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"Now that you see what I've kept in hiding." [S.]

 
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 "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]

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Apple Hunt


Apple Hunt
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Particularités: Je suis un ninja.. Si, regarde ce que je viens de faire ! ... tu n'as rien vu ?... justement... B-)
Ami(e)s: Hé ! Hé ! Scott ! Scooott ! Reviens, j'ai un truc à te montrer...
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MessageSujet: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeMar 5 Mar - 20:56

https://www.youtube.com/watch?v=Hr-V6Cx4Ztk


Oh
Now that you know
What I couldn't show you
Take it away

Oh
Now that you see
What I've kept in hiding
Take it away
Take it away
Take it away

I never realized
Rearrange in the back of your eyes
Press me down and hold my face
Hold me slow
What I hear is change
It'll be okay
You take me away
You take me away
You take me away





La vie était aussi douce que la crème des cupcakes que je m’étais mise à cuisiner frénétiquement, remplissant toute ma maison grisâtre d’une odeur de vanille sucrée et d’une traînée de vermicelles colorées que je répandais dans les couloirs. Jamais les colorants alimentaires ne m’avaient semblé si saturés, l’air du four si chaud lorsque j’en ouvrais la porte ; tous mes sens étaient complètement remontés à bloc et mon cœur battait si fort en permanence que j’avais l’impression d’entendre un morceau de batterie en boucle dans le coin de mon oreille. Quand je marchais, j’étais persuadée que mes pieds restaient quelques secondes de trop en l’air, comme si je lévitais pour de bon. C’était ça, pensai-je chaque matin en me réveillant. C’était ça, vivre. Je ne voulais jamais m’arrêter.

J’avais arraché les vieux dessins et posters des murs de ma chambre, et acheté de la peinture bleu ciel, du même bleu que les yeux de Scott, simplement un peu plus chaud. Les siens étaient toujours glaciales, mais pourtant, ils étaient doux, comme une brise d’été qui bruisse dans les feuilles des arbres. En y pensant, je manquai de tomber de l’échelle sur laquelle j’étais perchée, et je fis couler quelques gouttes de peinture sur le lino au sol. Peu importe. Je peignai plusieurs couches, sans prendre vraiment soin de dégager les angles, mais tant pis, maintenant, il ferait toujours beau dans cette chambre. Maman adorait le bleu. Peut-être que je retrouvais un peu de ses yeux aussi, dans cette couleur. Avec de la vieille peinture acrylique que je trouvai dans mes affaires, je peignai également quelques fleurs roses au-dessus de mon lit, comme une petite couronne, et j’ajoutai deux petites abeilles. J’étais sûre que Maman aurait été une Poufsouffle elle aussi, si elle avait pu. Une fois le mur peint et sec, la première photo que je collais fût l’une de Maman, juste au-dessus des abeilles, de ma tête de lit, comme si elle était devenue mon ange gardien. J’embrassai la photo avec un petit sourire. Si elle veillait vraiment sur moi, elle devait être fière de moi, j’en étais sûre.

Je découpai du papier et composai une guirlande qui lisait « Dancing Queen » et l’accrochai au-dessus de mon bureau, et, privée de magie hors de Poudlard, je me contentai de scanner les lettres de Scott pour en découper mes passages préférés et les coller également au mur, avec des passages de mes livres favoris que j’avais calligraphié à l’encre. J’ajoutai des photos de Sergheï et moi, il évitait toujours les appareils, mais j’avais réussi avec le temps à voler quelques clichés, certains immobiles, d’autres magiques, brillant tous de la même énergie. Je triai mes posters, jetant en riant celui des Backstreet Boys, et j’accrochai des dessins, un immense poster de l’album Yellow Submarine des Beatles. Je n’accrochai qu’une seule photo de ma famille au complet, et me contentai ensuite de photos de Maman et moi, de Maman seule, toujours aussi belle, lumineuse. Elle me manquait tellement fort, j’avais envie qu’elle soit là avec moi, mais j’avais aussi l’impression qu’elle l’était un peu. Je couvris le reste de photos de Scott, que j’avais également photocopié, car je voulais en amener à Poudlard. La pauvre imprimante familiale ne réagissait pas très bien aux photographies magiques, mais tant pis. Je voulais absolument que Scott soit à la fois ici, comme pour protéger chez moi, et à Poudlard, pour veiller sur moi. Je mis dans un petit cadre le polaroid de lui que j’avais pris sur le bateau en Suède, et le posai sur ma table de chevet, me mettant à rire. J’étais devenue débile, niaise.

J’étais tombée amoureuse.

Je jetai un regard sur la dernière lettre de Scott, son écriture appliquée, précise. Elle était plus courte que d’habitude, et il avait mis un peu plus de temps à répondre. Il avait l’air préoccupé, sûrement par son travail, et je redoublai donc d’efforts pour être à l’écoute et encourageante dans mon courrier. J’avais envie de le tenir dans mes bras, de l’embrasser, maintenant que je le pouvais, et j’avais bien du mal à prendre mon mal en patience. Ce que ce baiser m’avait insufflé, c’était une énergie tellement forte, tellement euphorique, et je ne tenais plus en place. L’explosion colorée qu’était les nouveaux murs de ma chambre en était l’illustration, les cupcakes aussi, mes heures à lire, dessiner, courir, grimper aux arbres, jouer avec Freja, à trier les affaires de Maman en riant et en pleurant… J’avais l’impression de rattraper le temps perdu. Je voulais plus de temps, je voulais Scott, partout, tout autour de moi. Je n’avais jamais ressenti une sensation aussi forte, aussi viscérale. C’était si rassurant, comme si tout prenait enfin sens. Et j’étais fatiguée de faire semblant. Je voulais crever l’abcès.


- J'ai refait des cupcakes, tu en veux ?

Mon père regardait la télévision d'un air absent, les images se reflétant dans les verres, plus vives que les lumières dans ses pupilles. Il fronça légèrement les sourcils, parce qu'il m'avait entendu, mais il ne réagit pas. Je posai le plateau sur la table basse, et me mis devant la télé, les poings sur les hanches.

- J'ai commencé à trier les affaires de Maman, je pense que ça serait bien de faire du ménage, et puis il y a des affaires à elle que j'aimerais garder.

Cette fois-ci, il m'adressa un regard, l'évocation de Maman avait piqué son intérêt, lui qui n’en parlait jamais, mais je sentis qu'il se refermait un peu plus, comme si la petite décharge électrique le faisait fuir.

- Tu en penses quoi ? Insistai-je, bloquant son champ de vision, l'empêchant de regarder la télé.
- Oui, oui, pourquoi pas...

Ma poitrine me picotait. J'étais tellement heureuse que soudain le désespoir de mon père me donnait envie de le secouer, je n'avais plus le recul ni la patience. Je lui en voulais tellement : pourquoi Maman était-elle restée avec un homme si triste, si fermé ? Il avait tant vécu son optimiste par procuration, s'abreuvant de la tendresse de Maman, et maintenant il était incapable de vivre, d'exister. Mais nous, nous étions en vie, et j'avais honte de la façon dont nous avions vécu, dont mon père vivait encore.  Maman aimait vivre, nous lui devions bien cela.

