait J + J entouré d'un cœur.

- Je plaisantais au fait, ajoutai-je d'un ton songeur. Ce n'est pas tes épaules que je préfère, enfin, il y a pleins de choses que j'aime…

Scott ne pouvait pas voir mon visage mais je souriais doucement, le cœur au bord des lèvres. Ohlala, mais à quoi étais-je en train de jouer, me murmura une petite voix dans un coin de ma tête. L'atmosphère était frais et vif, mais je pouvais sentir la chaleur réconfortante de Scott jusque dans mes paumes contre le bois, et une fébrilité nerveuse et impatiente s'installa au creux de ma poitrine. Notre petite cachette était exiguë, si bien que lorsque je fis face à Scott, nous étions dangereusement proches, seulement séparés par quelques poussières brillant dans le rayon de soleil qui filtrait par l'ouverture du tronc. La lumière claire se reflétait dans les iris de Scott, d'un bleu glaciale qui réchauffait mon cœur dès que je les observais. En grandissant en Suède, j'avais été habitué aux yeux bleus, si bien que j'avais même fini par les trouver banals, préférant ceux foncés qui me semblaient sortir de l'ordinaire. Mais ceux de Scott était différent - tout à coup, c'était les yeux les plus beaux que j'avais jamais vus - ils étaient clairs, presque translucides, mais ils étaient doux, j'aimais la façon dont ils se plissaient quand Scott riait, la manière dont ses pupilles changeaient de taille dès l'obscurité nous envahissait, quand il me regardait aussi, parfois... Le sourire qui était accroché à mes lèvres s'élargit légèrement. J'avais tellement envie qu'il m'embrasse que je me sentais prendre racine sur le sol, face à lui, me mêlant avec l'arbre, enfermant moi aussi Scott en mon cœur.J’avais l’impression de n’avoir jamais été si proche de Scott, si longtemps, d’avoir senti si fort combien j’aurais pu juste me pencher et l’embrasser, comment tout mon corps était aussi euphorique qu'apaisé. Je pouvais sentir sur le bout de la langue le goût qu’aurait eu cette réalité différente, si j’avais eu le courage de simplement embrasser Scott, si j’avais enfin lâché prise. Mais les quelques secondes s'envolèrent dans la poussière, et je me laissai retomber contre une aspérité du tronc qui formait une sorte de banc naturel.

- Au fait, j'ai reçu une lettre de mes grands-parents, ils m'invitent en Suède cet été et m'ont dit que tu étais évidemment le bienvenue ! Il faut qu'on s'organise, j'aimerais bien repartir avec toi, et en plus, tu as besoin de vacances ! Decrétai-je avec autorité.

Comme Scott s'installait près de moi, je sentis tout mon corps se charger comme un aimant. J'avais envie de me coller à lui. Je déglutis et remis distraitement l'une de mes mèches lilas derrière mon oreille, comme si de rien était, comme si j'étais pas en train de penser en boucle aux lèvres de Scott.


- Tu sais, ça ne ferait pas de toi un mauvais employé si tu levais le pied de temps en temps... Enfin, je veux dire, je sais que ton travail c'est très important pour toi, mais ce n'est pas la seule chose d'intéressante chez toi, tu vois ?! Parfois j'ai l'impression que tu te mets une telle pression que tu vas exploser au moindre faux pas… Songeuse, je rongeai nerveusement l'ongle de mon index. De quoi tu as peur ? Demandai-je tout à coup, l'intimité de notre cachette me rendant à la fois courageuse et vulnérable.

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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeDim 9 Déc - 20:29

Cela me touchait, vraiment, de savoir qu'Apple s'intéressait à tout ce qui me concernait et concernait mon travail, et qu'elle n'était jamais sans me bombarder de questions et de conseils. Mais j'étais un état d'esprit tel que ses encouragements et ses propositions m'agaçaient presque, comme si elle n'avait pas compris, alors que ce n'était pas exactement cela : j'étais agacé contre moi-même, parce que je savais que le problème était plus profond, et lié à moi. Je ne répondis que d'u vague « hmm, hmm » qui signifiait « pourquoi pas ». Je n'avais pas envie de m'appesantir sur le sujet, de toute façon je ne savais même pas quoi dire exactement, et je n'avais surtout pas envie qu'Apple dissèque et sur-analyse tout ce qui avait trait à ma vie professionnelle comme elle savait si bien le faire, même si cela partait d'une excellente intention. J'étais dépité à ce sujet, voilà tout. Pour le reste, je voulais simplement profiter de notre petite promenade, de l'air presque trop frais quand il s'insinuait dans mes poumons, et de ce joli ciel d'hiver. L'odeur de la forêt ravissait mes narines et nous avions de quoi goûter et passer un bon moment — rien de plus n'était important. C'était, en tout cas, ce que j'essayais de me dire. Le sujet de Sergheï fut un échappatoire parfait, et je fronçai les sourcils en entendant ce qu'Apple me racontait. Ce devait être effectivement une situation peu évidente, et j'étais navré pour lui. Si seulement les gens pouvaient être naturellement ouverts d'esprit... Sous nos pas les feuilles et la neige crissaient, et cette atmosphère hors du temps me rappela comme un coup de fouet Poudlard, l'hiver là-bas, les couleurs du parc, le ciel qui s'étendait à l'infini, les montagnes à l'horizon... Le soleil orangé, les grands espaces. Parfois cela m'apparaissait comme un rêve qui n'aurait pas existé, et me rendait nostalgique. J'avais l'impression que la vie aurait été beaucoup plus simple si je m'étais trouvé là.

