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We just dance backwards into each other #Chuby5

 
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 We just dance backwards into each other #Chuby5

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Ruby Standiford-Wayland


Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 2201
Localisation : Cachée.
Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

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MessageSujet: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeLun 8 Avr - 14:52

Le sol et le ciel s’étaient inversés, ou peut-être que je flottais loin de toute gravité. Le lieu était familier, les grands couloirs, les panneaux lumineux et les annonces des vols et des portes. Il y avait quelques feuilles mortes sur le sol, une odeur de renfermé et de bois usé. J’étais assise, enveloppée dans une robe rose trop petite, puis j’avançais, je courais, avant d’être retenue par l’air trop épais, mes mouvements comme accrochés dans les minutes qui passaient. L’avion allait décoller, je le voyais au loin, j’attendais quelqu’un qui ne revenait pas. Personne ne revenait jamais. Je m’effaçais petit à petit, ma peau translucide et mon cœur lourd. Mais il y avait une silhouette… Je la devinais, je la connaissais. Elle avait des yeux noisette et un sourire qui pétillait. Quelqu’un faisait demi-tour pour moi. Une annonce résonna dans l’aéroport.

« Je ne regrette pas d'être revenu pour toi. »


***

- Non, interdit d’aller dans la salle commune ! M’exclamai-je en bloquant l’entrée de la chambre de Chuck, le chatouillant à moitié tandis qu’il prétendait se débattre pour m’embêter. Arrête ! J’attrapai ses mains, pour l’empêcher de m’attaquer, pour sentir ses paumes dans les miennes. Tu n’y vas pas avant 19h, promis ?

C’était peut-être sa journée, son anniversaire, mais je comptais bien être en charge jusqu’au bout. Ce matin, je m’étais levée particulièrement tôt pour cuisiner et j’avais réveillé Chuck avec un petit cupcake brillant sur lequel était planté une bougie dorée. Il avait souri, de ce petit sourire dont il avait le secret et qui me donnait envie de le prendre dans mes bras ; cette journée allait être magnifique, je le sentais, comme si tout mes démons avaient accepté de me laisser un peu de répit. L’été anglais avait même accepté de nous prêter un peu de soleil et les fleurs du jardin avaient fleuri, leurs parfums se répandant jusque dans les couloirs du bâtiment. Quelque chose pétillait dans l’air. En été, le centre était plus calme, il y avait peu de nouveaux arrivants et tous les occupants actuels formaient un petit noyau aux habitudes bien réglées. J’étais dans un microcosme rassurant, je me sentais presque comme chez moi. J’espérais que Chuck se sentirait ainsi, lui aussi. C’était sûrement un peu étrange de fêter son vingtième anniversaire dans un tel endroit, loin de sa famille, le souvenir de Coop planant probablement dans un coin de sa tête : il fallait absolument tout faire pour qu’il passe une journée parfaite. Il avait tellement fait d’efforts dernièrement que je voulais que la petite fête que je préparais soit à cette image, pleine d’espoir, de joie et de rire. A vrai dire, ces derniers temps, j’avais plus ri que tous ces derniers mois combinés.

Pourtant, j’étais toujours incapable de dormir sereinement, d’écrire ma lettre à Lizlor, de cesser de me couper, je pleurais en thérapie, en me réveillant, en jardinant, en dessinant. Mais pleurer ne m’avait jamais paru si cathartique, les émotions se déversaient hors de moi et lorsque je les partageais en réunion, j’avais l’impression de les extraire de mon cœur pour faire la paix avec elles. Ça faisait plus de trois mois que j’étais ici et j’avançais toujours sur ce fil de funambule en espérant ne pas tomber à nouveau. Il y avait toujours les mauvais jours, noirs et oppressants, mais à présent il y avait aussi les bons, ceux qui me donnaient vraiment envie de me battre et de vivre. Parfois, j’avais l’impression que la vie pourrait être douce à nouveau.

J’avais passé l’après-midi en cuisine, aidée de Viola et Jane, la dernière arrivée du centre avec qui Chuck s’entendait plutôt bien. Enfin, plutôt bien… Ils s’étaient même très bien entendus plusieurs fois. Ça m’avait bizarre, au début, parce que le sexe était définitivement la dernière chose dans ma tête en ce moment, mais tout le monde était différent et ça avait eu l’air d’aider Chuck, ce qui me faisait plaisir. Leur petite histoire n’avait pas duré, sans que je sache exactement pourquoi – ou peut-être que j’avais cru comprendre mais que je ne préférais pas tout saisir. En tout cas, Jane et Chuck étaient restés en bons termes et elle m’avait proposé de m’aider à cuisiner et à préparer la petite fête. Lana et Viola avaient plaisanté toute la journée en me traitant de petit tyran, parce que je voulais absolument tout gérer et vérifier que tout se passait bien, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. J’essayais que mes TOC ne viennent pas gâcher la journée, je lissai la nappe seulement deux fois, pas trois, ah, si, trop tard, et une quatrième.

Nous avions accroché des fanions et des guirlandes dans la salle commune, dont j’avais changé la couleur d’un coup de baguette, dans les tons orange et dorés, évitant de trop forcer sur les teintes qui auraient pu rappeler Gryffondor. C’était une époque révolue et j’essayai d’éviter à tout prix que la nostalgie vole la bonne humeur de Chuck. Plusieurs tables avaient été collées pour former un buffet sur lequel on avait disposé un tas de plats, des nuggets qui pétillaient dans la bouche, un bol de guacamole qui changeait de couleur, des chips aux parfums mystérieux, des choux à la crème qui lévitaient, des grands saladiers remplis de jus de fruits magiques. On avait caché dans la cuisine le gâteau final et le paquet cadeau qui attendait Chuck. Dans ma chambre, un autre paquet se cachait mais j’essayais de pas trop y songer. La vieille radio magique diffusait une musique entrainante qui me donnait presque envie de danser – je ne me souvenais même pas de la dernière fois où j’en avais eu envie. C’était véritablement un jour de fête.

Et qui disait jour de fête, disait tenue de fête… La plupart de mes vêtements étaient restés chez les Wayland et ceux que j’avais achetés quand j’étais avec Jasper me rendaient tellement malade que je les avais tous jetés. Je me tenais droite devant ma commode ouverte, passant mes doigts sur les pantalons larges et les chemises à manches longues. Ces habits-là étaient confortables, comme une carapace qui me protégeait. Je ne réfléchissais même plus les matins, j’enfilais les mêmes tenues en boucle, ignorant le soleil, la chaleur, restant enfermée dans mon armure. Aujourd’hui, pourtant, c’était différent. J’avais envie de faire un effort. J’avais envie de me sentir belle. J’écartai le petit tas de pantalons et trouvai cachées deux robes que j’avais amenées dans le premier centre et que je n’avais jamais portées. J’avais acheté l’une d’elle avec Lizlor, l’été de ma septième année, le tissu noir était tout doux dans mes mains. Elle était légère, courte et évasée, avec un col arrondi, légèrement décolleté, et des manches courtes en mousseline. Je l’enfilai et m’observai dans le miroir au-dessus du petit lavabo de ma chambre. Je n’avais pas remarqué, jusqu’à présent, combien j’avais repris des formes et des couleurs, mes joues, ma poitrine, mes bras… Je grimaçai en regardant les cicatrices sur mes avant-bras. Elles étaient immenses, profondes, verticales et horizontales… Je n’avais pas envie qu’on les voie et je n’avais pas non plus envie de me cacher. Je me mordillai l’intérieur de la joue. Oh, on portait tous nos cicatrices, ici, non ?

La robe était jolie, mais je la trouvai un peu triste. Après une longue hésitation, j’agitai ma baguette et le noir se fondit en un bleu pastel qui rappelait le ciel que j’apercevais par la fenêtre. J’étais au couleur du temps. J’eus un petit sourire : je me trouvais presque jolie. Je pris le temps de me coiffer, bouclant un peu mes cheveux, nouant un demi-chignon avec quelques mèches pour dégager un peu mon visage. Dans le fond de ma commode, je retrouvai aussi un peu de maquillage. Je n’en avais pas porté depuis que j’étais ici, si bien que j’avais presque oublié mon sortilège secret pour le trait d’eye-liner parfait. Pourtant, je me rappelai l’avoir montré à Lizlor et Rita, émerveillées, et rire avec elles... Mon cœur se contracta tout doucement. Je terminai de me préparer et me regardai dans le miroir. Je me reconnaissais à peine… Ou peut-être que c’était l’inverse. Je me reconnaissais pour la première fois depuis des mois.

En retournant dans la salle commune, Lana me siffla et me fit tourner sur moi-même, me faisant virer au cramoisie. Je repoussai doucement ses compliments et pour me rassurer, je m’assurai que la guirlande « Joyeux Anniversaire Chuck » était accrochée bien droite. Mais je fus distraite par un bruit, je reconnaissais ses éclats de voix… Je me retournai, le cœur battant un peu bêtement. Chuck venait d’arriver et c’était moi qu’il regardait. A nouveau, le rouge me monta aux joues et je remis nerveusement une mèche derrière mon oreille avant d’arriver à sa hauteur. Chuck souriait tellement que j’avais envie de rire, mon cœur gonflé comme les ballons qui flottaient dans la pièce.


- Je dirais bien surprise, mais je crois que tu te doutais bien qu’on mijotait quelque chose, plaisantai-je en agitant mes mains pour désigner la pièce, un peu nerveuse, tordant mes poignets, anxieuse des cicatrices qui s’y logeaient.

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« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »


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Chuck Carlton


Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
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Particularités: i should have known better
Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeDim 14 Avr - 18:40

Parmi les sermons qu'on s'était fait, petits et même après, il y avait celui là : quand j'aurais 21 ans on ira à New York, on ira voir un match des Yankees et visiter les États-Unis. Pas folle la guêpe : 21 ans, je voulais boire là-bas, je voulais être tranquille. Coop s'en fichait de ça. Ça nous semblait le bout du monde, mes 21 ans, à l'époque !...

Ce serait dans un an pile, me dis-je en me réveillant. En fait c'est même cette pensée qui me réveilla, j'avais fait un rêve chelou, un genre d'escape game qui se passait aux USA et dans quel je devais trouver le remède à la maladie de mon frère. Évidemment, plus le chrono avançait, plus je galérais. Je n'avais pas réussi : la porte était restée fermée.