- Tu sais, on pourrait parler d'elle parfois. Elle me manque beaucoup. Pas toi ?
- Bien sûr que si,
murmura-t-il, sa voix coincée dans sa gorge.
- Et tu sais bien qu'elle n'aimerait pas qu'on se laisse mourir.
- Hmmm...


Mon cœur s'était mis à battre un peu trop fort. J'aurais pu partir, abandonner, mais le visage de Scott s'imposa à moi. Il me faisait vivre, il me donnait envie de me battre... Et je voulais que ma famille se batte aussi. Je voulais avoir essayer.

- J'ai l'impression de ne plus exister, dis-je alors d'une voix forte.

Mon père me regarda droit dans les yeux, mais c'était comme si j'étais une fenêtre en verre. Que voyait-il derrière moi ? Le reflet de Maman ? Il ne dit rien, mais cette fois-ci, je compris. Mes cheveux colorés ne suffisaient pas. Je ressemblais trop à Maman. Voilà ce qu'il se disait.


- J'en ai marre, affirmai-je.
- Apple...
- Quoi « Apple » ? Quoi ?!


Mais il se referma, incapable de parler. J’étais tellement en colère qu’il soit là… Ça aurait dû être lui, pensai-je alors, et la honte me brûla les joues. C’était horrible de penser une telle chose, et pourtant, j’avais l’impression que mon père faisait tout pour nourrir ma rancœur.

- Quoi ? Répétai-je, énervée.
- C'est... Compliqué.
- Tu crois que je ne le sais pas ?! Tu crois que c'est facile pour moi ?! Elle me manque tous les jours, mais nous on est vivant, et tu sais quoi ?! J’en suis heureuse ! Je suis heureuse !
M’exclamai-je, et soudain je me mis à rire, sous le regard surpris de mon père. Et tu pourrais l’être aussi, tu pourrais honorer ça, au lieu de… De rester enfermé dans cette maison fantôme !

Ne pouvait-il pas voir que ses enfants étaient vivantes, que lui aussi, qu’il restait tant à faire ?! Mais il était immobile, passif, il se laissait ronger par la tristesse, il était incapable, et j’avais envie de lui crier dessus, pour la première fois de ma vie, j’avais vraiment envie de crier sur quelqu’un. Mais mon père était tellement effacé que je me serais acharnée, et ça ne servait à rien.

- Désolé, lâcha-t-il sans conviction.

Je le déteste, pensai-je, mais les mots restèrent dans ma gorge. A quoi bon ? Mon bonheur n’était plus ici, plus avec lui. J’avais pris soin de le construire ailleurs. Ma maison était ailleurs, elle était quelqu’un, quelqu’un que j’aimais et ça me suffisait. Maman aurait compris. Je jetai un dernier regard à mon père, me sentant triste, mais presque soulagée. Aurevoir, lui dis-je doucement, aurevoir à tout ce que je voulais que tu sois et me donnes.

Je remontai dans ma chambre et attrapai mon bloc note, écrivant en énorme sur une page « Mon père est une quiche, vivement que je parte. Demain 10H30, ton jardin ? Pleins de trucs à te dire (: xxx » et l’accrochai sur ma fenêtre pour Sergheï, que je n’avais pas vu depuis dimanche et ignorait mon fameux baiser, et parti me doucher en chantonnant.

Dans le fond de la baignoire, l'eau lilas se diluait jusqu'à devenir transparente et brillante, et je secouai ma tête en riant, sentant un poids qui s'ôtait de mes épaules. Dans le reflet du miroir, je vis Maman, pour la première fois depuis des mois, mais à l’inverse de mon père, cela ne me rendit pas triste. Au contraire. Je me mis à sourire doucement, sentant les larmes me monter. Toutes les émotions de ces derniers jours me secouaient autant qu’elles me réconfortaient, et j’avais simplement hâte de les partager avec Scott. Il ne m’avait pas relancé pour notre week-end à la fête foraine et il me manquait terriblement. J’avais envie de le voir maintenant…

… Qu’est-ce que j’attendais, me demandai-je le lendemain matin, alors que j’étais partie faire les courses pour cuisiner un gâteau. J’étais tellement débordante d’énergie que j’avais à peine dormi, et m’étais lever tôt, profitant des lumières de l’aube hivernale. J’avais assez d’argent pour un billet de bus, et je marchai jusqu’à la gare d’un pas déterminé, prête à acheter un ticket et rentrer faire mon sac à dos ; mais la dame du guichet m’indiqua qu’il n’y avait plus qu’un bus de libre aujourd’hui et qu’il partait dans vingt minutes. C’était un signe, non ? Tant pis pour mes affaires, j’avais mon sac à dos avec Freja blotti dedans, mon vieux mp3, mon livre et mon porte-monnaie, il ne fallait pas plus. J’achetai le billet et montai dans le bus sans réfléchir. Bon, je n’étais pas si bien apprêtée que ça, mes cheveux étaient emmêlés, mon collant était troué et j’avais mes vieilles bottines abîmées, mais Scott serait trop poli pour dire quelque chose. Et puis, j’avais ma jolie robe longue avec des tournesols, le gilet rose de Maman qui me portait bonheur. Je m’enroulais dans ma doudoune et me callai contre la vitre du bus, regardant pensivement par la fenêtre. Il faudrait que je prévienne Sergheï en arrivant, pensai-je en me rappelant le mot que je lui avais laissé à la fenêtre. Pour l’instant, la perspective de Scott était la seule chose que j’avais en tête.

J’en avais presque oublié qu’il travaillait, et que j’allais arriver trop tôt chez lui… Bon, tant pis, je n’étais plus à ça près. Londres était froid et pétillant, j’achetai un chocolat chaud et me promenai un peu à Hampstead Heath avant de débarquer chez Scott et de m’asseoir sur ma doudoune posée sur son paillasson – il m’aurait sûrement grondé en me disant que c’était sale, mais ça m’était franchement égale. Mon cœur battait fort jusqu’au bout des doigts. Que dirait-il en me voyant ? Est-ce qu’il aimerait mes cheveux blonds ? Est-ce qu’il m’embrasserait en premier ?

J’étais si absorbée par mes visions euphoriques que je n’entendis les pas de Scott que lorsqu’il arriva en haut de l’escalier, et nos regards se croisèrent en même temps, et je bondis sur mes pieds, brusquant Freja qui jouait sur mes genoux, mes jambes tremblantes – il avait l’air si surpris, quoi, c’était mes cheveux, il ne me reconnaissait plus ou quoi ?!


- Suuuurprrr…. Mais Scott plongea son visage dans ses mains et éclata en sanglots, me coupant complètement dans mon élan. Je me précipitais vers lui, mais il eut un mouvement étrange, comme s’il prenait peur, comme si quelque chose c’était trop pour lui. Mais, euh, bah, qu’est-ce qu’il se passe, il s’est passé quelque chose ?!