Apple s'intéressa tout d'un coup à un immense arbre dont le tronc était comme fendu en deux, et dont les bourrelets des racines à son socle me rappelèrent le Saule Cogneur. Mais c'était un arbre moldu, simplement, et creux si bien que nous pouvions nous y abriter... Bien sûr, c'était ce qu'Apple avait en tête. Cela demandait un peu d'escalade et de contorsion (pour ma part) mais je la suivis dans son entreprise. Avais-je vraiment le choix ?...


- Non, non, attends, tourne toi plus tôt comme ça... Mais non ! Attends tu vas rester coincé. Ne va pas abîmer tes épaules, tu sais que c'est ce que je préfère chez toi ! Tant bien que mal, nous nous installâmes à l'intérieur. C'était plus grand que cela en avait l'air, et l'écorce du vieil arbre était toute gravée d'annotations diverses. Je plaisantais au fait. Ce n'est pas tes épaules que je préfère, enfin, il y a pleins de choses que j'aime…

Je lançai un regard à Apple, un petit sourire en coin. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, n'est-ce pas ? Je faisais mine de penser qu'elle racontait n'importe quoi, mais c'est surtout pour ne pas réellement faire face à ce qui se tramait. Je l'avais dit, et je restais en accord avec moi-même : le petit quelque chose qui avait changé entre nous et penchait plus d'un côté que de l'autre me paraissait bien trop dangereux pour risquer quoi que ce soit. Nous étions très proches, cachés dans l'arbre, et les quelques rayons de soleil qui parvenaient à pénétrer par les trous de l'écorce éclairaient furtivement le visage d'Apple, puis son épaule, puis sa main, puis des mèches de ses cheveux à nouveau. Nous étions très proches mais il n'y avait pas de mal à être proches ainsi entre amis, n'est-ce pas ? Pourtant subitement plus personne ne disait rien et j'avais l'impression qu'elle comme moi étions dans l'attente de quelque chose — j'osais à peine respirer. Mais ce quelque chose n'arriva pas.

- Au fait, j'ai reçu une lettre de mes grands-parents, ils m'invitent en Suède cet été et m'ont dit que tu étais évidemment le bienvenue ! Il faut qu'on s'organise, j'aimerais bien repartir avec toi, et en plus, tu as besoin de vacances !

Soulagé qu'elle ait reprit la parole, je souris.

- Oh, oui ! J'aimerais beaucoup y retourner avec toi. Il faudra que je me renseigne sur mes dates de vacances. Tu remercieras tes grands-parents, c'est très aimable à eux.

Je ne rajoutai pas qu'en réalité j'avais déjà songé aux vacances avec elle, j'avais déjà songé à la Suède potentiellement, mais aussi à des petits voyages chez nous ou pas trop loin en Europe, dans des endroits que nous ne connaissions pas. J'avais de l'argent à présent, et je pouvais bien l'inviter quatre jours, cela me faisait plus que plaisir. Mais l'intimité trop intense de cet instant m'empêcha de livrer le fond de ma pensée.

- Tu sais, ça ne ferait pas de toi un mauvais employé si tu levais le pied de temps en temps... Enfin, je veux dire, je sais que ton travail c'est très important pour toi, mais ce n'est pas la seule chose d'intéressante chez toi, tu vois ?! Parfois j'ai l'impression que tu te mets une telle pression que tu vas exploser au moindre faux pas… De quoi tu as peur ?

Je n'allais pas me plaindre de passer à autre chose, mais ce sujet là était le dernier que je voulais aborder. Je soupirai doucement, non pas pour masquer mon agacement, mais parce qu'une part de moi savait que tôt ou tard, elle ne pourrait pas y échapper. Mon soupir s'apparentait donc à une résignation mollassonne, prête à rendre les armes sans trop d'opposition.