Dans un an pile, j'aurais pu être à New York avec lui, probablement que j'aurais économisé depuis la sortie de Poudlard, mais c'était sûr, on l'aurait fait, je l'y aurais emmené, rien que tous les deux, là-bas. Nos rêves de gosses qui seraient devenus réalité.

Au lieu de ça je fêtais mes 20 ans dans un centre de désintoxication, je n'avais pas un rond et j'en devais à la terre entière, je luttais pour ne pas être l'ombre de moi-même, et Coop était mort.

Comme quoi...

Je m'étais levé quand même, dans le gaz, mais ma volonté était toujours intacte. Ça allait mieux, ces derniers temps : depuis que j'avais décidé de ne pas suivre Dustin (qui avait disparu dans la nature), j'avais une nouvelle énergie, une envie de vaincre, comme si on m'avait donné une potion qui avait réussi enfin à tout débloquer... Je voulais y arriver. Je voulais rendre Angie heureuse, je voulais m'en sortir. Je ne voulais pas crever. Enfin, moins qu'avant. Parfois c'était toujours compliqué et je pensais à la drogue, parfois j'arrivais à me dire qu'il fallait que je me libère de tout ça, et que je pouvais même peut-être y arriver. Je dormais un peu mieux, je mangeais mieux, je m'étais même remis au sport. Mon humeur tendait plus vers le positif que vers le négatif, et ça, c'était déjà énorme. Cerise sur le gâteau, je m'étais réveillé un matin après un rêve particulièrement chaud... (à propos de Ruby... entre autres) avec une sensation depuis trop longtemps oubliée. J'avais failli me mettre à chialer tellement j'étais heureux de sentir ça sous la couette, et puis Ruby, en chair et en os, était arrivée me dire bonjour et ouvrir mes rideaux, et j'avais manqué de me taper un fou rire. Quand, vu qu'elle attendait que je me lève, je dus lui expliquer qu'elle pouvait partir sans moi et qu'en fait j'avais envie qu'elle me laisse, elle était devenu plus rouge que la plus rouge de toutes les tomates et je m'étais mis à ricaner comme un idiot. La douche que j'avais prise ensuite avait été la douche la plus merveilleuse de la terre. Depuis, ma vie était légèrement plus belle.

Ensuite il y avait eu cette histoire avec Jane, une fille assez mignonne que j'aimais bien, et qui avait eu envie de renouer avec sa sexualité au même moment que moi. Ça s'était fait comme ça, tout simplement - bon il avait fallu ruser quand même parce qu'on n'avait pas le droit de coucher avec d'autres gens du centre, c'était déconseillé, mais ce n'était pas une règle très difficile à contourner. On se faisait kiffer, on avait remis le couvert plusieurs fois, et à chaque fois c'était un peu mieux, à chaque fois je me sentais un peu mieux. Je renouais avec une partie de moi et je me sentais Chuck à nouveau, dans ces moments-là, ce qui avait grandement joué dans mon mood un peu plus positif ces derniers temps. Évidemment, le dire à Ruby, ça avait été des barres de rire. Je crus qu'elle allait s'étouffer avec sa salade quand je lui glissai tranquillement que Jane et moi on avait niqué, et quand elle me demanda si on se "fréquentait", c'est moi qui manquai de crever tellement je riais. Parfois, Ruby réagissait comme si elle avait 80 ans.

Bref, c'était aujourd'hui mon anniversaire, et même si "j'avais tous les droits" en cette journée, comme je le répétais à Ruby pour qu'elle me laisse rentrer dans la salle, c'était plus pour la taquiner qu'autre chose, et je respectai les consignes. Ce fut une journée comme les autres, à part que dès mon réveil Ruby m'offrit un petit gâteau, et que toute la journée les gens avaient des petites attentions pour moi. J'aurais bien aimé qu'Angie passe, mais je savais qu'elle bossait, on était en semaine. Ça pouvait attendre, de toute façon, et quelque part j'avais envie de repousser le moment où elle viendrait, d'être encore plus en forme que maintenant, et qu'elle le voit.

Finalement, après avoir fumé une dernière clope dans le jardin en profitant du soleil de la fin Juillet, je me rendis dans notre salle commune. Je remarquai à peine la déco - canon, les filles avaient vraiment tout donné - et le buffet - l'odeur me chatouilla délicieusement les narines quand même. Mon regard scotcha directement sur Ruby. C'était une Ruby 2.0, en mode bombasse, je ne voyais qu'elle, tout le reste s'effaçait, et je sentis que ça rugissait au fond de mon ventre. Elle avait mis une robe bleue un peu moulante, non mais depuis quand elle avait autant de seins ?!, je n'osais même pas imaginer son cul là-dedans, j'avais la gorge serrée et un sourire tellement grand que j'allais probablement me décrocher la mâchoire. J'aimais bien quand elle se coiffait comme ça en plus, ses cheveux un peu relevés. Je fonçai droit sur elle.


- Je dirais bien surprise, mais je crois que tu te doutais bien qu’on mijotait quelque chose.

Pour ma part, je la voyais parler, mais je compris globalement : hsgdgduyzpoilkhqerkjhhjq.

- Wow, lâchai-je simplement en mettant mes bras autour d'elle.

J'avais plus qu'envie de l'embrasser, c'était terrible. Malheureusement, on n'était pas tous seuls (même si j'imaginais bien que Lana et Violet se délectaient du spectacle) et c'était trop tôt, mais putain que c'était compliqué de résister.


- T'es canon,
dis-je, toujours sans la quitter des yeux. C'est canon aussi la salle, merci !

Autant être honnête : je n'en avais rien à foutre, de la déco de la salle. Comparée à Ruby...

Bref. Il fallait que je me concentre. Je détachai mes yeux d'elle sans enlever mes bras de sa taille, regardai le buffet, lançai des sourires aux autres. C'était chouette, de faire ça pour moi, c'était cool qu'on fête ça tous ensemble, ça me faisait plaisir. Je me râclai la gorge et me décollai de Ruby.


- Et si on commençait à manger tout de suite ? Je suis peut-être plus un teenager mais j'ai toujours autant la dalle, dis-je avec un sourire, pour lancer le mouvement. C'est toi qui as tout fait ? Ça la l'air hyper bon, demandai-je à Ruby avant de prendre sa main au passage. Je déposai un baiser sur son front. J'avais hâte de la suite, de danser avec elle, de passer du temps avec elle, d'aller fumer, bref, d'être tout à elle et de l'avoir tout à moi. Je t'aime, lui dis-je avec un petit sourire, avant de l'attirer vers le buffet pour qu'on se serve ensemble.

_________________
« hit me, just once. i wanna feel something »
Chuck Carlton ▬ We got drunk on this unholy wine to deliver us from our old minds, a promise of a better time 'til we're feeling barely human ; I should just walk away, but it grips me, it grips me 'cause the devil's got my arms and it pulls me back into the dark — But I should just walk away
 
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Ruby Standiford-Wayland


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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeLun 15 Avr - 20:59

Evidemment, j’avais deviné que ma tenue attirerait l’œil, moi qui était toujours enfouie sous mes vêtements amples et gris, et je n’étais plus habituée à ce genre d’attention. Pourtant, les yeux de Chuck pétillaient, et ça me donnait l’impression d’avoir avalé des bocaux entiers de papillons. Ne l’avais-je pas un peu voulu, au fond ?

- Wow, dit-il et je sentis mes joues tiédir.

Ces derniers temps, j'avais ressenti un changement dans l'attitude de Chuck, une bascule, pas seulement envers moi mais envers le monde, comme si son énergie s'était mise à vibrer et se déverser sur les autres. Il y avait quelque chose de plus... C'était difficile à décrire ; plus puissant peut-être, plus lumineux, plus masculin aussi. Le genre de Chuck ne m'était jamais apparu aussi clairement que ce matin-là où j'étais venue lui dire bonjour et qu'il m'avait fait comprendre qu'il ne fallait pas que je l'attende. J'avais mis quelques minutes avant de saisir et de devenir toute rouge, quittant la chambre en bredouillant. Depuis, le matin, je venais ouvrir les rideaux de sa chambre et je lui disais de me rejoindre au petit-déjeuner quand il serait prêt. Pour être honnête, j'avais presque oublié ce genre de choses, et cet épisode m'avait rappelé que Chuck était un garçon, jeune, probablement pleins d'hormones. Il y avait eu ce baiser avorté durant sa crise, puis ses aventures avec Jane... Ça me faisait tout drôle.

Bizarrement, je me sentais presque jalouse, de voir Chuck pouvoir toucher son corps, celui de quelqu'un d'autre, sans avoir l'impression d'écailler un bout de son âme au passage, de se compromettre ; pourquoi ne pouvais-je pas être « normale » moi aussi ? Je voulais sentir les mains de Chuck sur ma taille sans que mes organes se replient les uns sur les autres, jusqu'à qu'ils soient froissés comme une boule de papier. Bien sûr que je le sentais, ses gestes, ses regards envers moi, c'était différent, ce n'était plus simplement amical, et tout mon corps le repoussait.


- T'es canon. C'est canon aussi la salle, merci !

Quand il me disait des choses comme ça, c’était comme si mon cœur et mon cerveau refusaient de s'écouter. Mes émotions pouvaient saisir celles de Chuck et bien vite mes pensées venaient les dissuader : Chuck ne peut pas s'intéresser à toi, tu es trop cassée, impossible à aimer. Parfois, c'était l'inverse, j'en venais à analyser tous les signes qui témoignaient de son affection pour moi et c'était mon instinct qui me faisait faire demi-tour, m'assurant qu'il sentait bien que Chuck n’avait aucune arrière-pensée. Qui étais je censé croire ?

- Arrête, je vais prendre la couleur des ballons, murmurai-je en touchant l’une de mes joues qui était à présent brûlante.

J’essayais de ne pas trop penser à tous les gens autour de nous, leurs regards, parce que je me demandais bien ce qu’ils pensaient et ce qu’ils disaient dans notre dos – j’avais toujours porté trop d’attention à l’opinion des autres. Chuck, lui, agissait comme si nous étions seuls et je n’avais pas le cœur de l’en empêcher. Après tout, n’avais-je pas aussi envie d’être seule avec lui, dans notre petite bulle, là où le monde s’évaporait ?