Je tendis ma main vers lui, mais il me fit un signe de la tête, et je m’écartai, parce qu’il avait l’air d’avoir besoin d’espace, et tout à coup je me mettais à imaginer le pire, est-ce qu’il était arrivé quelque chose à son travail, ou à ses amis, sa famille ?!

- Oh, Scott, tu peux me parler, je suis là, murmurai-je d’une petite voix encourageante, prenant soin de garder mes distances pour ne pas le brusquer, ma main toujours tendue vers lui, le suppliant silencieusement de la prendre, parce que tout mon corps palpitait d’inquiétude et d’envie de le prendre dans mes bras pour calmer son chagrin dont j’ignorais la cause.

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Scott McBeth


Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeLun 8 Avr - 12:15

Tous les jours, il était très simple d'oublier le marasme à l'intérieur de ma tête dès que je mettais un pied au Ministère. J'étais sous l'eau — nous l'étions tous — et je ne m'arrêtai que rarement, mes pauses se résumant à des discussions avec mes collègues, la pause déjeuner, ou bien les allers-retours aux toilettes. Pour la première fois depuis longtemps, je fus particulièrement ravi d'être sous l'eau. Ce dossier interminable sur les antennes-relais des Moldus, nos calculs sur les fréquences de toutes les ondes regroupées, ainsi que toutes les problématiques de voisinage ne m'avaient jamais parus si passionnants qu'en ce moment. Mes collègues n'avaient pas compris en quel honneur avais-je fait avancer le dossier si rapidement en quelques jours, et je n'avais pas pris la peine de leur expliquer. Le savais-je moi-même ? Pas vraiment. Je voulais juste éviter de penser, et le meilleur moyen pour que mon cerveau ne soit pas en roue libre était de le nourrir sans discontinu, de choses denses et complexes, pour qu'il n'ait pas un instant de répit. Le soir, évidemment, j'étais harassé de fatigue, mais cela ne suffisait pas. À la grande surprise de tout le monde j'acceptais trois soirs de suite des apéros entre collègues, et fus dans les derniers à partir. L'alcool me faisait dormir, et je me réveillais pour une nouvelle journée sur les chapeaux de roue. Je comprenais mieux Stephen et toutes les potions qu'il avait tenté de mettre au point pour arrêter de penser : elles m'auraient été aujourd'hui fort utiles.

Je ne voulais pas savoir, ni comprendre. Le fait qu’Apple m’ait embrassé était pourtant très clair, mais quelque chose à l’intérieur de ma tête refusait d’assimiler et d’acter ce qui s’était passé, ce que cela signifiait et les changements potentiels que cela allait entraîner. En vérité, je n’étais pas prêt. Je l’avais vu venir, mais je n’étais pas prêt. Apple ne pouvait sans doute pas comprendre pourquoi je réagissais ainsi, et je savais pertinemment que ce n’était pas une réaction normale, mais tous mes vieux souvenirs me revenaient en cascade et m’étouffaient en plus, comme si les vagues s’écrasaient contre moi une par une sans que je puisse me relever et sortir de l’eau. L’amour qui dérivait de l’amitié, c’était bien trop risqué. Je m’étais engagé deux fois dans cette voie et il en avait résulté de belles catastrophes… Je ne voulais pas redevenir celui que j’avais été après Taylord, après Haley. Quand la donne changeait ensuite, il était impossible de revenir en arrière. J’aimais Apple de tout mon cœur mais je ne voulais pas la perdre, ni perdre ce que nous avions, ce que nous partagions, ce qu’elle m’apportait. Risquer de donner libre court aux sentiments que j’avais pour elle était risquer de tout perdre une nouvelle fois.

Le hibou que je recevais me laissa perplexe quelques secondes, avant de m’affoler d’un coup. L’écriture de Sergheï était très claire, pourtant, mais je ne voulais pas comprendre. Apple, partie ? Disparue, envolée ? Ses affaires étaient là, mais elle non, et il craignait quelque chose, était-elle chez moi ? Pas du tout. Nous ne devions pas nous voir avant le week-end et de toute façon je n’y avais pas encore pensé, tout préoccupé que j’étais. Même ma lettre avait été courte, distante, je me sentais pieds et poings liés face à une falaise.

La meilleure des façons pour éclaircir cette affaire était d’y aller moi-même, je prévins mes collègues et transplanai sans plus tarder chez les Hunt. J’y trouvais Sergheï, le père d’Apple visiblement dépassé par les évènements (je compris en le voyant l’ampleur du vide qu’elle trouvait chez elle) et souris en voyant sa chambre, colorée, lumineuse, un peu délirante, avec toutes les photos des gens qu’elle aimait. La mienne y figurait évidemment, et j’en détournais les yeux, un peu gênés. J’avais l’impression qu’aujourd’hui le baiser d’Apple était matériel et se voyait comme le nez au milieu de la figure, dans sa chambre, sur ma tête.

- Bon. On fait tour dans le quartier, après je rentre et je reste chez moi, au cas où elle y arrive. On verra si on prévient quelqu’un…

Nos recherches furent infructueuses. Étrangement, mes idées restaient plutôt claires, froides, comme si elles se détachaient parfaitement de ce qui était en train de se passer. Pourtant Apple avait disparu sans laisser de consigne mise à part un petit papier où elle disait me retrouver demain… C’était inquiétant. Si l’on s’en tenait aux faits, c’était inquiétant. Et je ne savais pas à quoi m’en tenir d’autre. Je finis par rentrer à Hampstead, après que nous soyons revenus chez les Hunt et que Sergheï et moi ayons établi un plan d’attaque. Cela ne servait à rien que j’attende avec lui. De retour dans ma rue, je sentis que tous mes muscles étaient contractés, mes poings serrés. Et si Apple s’était aussi enfuie à cause de moi ? Et si elle avait senti mon état et qu’elle l’avait interprété différemment ? Et si elle s’était vraiment disputée avec son père et qu’il nous avait menti ? Et si tout simplement elle était allée se promener seule et qu’il lui était arrivé quelque chose ? Et si on l’avait agressée, kidnappée,… ? J’envisageais le pire, de plus en plus. Et je ne pouvais rien faire.

Arrivé en haut des marches, sur le perron, je sentis littéralement mon cœur se décrocher et tomber en rebondissant au fond de mes talons. C’était comme si j’avais fait un manège trop vite et trop longtemps — la tête me tournait, mon équilibre s’effritait. Apple était là, dans un mélange de couleurs et de tissus et de fleurs, tout sourire, comme si de rien n’était. Sa voix me fit sursauter et je reculai instinctivement, tandis qu’elle se figeait. Incapable de céder au flot de mes émotions, trop longtemps retenue cette semaine, j’explosai en sanglots, et les vannes de mes larmes s’ouvrirent pour emporter le trop plein que je refusais de charrier ces derniers temps. Apple s’avança encore et je fis non de la tête, elle ne comprenait pas, ça se voyait, ce n’était pas ce qu’elle pensait. Je m’assis sur la dernière marche, le temps de me calmer. Le quartier était plongé dans l’obscurité et il y avait simplement quelques lumières par ci par là, quelques sons du soir, tout d’un coup très peu de bruit, j’avais l’impression que la fanfare dans ma tête assourdissait tout le monde.