- Ce n'est pas le problème de lever le pied, rétorquai-je, vaguement de mauvaise humeur. Ce n'est pas ça. Le problème était que je faisais tout pour être brillant mais que je ne l'étais pas assez, ou pas de la bonne manière, pour ce à quoi j'avais tout aspiré, le problème était que j'avais grandi dans une famille qui m'avait toujours fait comprendre que je n'étais pas assez non plus pour être digne d'intérêt, le problème encore était que mes relations amicales et/ou amoureuses s'était quasiment toutes soldées sur la même conclusion : je n'étais pas assez. Et j'arrivais à bout de mes limites, de mes efforts, de mon énergie. Je voulais être assez, mais je n'avais plus de billes pour y parvenir. Changer de voie me paraissait insurmontable : comment m'y prendre, comment trouver, où aller ? Ce n'est pas de la pression, c'est juste que je suis impliqué, c'est tout. Ça me demande des efforts et de la concentration. Ce n'est pas si facile que ça en a l'air. Et j'ai envie de réussir et de m'épanouir. Je laissai passer une seconde de silence, puis deux, trois. Je n'ai pas peur de quelque chose en particulier. C'est juste que, eh bien, je n'y arrive pas, en fait. Ça ne marche pas. Et je ne sais pas trop comment y remédier.

À Poudlard c'était facile, travailler d'arrache-pied un devoir quand je maîtrisais un sujet à seulement 85% me permettait facilement d'arriver à 150%, j'avais cette intelligence-là. Mais dans le monde du travail... Tout était si différent. Je jetai un regard en coin à Apple. Quelque chose me disait que pour elle, tout serait plus facile. Je ne sais pas : une intuition. Parce qu'elle avait quelque chose en plus, une aisance sociale et les codes qu'il fallait, qui moi m'échappaient.

- Tu vois, ce n'est pas très joyeux. Je n'ai pas envie de te plomber la tête, surtout quand tu viens te changer les idées ici, dis-je plus doucement. Les séjours à Liverpool lui pesaient bien plus qu'elle ne le laissait paraître ; si elle pouvait facilement lire en moi parfois, c'était une chose qui fonctionnait à l'inverse également.

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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeLun 17 Déc - 14:11

Cet arbre était tel un petit cocon qui enveloppait Scott et moi, nous rapprochant dangereusement, et j'imaginais silencieusement la façon dont l'écorce aurait pu repousser pour nous enfermer en son sein. Je voulais être plus proche de Scott, encore plus proche, mon cœur et mon corps comme aimantés à tout son être. Je n'avais jamais ressenti ça, ni avec Espen ni avec tous mes crushs d'adolescentes... J'avais toujours été tactile, mes mains papillonnant un peu partout, mais à présent, elles voulaient attraper celles de Scott et ne pas les lâcher ; tout son aura, ce qu'il dégageait, j'avais envie de m'y fondre, comme s'il devenait cet arbre creux dans lequel j'aurais pu me glisser et ne jamais repartir. Je ne comprenais même pas ce qui m'arrivait, les vagues dans le creux de mon ventre quand je voyais Scott arriver au loin, les sourires qui piquaient ma mâchoire quand nos regards se croisaient, mon obsession soudaine pour ses lèvres, ses épaules, ses mains, la façon qu'il avait de me regarder. Avant, je pouvais me convaincre que j'en pinçais juste un peu pour lui, que je n'avais pas besoin que cela soit réciproque, que mon affection pour lui était un petit trésor secret et inexplicable, mais à présent, assise dans cet arbre, mon cœur tambourinant d'une telle proximité intime, je devais bien faire face à la réalité. Je n'étais pas juste amoureuse de Scott, je l'aimais, je l'aimais vraiment, comme dans les comédies romantiques que je regardais à la télé quand j'étais petite, comme les héroïnes de livres que je lisais sous la couette, de cette même façon grandiose et passionnée, et à la fois tellement timide et tendre. Et il était assis à côté de moi, et j'entendais son cœur battre aussi, et cette façon dont il se tenait les mains, son regard furtif, et je savais bien que lui aussi, il m'aimait. Il fallait simplement attendre que quelqu'un presse la détente.

Mon esprit s'était éparpillé, et je m'imaginais partir en Suède avec Scott, et le présenter à mes grands-parents comme mon "petit-copain", et j'eus envie de rire, nerveusement et bêtement, soudain presque hystérique devant une telle idée. Mais bien vite, l'atmosphère se décompressa, le visage de Scott se ferma, et je devinais que j'avais mis les pieds dans le plat d'une façon ou d'une autre.


- Ce n'est pas le problème de lever le pied.. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas de la pression, c'est juste que je suis impliqué, c'est tout. Ça me demande des efforts et de la concentration. Ce n'est pas si facile que ça en a l'air. Et j'ai envie de réussir et de m'épanouir. Je n'ai pas peur de quelque chose en particulier. C'est juste que, eh bien, je n'y arrive pas, en fait. Ça ne marche pas. Et je ne sais pas trop comment y remédier.