- Et si on commençait à manger tout de suite ? Je suis peut-être plus un teenager mais j'ai toujours autant la dalle. C'est toi qui as tout fait ? Ça a l'air hyper bon. Je t'aime.

Comme si son baiser sur mon front n’avait pas suffi, Chuck me disait tranquillement qu’il m’aimait, comme il le faisait parfois, comme si c’était les mots les plus simples à prononcer du monde. Dans ma poitrine, tout court-circuitait, d’anxiété, d’euphorie.

- Oh, euh, moi aussi, balbutiai-je alors que Chuck m’entraînait vers le buffet.

C’était toujours la seule chose que j’étais capable de répondre : « moi aussi ». Pourtant, parfois j’avais envie de lui dire « je t’aime » aussi, mais les mots refusaient toujours de sortir, parce que je n’étais pas sûre de ce que Chuck sous-entendait derrière les siens, ni ce que j’aurais sous-entendu moi aussi…


- Et j’ai eu de l’aide, surtout Viola et Jane ! J’avais presque oublié la question qu’il m’avait posé. Bref, ton fanclub habituel, plaisantai-je.

En parlant de fan-club, Lana venait à notre rencontre, son rire chantant l’accompagnant, et elle se mit à plaisanter avec Chuck, à nous raconter son vingtième anniversaire et le « chaaaarmant » garçon avec qui elle avait terminé la nuit, « pas aussi charmant que toi mon trésor » ajouta-t-elle à l’attention de Chuck en gloussant. La conversation se lança avec les autres, les petits fours passant de main en main. J’en profitais pour servir des verres de jus à tout le monde, pour m’occuper un peu pendant que Chuck faisait son petit numéro de star de la soirée. Je le regardai rire et plaisanter avec les autres et je me retrouvais à glousser, aussi bêtement que Lana l’avait fait quelques minutes auparavant. C’était l’effet de Chuck, au fond, il nous rendait toutes un peu niaises.

Après une longue discussion sur les trolls, lancée par Seb qui assurait en avoir croisé un dans un marais lorsqu’il était en vacances en Irlande, Jane et moi s’éclipsâmes discrètement pour aller chercher le cadeau de Chuck dans la cuisine. On prit le gâteau aussi, même s’il n’était pas très tard, beaucoup de résidents du centre avaient perdu l’appétit et la vitalité qui permettaient de tenir jusqu’au bout de la nuit.

Evidemment, tout le monde se mit à chanter « Joyeux Anniversaire » avec entrain, tendit que je portais la pièce montée dorée que j’avais réalisé sur laquelle brillaient des paillettes et des bougies étincelantes magiques. J’arrivais jusqu’à Chuck, toute sourire, et avant de souffler les bougies, il soutint mon regard une minute de trop, jusqu’à que je redevienne rouge pivoine. J’entendis à peine les applaudissements enjoués, tant mon cœur battait fort. On lui offrit son cadeau, un sweat aux couleurs de son équipe de Quidditch préféré, et il l’enfila directement, prenant la pose pour Lana qui l’applaudissait.

La fête battait son plein et c’était sûrement étrange à observer de l’extérieur, tous ces gens sobres et abîmés par la vie qui rigolaient entre eux, un peu maladroitement, comme une fête d’adolescents qui avaient vieillis trop vite. Lana était en train de faire promettre à Chuck qu’il lui ferait danser une valse, et Jane et moi riions à l’idée qu’il sache vraiment faire une danse de salon, taquinant Chuck qui prenait la mouche pour rire et nous assurait qu’il avait été sacré meilleur danseur dans un concours dans un bar de Londres. Evidemment, Lana mordait à l’hameçon et demandait des preuves, que Chuck lui promit après qu’il ait été fumer une cigarette, son « rituel nécessaire pour se préparer ». On éclata toutes les trois de rire et je suivis Chuck dans le jardin, sans même qu’il me le propose – ça, c’était vraiment notre rituel, nous n’avions pas besoin de parler pour se comprendre.


- Heureusement que Lana n’était pas à Poudlard avec nous, elle t’aurait probablement suivi partout et écrit « Lana Carlton » dans ses cahiers, plaisantai-je tandis qu’on remontait dans le couloir en gloussant.

Il faisait bon, dehors, et on s’assit sur les petites marches de la terrasse qui menait au jardin. Après avoir allumé nos cigarettes, je glissai ma main dans celle de Chuck. C’était tellement habituel et réconfortant que je n’y réfléchissais même plus.


- Alors, c’est un bon anniversaire ? Demandai-je, parce qu’on savait tous les deux qu’au fond les circonstances étaient vraiment particulières. En tout cas je suis contente de le fêter avec toi.

Il aurait pu quitter le centre, disparaître, mais il était là, il était resté et je voyais bien combien il était plus heureux aussi, cette soirée le montrait, il brillait et faisait rire tout le monde. Ça aussi c’était quelque chose que j’enviais un peu…

- C’est bizarre, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas fait de fête sans être ivre. Tu sais, c’est comme ça que j’ai commencé à boire, en soirée, pour être plus sociale, moins anxieuse… Pourtant j’étais plutôt populaire à Poudlard, mais j’avais toujours le sentiment qu’on me trouvait trop coincée, qu’on me jugeait. Même maintenant, j’ai encore l’impression que je suis plus cool quand je suis ivre, que les gens m’aiment plus comme ça. Que peut-être c'est pour ça qu'Ewan est parti, parce que quand je l'ai rencontré j'étais toujours ivre et que c'est peut-être de cette fille là qu'il est tombé amoureux et qu'il aimait moins qui j'étais sobre... Même toi, je suis sûre que tu préférerais la Ruby ivre, elle est beaucoup plus chill que moi, plaisantai-je avec un rire jaune en baissant les yeux, parce que ça me faisait de la peine, au fond, de ne pas pouvoir être le genre de filles que les gens aimaient.

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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeDim 28 Avr - 18:35

Jet'aimejet'aimejet'aime. Il n'y avait que ça en boucle dans ma tête, quand je me dirigeai vers le buffet, même quand je me mis à parler aux autres, quand Lana me lança des petits clins d'oeil complices - sauf qu'elle ne savait pas faire les clins d'oeil et qu'on aurait dit qu'elle avait un éléphant dans l'oeil -, quand je me mis à engloutir tout ce qui me passait sous la main. J'avais une faim de loup, c'était drôle, ça ne faisait pas si longtemps que ça revenait, et je n'aurais pas dit que ce soir là mon appétit aurait été de la partie vue les circonstances... J'étais à moitié content et à moitié malheureux d'être là. Content parce que j'étais vivant, toujours là, parce que je n'avais pas rechuté pour le moment, parce que j'allais mieux, parce que Ruby était là, parce que j'étais entouré de gens que j'aimais bien, parce qu'une entre tous me rendait particulièrement heureux. Malheureux... Malheureux parce que j'étais vivant, toujours là, que je n'avais pas rechuté... Malheureux parce que je fêtais mes 20 piges dans un centre entouré de gens tous plus mal les uns que les autres, parce que j'avais foutu ma vie en l'air, parce que j'avais un chemin énorme qui m'attendait, parce que je n'avais pas du tout ce que j'avais imaginé dans ma vie. Et franchement vu de quoi je partais... Je n'avais pas visé très haut non plus. Je ne sais pas pourquoi je me mis à penser à mes parents, avec toujours autant de colère. Mon père devait cuver dans son garage en cet instant, comme d'habitude. Ma mère, je ne savais pas trop. Angie m'avait dit qu'elle avait changé ces derniers temps. Changer pour elle, c'était quoi ? Passer moins de temps devant la télé ? Arrêter de se maquiller comme une pute ? Bref. Il ne fallait pas que je m'engage là-dedans.

Je me mis plutôt à écouter Lana nous parler de ses souvenirs et répondis gaiement aux perches qu'elle me lançait, je finis par lui faire un câlin et un gros bisous sur la joue et elle fit semblant de s'évanouir, ce qui fit marrer tout le monde. Personnellement j'aurais plutôt aimer faire s'évanouir Ruby, mais c'était une autre histoire. J'avais des décharges électriques dans le ventre dès que je la voyais. Non mais cette robe... À un moment elle se pencha au-dessus du buffet pour servir quelqu'un en jus de citrouille et je sentis le contenu de mon caleçon se contracter. Ah non hein... Pas maintenant. Mais c'était pas de ma faute : ce cul !!! Lana gloussait à côté de moi et je lui lançai un regard qui signifiait clairement : S. O. S. C'était une chose d'avoir des sentiments pour Ruby, je m'étais habitué, mais de vouloir la toucher et l'embrasser et la serrer nue contre moi et lui faire des choses, j'avais un peu plus de mal à gérer. Je voyais bien que Jane compatissait à mon malheur, elle me lança un sourire encourageant. Elle savait ce que ça faisait. Heureusement qu'elle avait été là, d'ailleurs. J'allais mieux, ça m'avait rassuré d'être capable de coucher avec quelqu'un à nouveau.

J'avais déjà pas mal mangé mais je pris quand même un peu de mon gâteau d'anniversaire - délicieux - après avoir fait le pitre en soufflant les bougies. C'était moi où Ruby avait rougi quand je l'avais regardée ? Parfois j'oubliais que je la fixais trop longtemps. Mon cadeau était trop cool, je le mis tout de suite, ça me faisait plaisir, j'avais l'impression d'être un sorcier normal de mon âge. Viola avait sorti un vieille appareil photos et on en fit tous ensemble. Puis ensuite je dus prouver à l'auditoire que je savais danser la valse (ou pas) en mimant des échauffements, pendant qu'un des mecs prenait la chose très au sérieux et montrait les pas en portant une chaise, ce qui nous fit tous mourir de rire. Comme c'était le moment d'aller fumer, je fis signe à Ruby. C'était notre petite tradition.

Dans le couloir qui menait au jardin, je me dis que ce qui manquait vraiment, là maintenant tout de suite, c'était la tise, c'était de boire des coups juste avant de s'ambiancer et de danser... C'était une chouette soirée mais j'avais l'impression qu'on restait coincés dans le début, qu'elle ne prenait pas. Ça me manquait... Sans me droguer en plus, j'avais envie de boire, juste de boire un peu et de lâcher prise. Mais bon. Ce n'était pas vraiment le genre de la maison.