- Mais enfin, on était morts d’inquiétude, dis-je en la regardant après de longues minutes et en essuyant mon visage. Je reviens de chez toi, Sergheï m’a écrit, tu avais disparu ?!

Elle était bien drôle de me demander ce qui se passait, quand depuis des heures nous essayons justement d’avoir la réponse à cette question. Maintenant qu’elle était là, j’étais rassuré, vu son attitude elle n’avait rien traversé de dramatique, il ne lui était rien arrivé. Sauf que mon stress n’avait visiblement pas envie de s’en aller, et que le fait qu’Apple se trouve là devant moi, chez moi, me plongeait aussi dans un état de nerfs incontrôlable.


- Tu ne peux pas faire ça aux gens, tu te rends compte ? Je n’aime pas les surprises, encore moins quand elles donnent l’impression que tu as été enlevée !

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‖▹
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The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Apple Hunt


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MessageSujet: Re: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeJeu 11 Avr - 21:19

https://www.youtube.com/watch?v=OWlKZ6C7cDY


Darling you're with me, always around me
Only love, only love
Darling I feel you, under my body
Only love, only love
Give me shelter, or show me heart
Come on love, come on love
Watch me fall apart, watch me fall apart

And I'll be yours to keep



Ce n’était pas ce que je m’étais imaginée… Mais à vrai dire, je n’étais pas sûre de m’être imaginée quoi que ce soit, maintenant que j’y pensais. J’avais juste pensé que je retrouverais Scott, que je lui sauterais dans les bras, qu’il s’étonnerait de me voir là et qu’on se serait embrassé en riant bêtement, un peu gênés peut-être, et que le reste aurait continué comme d’habitude, que nous serions restés Scott et Apple.

Si Scott avait eu un problème personnel, il m’en aurait parlé par lettre, j’en étais persuadée, il y avait quelque chose d’autre, quelque chose que je ne saisissais pas. Est-ce que mon baiser l’avait rendu malheureux ? Est-ce qu’il ne voulait pas me voir ?! Il s’était assis sur la dernière marche des escaliers et je m’étais agenouillée près de lui, en veillant à ne pas trop l’approcher de peur de le brusquer à nouveau. Mon cœur était lourd de le voir si triste, sans comprendre ce qui se passait ou comment l’aider. Je n’aimais pas savoir Scott malheureux, je n’avais qu’une envie, le prendre dans mes bras et le serrer très fort pour aspirer tout son chagrin. Je l’aimais tant.


- Mais enfin, on était morts d’inquiétude. Je reviens de chez toi, Sergheï m’a écrit, tu avais disparu ?!

Je le fixais, interdite, les pièces s’emboitant petit à petit dans ma tête. Scott pleurait toujours et Freya lui grimpa sur les genoux en couinant doucement.

- Mais, euh, non, je… Je voulais juste venir te voir, sur un coup de tête, balbutiais-je un peu perplexe, mes yeux toujours comme deux petites soucoupes.

Comment aurais-je pu penser une seule seconde que Sergheï se serait tant inquiété ?! Il n’était pas rare que je change mes plans au dernier moment… Certes, maintenant que je m’arrêtais sur les petits détails, je commençais à comprendre. Le mot à propos de mon père, ou comment je m’étais volatilisée sans aucune de mes affaires… Bon, oui, peut-être que ça pouvait prêter à confusion. Mais… J’étais moi, ils savaient bien que j’avais juste dû avoir une nouvelle idée loufoque, non ?! Je voulais juste retrouver Scott… Le fossé entre les réalités de nos journées me paraissait infini.


- Tu ne peux pas faire ça aux gens, tu te rends compte ? Je n’aime pas les surprises, encore moins quand elles donnent l’impression que tu as été enlevée !

Mon cœur se pinça très fort dans ma poitrine, inquiet de toute l’angoisse que j’avais créé malgré moi, toute enveloppée que j’étais dans mon euphorie égoïste.

- Je suis désolée, je comptais écrire à Sergheï en arrivant chez toi et je ne pensais pas que quelqu’un remarquerait, enfin, pas mon père, tu vois… Je voulais juste te voir. Je te demande pardon, je ne voulais pas t’inquiéter, murmurai-je toute penaude.

J’avais envie de prendre sa main dans la mienne, d’embrasser sa joue, ses lèvres, de le faire rire. Mais tout à coup j’étais interdite de tout mouvement, apeurée de lui faire à nouveau de la peine.


- Tu veux pas qu’on rentre ? Demandai-je d’une petite voix.

Il eut un petit moment de flottement avant que finalement il se lève, je récupérai mes affaires sur son paillasson et on rentra dans son appartement tout propre qui sentait bon les fleurs et la bougie à la fleur de coton. J’évitai de toucher Scott, me contentant de faire un geste maladroit vers le canapé pour qu’il s’installe.


- Je vais te faire un thé, ça va te faire du bien, dis-je en me précipitant dans la cuisine pour m’occuper les mains.

Je fis tomber la boite à thé par terre, manquai de renverser de l’eau chaude partout, mais je revins rapidement avec une tasse fumante que je posais sur la table basse devant le canapé. J’avais envie de la tendre à Scott, de sentir ses doigts effleurer les miens quand il la saisirait, pourtant je n’en avais presque plus le droit, comme si je risquais de le froisser un peu plus à chaque mouvement.


- Euh, je vais envoyer un petit mot à Sergheï, expliquai-je presque plus pour moi que pour lui.

Je récupérai un bout de parchemin sur lequel je griffonnais « tout va bien, je suis chez Scott, je t’expliquerai, pardon je ne voulais pas t’inquiéter, je t’aime xxxxx » et le donnais au hibou de Scott. Et maintenant… Bon. Il ne fallait pas fuir. Je m’installai sur le canapé, un peu en retrait pour ne pas brusquer Scott qui semblait encore dans tous ces états. J’inspirai, pour me donner un peu de courage.


- Je sais que tu n’aimes pas les surprises, mais je pensais que ça te ferait plaisir de me voir, vu que, bah, tu vois, maintenant qu’on est…Mais je me stoppai, sentant la nervosité de Scott enfler comme un ballon immense dans la pièce. Ce « on » avait l’air de le bouleverser. Mon cœur commença à s’emballer. Euh, enfin, je croyais, mais euh, j’ai peut-être mal compris, on est pas obligé, je veux pas que… Euh, si tu veux pas, mais, euh, je pensais que tu voulais…

Je m’emmêlais malgré moi. Petit à petit, je réalisais que j’avais tant absorbée dans mon hystérie que je n’avais même pas songé que les choses pouvaient être différentes pour Scott. Bien sûr, je me demandais un peu ce qu’il pensait de tout ça, mais après tout ce que nous avions vécu, tous ces mois où notre relation avait évolué… Il avait été dans mon sens lui aussi, ses gestes, son regard, j’avais bien compris que c’était réciproque, non ? M’étais-je tout imaginé ? Ou alors était-ce ses vieux démons qui revenaient, peut-être qu’il prenait peur ?