Je restai silencieuse, les sourcils froncés, le cœur lourd. Je savais bien que Scott ne l'avait pas fait exprès, mais son ton sec pressa mes entrailles, parce que je ne voulais pas l'énerver ou le mettre de mauvaise humeur, je voulais simplement l'aider, et je me sentais tout à coup gauche et inutile. Pourquoi Scott était-il si dur avec lui-même, si borné dans ses insécurités ? J'avais tellement envie qu'il se voit comme moi je le voyais, quelqu'un de brillant, avec tellement de potentiel, mais aussi quelqu'un qui me faisait rire, dont la présence me réconfortait toujours, quelqu'un d'attentionné et de passionnant...

- Tu vois, ce n'est pas très joyeux. Je n'ai pas envie de te plomber la tête, surtout quand tu viens te changer les idées ici.

Bêtement, j'eus envie de pleurer, sans trop savoir ce qui me peinait tant. J'avais baissé les yeux, et je fixai tantôt mes mains, tantôt celles de Scott, traçant mentalement les veines qui filaient le long de sa peau.

- Je m'en fiche que ça ne soit pas joyeux, je te l'ai déjà dit, tu n'as pas besoin de faire semblant d'être de bonne humeur avec moi. Être en ta compagnie, ça me suffit. Tu me suffis.

Très doucement, comme si j'avais peur de faire une bêtise, je pris l'une de ses mains dans la mienne, et la serrai délicatement. Ce n'était pas la première fois que je lui prenais la main, mais je crois que Scott sentit que cette fois-ci était différente, d'une façon qu'il m'était moi-même difficile d'expliquer.

- Je suis désolée, je ne voulais pas t'embêter avec ce sujet. Tu as raison, ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air... Et ça me fait de la peine de savoir que tu te sens comme ça, j'aimerais pouvoir faire quelque chose, et je sais que parfois je ne m'y prends pas bien, je ne comprends pas bien les choses, dis-je en pressant un peu plus sa main dans la mienne. Peut-être qu'il faudrait que tu en discutes avec tes amis qui sont dans le monde du travail, Ruby, ou peut-être quelqu'un de plus âgé qui aura peut-être vécu la même chose que toi au début de leur carrière ? Ou peut-être que tu pourrais écrire à Miss Bosworth ?

Peut-être qu’après tout, j’étais cette fois-ci trop jeune pour comprendre, trop inexpérimentée, et que Scott avait besoin de l’aide de quelqu’un d’autre. J’espérais simplement que ma présence suffirait au reste, de la même manière que la sienne m’était comme un pilier dans ma vie, sur lequel je pouvais toujours me reposer ; même lorsqu’il n’existait aucune solution à mon malheur, comme quand Maman me manquait, la seule pensée de la présence de Scott dans ma vie me consolait tendrement.

- En tout cas, peut-être que je ne peux pas tout saisir, et tu vas dire que je ne suis pas objective, mais moi je pense que tu es brillant, et que tu vas réussir et t'épanouir et que si tu croyais autant en toi que je crois en toi, tu le verrais ! Même si ce n'est pas facile, que tu as pleins de doutes, et qu'on t'a parfois fait ressentir l'inverse, je suis sûre que tu vas exceller et tu le mérites totalement ! Et puis, si je peux faire quoi que ce soit pour t'aider... Enfin, tu vois quoi !

J'avais le souffle un peu court, et les joues rosies, mais je n'avais pas lâché la main de Scott, j'avais l'impression de lui transmettre tout ce qui m'animait, tout ce que je ne savais pas trop comment lui faire comprendre : qu'il était suffisant, dans tout ce qu'il faisait. Il l’était pour moi.

Il l’était car il était devenu la personne la plus importante dans ma vie, mais surtout, il était celle que j’avais choisie. Toute ma vie, mes amitiés et les gens que j’aimais m’étaient presque tombés dessus avec facilité, j’étais sociale, joyeuse, je m’entendais facilement avec les autres. Serghei était mon meilleur ami d’enfance, et nous nous étions trouvés car nous étions voisins et que c’était facile, comme si toute cette relation avait été une évidence. Maman, je l’aimais si fort, parce que je ne pouvais pas faire autrement, elle était ma mère. Mais Scott… Scott, j’avais choisi de vouloir être son amie. Je l’avais suivi dans la bibliothèque, j’avais passé le bal avec lui, j’avais cherché sa présence, son amitié, je l’avais entretenue par des gestes, des lettres, des attentions, ce voyage en Suède ; j’avais appris à le connaître et j’avais choisi d’être en sa compagnie. J’avais choisi de l’aimer. Il était mon petit secret, mon petit trésor, je l’avais trouvé et à présent je le gardais précieusement dans le creux de ma poitrine.

Et, sa main dans la mienne, l’envie pressante de l’enlacer doucement, je sentis une tristesse mélancolique à l’idée que Scott, qui pensait qu’on ne le choisissait jamais, ne voyait pas que je l’avais déjà fait.

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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeVen 11 Jan - 16:45

- Je m'en fiche que ça ne soit pas joyeux, je te l'ai déjà dit, tu n'as pas besoin de faire semblant d'être de bonne humeur avec moi. Être en ta compagnie, ça me suffit. Tu me suffis.