- Heureusement que Lana n’était pas à Poudlard avec nous, elle t’aurait probablement suivi partout et écrit « Lana Carlton » dans ses cahiers.

Je me marrai avec elle évidemment, et ensuite on alla se caler dans notre petit coin préféré, sous les rosiers. Elle avait pris ma main, et j'entrelaçai mes doigts aux siens.

- Alors, c’est un bon anniversaire ? En tout cas je suis contente de le fêter avec toi.
- Ouais carrément ! Il est trop beau mon sweat. Enfin pas autant que toi, beauté fatale. Moi aussi je suis content,
dis-je en lui faisant un bisou sur la joue. C'est toujours un peu chelou mais bon... Je haussai les épaules. Je me dis qu'on s'en sort pas si mal que ça finalement, pas vrai ?

Ouhlàlà, ce qu'elle était sexy. Je n'arrivais pas à penser à autre chose.

- C’est bizarre, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas fait de fête sans être ivre. Tu sais, c’est comme ça que j’ai commencé à boire, en soirée, pour être plus sociale, moins anxieuse… Pourtant j’étais plutôt populaire à Poudlard, mais j’avais toujours le sentiment qu’on me trouvait trop coincée, qu’on me jugeait. Même maintenant, j’ai encore l’impression que je suis plus cool quand je suis ivre, que les gens m’aiment plus comme ça. Que peut-être c'est pour ça qu'Ewan est parti, parce que quand je l'ai rencontré j'étais toujours ivre et que c'est peut-être de cette fille là qu'il est tombé amoureux et qu'il aimait moins qui j'étais sobre... Même toi, je suis sûre que tu préférerais la Ruby ivre, elle est beaucoup plus chill que moi.

... Ah bien. Bon ben du coup ça allait me permettre de penser à autre chose, plutôt que de flirter avec elle. Je comprenais bien ce qu'elle disait, moi aussi ça me manquait, pour d'autres raisons.

- C'est pas parce que tu ne bois pas que tu es coincée... C'est parce que tu es à Serdaigle...

Content de ma blague, je me mis à pouffer de rire, avant de me serrer contre elle.

- Je rigole, my Lady. Je vois ce que tu veux dire. C'est plus simple quand on lâche prise, j'y pensais tout à l'heure. Mais c'est bien aussi d'être soi-même. Et non je ne la préférais pas... Pour moi c'est la même personne et je les aime autant. Je t'aime sobre aussi. Tu me fais rire, dis-je en lui passant une main sur la joue. Et Ewan est un gros con, c'est tout. C'est pas une question d'alcool.

Si on avait été dans un film, je l'aurais embrassée. Mais on n'y était pas : dommage. Et puis de toute façon, je savais très bien qu'elle n'était pas prête, et j'allais attendre sans problème. C'était comme un accord tacite.

- Tu es pas obligée de rester si ça te met mal à l'aise, hein ? T'en as déjà fait beaucoup pour ce soir !

La dernière chose que je voulais c'était que ça la mette mal à l'aise, évidemment.

- Mais sinon... Désolé de briser le coeur de Lana mais tu restes ma préférée, me ferais-tu l'honneur de cette danse ?

Je me mis à rire évidemment, et je l'entraînai à ma suite sans lâcher sa main. Ils avaient mis de la musique dans la salle, qui s'était un peu vidé, certains étaient partis se coucher. Il restait les meilleurs, et visiblement tous avaient envie de s'amuser un peu. La piste de danse, c'était mon domaine, et je tirai Ruby vers moi pour qu'elle arrive dans mes bras, avant de la faire bouger en rythme. Je ne quittai pas ses yeux et je souriais. J'avais l'impression d'être dans une petite parenthèse, dans une bulle, un peu comme avant. Je faisais des mouvements pour la faire rire avant de toujours revenir vers elle et de la toucher, d'une manière ou d'une autre, et quand elle riait je me marrais moi aussi, heureux de partager ces instants avec elle.


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Chuck Carlton ▬ We got drunk on this unholy wine to deliver us from our old minds, a promise of a better time 'til we're feeling barely human ; I should just walk away, but it grips me, it grips me 'cause the devil's got my arms and it pulls me back into the dark — But I should just walk away
 
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Ruby Standiford-Wayland


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Apprentie à Sainte Mangouste



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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeLun 29 Avr - 18:47

- Ouais carrément ! Il est trop beau mon sweat. Enfin pas autant que toi, beauté fatale. Moi aussi je suis content. C'est toujours un peu chelou mais bon... Je me dis qu'on s'en sort pas si mal que ça finalement, pas vrai ?

J’avais les joues toutes tièdes de son baiser et son compliment, et je lui fis un grand sourire sûrement un peu niais.

- Oui, je trouve qu’on sort même plutôt bien, répondis-je.

Parce que c’était comme ça que Chuck me faisait sentir… Et pourtant, les démons n’étaient jamais bien loin, comme attisés par l’affection de Chuck, ils s’en nourrissaient pour me rappeler que je n’étais toujours que cette pauvre fille, bien loin de la Ruby extravertie et amusante que l’alcool faisait apparaître.


- C'est pas parce que tu ne bois pas que tu es coincée... C'est parce que tu es à Serdaigle...

Je mimais l’affront, riant tout de même avec lui. Au fond, peut-être que c’était vrai, j’avais toujours été cette fille un peu timide, plongée dans mes livres, comme le voulaient les clichés.

- Je rigole, my Lady. Je vois ce que tu veux dire. C'est plus simple quand on lâche prise, j'y pensais tout à l'heure. Mais c'est bien aussi d'être soi-même. Et non je ne la préférais pas... Pour moi c'est la même personne et je les aime autant. Je t'aime sobre aussi. Tu me fais rire. Et Ewan est un gros con, c'est tout. C'est pas une question d'alcool.

… Décidément, ça faisait beaucoup pour une soirée, et mon cœur commençait à avoir du mal à tout tenir. Il avait raison, c’était bien d’être soi-même, et… Oui, peut-être que les Ruby ivre et sobre étaient la même personne, simplement deux faces de moi, qu’en cessant de les opposer et les repousser, je finirais par trouver un équilibre où je n’avais plus besoin de fuir. Il m’aimait sobre… J’eus une pensée pour Jasper. Lui, il ne m’aimait pas sobre, il ne m’aimait pas tout court. Je ne le faisais jamais rire non plus. Je n’étais plus habituée à être complimentée et je ne savais même plus comment répondre. J’avais envie que Chuck touche à nouveau ma joue et ça me faisait peur.

- Tu es trop gentil avec moi, arrête, protestai-je à moitié. Mais c’est vrai, c’est bien d’être soi-même. Je me rends compte que ça me manquait d’être lucide, de me sentir entière… Enfin, en tout cas, j’aime bien être moi-même, quand je suis avec toi.

Plus on parlait et plus j’avais l’impression que nos corps fondaient l’un contre l’autre et je commençais à prendre peur de tout ce que ça voulait dire.

- Tu es pas obligée de rester si ça te met mal à l'aise, hein ? T'en as déjà fait beaucoup pour ce soir !
- Oh, mais non, je m’amuse et je me sens bien… Vraiment bien, promis,
affirmai-je.

Je savais que cette fois-ci, je ne mentais pas, ce n’était pas l’alcool qui parlait, c’était moi, et ça me faisait du bien aussi.


- Mais sinon... Désolé de briser le coeur de Lana mais tu restes ma préférée, me ferais-tu l'honneur de cette danse ?

J’éclatai de rire et mon cœur pétilla en même temps, parce que j’étais « sa préférée » et que ça me donnait envie de sourire bêtement comme une ado, et je me levai à sa suite, toute légère et euphorique.

Chuck me faisait virevolter n'importe comment, simplement pour m'amuser, sa main sur mon bras puis dans la mienne, ses yeux pétillant de nos éclats de rire. Le poste de radio était vieillot, la musique grésillant quand nous augmentions trop le son, j'avais le cœur léger, lui aussi faisait quelques tours dans ma poitrine en rythme. Mais plus nous dansions, plus je sentais combien Chuck me regardait, combien ses mains accrochaient un peu trop fort ma taille - pourtant, le creux semblait les accueillir comme si elles y avaient parfaitement leur place. Ma peau commençait à brûler, mon cœur à battre trop fort, jusqu'à que mes doigts tremblent. Chuck se mit à embêter Lana et à la faire danser, j'en profitais pour m'écarter vers le buffet pour reprendre un peu contenance, ma gorge refusant de se desserrer. Les pensées commençaient à s'amonceler dangereusement ; j'étais stupide, je voyais bien ce que Chuck voulait, c'était toujours pareil, ils désiraient tous cette part de moi qui me coûtait tant de donner. Le reste, ils s'en fichaient toujours, et s'ils ne s'en fichaient pas, ils partaient quand même. Avais-je oublié qui était Chuck ? Il fallait que cette nuit dans la salle sur demande me revienne, que je l'ancre en moi comme un signal d'alerte. Je ne pouvais plus me laisser avoir, je ne voulais plus qu'ils gagnent, que j'abandonne. Je ne pouvais pas faire confiance à Chuck.

La musique s'était adoucie, Chuck faisait valser Lana et Jane, pendant que Viola, Seb et Amelia discutaient à côté de moi, que j'essayais tant bien que mal de garder la face pour ne pas gâcher la fête. Mais Chuck n'arrêtait pas de me jeter des coups d'œil, mais ce n'était plus les mêmes regards que tout à l'heure, c'était moins insistant et rayonnant, simplement... Un peu plus attentif peut-être, comme s'il me demandait si ça allait. Je lui souris et il lâcha Lana pour venir prendre ma main, m'attirant vers notre piste improvisée. Nos mouvements étaient plus lents et plus doux, plus rapprochés aussi. Chuck n'arrêtait pas de me faire des petits sourires qui creusaient des fossettes et contractaient mon estomac.