Je ne voulais pas lui faire peur, moi, je voulais lui donner tout l’amour qu’il m’inspirait, qu’il méritait… Il fallait que je sois courageuse, pour nous deux. C’était ça que la présence de Scott m’insufflait, après tout : le courage d’être heureuse, de vivre, d’être vulnérable.


- C’est juste que, euh… Je t’aime. Enfin, je te l’ai déjà dit, mais là, je veux dire, c’est pour de vrai, tu vois ? Enfin, je suis amoureuse de toi, quoi, avouai-je enfin, en regardant Scott dans les yeux sans pouvoir m’empêcher de sourire malgré tout, parce que c’était trop doux de pouvoir enfin lui dire.

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Scott McBeth


Scott McBeth
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MessageSujet: Re: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeMer 8 Mai - 17:22

Sur un coup de tête. Sur un coup de tête ! Non mais, elle en avait du culot ! Je me sentais trembler de partout sous le coup de ces sanglots qui n'en finissaient pas et qui évacuaient tout le stress que j'avais accumulé en cette journée compliquée. Penaude, Apple avait l'air de quelqu'un qui prend conscience de ce qu'il vient de faire et mesure l'ampleur de son erreur. Tant mieux. Je refusais de devoir m'inquiéter ainsi, surtout lorsqu'il s'agissait d'elle.

- Je suis désolée, je comptais écrire à Sergheï en arrivant chez toi et je ne pensais pas que quelqu’un remarquerait, enfin, pas mon père, tu vois… Je voulais juste te voir. Je te demande pardon, je ne voulais pas t’inquiéter.

- Ça serait bien que parfois tu sortes de ta bulle ! répondis-je, excédé, trop sans doute, mais c'était un tout : j'étais agacé, agacé de mon état depuis une semaine, agacé depuis la situation, agacé d'avoir été si inquiet, agacé de son attitude, agacé de la mienne. Je regrettai tout de suite de lui avoir parlé si durement car je n'aimais pas faire ça, mais mes lèvres restèrent closes pour autant. J'en avais marre d'être le gentil Scott qui ne se prononce jamais, et j'étais dans un état de nerfs trop critique de toute façon.

La voix étranglée d'Apple me parvint de loin et je hochai la tête tout en faisant un petit signe de la main pour lui signifier d'attendre. Oui, nous allions rentrer, évidemment, nous n'allions pas rester dehors toute la nuit. Bien que je sois tenté de la renvoyer chez elle en transplanant pour lui faire comprendre que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait, je n'avais pas envie de passer la soirée sans elle, et maintenant qu'elle était là... Je pris quelques minutes pour me calmer, essuyer mes larmes qui se calmèrent peu à peu, pour bien respirer. Tout était bien qui finissait bien, voilà ce à quoi je devais me raccrocher. Et puis, j'allais pouvoir lui parler... Lui dire... Mon coeur s'emballa. En fait, c'était bien tout le problème : nous allions enfin parler. Moi qui repoussais l'échéance depuis qu'elle m'avait embrassé, je me retrouvai envahi d'un stress qui affluait un masse, bien content de remplir tout l'espace que je ne lui avais pas laissé jusque là.


- Je vais te faire un thé, ça va te faire du bien, elle joignit instantanément le geste à la parole tandis que je m'installai dans le canapé après avoir ravivé le feu d'un coup de baguette magique. Évidemment, j'entendis des bruits de partout : Apple et sa maladresse légendaire. Elle revient avec un tasse fumante et je l'en remerciai. Euh, je vais envoyer un petit mot à Sergheï, dit-elle en me devançant.

Je fis oui de la tête et la laissai l'écrire, tout en soufflant doucement sur l'eau chaude pour que je puisse la boire. C'était le moment. Les flammes de la cheminée dansaient gaiement devant moi et je sentais leur chaleur me gagner peu à peu. J'avais peur, c'était indéniable. Mais j'en avais envie aussi. Par quel bout saisir le problème exactement ? Heureusement, ce fut Apple, visiblement nerveuse elle aussi, qui amorça la discussion.


- Je sais que tu n’aimes pas les surprises, mais je pensais que ça te ferait plaisir de me voir, vu que, bah, tu vois, maintenant qu’on est… Euh, enfin, je croyais, mais euh, j’ai peut-être mal compris, on est pas obligé, je veux pas que… Euh, si tu veux pas, mais, euh, je pensais que tu voulais…

Hmm. J'essayai de garder mon esprit au clair pour être certain de moi, de ce qui se passait et se disait, mais les hésitation d'Apple ne m'aidaient pas trop. Je lui jetai un regard interrogatif.

- Bien sûr que je suis content de te voir, ce n'est pas la question, dis-je avec une voix beaucoup plus amicale que quand je lui avais sauté à la gorge tout à l'heure.

- C’est juste que, euh… Je t’aime. Enfin, je te l’ai déjà dit, mais là, je veux dire, c’est pour de vrai, tu vois ? Enfin, je suis amoureuse de toi, quoi.

... Ah. D'accord. Bon. Eh bien, voilà qui me mettais les idées plus au clair. Je me figeai une seconde, posai la tasse de thé sur la table basse, pinçai les lèvres, frottai mes genoux du plat de mes mains. Eh bien, eh bien, eh bien... Mon coeur avait triplé de volume. En vérité, il était devenu si gros qu'il envahissait peu à peu le moindre interstice entre mes entrailles, se glissait entre mes côtes, me remontait jusque dans la bouche... Mais c'était agréable, c'était même merveilleux, comme sensation : j'étais léger comme tout, et parcouru d'un courant tiède et frais à la fois, j'avais envie de sourire pour tout le reste de ma vie. Voilà : c'était clair, n'est-ce pas ? Apple était amoureuse de moi, j'étais amoureux d'elle. Elle m'avait embrassé parce qu'elle voulait être avec moi. Non pas que j'en avais douté. Mais moi... Je n'avais pas compris ce que je voulais exactement, et j'avais eu peur de le savoir. En cet instant, tout était différent. Apple n'était ni Taylord ni Haley ni Stephen. Apple n'en avait pas rien à faire de moi : elle me l'avait montré à maintes reprises. Comme me l'avait dit Ruby, il fallait que j'apprenne à faire confiance aux gens qui en étaient dignes, et Apple faisait partie de ces gens-là.

Je me tournai vers elle, beaucoup plus apaisé à présent. Je lui fis un sourire et me penchai vers elle ; après avoir pris son visage entre mes mains je l'embrassai, tout simplement. Quand nos lèvres se séparèrent, j'eus l'impression d'émerger d'un long et merveilleux rêve, lumineux et délicat et pétillant à la fois.