Apple était pleine de surprise, et une fois n’est pas coutume, ses paroles me prirent de court et je la regardai sans mot dire, à la fois touché et étrangement retourné. Elle n’avait pas idée à quel point « tu me suffis » dans la bouche de quelqu’un était important pour moi, pour moi qui ne suffisais jamais. À tel point que, et je me détestai pour ce réflexe, la première chose qui me vint à l’esprit fut : oui, mais pour combien de temps ? Est-ce que c’est vrai ? Je ne voulais pourtant pas douter d’elle, j’avais confiance en elle, mais je n’avais pas confiance en ce genre d’affirmation. Je baissai les yeux sur sa main qui avait pris la mienne. Je me sentais dans la peau d’un imposteur, tout ce qui se passait était ce que j’avais voulu depuis toujours avec quelqu’un, mais c’était en même temps tellement long comme chemin, et presque trop tard, que je me sentais freiner des quatre fers. Est-ce que je faisais partie de ces gens qui étaient incapables de saisir les choses qu’ils désiraient pourtant de toutes leurs forces ?


- Je suis désolée, je ne voulais pas t'embêter avec ce sujet. Tu as raison, ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air... Et ça me fait de la peine de savoir que tu te sens comme ça, j'aimerais pouvoir faire quelque chose, et je sais que parfois je ne m'y prends pas bien, je ne comprends pas bien les choses. Peut-être qu'il faudrait que tu en discutes avec tes amis qui sont dans le monde du travail, Ruby, ou peut-être quelqu'un de plus âgé qui aura peut-être vécu la même chose que toi au début de leur carrière ? Ou peut-être que tu pourrais écrire à Miss Bosworth ?

- Hmm… Je ne réagis pas plus que ça. Tout ce qu’elle me disait était gentil et attentionné mais cela ne suffisait pas, et elle n’y pouvait rien. Personne n’y pouvait rien.

- En tout cas, peut-être que je ne peux pas tout saisir, et tu vas dire que je ne suis pas objective, mais moi je pense que tu es brillant, et que tu vas réussir et t'épanouir et que si tu croyais autant en toi que je crois en toi, tu le verrais ! Même si ce n'est pas facile, que tu as pleins de doutes, et qu'on t'a parfois fait ressentir l'inverse, je suis sûre que tu vas exceller et tu le mérites totalement ! Et puis, si je peux faire quoi que ce soit pour t'aider... Enfin, tu vois quoi !

Cela faisait beaucoup, et j’avais envie qu’elle arrête ; si j’étais flatté qu’elle me voit ainsi, ce n’était pas le reflet de la réalité, il n’y avait qu’à regarder mes échecs au travail. Encore une fois j’avais l’impression d’être un autre, et cette double personnalité devenait trop lourde à porter. À quoi cela servait-il d’être brillant si je ne savais pas m’orienter ? Je haussai les épaules, d’un air de dire : on verra.

Je n’avais pas envie de me miner d’avantage le moral et lui proposai de reprendre notre petite promenade. Dans cet immense parc où de nombreux endroits donnaient l’impression d’être totalement coupés du milieu urbain, il m’était plus facile de laisser mes pensées dans un coin de ma tête et de profiter simplement. Après tout, tout le monde ne trouvait pas tout de suite des réponses à de si importantes questions, j’étais jeune, j’avais le temps. Mais là où j’avais moins de temps c’était pour faire mes preuves, et j’étais las d’être sans arrêt le vilain petit canard de ma famille. Même les jumelles, aussi farfelues et peu sérieuses qu’elles étaient, avaient trouvé un chemin qui leur convenait parfaitement. Peut-être qu’Aisling pourrait me conseiller ?... Mais je n’avais pas envie qu’Eileen s’en mêle, et les connaissant, c’était malheureusement inévitable.


- Au fait tu ne m’as pas dit, tu as fini le dernier livre que je t’ai prêté ? Tu as aimé ?

C’était facile, avec Apple, de retrouver une conversation légère et plus joyeuse, et je sentis qu’elle avait compris mon état d’esprit. Très vite nous échangeâmes de manière beaucoup plus tranquille et enjouée, et dans la demi-heure qui suivit elle avait réussi à me faire rire et à me changer les idées. Il était question d’un jeu de société que nous voulions inventer et créer, et qui prenait forme peu à peu, tandis que nous établissions des règles poussées et détaillées. J’avais même acheté le matériel nécessaire à la confection du plateau et des accessoires. Tout ça nous emmena petit à petit chez moi, où le reste de la soirée était prévue. J’avais au préalable cuisiné un peu pour ne pas avoir tout à faire (des lasagnes aux légumes d’hiver, une recette de Ruby que j’aimais particulièrement) et une fois rentrés, j’allumai un bon feu dans la cheminée. Inutile de dire à Apple de prendre ses aises, elle le faisait tout naturellement, et je nous servis du thé avant que nous nous installâmes au coin du feu pour faire une partie de scrabble. J’étais content de partager avec elle mon goût pour les jeux de société, et qu’elle ne soit pas dérangée de passer des soirées plutôt tranquilles de la sorte.