J'avais presque oublié que parfois, on avait envie de serrer quelqu'un contre soi juste parce que ça rendait heureux, que ça donnait des papillons dans le ventre, pas juste parce qu'on avait envie d'ôter leurs vêtements et profiter d'eux. Les gestes de Chuck étaient remplis de tendresse, je voyais bien qu'il voulait juste sentir que j'étais là, toucher ma peau et me regarder parce que j'avais l'air jolie... En tout cas, je me sentais jolie. J'avais également oublié que moi aussi, je pouvais aimer tenir quelqu'un contre moi, et même si cela faisait remonter pleins de choses un peu douces-amères, j'avais l'impression que mon cœur scintillait pour la première fois depuis bien longtemps. Il y eut un moment de flottement, où je posai ma tête sur l'épaule de Chuck et oubliai que nous étions coincés dans ce centre, que la vie était si incertaine ; j'étais jeune et pleine d'espoir. L'instant d'après, on s'emmêla les pieds en éclatant de rire, la musique changea, je me mis à danser avec Viola, mais cette fois-ci, ce fût moi qui lançai quelques coups d'œil à Chuck, sans trop savoir ce que je cherchais, juste parce que ça me faisait plaisir.

On avait fini par s'asseoir, Lana appuyée sur Chuck sur le canapé, en train de nous raconter une histoire rocambolesque de sa jeunesse où elle avait volé un proxénète pour s'acheter de la cocaïne ; de l'extérieur, les gens auraient probablement surpris de constater combien nous pouvions parler d'alcool et de drogues pour des gens qui ne pouvaient plus y toucher. C'était difficile à expliquer pour quelqu'un qui ne l'avait pas vécu, mais ici, toutes les barrières de l'addiction tombaient, nous ne mentions pas sur qui nous étions, on parlait des mauvais côtés comme des bons, parce qu'au fond on se comprenait tous. Derrière l'histoire apparente de Lana, on entendait plus, on entendait la galère, le manque, le danger, l’insécurité, et nous connaissions tous ça.

Ici, c'était différent, j'étais en sécurité, ça ne me manquait plus tout ça. Je me fis la réflexion que je m'étais amusée ce soir, vraiment, sans avoir besoin de quoi que ce soit.

Il était 23h passé, ce qui était impressionnant dans un centre où la plupart d'entre nous dormait dès 21h30, et la salle commune finit par se vider, Diana, l'infirmière de garde, passa pour vérifier que tout allait bien et me trouva en train de tout ranger frénétiquement. Il n'y avait plus que Jane et Chuck qui ricanaient dans un coin, rangeant à moitié - je repassai de toute façon derrière eux pour tout refaire. Finalement, Jane alla se coucher et Diana nous souhaita bonne nuit, se doutant que notre nuit n'était pas terminée mais elle ne fit aucune remarque. Notre petit microcosme était si bien rodé que nos référents nous laissaient de plus en plus de liberté. Ni moi ni Chuck étions fatigués, on récupéra une bouteille de jus, un reste de popcorn au caramel pétillant et deux énormes plaids, riant comme des enfants en train de prévoir la construction d'une cabane secrète.


- C'est drôle, j'ai l'impression d'être une ado... Dans le bon sens du terme. Ça faisait longtemps, avouai-je.

On passa d'abord dans la chambre de Chuck récupérer un autre pull, car la température s'était rafraîchie, puis dans la mienne pour que j'en prenne également un. J'étais tout à coup silencieuse, le cœur agité, parce que je pensais au contenu de mon tiroir - était-ce vraiment une bonne idée ?


- Attends, j'ai un dernier truc à prendre, murmurai-je en ouvrant le tiroir. Le cadeau était posé là, et le papier crissa sous mes doigts. Je me tournai vers Chuck, mes mains tremblantes. En fait, euh, c'est pour toi, alors tu peux l'ouvrir maintenant, dis-je en lui tendant le paquet d'un geste nerveux.

Mais dès qu'il saisit le cadeau, mon cœur s'emballa, et je posai mes mains sur les siennes pour l'empêcher de l'ouvrir. J’avais peur de sa réaction, de ce qu’il dirait… Peut-être que ça le rendrait triste, que ça ne lui ferait pas plaisir. Pourtant, j’y avais mis tout mon cœur, mais je n’étais pas très douée. C’était juste un dessin après tout, de lui et Coop, assis autour d’une table sur lequel était posé une casserole de pâtes ; les proportions étaient un peu étranges, parce que je dessinais toujours mes personnages d’une façon un peu étrange, mais le crayon bleu clair qui colorait les yeux de Coop le rendait reconnaissable. C’était l’histoire de Chuck qui cuisinait pour son frère qui m’avait inspiré, j’avais essayé de rendre la scène un peu nostalgique mais joyeuse malgré tout.


- Tu n'es pas obligé de l'aimer, ou de dire un truc, d'accord ? Je replaçai ma mèche derrière l'oreille, le cœur battant. C'est juste... Je voulais juste... Enfin tu vas voir, m'embrouillai-je. Attends, m'exclamai-je tandis que Chuck commençait à déchirer le papier, ce qui le fit rire. J'avais le regard qui papillonnait, je n'étais pas sûre de pouvoir affronter complètement celui de Chuck. Ma chambre me paraissait si petite tout à coup. Je voulais aussi te dire que... Que moi aussi je... Je quoi exactement ? Qu'est-ce que ça signifiait vraiment, j'avais peur, je ne savais pas... Mais ça signifiait bien quelque chose, non ? Moi aussi je t'aime, avouai-je finalement d'une voix distincte un peu tremblante. Voilà, je voulais te le dire aussi, maintenant tu peux ouvrir ton cadeau, promis j'arrête de parler, balbutiai-je en écartant mes mains des siennes.

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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeMer 8 Mai - 16:42

Ce que je ressentais pour Ruby était le truc le plus proche de ce qu'avait été les sensations de la drogue, de l'alcool : quelque chose qui étourdit un peu et fait pétiller le sang dans les veines, qui donne l'impression que les pieds décollent du sol, que le monde autour devient plus léger, plus supportable. Je savais qu'elle ne voulait rien de tout ça, c'était logique vu tout ce qu'elle avait traversé, et je pouvais attendre, je n'étais pas pressé... J'étais prisonnier de plein de choses, en attendant, comme Ruby d'ailleurs. Il valait mieux se libérer de tout ça avec qu'une nouvelle chose arrive. Mais je me demandais si elle avait conscience que ce que je ressentais c'était quand même plus que vouloir la sauter, et si elle comprenait pourquoi. Ça me faisait plaisir quand elle me disait des choses du genre, que je la rendais heureuse en gros, ça me rassurait, et j'aurais aimé pouvoir lui dire tellement plus — quelque chose du genre : tu me donnes envie de m'en sortir, mais est-ce que ce n'était pas un tôt, et surtout, est-ce que ce ne serait pas une pression supplémentaire sur elle ? Tous les deux, on avait autant de chose de s'en sortir que de replonger, personne ne l'ignorait. Et si je rechutais, qu'est-ce qu'elle penserait de mes belles paroles, des promesses en l'air parmi tant d'autres ? Et si elle rechutait, moi, qu'est-ce que je devenais ?

Bref, ce n'était pas des choses à dire pour des gens comme nous. Il y avait trop d'enjeux.

De retour à l'arrière, on se mit à danser et je dois bien avouer que je passais un super moment, ça me faisait plaisir de me sentir comme un ado à Poudlard, à ricaner avec mes potes et à danser et à faire n'importe quoi, à hurler les paroles, à mimer les chansons, à sentir Ruby contre moi de temps en temps quand on dansait, à sentir mes doigts filer sur sa taille, ses bras, ses doigts. Il me revenait de très loin des souvenirs de moments similaires : les fêtes en cachette dans la salle commune de Gryffondor, Taylord qui ne voulait pas de moi au début, puis les premières fois où on avait dansé et bu ensemble, les tapisseries rouge et or, le sentiment d'appartenir à une famille... C'était en moi, tout ça, quelque part pour toujours, et j'étais heureux d'en retrouver l'accès parfois.

Mon regard accrocha celui de Ruby et je ne fis plus attention à ce que me racontait Lana durant quelques secondes, alors qu'on dansait. Ruby avait l'air un peu ailleurs, et je ne voulais pas qu'elle se retienne de me dire si ça n'allait pas. Je la retrouvai bien vite ensuite, et mes mains s'accrochèrent à elle dès qu'elles le purent. Je me sentais toujours un peu mieux, comme ça.

Finalement, la salle commença à se vider, et je me mis à ranger vite fait avec Jane ; le problème était qu'on s'était lancés dans une succession de jeux de mots autour d'un truc qui nous faisait rire et qu'on gloussait comme des hystériques, si bien que tout ce qu'on rangeait ne comptait plus vraiment. Ruby repassa derrière nous et j'embrassai Jane sur la joue quand elle nous laissa pour aller se coucher. J'adorais cette meuf, il y avait trop de choses en elle qui résonnait chez moi pour qu'on puisse imaginer être ensemble un jour, on le savait parfaitement, et c'était ça qui rendait notre relation si simple.

Clairement je n'avais aucune envie d'aller dormir, même si mon corps était un peu fatigué, je voulais profiter : je proposai à Ruby qu'on aille se poser dehors un peu et Diana nous laissa faire notre petit business sans rien dire. C'était cool, de se sentir un peu libres comme ça, de ne pas avoir l'impression qu'on était encadrés comme des mômes non-stop.


- C'est drôle, j'ai l'impression d'être une ado... Dans le bon sens du terme. Ça faisait longtemps.

Le truc que je lui répondis se perdit complètement tellement ma bouche était blindée de popcorn, et on se mit à rire de plus  belle. Comme des ados, justement.

Finalement, on passa dans ma chambre puis dans la sienne, histoire d'avoir tout ce qu'il fallait pour être bien confortables dehors.

- Attends, j'ai un dernier truc à prendre. En fait, euh, c'est pour toi, alors tu peux l'ouvrir maintenant. Elle était stressée comme tout, non mais, elle allait me demander en mariage ou quoi ? Tu n'es pas obligé de l'aimer, ou de dire un truc, d'accord ? C'est juste... Je voulais juste... Enfin tu vas voir. Parfois, on oubliait que Ruby était une bourgeoise coincée des années 50. Attends, je voulais aussi te dire que... Que moi aussi je... Moi aussi je t'aime. Voilà, je voulais te le dire aussi, maintenant tu peux ouvrir ton cadeau, promis j'arrête de parler.