- Maintenant c'est plus clair, dis-je en sentant que mes joues chauffaient. Je n'arrivais pas à m'arrêter de sourire. Évidemment que je suis amoureux de toi moi aussi, je crois que ça crève les yeux. Je me mis à rire doucement, tout me paraissait drôle et extraordinaire à la fois. J'étais heureux. J'ai juste, euh... Paniqué, cette semaine, je crois. Je me mis à rire de plus belle, avec elle. J'enroulai un bras autour de ses épaules pour la tenir plus près de moi. C'était toujours un peu bizarre, de passer à l'intimité amoureuse de la sorte, et j'étais légèrement gêné parce que j'étais fait ainsi, mais il y avait un côté très naturel tout de même, et le fait que le visage d'Apple me renvoie un tel bonheur me mettait à l'aise de toute façon. Mes doigts se portèrent à sa joue pour la caresser.

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MessageSujet: Re: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeDim 12 Mai - 19:28




C’était de nouveau l’un de ces moments où la réalité semble ralentir, comme si les grains de sable de l’immense sablier du temps restaient en suspension quelques secondes de trop. Scott posa sa tasse, lissa ses paumes sur ses genoux, se redressa légèrement. Ses lèvres s’étaient pincées avant de s’étirer en un petit sourire qui accéléra mon cœur. Devais-je avoir peur de sa réaction ? Pouvais-je seulement imaginer que mes sentiments ne soient pas réciproques ? Tout menait à cet instant, pourtant, tous ceux que nous avions partagé, tout le chemin parcouru à présent étendu sous nos yeux. Ce premier soir dans le couloir de Poudlard… Comment aurais-je pu deviner tout ce qui en découlerait ? Pourtant, à présent, l’idée que Scott ne soit pas dans ma vie me paraissait loufoque, comme s’il avait toujours été là, une fondation si stable qui m’illuminait toute entière. Il se tourna vers moi, me sourit, et je sus qu’il comprenait. Mon cœur éclata dans ma poitrine.

La suite, le simple mouvement, ses mains sur mon visage ; tout s’enchaîna comme dans un rêve, puis toute l’électricité en moi remonta du bas de mon ventre jusqu’à mes lèvres pour imploser dans mes poumons. C’était tellement fort et tellement simple à la fois. Tous les morceaux de mon âme s’emboitèrent parfaitement et je me sentis tellement entière, pour la première fois depuis des mois. Au milieu, le trou immense laissé par la mort de Maman était toujours là, mais ses bordures brillaient d’une lueur aux couleurs du printemps.


- Maintenant c'est plus clair. Évidemment que je suis amoureux de toi moi aussi, je crois que ça crève les yeux. J'ai juste, euh... Paniqué, cette semaine, je crois.

C’était presque trop, mon sourire allait avaler mon visage entier. Il était amoureux de moi… J’étais amoureuse de lui… C’était trop beau, trop simple, c’était l’univers entier qui s’ouvrait sous mes pieds. Scott passa son bras autour de mon épaule et caressa tout doucement ma joue, envoyant mon cœur faire trente-six loopings. Instinctivement, je me collai contre son torse, et le serrai dans mes bras, comme j’en avais rêvé tout ces mois, mon corps complètement contre le sien, tout mon amour s’échappant de mes paumes sur sa peau. Je fermai très fort les yeux. C’était vrai, je ne rêvais pas. Pour la première fois de ma vie, j’étais incapable de parler, je n’en avais même pas envie tant tout mon être brûlait d’émotions.

J’aurais aimé que Maman soit encore en vie, que je puisse lui raconter combien j’étais heureuse en cet instant, mais une part de moi eut l’impression qu’elle le savait déjà. Qu’elle m’avait laissé mais qu’elle savait que je ne serais jamais seule, que d’autres personnes veilleraient sur moi. Mais surtout, je savais qu’elle aurait été tellement heureuse pour moi, qu’elle adorait Scott, qu’elle aurait été fière de moi, de nous. Je serrai Scott encore plus fort, retenant quelques larmes qui s’accrochèrent à mes cils.

Je relevai le visage vers Scott, me redressai, et collai mon front contre le sien pour frotter nos nez en riant.


- Tu transformes mon cœur en canon à confettis, murmurai-je, et je l’embrassai.

Cette fois-ci, mes mains se glissèrent dans sa nuque, dans ses cheveux, je l’embrassai aussi doucement et intensément que ce que l’amour qu’il m’inspirait. J’ignorais même que tout ça pouvait être si puissant et les souvenirs d’Espen me parurent bien loin. Quand finalement je m’écartai de Scott, j’avais le souffle court et mal à la poitrine, tellement retournée que j’avais du mal à soutenir son regard. Je déposai un dernier petit baiser sur ses lèvres, qui souriaient autant que les miennes, avant de m’écarter un peu et de prendre ses deux mains dans les miennes, mes pouces caressant ses paumes et le bout de ses doigts. J’avais envie qu’ils me caressent partout.


- Je voudrais que tu n’ais pas peur, tu sais, je t’aime pour de vrai, et ça fait longtemps. Je crois que ça fait même depuis la Suède, mais que j’ai mis du temps à comprendre, parce que c’était tellement spécial… Et puis après j’attendais que tu remarques que j’étais là, moi, que je t’avais choisi… Mais bon, la patience c’est pas mon fort alors j’ai fini par prendre les devants, le taquinai-je.

Peut-être que nous avions perdu du temps, mais je préférais croire que nous en avions gagné, que tout ceci avait permis de construire petit à petit une base plus stable, qui nous avait tous les deux rassurés. Pourtant, visiblement, ça n’avait pas suffi à Scott pour ne pas prendre peur, et je comprenais mieux pourquoi ces dernières lettres étaient si vagues et si courtes.


- Pourquoi tu as paniqué ? Je suis désolée, j’aurais dû le savoir… Mais tu sais, tu peux m’en parler, je peux comprendre, je sais que… Que c’est compliqué pour toi. Moi aussi, je ne veux même pas imaginer te perdre, dis-je d’une voix plus basse. Oui, je ne voulais même pas y penser, et pour Scott qui avait tant souffert de perdre ceux qui l’aimaient, tout ça devait réveiller tellement de choses. Mais je ne vais nulle part, moi tout ce que je veux c’est être avec toi ! Et puis, en plus, si ça se trouve, c’est toi qui un jour en aura marre de moi et mon hystérie, plaisantai-je en lui faisant une grimace, parce que j’avais envie de le voir sourire et rire à nouveau.