- Je te laisse choisir la musique mais ne mets pas trop fort, ça me déconcentre. Je laissai passer quelques secondes avant de ne plus pouvoir réprimer mon sourire et je me mis à rire : ça va, je plaisante ! Je ne suis pas ennuyeux à ce point, continuai-je en plaisantant.

En réalité je me sentais bien mieux que tout à l’heure, dans ce petit monde qui n’appartenait qu’à nous, et je savais qu’Apple le ressentait aussi.

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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeDim 13 Jan - 15:04

En continuant notre promenade, j’échangeai joyeusement avec Scott, sur le livre qu’il m’avait prêté et que j’avais adoré, sur notre futur jeu de société, j’attrapai son bras et dessinai dans la neige, mais au fond de ma poitrine, quelque chose me pesait tristement. Je ne voulais pas que Scott le voit, qu’il pense que notre discussion m’avait rendu distante, je le connaissais tant que je savais qu’il l’aurait pris pour lui, qu’il se serait reproché d’avoir gâché la journée. Une part de moi lui en voulait presque, parce que j’avais envie de le secouer et de lui dire qu’il arrête sérieusement de toujours se décrédibiliser, d’être si dur envers lui-même. Si j’étais peinée, ce n’était pas parce que nous avions parlé de ce sujet ou parce que Scott n’était pas d’humeur joyeuse, je l’étais car Scott était malheureux et que je me sentais impuissante, que je voulais le voir être aussi heureux qu’il méritait de l’être. J’avais envie de le prendre dans mes bras et l’embrasser, comme pour lui montrer à quel point je le trouvais merveilleux, mais à chaque fois que je pensais qu’enfin le moment était venu, les quelques secondes fugaces s’évaporaient et nous passions à autre chose, presque comme si nous avions rêvé. Ou peut-être étais-je la seule à le rêver ? Mais non, je le sentais bien au fond de moi, je le savais… Tout à coup, je me sentais à nouveau ramené à Liverpool, à cette sensation d’être coincée dans une chanson triste sans fin.

Le parc était tout blanc, et je pensai à la Suède, à ses longs hivers, le visage de Maman apparaissant naturellement dans mon esprit. Mon cœur se pinça. Elle me manquait, pensai-je tristement, elle me manquait toutes les secondes qui passaient. J’avais envie qu’elle soit là, que je puisse lui parler de Scott. C’était si injuste que je ne puisse jamais plus lui parler, que je n’ai même pas eu cette chance de lui raconter un jour mes histoires de cœur.  Je savais qu’elle aurait adoré Scott, qu’elle m’aurait donné les meilleurs conseils du monde. Mais elle n’était plus là, je ne pouvais plus qu’imaginer sa voix dans le creux de mon oreille, les mots qu’elle m’aurait dits, et j’avais la sensation de ne jamais leur rendre justice.

Je ne fus pas mécontente de rentrer chez Scott – chez lui, je me sentais tellement bien que mes soucis s’envolaient toujours un peu.


- Je te laisse choisir la musique mais ne mets pas trop fort, ça me déconcentre. Ça va, je plaisante ! Je ne suis pas ennuyeux à ce point.
- Bien sûr que non, tu n’es pas ennuyeux, pas pour un petit grand-père de 80 ans en tout cas…
Je me mis à rire malicieusement, mais je ne pus m’empêcher de rajouter : Tu sais bien que je ne m’ennuie jamais avec toi.

Je choisissais un disque de jazz que nous aimions bien tous les deux, et je chantonnai les airs tandis que nous jouions au scrabble. Comme toujours, nous finissions en fou rire, parce que je croyais avoir fait un coup de maître alors que j’avais simplement mal orthographié le mot, voire que je l’avais carrément inventé. A chaque fois, je rentrais dans de longues explications sur ce que je croyais que le mot signifiait, et Scott soupirait puis se mettait à rire, incrédule, et nous finissions toujours par incorporer ce mot dans notre vocabulaire, comme notre propre langage. Nous plaisantions souvent en disant qu’en réalité, je ne savais pas parler anglais, que j’avais inventé un vocabulaire rien qu’à moi.