AH AH ! Je n'allais pas mentir : le premier truc que je ressentis de la fierté, pour moi parce que j'avais raison et qu'elle m'aimait aussi et que j'en étais sûre et que je le sentais, pour elle parce qu'elle avait beau être une grosse quiche pour dire les choses elle y était arrivée. J'avais un sourire immense et un feu d'artifice dans le ventre. Évidemment, je crevais d'envie de lui rouler la pelle de sa vie, mais je me contentai de l'embrasser sur la joue. Puis je terminai d'ouvrir son cadeau. Je me doutais bien que c'était un truc un peu intime et quand je vis le dessin, je compris encore plus. C'était fou : cette scène c'était exactement nous, dans la cuisine, et même si c'était un dessin c'était Coop et moi, et j'eus l'impression qu'on me pressait le coeur. Mais j'étais heureux quand même. Une sensation bizarre qui me laissa sans voix, les yeux rivés sur le dessin. Je ne me rendis pas compte que je m'étais mis à chialer, mais pas à sangloter, c'était juste des larmes qui coulaient, comme ça. Je finis par relever les yeux vers Ruby avec un sourire, et essuyai mes larmes.

- Merci, il est trop cool, il est... parfait.


Je remis le dessin dans le papier pour le protéger et le laissai sur son bureau pour revenir le chercher après : pas question de l'abîmer dehors.

- Allez viens, il est temps de faire nos ados jusqu'au bout, dis-je en la prenant par la taille et en embrassant sa tête. Ses cheveux sentaient bon le shampoing, ils étaient tous doux. Je pris les couvertures et la bouteille et la bouffe, et on prit la direction du jardin.

Il faisait hyper doux, on avait eu un beau mois de juillet jusque là. Les soirs d'été me donnaient toujours l'impression que tout était fini, que je pouvais être éternel. Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça, mais le souvenir me revint, après que j'eus étendu les couvertures (une en dessous de nous et une pour nous tenir chaud) que je me fus couché à côté de Ruby. Il y avait plein d'étoiles au-dessus de nous, et les rosiers qui nous entouraient, chauffés par le soleil, répandaient une odeur sucrée et fleurie. Je grignotai du popcorn tandis que Ruby s'installait bien, et me calai contre son épaule ensuite.


- T'as déjà pensé à ce que tu ferais ensuite, si on sort ? C'était des questions que je me posais de plus en plus, parce que j'allais mieux, et comme Ruby avait globalement la réponse à toutes mes questions, c'était logique que je me tourne vers elle. On part du principe que tout va bien et que tu retrouves les Wayland et tout. Genre, tu aurais envie de bosser quoi, de faire quoi de tes journées ? J'y pensais hier et je crois que le Quidditch ça me manque pas mal, le sport en équipe en tout cas, j'aimerais bien retrouver un peu de tout ça.

Ça faisait du bien, de faire comme si tout était possible.

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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeVen 10 Mai - 15:55

Ces mots étaient toujours difficiles à dire pour moi, depuis que j’étais jeune, et aucune relation dans ma vie n’y avait échappé ; Lizlor, Hadrian, Ewan, et à chaque fois ma langue que je mordais et mon cerveau qui s’emballait. De quoi avais-je peur, l’avouer à eux ou à moi-même ? Peut-être un peu des deux. Ce que je ressentais pour Chuck me faisait peur, parce que les sentiments n’avaient jamais de formes précise, de règles mathématiques, ils évoluaient en moi et s’insinuaient un peu partout sans pouvoir être parfaitement définis. Je ne savais même pas ce que j’étais capable d’offrir à Chuck, ce que je voulais lui donner… Et qu’est-ce que Chuck allait faire de moi, de ce qui m’agitait pour lui, comment savoir s’il en prendrait soin, s’il ne m’en demanderait pas trop ? Est-ce que j’avais envie de prendre sa main pour m’accrocher ou pour me sentir plus proche de lui, est-ce que j’avais chaud à côté de lui parce qu’il m’enveloppait de son énergie ou parce que tous mes sens étaient alertes et agités d’émotions ? Les questions tournaient en boucle dans ma tête et emmêlaient ma langue, mes mots. Pourtant, j’arrivais enfin à les extraire de mon cœur, et lorsque je les livrais à Chuck, le baiser qu’il déposa sur ma joue me donna un sentiment de fierté étrange. J’avais réussi à le dire.

Mais rapidement, l’angoisse m’envahit à nouveau, tandis que Chuck ouvrait mon cadeau et restait silencieux, le visage baissé… Oh, il pleurait. Je commençais à paniquer, regrettant presque mon geste, mais Chuck releva les yeux vers moi et j’y remarquai les mêmes éclats que lorsqu’il riait. Il n’était pas malheureux. Il était triste et ému, heureux aussi, peut-être.


- Merci, il est trop cool, il est... parfait.

Mes joues virèrent cramoisies pour la cinquante-sixième fois de la soirée.

- Allez viens, il est temps de faire nos ados jusqu'au bout.

J’éclatai de rire, soulagée, et le suivis, excitée comme une enfant qui faisait une petite bêtise, un « truc d’adulte ». A force de vivre en sursis, après tout ce qui m’arrivait, j’avais l’impression que ces petits moments hors de l’eau étaient une véritable bénédiction, et les moindres petites choses me rendaient tellement euphorique et heureuse. Dehors, il faisait bon, le soleil s’était couché, remplacé par des petites étoiles lumineuses, et une lune presque ronde qui illuminait le jardin plongé dans l’obscurité. Le parfum des fleurs nous enveloppait, l’herbe était encore tiède, le temps presque suspendu. En m’allongeant, j’admirais le ciel étoilé, me sentant tout à coup minuscule dans cet immense cosmos qui semblait pourtant veiller sur moi.

Je me rappelais parfaitement de ce soir-là, sur le toit de l’appartement d’Ewan, la façon dont nous avions regardé les étoiles et qu’il m’avait embrassé, sa main dans mes cheveux nattés, ma robe dont la fermeture éclair brillait dans la nuit. Je n’avais rien oublié. Ma gorge se serra et les larmes me montèrent aux yeux, je tournais un instant le visage pour regarder le rosier et que Chuck ne remarque rien. C’était étrange… J’étais si jeune, à l’époque, pleine d’angoisse et d’espoir, dans un petit cocon si spécial où Ewan m’aimait et me chérissait. Maintenant, tout me semblait tellement lointain, différent, incertain… Comme si ce n’était pas mon histoire, pas mon bonheur. Je me torturais parfois à imaginer comment ma vie aurait été, si Ewan n’était pas parti. Serais-je restée alcoolique tout de même, aurais-je chuté, est-ce qu’on se serait aimé pour toujours ou l’aurais-je lâché et fui comme je l’avais fait avec les Wayland et tous mes amis ?

Un bruit me sortit de mes pensées, Chuck venait de croquer un popcorn mal soufflé, et le grain de maïs craqua contre ses dents. Tout à coup, j’eus envie de rire, sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce que la vie était pleine de surprise, qu’à présent j’étais dans ce centre, que je regardais les étoiles avec Chuck, qu’on était tous les deux abîmés et prêts à se battre, à abandonner aussi, parce qu’il me faisait rire comme une adolescente. Il était appuyé contre moi, et je tournai mon visage pour le regarder, toute sourire, j’eus un petit rire et appuyai mon front contre le sien, son souffle contre mes lèvres. Je fermai les yeux. Je voulais que le temps se fige, que je puisse emprisonner combien Chuck me rendait heureuse en cet instant. J’avais envie de lui dire tant de choses, des choses qui me dépassaient, lui dire qu’il me faisait rire et qu’il me donnait du courage, que quand il me regardait j’avais l’impression d’être le centre de l’univers et que tout était possible, que parfois je nous imaginais âgés, dans une maison avec un grand jardin, et que je lui préparais ses pâtisseries préférées et qu’il me faisait danser dans la cuisine. Et nous étions toujours sobres.

Je détournai finalement mon visage de celui de Chuck pour regarder à nouveau le ciel. J’eus une pensée pour Ewan et les étoiles que nous regardions ensemble, pour combien j’avais pleuré de son départ et combien j’avais rêvé qu’il revienne et que tout recommence comme avant.

Peut-être qu’au fond, si les choses avaient été différentes, elles n’auraient pas été mieux pour autant.


- T'as déjà pensé à ce que tu ferais ensuite, si on sort ? On part du principe que tout va bien et que tu retrouves les Wayland et tout. Genre, tu aurais envie de bosser quoi, de faire quoi de tes journées ? J'y pensais hier et je crois que le Quidditch ça me manque pas mal, le sport en équipe en tout cas, j'aimerais bien retrouver un peu de tout ça.

Je me mis à sourire, parce que ça me rendait heureuse d’entendre Chuck parler ainsi du futur, comme d’une possibilité qui approchait et qu’il était prêt à saisir à nouveau.

- C’est un bon signe que tu penses à tout ça, et c’est une bonne idée le sport en équipe, je pense que ça te ferait du bien, surtout maintenant que tu deviens Monsieur Muscle, plaisantai-je en chatouillant son bras, et on se chamailla comme des enfants en riant. Finalement, on décida d’une trêve temporaire et j’allumai une cigarette. Et, hm, je ne sais pas trop… J’ai toujours eu tendance à imaginer le futur, à le craindre, mais maintenant j’ai l’impression que chaque jour est une épreuve en lui-même, que j’ai pleins de choses à régler dans mon passé, alors le futur… C’est loin. J’ai peur de sortir, j’ai du mal à me dire que les Wayland voudront me revoir alors… Je pinçais les lèvres et pris la main de Chuck pour me donner un peu de courage. Avant, je voulais vraiment être médicomage à Sainte-Mangouste, tu sais, avec ma passion pour les potions… Chuck se mit à ricaner parce qu’il aimait bien me taquiner sur mon côté intello. Je n’avais pas oublié nos cours particuliers de potions non plus, même si c’était lointain. Mais j’ai peur d’avoir trop décroché, même si mes ASPIC étaient plutôt bons, j’ai perdu du temps et c’est lointain tout ça maintenant… Mais j’aimerais bien être dans le milieu médical, tu vois, aider les gens, les soigner… Peut-être juste infirmière ? Avec l’uniforme sexy, évidemment, plaisantai-je pour alléger l’atmosphère et on se remit à ricaner bêtement.