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MessageSujet: Re: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeJeu 30 Mai - 21:58

C'était aussi familier que déroutant. Apple était depuis toujours si tactile et dans l'effusion en tous genres qu'un contact physique avec elle n'avait rien d'anormal, mais celui-là était bien différent, je la serrai contre moi d'une manière qui n'avait jamais existé auparavant, et qui me plongeait dans une certaine fébrilité. C'était facile, certes, mais c'était nouveau ; mon expérience dans le domaine m'avait appris que je n'étais pas spécialement à l'aise au début, indépendamment du désir que je ressentais. Bizarrement, en cet instant, la gêne n'était pas ce qui prenait le dessus sur le reste. Je souriais comme un bienheureux, j'étais un peu anxieux ou juste dépassé par les évènements, je sentais tout un tas de choses à l'intérieur de moi, je bouillais comme un chaudron sur le point d'exploser, mais j'étais bien : merveilleusement bien. Le stress retombé, l'adrénaline avait pris sa place. Apple entre mes bras, contre moi, malgré sa finesse, n'était pas si petite, au contraire : elle était immense. Elle remplissait tout mon univers.

- Tu transformes mon cœur en canon à confettis, dit-elle avant de m'embrasser. C'était la meilleure réponse que je pouvais d'ailleurs lui apporter.

J'avais imaginé ses baisers différents — plus précipités peut-être, plus à son image ? Au contraire, ils étaient plus mesurés, intenses, simples. Ils m'emportaient tout entier. C'était comme dans les romans : une sorte de symbiose parfaitement romantique, la pièce manquante enfin trouvée, une sensation de plénitude complète pour la première fois. Mes sens, endormis depuis quelques temps, se réveillaient et s'agitaient tous azimuts.


- Je voudrais que tu n’ais pas peur, tu sais, je t’aime pour de vrai, et ça fait longtemps. Je crois que ça fait même depuis la Suède, mais que j’ai mis du temps à comprendre, parce que c’était tellement spécial… Et puis après j’attendais que tu remarques que j’étais là, moi, que je t’avais choisi… Mais bon, la patience c’est pas mon fort alors j’ai fini par prendre les devants.

Je me mis à rire : c'était peu de le dire ! C'était drôle, de l'entendre parler ainsi, de choses si sérieuses, de manière si sérieuse, et pourtant pas une seconde elle ne sortait de son rôle, comme si elle avait pris tout d'un coup en maturité.

- Pourquoi tu as paniqué ? Je suis désolée, j’aurais dû le savoir… Mais tu sais, tu peux m’en parler, je peux comprendre, je sais que… Que c’est compliqué pour toi. Moi aussi, je ne veux même pas imaginer te perdre. Mais je ne vais nulle part, moi tout ce que je veux c’est être avec toi ! Et puis, en plus, si ça se trouve, c’est toi qui un jour en aura marre de moi et mon hystérie !

Je baissai les yeux sur nos mains entrelacées, les miennes si grandes par rapport aux siennes, nos doigts fins entremêlés, eux aussi pour la première fois de cette manière. Mon sourire restait le même : immense et tranquille.

- Parce que, tu me connais, et puis on ne réagit pas du tout pareil. Deviner tout ça... Ça m'a angoissé, j'ai cru que j'allais me noyer dans mes propres pensées. On n'a pas trop la même façon d'appréhender les choses, toi et moi, dis-je en la regardant avec un petit sourire taquin. Je me suis imaginé le pire et je ne voulais plus rien anticiper. C'est ce que tu dis... Te perdre, me sentir abandonné par toi, je ne pourrais pas le supporter. Je sais que c'est la mauvaise façon d'aborder les choses de comparer avec le passé, Rose me l'avait expliqué, mais c'est plus fort que moi. En fait, j'ai eu l'impression que te laisser me choisir reviendrait forcément à ce qu'un jour je devienne ton second choix. C'est idiot, hein ?

J'avais murmuré ma dernière question dans un souffle, baissant ma voix, baissant de nouveau mon regard sur nos mains.

- J'ai toujours remarqué que tu étais là, Apple,
fis-je après une seconde de pause, plantant mon regard dans le sien. Même au début, même avant la Suède, même avant nos sentiments respectifs. Je n'aurais jamais pu ne pas te remarquer.

Elle était devenue si importante si vite, si dévouée, si amicale, si présente dans ma vie ! Ophelia avait toujours été ma meilleure amie mais avec Apple c'était différent : Ophelia était plus en retrait de moi, nos chemins se déroulaient l'un à côté de l'extérieur mais séparés, et se rejoignaient parfois ; Apple, elle, avait fusionné nos itinéraires pour qu'ils se frôlent et se recoupent sans cesse. Elle avait choisi de faire partie de ma vie, entièrement. Une vague de chaleur, d'amour, déferla en moi de nouveau, j'attrapai son visage entre mes mains — elles l'entouraient presque complètement ! Je restai à la regarder sans rien dire avant de coller mon front contre le sien et de fermer les yeux. Je voulais goûter à ce moment pour l'éternité. Peu importe la suite. Mon cerveau avait déjà bien chauffé à propos de la suite : elle allait venir ici encore plus souvent, et je redoutais déjà les périodes d'examens à Poudlard ou chargées à mon travail, qui nous sépareraient. J'avais envie que le temps s'arrête pour nous laisser le temps de profiter sans penser à rien d'autre.

- Merci de m'avoir remarqué, rajoutai-je en sentant que mon coeur s'emballait encore plus. Tu, hmm, tu as dîné au fait ? Tu restes ici ce soir ? Je repris ses mains entre les miennes, voulant la garder toute à moi.

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MessageSujet: Re: "Now that you see what I've kept in hiding." [S.]   "Now that you see what I've kept in hiding." [S.] Icon_minitimeLun 17 Juin - 0:14

Je n’aurais jamais pensé que me sentir si stabilisée aurait pu être si agréable. J’étais heureuse lorsque j’étais libre, perchée sur un arbre, en train de courir dans un parc, quand j’avais terminé tout mes devoirs et qu’il ne me restait plus rien à faire, seulement profiter. Aucune obligation, aucune limite, mes pensées comme des petites bulles de savon. Mais Scott était une ancre, il l’avait toujours été, lorsque j’étais proche de lui, mon corps entier pesait lourd et prenait racine dans le sol. Je me sentais tellement présente, les minutes qui coulaient étaient rapides et duraient pourtant des journées entières. Je les vivais, du début à la fin.

Est-ce que Scott ressentait la même chose avec moi, ou est-ce qu’au contraire je le faisais flotter ? Nous avions toujours été différent sur tellement de choses, à s’équilibrer parfaitement comme des poids sur une balance. Peut-être qu’il m’ancrait et que je le faisais voler, ou peut-être que notre amour était parfait pour ressentir les deux choses en même, tout le temps, jusqu’à en oublier un peu les sensations et les définitions. Peut-être qu’il n’y avait pas de mots et que je n’en trouverais jamais pour exactement décrire ce que je ressentais, quand la main de Scott glissait sur mon avant-bras, quand son regard pétillait en croisant le mien. Peut-être que c’était ça dont on parlait dans tous les chansons d’amour et les films romantiques, dans les pièces de théâtre que j’avalais à la pelle ; ce sentiment immesurable et euphorisant.

J’embrassai à nouveau Scott, du bout des lèvres. Oh… Oui, c’était ça. Ça devait être ça. Ce dont toutes les histoires d’amour que j’avais lues parlaient. Je le comprenais enfin.