Nous dinâmes des lasagnes délicieuses – Scott était un très bon cuisinier – nous discutâmes longuement, avant de faire une partie d’échec. Je profitai de sa salle de bain sorcière géniale, avant de m’installer dans le canapé dans mon pyjama rose fluo, assorti à Freja qui gazouillait paresseusement, installée sur l’épaule de Scott, et nous nous mîmes à lire tranquillement avant d’aller se coucher. Appuyée contre l’accoudoir du canapé, j’avais étendu mes jambes sur les genoux de Scott, et de temps à autre, je tapotai son livre de mon pied pour l’embêter, et il poussait un soupir mais je le voyais sourire malgré lui. Pour certains, cette soirée aurait été ennuyeuse pour un samedi soir, mais pour moi, c’était les moments où j’étais la plus heureuse, la plus apaisée. J’observai Scott par-dessus les pages de mon livre, son air concentré, la forme de son visage, sa mâchoire, ses lèvres… J’avais simplement envie de me pencher vers Scott pour l’embrasser pour lui souhaiter bonne nuit.

Je dormis mieux chez Scott que je ne dormais depuis le début de mes vacances, et nous passâmes le dimanche à flâner, cuisinant ensemble le déjeuner, nous promenant une dernière fois dans le parc en discutant joyeusement. Nous prîmes le goûter dans un petit café que nous aimions bien, et Scott m’amena dans un magasin de disques pour compléter sa collection, puisque j’étais toujours en charge de choisir la musique chez lui. Nous choisîmes ensemble deux disques de groupe sorcier, un de jazz et un de folk, et je rajoutai malicieusement dans la pile un disque d’ABBA, d’un air innocent. Scott soupira à nouveau mais ses yeux pétillaient. J’avais envie de prendre sa main et de me fondre contre lui.

Il nous fit transplaner en fin d’après-midi, et me raccompagna jusque devant chez moi tandis que je plaisantai sur le changement de décor, des petites rues coquettes de Londres à celles grises de la banlieue de Liverpool. Arrivés devant ma maison, je me tournai vers Scott avec un petit sourire.


- Merci de m’avoir raccompagné, un vrai gentlemen, plaisantai-je, mes joues tièdes. On refait un truc le week-end prochain ?! Tu me manques déjà, ajoutai-je, sincère.

J’avais attrapé l’une de ses mains, comme par réflexe, parce que je n’avais pas envie qu’il parte. J’étais bien avec lui. La mélodie de la chanson triste recommença à m’envelopper. J’en avais assez de tout ça, d’attendre… Je regardai Scott, ses grands yeux bleus dans les miens, ses joues légèrement rosies, une expression indéchiffrable peignant ses traits, que j'associais à un mélange de peur et de bonheur. Si pas maintenant, quand, songeai-je en regardant ses lèvres dont l'un des coins me souriait. Ça ne servait à rien d'attendre le moment parfait, le bon moment... C'était déjà le bon moment puisque j'étais avec Scott, que sa présence m'irradiait et qu'il me rendait si heureuse. Je n'avais plus envie d'être coincée dans une chanson triste. Je n'étais pas plus obligée de l'être, réalisai-je, mon estomac tout à coup rempli de petits feux d'artifices. Je pouvais changer la chanson. Scott savait ce que je ressentais, de toute façon, pas vrai ? Il voyait bien comment ma main serrait la sienne.

Alors, aussi simplement que cela, je me hissai sur la pointe des pieds et déposai un petit baiser sur les lèvres de Scott, un baiser qui ne dura qu’une demie seconde, mais qui suffit à former une tornade d'hystérie dans toute ma poitrine, comme si je venais d'avaler une immense boule de bonheur. La sensation était assez indescriptible. Je m'écartai, rayonnante, toute sourire, ne m'attardant pas sur les yeux de Scott qui formaient à présent deux immenses soucoupes, et je rentrais chez moi, courant dans ma chambre en étouffant mon cri hystérique. Je me jetai dans mon lit, enfonçant la tête dans mon oreiller, un sourire tellement immense qu’il me faisait mal à la mâchoire. Je l’avais fait. J’avais changé la chanson. Et j’avais l’impression qu’autour de moi se jouait la symphonie la plus belle que j'avais jamais entendue.

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Scott McBeth


Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "I dream today, tomorrow speaks." [S.]   "I dream today, tomorrow speaks." [S.] Icon_minitimeLun 4 Mar - 15:13

Le dimanche était très souvent chez moi associé à une mélancolie latente, surtout depuis que j’habitais seul. Or, c’était un retournement de situation des plus inattendues : enfant, chez moi, je détestais les dimanches, les jumelles ne me laissaient jamais un instant de répit et tout le reste de ma famille s’acharnait à mettre leur temps à contribution – comme si l’oisiveté n’était pas envisageable. Il fallait se cultiver, œuvrer, dans la maison ou ailleurs. Si j’avais le malheur de rester plongé dans un livre captivant, quelqu’un finissait toujours par me réprimander. Si je décidais de faire une grande marche dans les alentours du manoir parce que le printemps pointait le bout de son nez, j’étais un paresseux qui ne réussirait jamais rien dans la vie. Combien j’avais prié pour enfin avoir mes propres dimanches, tranquilles, loin de leur emprise ! À Poudlard les choses avaient changé : les dimanches étaient synonymes de détente ou de devoirs, mais j’étais toujours entouré, je passais des heures avec Stephen ou bien je bavardais avec Ophelia, je traînais avec Taylord, avec Ruby, avec Lilian, dans la salle commune ou dans le parc, sans avoir besoin de me justifier auprès de personne. Aujourd’hui, il n’y avait plus d’obligation le dimanche : plus de parents, plus de devoirs. Mais il n’y avait plus rien, et tout d’un coup cet immense rien me renvoyait à quelque chose qui me dérangeait – Le temps qui filait trop vite ? Ce que je n’arrivais pas à accomplir ? – et empêchait presque que je goûte à cette solitude tant désirée.