Mais tout ça me paraissait tellement loin et j’avais dû mal à m’imaginer un jour de l’autre côté du mur, être celle qui aidait les autres au lieu d’avoir besoin d’aide elle-même. Peut-être que j’allais finir comme Lana, à enchaîner les rehabs, ma vie fragmentée et mes relations toutes décousues…. Si relation j’étais capable d’avoir.


- J’ai du mal à me projeter dans tout ça, dans une vie normale, avec un métier, des amis, un… Un copain, ce genre de choses. J’ai l’impression d’être un peu enfermée dans mes problèmes, dans mon addiction, que je n’arrive pas à envisager ces choses-là, mais je ne sais pas trop pourquoi. Comment tu as fait, toi, pour… Pour, euh, par exemple, être avec Jane ? Pour avoir l’énergie de penser à ça, d’en avoir envie ? J’ai l’impression que… Je mordillai ma lèvre nerveusement. Je n’ai plus rien à donner, il n’y a plus rien à prendre de moi.

J’étais une petite coquille vide.

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Chuck Carlton


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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeJeu 16 Mai - 18:07

Quand Ruby colla son front contre le mien en souriant je crus que ma bouche allait se décrocher tellement je souriais moi aussi. Mon anniversaire n’aurait pas pu être plus parfait, en plus il faisait encore jour, j’adorais ces longues soirées d’été. J’étais à ses côtés et il ne me fallait rien de plus. Et en même temps rien n’était à sa place : mes 20 ans n’auraient jamais dû se passer ainsi, à cette heure-là je n’aurais jamais dû être tranquillement allongé dans un jardin, si seul, à l’exception d’une personne. Je me remis à mâchouiller du pop-corn pour faire passer le goût amer que j’avais dans la bouche. Et si tout était normal, aussi, j’aurais embrassé Ruby, je l’aurais prise dans mes bras, sans me poser de question. Sans doute que tout ça reviendrait un jour, si je tenais bon, si j’arrivais à me tenir éloigné de la drogue, de tout ce qui m’avait trainé vers le bas. Il y avait deux voies possibles pour moi, le problème c’est que l’une et l’autre me tentait tout autant : ce n’était juste pas les mêmes enjeux. Je ne voulais plus vivre en étant à moitié mort et en faisant du mal à tout le monde, mais je ne voulais pas vivre non plus en étant si triste, sans pouvoir me faire une speedball si j’en avais envie, sans plus ressentir jamais tout ce que la drogue pouvait donner et… Bref. C’était un débat sans solution, sans fin. Je soupirai, et me concentrai sur les paroles de Ruby. Si elle n’avait pas été là, mon choix aurait été bien plus simple, en un sens.  

- C’est un bon signe que tu penses à tout ça, et c’est une bonne idée le sport en équipe, je pense que ça te ferait du bien, surtout maintenant que tu deviens Monsieur Muscle. Évidemment on se mit à rire comme des baleines, elle me chatouilla, je lui rendis la pareille. Ce n’était pas faux ce qu’elle disait, et en fait j’en étais plutôt fier, je ressemblais de moins en moins à un cadavre et mes gestes me demandaient moins d’effort. J’étais content de retrouver peu à peu mon corps d’avant, je me sentais mieux dans mes baskets. Et, hm, je ne sais pas trop… J’ai toujours eu tendance à imaginer le futur, à le craindre, mais maintenant j’ai l’impression que chaque jour est une épreuve en lui-même, que j’ai pleins de choses à régler dans mon passé, alors le futur… C’est loin. J’ai peur de sortir, j’ai du mal à me dire que les Wayland voudront me revoir alors…

Ça m’impressionnait à chaque fois de l’écouter parler, j’avais l’impression qu’elle mettait les mots parfaits sur tout, sur ce que je ressentais, même sur ce que je ne comprenais pas. Elle fumait, et la fumée qui s’échappait de ses lèvres entrouvertes m’hypnotisait. Je me demandais toujours si Ruby se rendait compte qu’elle avait un physique de bombasse et que j’aurais pu la regarder juste respirer pendant des heures, en crevant d’envie de lui faire des choses, en silence.

- Évidemment qu’ils voudront. Ils t’aiment, ils t’ont pas adoptée juste pour la gloire… Regarde Angie, c’est pas ma mère et pourtant malgré tout ce que je lui ai fait subir, je sais qu’elle m’aimera et m’accueillera toujours.

Elle me l’avait même dit… Heureusement qu’elle était là, n’empêche, et depuis le début. Quand j’étais petit, je ne comprenais pas pourquoi Coop et moi on ne vivait pas chez les Tennant. Tout aurait été tellement plus simple.

- Avant, je voulais vraiment être médicomage à Sainte-Mangouste, tu sais, avec ma passion pour les potions… Mais j’ai peur d’avoir trop décroché, même si mes ASPIC étaient plutôt bons, j’ai perdu du temps et c’est lointain tout ça maintenant… Mais j’aimerais bien être dans le milieu médical, tu vois, aider les gens, les soigner… Peut-être juste infirmière ? Avec l’uniforme sexy, évidemment.

Je me mis à pouffer de rire évidemment – les cours de potions, ça, on s’en souvenait, tout comme Ruby l’élève parfaite qui avait du mal à prononcer le mot bite. Quant à l’infirmière sexy… J’étais carrément pour. J’imaginais déjà le truc… Ruby en petite tenue et en blouse blanche et ses seins moulés et… Bon. Je me raclai la gorge et changeai de position et allumai une cigarette. Il fallait que je me méfie quand même : oui je l’attendais et oui on prenait notre temps, mais je n’étais pas toujours capable de gérer ce qui se passait dans mon pantalon.

- Trop bonne idée, et puis tu t’occupes bien des gens, je te vois bien là-dedans. Mon briquet craqua dans le silence tranquille du jardin. Et dans l’uniforme sexy aussi. Je lui fis un clin d’œil. Elle allait en rougir comme une tomate, et ça me faisait marrer.

- J’ai du mal à me projeter dans tout ça, dans une vie normale, avec un métier, des amis, un… Un copain, ce genre de choses. J’ai l’impression d’être un peu enfermée dans mes problèmes, dans mon addiction, que je n’arrive pas à envisager ces choses-là, mais je ne sais pas trop pourquoi. Comment tu as fait, toi, pour… Pour, euh, par exemple, être avec Jane ? Pour avoir l’énergie de penser à ça, d’en avoir envie ? J’ai l’impression que… Je n’ai plus rien à donner, il n’y a plus rien à prendre de moi.

Ah tiens ! On arrivait aux choses sérieuses ! Je me calai sur le côté, tourné vers elle, appuyé sur mon coude. Ça, c’était mon rayon, et vu qu’elle m’éclairait sur beaucoup de choses, je pouvais bien essayer de l’éclairer là-dessus.

- Ça me demande pas tant d’énergie que ça, c’est naturel, c’est… En fait c’est moi, et du coup c’était une manière de me retrouver moi aussi, j’en avais besoin. Tu t’imagines pas hein mais pas bander pendant des semaines j’ai cru que ça allait me rendre fou, j’avais peur de plus jamais y arriver. Et puis un jour c’est revenu et j’étais trop content et j’ai compris que j’en avais toujours envie et que je pouvais le faire, que je pouvais redevenir ce que j’étais aussi, ou au moins être un peu plus… Normal. Jane était dans le même cas que moi. Je crois qu’on avait besoin de se défouler tous les deux, et de sentir que nos corps revenaient un peu dans les rails. Après je ne suis pas « avec Jane » hein, vieille mamie du 15ème siècle. C’est juste qu’on était dans le même état d’esprit et qu’on s’est rendus service à tous les deux, entre potes. On a couché ensemble mais y’a rien de plus. Non mais, il manquerait plus qu’elle croit ça en plus. Et puis c’est pas parce que pour le moment tu ne te vois pas là-dedans et dans une vie normale que ça ne viendra pas. Au final on est tous au même point… Et tous au foyer, encore. Mais j’aime bien me dire qu’on tient le bon bout. Bien sûr que t’as plein de choses à donner ! Regarde : avec moi. Je lui avais embrassé la joue et je la regardai dans les yeux. Elle se rendait compte de tout ce qu’elle me donnait quand même ? Et le cul ça viendra plus tard, te mets pas la pression. Peut-être qu’un jour ça viendra tout seul, ou bien que ça commencera doucement, genre t’auras envie de te toucher, des trucs comme ça. Je passai bien entendu sous silence le fait que je me touchais en pensant à elle, parce que là, j’allais la choquer pour l’éternité. En tout cas moi je veux de toi, dis-je en écrasant ma cigarette et en me couchant un peu plus contre elle, mon bras autour de sa taille, mon visage dans son cou. Elle sentait bon et tout d’un coup je sentis le poids de la fatigue, j’aurais pu m’endormir en une seconde, parce que j’étais crevé, mais bien aussi, particulièrement bien. Mais bon, on a le temps hein, marmonnai-je. Je savais qu'en dire trop lui mettrait la pression. Et t'as le droit de pas vouloir de moi à un moment aussi, c'était important de le préciser, vu ce qu'elle avait vécu, je ne voulais pas lui faire peur.

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Ruby Standiford-Wayland


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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeJeu 16 Mai - 22:02

J’avais tellement envie que Chuck ait raison, que l’amour des Wayland soit encore là, inébranlable, tout comme l’amour qu’Angie lui portait. J’étais contente qu’il le reconnaisse d’ailleurs, qu’il sache qu’il était si bien entouré, mais j’enviais cette confiance qu’il semblait avoir. A vrai dire, j’avais peur. Peur qu’il se trompe, peur d’y croire et d’être déçue. Je ne savais même pas comment supporter d’être rejetée par la seule famille qui avait voulu de moi, et c’était comme s’il fallait toujours que je m’y prépare, pour amortir la chute le jour où Lizlor me dirait qu’elle ne voulait plus me voir. En regardant l’immensité du ciel, je pensais à elle, me demandant si elle le regardait elle aussi ce soir, si elle était heureuse. Peut-être qu’elle était avec Jay, à se promener dans Hyde Park, sous le même ciel que moi. Elle me manquait tellement que les larmes me montèrent à nouveau aux yeux. J’avais envie de vivre la vie que Lizlor m’avait offerte, celle où j’avais une sœur, une famille. Pourquoi l’avais-je tant fui ? Pourquoi m’étais-je tant convaincue que je ne méritais pas tout ce bonheur ?