- Parce que, tu me connais, et puis on ne réagit pas du tout pareil. Deviner tout ça... Ça m'a angoissé, j'ai cru que j'allais me noyer dans mes propres pensées. On n'a pas trop la même façon d'appréhender les choses, toi et moi. Je me suis imaginé le pire et je ne voulais plus rien anticiper. C'est ce que tu dis... Te perdre, me sentir abandonné par toi, je ne pourrais pas le supporter. Je sais que c'est la mauvaise façon d'aborder les choses de comparer avec le passé, Rose me l'avait expliqué, mais c'est plus fort que moi. En fait, j'ai eu l'impression que te laisser me choisir reviendrait forcément à ce qu'un jour je devienne ton second choix. C'est idiot, hein ?

J’hochai la tête, compatissante. Je comprenais ce qu’il voulait dire, même si je ne l’avais jamais vécu, je n’osais pas imaginer combien la perte de Scott m’aurait touché, et j’imaginais facilement combien il avait souffert dans son passé. J’eus une pensée pour Maman qui contracta mon cœur. Aimer quelqu’un aussi fort, c’était aussi accepter qu’une part de son bonheur dépende de lui, et qu’il puisse un jour disparaître. J’eus envie de supplier Scott de ne jamais partir là où je ne pourrais pas le suivre, mais je ne voulais même pas formuler l’éventualité. Il savait, de toute façon, ce que je ressentais, n’est-ce pas ? Il savait que j’avais peur de sa mort plus que tout, non ?

- Non, ce n’est pas bête, je comprends que tu penses ça, c’est des choses difficiles qui te font peur, murmurai-je doucement. Mais nous, c’est différent. Je sais qu’on ne peut pas faire des promesses sur les sentiments, mais je te promets que peu importe ce qui va se passer, ça sera différent du passé. Promis. J’embrassai sa joue avec un petit sourire.

Comment aurais-je pu de toute façon vouloir quelqu’un d’autre que lui ?! L’idée même me semblait incongrue. Mais je me demandais Haley et Taylor avaient eu la même, au début de leurs relations. Les choses étaient plus complexes, je le savais, mais je me connaissais assez aussi pour savoir que je ne mentirais jamais Scott, que je ne le tromperais pas, que je ne le trahirais pas. Quant aux sentiments… Je ne voyais pas pourquoi ils me quitteraient un jour. Ils étaient la chose la plus précieuse qu’il m’ait été donné de ressentir.


- On ne peut pas prédire le futur, mais on a beaucoup à vivre. Beaucoup de choses… Beaucoup d’années. Je le sens. En tout cas, c’est ce que je souhaite de tout mon cœur, affirmai-je avec force.

C’était peut-être un peu fort à dire après seulement quelques baisers, mais Scott me connaissait ; mes sentiments étaient réels, perçants, et je n’étais pas le genre à les retenir pour apparaître tempérée.


- J'ai toujours remarqué que tu étais là, Apple. Même au début, même avant la Suède, même avant nos sentiments respectifs. Je n'aurais jamais pu ne pas te remarquer.

Mon cœur envoya une onde de choc jusque dans le bout de mes doigts. Scott m’avait remarqué, il n’y avait pas de description plus parfaite, il m’avait remarqué lorsque personne ne voulait me voir, lorsque je n’étais plus devenue que ce fantôme fragile et endeuillé. Même Espen ne m’avait pas vu, pas vraiment, il avait projeté sur moi ce qu’il imaginait d’une fille parfaitement à son goût. Scott, lui, me voyait tout entière : sociale, solaire, ces petits nuages dans mon âme, ma maladresse, mes gestes emportées, mes éclats de rire et mes regards sombres, tout ce que je ne disais pas ou disais trop, il voyait tout et m’aimait tout autant. En retour, je le voyais aussi, ses larges épaules qui le faisaient ressortir des groupes dans lequel il essayait de se fondre, sa timidité douce et pourtant assurée, ses insécurités et ses opinions tranchées, son besoin de validation et sa propre individualité bien ancrée en lui. J’aimais tout, chaque partie de lui, même celles qu’il refusait de voir, même celles bien différentes de mon fonctionnement.

- C’est pour ça que je parle si fort et que je fais tout tomber autour de moi, c’est pour que tu me remarques, plaisantai-je en riant, le regard humide.

Scott avait entouré mon visage de ses mains, me faisant à nouveau vibrer tout entière, achevant le reste de mes blagues qui se noyèrent dans ma gorge. Pour l’une des premières fois de ma vie, je me sentais vraiment trop prise de court par mes sentiments pour pouvoir parler. La dernière fois que j’avais vécu une telle chose, c’était après la mort de Maman, le désespoir me terrassant. Mais cette fois-ci, j’étais simplement heureuse. Je ne savais même pas qu’on pouvait être muette de bonheur.


- Merci de m'avoir remarqué. Tu, hmm, tu as dîné au fait ? Tu restes ici ce soir ?
Il avait repris mes mains dans les siennes, j’étais partagée entre l’envie de les observer ensemble, comme des petits animaux qui essayaient de s’apprivoiser, et mon besoin de fixer le visage de Scott encore et encore, maintenant que je n’avais plus besoin de me cacher.

- Oh, non, juste un sandwich et des bonbons dans le bus, mais j’étais tellement hystérique, j’avais oublié qu’on avait besoin de manger pour avoir de l’énergie. J’haussai les épaules avec un sourire. Et euh, oui, je voulais rester, même si je n’ai même pas amené d’affaires, vu que c’était un peu sur un coup de tête, je me disais qu’on pourrait aller les chercher demain, qu’on pourrait rester ensemble jusqu’à la fin de mes vacances… Enfin, je me rends compte que j’ai eu peu tout prévu toute seule dans ma tête. Je ne veux pas m’imposer ! Je me mis à rire de la situation. C’est juste que j’avais envie de profiter de toi avant la rentrée. Déjà que tu me manques tout le temps à Poudlard, ça va être encore pire maintenant… Maintenant que je sais ce que ça fait quand je suis avec toi, quand je fais ça, je me penchais et lui piquai un baiser, ça va être trop horrible d’être loin.

Peut-être qu’il était plus commun de se montrer raisonnable au début d’une relation, mais la tempérance n’avait jamais été mon fort. De toute façon, j’aimais Scott, et il le savait déjà, pourquoi faire semblant de ressentir quoi que ce soit d’autre ?

- Je t’ai toujours choisi, tu sais, murmurai-je, repensant à ce qu’il m’avait dit quelques minutes plus tôt. Même quand j’étais avec Espen, au fond, je le savais. Mais c’était tellement… Fort, je ne sais pas, ça me dépassait un peu. Peut-être que moi aussi j’avais un peu peur au début. Mais je t’ai toujours choisi et je te choisirai toujours. Dans toutes les vies et tous les mondes, dans n’importe quelle version de la réalité, je te trouverai et je te choisirai.


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