Avec Apple, c’était bien différent. Les dimanches étaient délicieux, nous étions tranquilles, nous pouvions rester des heures en pyjama à boire du thé et à discuter ou à jouer au scrabble comme nous pouvions aller nous promener ou faire les boutiques, et je ne me sentais jamais obligé de quoi que ce soit. Celui-là ne dérogea pas à la règle : mes tourments de la veille s’étaient calmés et j’étais heureux, le temps beau mais frais me ravissait, les odeurs d’hiver me rappelait de bons souvenirs, Apple me faisait rire, Hampstead s’accordait merveilleusement à mon état d’esprit. Je n’avais pas envie qu’elle rentre chez elle, tout comme je n’avais pas envie de rentrer chez moi et de passer cette dernière soirée seul, car c’était signe que la semaine allait reprendre et je ne le voulais pas. Je voulais que ce dimanche dure éternellement. L’image de Stephen s’imposa à mon esprit, comme à chaque fois que je pensais à quelque chose d’un peu trop irrationnel : il me disait « le temps ne peut pas s’étirer à l’infini, c’est une succession de secondes et une évolution d’un espace qui n’est pas manipulable à notre guise, il s’écoule régulièrement et inexorablement » d’un air vaguement agacé par mon envolée un peu trop artistique à son goût. Je pinçai les lèvres, agacé. Stephen avait le don de surgir dans ma tête alors même qu’il n’était plus dans ma vie, c’était un comble, n’est-ce pas ? J’avais fini par m’y faire : aussi mauvais ami qu’il soit, il avait été le mien, et le meilleur. Ce n’était pas quelque chose que je pouvais effacer de mon esprit, malheureusement.

Il fut temps de raccompagner Apple chez elle, et nous transplanâmes ensemble. J’étais également triste pour elle : je savais que se retrouver à Liverpool n’était pas vraiment une partie de plaisir. J’aurais aimé rendre ses journées plus heureuses, mais je ne pouvais malheureusement rien faire de magique, pour une fois.


- Merci de m’avoir raccompagné, un vrai gentlemen. On refait un truc le week-end prochain ?! Tu me manques déjà.

Je souris en retour.

- Évidemment ! Tu sais bien que tu viens quand tu veux. Si tu veux on pourra aller à la fête foraine ! Avec les décors d’hiver, ça va être magnifique.

Elle pourrait goûter à toutes les friandises les plus folles, je savais qu’elle serait aux anges. J’espérais que ça l’aiderait au moins un peu à supporter la semaine… J’étais prêt à lui dire au revoir, mais quelque chose était en train de se passer, qui semblait figer le temps comme si on avait lancé un sortilège. Je ne compris pas tout de suite – le regard d’Apple était différent, et si mes yeux ne lâchaient pas les siens, je n’étais pas sûr de bien comprendre. Sa main gardait la mienne serrée, je n’osais pas faire un geste. Elle s’approcha alors de moi et quelque chose coupa ma respiration avant même que ses lèvres touchent les miennes – j’avais compris. Stephen avait tort : le temps n’obéissait à aucune loi mathématique, et j’étais triste pour lui qu’il n’ait jamais vécu de tels instants. Les secondes ne s’égrenaient plus, elles étaient en suspens, tout était en suspens, sauf nous. Sauf le baiser d’Apple sur ma bouche, puis son sourire, ses yeux pétillants, puis la vague blonde de ses cheveux quand elle tourna les talons, l’odeur fleurie et acidulée qui se propagea jusqu’à moi. Quand le temps reprit sa course normale, mon cœur se mit à battre fort comme pour rattraper les battements perdus, je m’enfuis hors du jardin et gagnai la rue pour transplaner, le souffle court et les joues brûlantes. Une fois chez moi, j’eus l’impression de me réveiller d’un rêve. Un peu perdu, je regardai autour de moi, comme pour constater grâce aux objets qui traînaient çà et là que ce week-end avait bien existé. Oui. Pour de bon. Seulement alors la panique se mêla à toutes les émotions qui bouillonnaient en moi, tandis que mon cerveau peinait à assimiler l’information majeure de cette fin de journée : Apple m’avait embrassé.



FIN

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‖▹
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The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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