- Trop bonne idée, et puis tu t’occupes bien des gens, je te vois bien là-dedans. Et dans l’uniforme sexy aussi.

Evidemment, je virais rouge pivoine. A ce stade, je commençais à être habituée, comme si je n’avais que quatre humeurs aux côtés de Chuck, le rire, le sourire niais, les larmes et le rougissement. Ce qu’il disait me faisait plaisir, bien sûr, il avait l’air de trouver mon idée pas si bête que ça. Peut-être qu’il avait raison, que je pouvais m’occuper des autres – j’avais l’impression que c’était un peu me rattraper, rendre quelque chose que l’on m’avait donné même quand je ne le méritais pas. Je me demandai si j’arrivais à bien m’occuper de Chuck, il m’avait dit plusieurs fois que ma présence l’aidait, mais mes insécurités revenaient toujours me faire douter de tout, et surtout de moi. En tout cas, lui, il me mettait à l’aise, il me donnait envie de m’en sortir… Avec lui, j’arrivais même à être vulnérable, comme si je savais qu’il prendrait soin de moi malgré toute la difficulté de nos vies respectives. Peut-être qu’au fond, je lui faisais confiance.

- Ça me demande pas tant d’énergie que ça, c’est naturel, c’est… En fait c’est moi, et du coup c’était une manière de me retrouver moi aussi, j’en avais besoin. Tu t’imagines pas hein mais pas bander pendant des semaines j’ai cru que ça allait me rendre fou, j’avais peur de plus jamais y arriver. J’essayai de paraître naturelle et pas complètement crispée et coincée à la moindre évocation de l’érection d’un garçon. Ma mâchoire était bêtement serrée. Et puis un jour c’est revenu et j’étais trop content et j’ai compris que j’en avais toujours envie et que je pouvais le faire, que je pouvais redevenir ce que j’étais aussi, ou au moins être un peu plus… Normal. Jane était dans le même cas que moi. Je crois qu’on avait besoin de se défouler tous les deux, et de sentir que nos corps revenaient un peu dans les rails. Après je ne suis pas « avec Jane » hein, vieille mamie du 15ème siècle. C’est juste qu’on était dans le même état d’esprit et qu’on s’est rendus service à tous les deux, entre potes. On a couché ensemble mais y’a rien de plus.

J’avais du mal à saisir tout ce qu’il disait, l’idée que des potes puissent coucher ensemble pour se rendre service me paraissait…. Incongrue. Comment faisaient-ils ?! Je ne savais même pas si j’étais envieuse tant ça me semblait impossible, tellement loin de moi, de tout ce que j’étais capable de faire.

- Et puis c’est pas parce que pour le moment tu ne te vois pas là-dedans et dans une vie normale que ça ne viendra pas. Au final on est tous au même point… Et tous au foyer, encore. Mais j’aime bien me dire qu’on tient le bon bout. Bien sûr que t’as plein de choses à donner ! Regarde : avec moi. Et le cul ça viendra plus tard, te mets pas la pression. Peut-être qu’un jour ça viendra tout seul, ou bien que ça commencera doucement, genre t’auras envie de te toucher, des trucs comme ça.

Et voilà qu’il recommençait, que c’était trop pour que je le supporte, son baiser sur ma joue, son regard, son sourire et ses sous-entendus. Sans parler de la discussion sur le sexe que j’avais bien du mal à suivre sans me sentir stupidement gênée, comme une enfant. J’allais répliquer, mais Chuck n’avait visiblement pas terminé de m’agiter.

- En tout cas moi je veux de toi. Mais bon, on a le temps hein. Et t'as le droit de pas vouloir de moi à un moment aussi.

Je restai parfaitement immobile, les yeux grand ouverts, la respiration coincée dans ma gorge. J’aurais voulu décrire ce qui se passait dans mon cerveau que je n’aurais pas pu, c’était à la fois le vide absolu et une cacophonie insupportable. J’étais complètement figée.

- Euh, bah, euh, tu veux dire comme avec Jane ? Bredouillai-je.

Et Chuck éclata de rire, comme si je venais de dire la chose la plus stupide de la terre, et tout l’intérieur de moi cascada jusque dans mon estomac. J’étais allongée et pourtant j’en avais le vertige, la tête qui tournait sans réussir à se concentrer sur une seule pensée claire. Je n’étais plus rouge, j’étais une brique noire tant mes joues avaient brûlé. C’était trop, c’était tout à la fois : improbable, grisant, terrifiant, impossible, réconfortant. Je réalisai que j’en avais oublié de respirer.


- Je sais pas moi, comme tu as eu ton… Euh, ton aventure avec Jane, je ne pensais pas que… Enfin, je sais pas, murmurai-je, complètement prise de court et intimidée.

C’était trop pour moi et j’avais envie de disparaître sous terre, de couper le courant électrique dans mes poumons, je me sentais tellement honteuse que j’avais peur qu’on m’observe – je me collai contre le torse de Chuck en enfouissant mon visage contre son sweat, comme une enfant apeurée. Pour une fois, je m’autorisais à être tenue, vraiment ; mes deux mains serrés nerveusement contre sa poitrine, je laissai Chuck m’étreindre complètement, je fermai les yeux et respirai simplement.


- Comment tu fais pour être si... Si tranquille...

Chaque cellule de mon corps semblait se diviser et s'agiter en même temps.

- Je veux du temps… Du temps avec toi, murmurai tout bas sans réfléchir.

Je ne savais même pas à quoi je jouais ou ce que je racontais, j’étais terrifiée et rassurée dans les bras de Chuck, je voulais que le temps s’arrête et défile à toute vitesse. Je voulais que Chuck n’ait jamais parlé, et j’avais envie qu’il m’en dise plus, qu’il me parle sans s’arrêter, que je sonde tout son cœur. Je ne sais pas combien de temps on resta là, mais la nuit avait fini par tomber, elle nous entourait et me cachait avec douceur. J’aurais pu m’endormir là si mon cœur n’avait pas battu si fort. Lorsqu’on s’écarta finalement, et que j’attrapais une cigarette, je restai à moitié aimantée à lui, nos bras emmêlés, mon visage contre son épaule.


- Tu as raison, peut-être que le c… Bon, allez, ce n’était pas bien compliqué à dire ! Que tout ça viendra plus tard. Visiblement, si. Je n’étais pas capable de dire « cul ». Mais avec tout ce qui s’est passé, tous ces garçons… Je sais pas, j’ai oublié que ça pouvait être plaisant. De toute façon, ça a toujours été un peu délicat, même avant l’alcool. Je n’avais couché qu’avec Ewan, donc fina – Je m’arrêtai, réalisant ce que je venais de dire et tout à coup j’éclatai de rire, comme si la tension se crevait enfin. Oh, pardon, avec toi aussi, ohlala, c’est juste que… J’ai l’impression que ce n’était pas nous, que c’était il y a tellement longtemps !

J’avais un véritable fou rire nerveux et je m’étouffai avec ma cigarette, portant ma main à ma bouche pour cacher les éclats grandissants. C’était tellement improbable maintenant que j’y pensais. Ce que nous partagions me paraissait tellement plus fort à présent.

- Mais en tout cas, si tu veux tout savoir… Je me remettais déjà à rougir, et le regard intrigué de Chuck n’aidait pas. Ça m’étonnerait que je… me… que je me touche, parce que toute façon je ne l’ai jamais fait. Depuis mon enfance et tout ça… Je ne sais pas, ça m’a toujours fait peur je crois. Je sais que c’est bête, admis-je avec un petit sourire désolé, parce que je n’en menais pas large au final, et surtout pas d’en parler ouvertement avec quelqu’un d’autre… Enfin, surtout avec Chuck.

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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeJeu 30 Mai - 19:29

- Euh, bah, euh, tu veux dire comme avec Jane ?

On allait repasser pour la sieste : mes yeux se rouvrirent, grands comme des billes, et je sentis une explosion de rire remonter en flèche le long de mon ventre jusque dans ma gorge. Je crus que j'allais m'étouffer tellement c'était drôle - nan mais franchement parfois Ruby pouvait être particulièrement neuneu - et je pense que ça suffit à lui faire comprendre ce que je pensais de cette réponse. Évidemment, comme avec Jane. Comme avec Jane et même encore mieux et dans plein de positions et dans tous les sens et j'avais beaucoup d'idées - ohlalala il fallait que je me calme. Ça chauffait entre mes jambes, comme si on avait craqué une allumette. Au même moment, Ruby ressemblait à une grosse tomate bien mûre. À défaut de coucher ensemble, on allait pour le moment pouvoir faire un bon barbecue.

- Je sais pas moi, comme tu as eu ton… Euh, ton aventure avec Jane, je ne pensais pas que… Enfin, je sais pas.
- Mais ça n'a rien à voir,
hoquetai-je en reprenant mon souffle. J'en avais mal au ventre de rire. On n'est plus au siècle dernier, désolé de te l'apprendre my Lady, mais tu sais on peut coucher avec des gens hors-mariage et sans sentiments pour eux, juste pour le fun, le cul c'est différent des sentiments, c'est ce qui s'est passé avec Jane. Et c'est aussi ce qui est différent avec toi, dis-je en souriant, rien que pour le plaisir de la voir devenir encore plus cramoisie. C'était méchant, peut-être, mais je devais dire que j'étais bien content de retrouver ces sensations, et de voir tout l'effet que je pouvais faire à une fille.

Elle se colla contre moi et je m'installai sur le dos, l'entourant de mes bras. Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire, et je restai là à regarder le ciel, sentant toute la chaleur de Ruby contre moi et nos coeurs qui battaient ensemble, forts. J'avais l'impression qu'elle voulait disparaître un et que je la serre fort, alors je l'entourai du mieux que je pouvais pour la presser contre moi comme si j'allais pouvoir l'avaler.

- Comment tu fais pour être si... Si tranquille... Je poussai un petit soupir en souriant. Je ne savais pas trop quoi répondre. C'était moi : j'étais comme ça. C'était au moins cool de voir que l'héro n'avait pas tout détruit sur son passage : j'étais toujours là. Je veux du temps… Du temps avec toi.

- Moi aussi,
murmurai-je.

On avait de la chance. Il y avait beaucoup de choses, dernièrement, qu'on voulait de toutes nos forces, mais elles n'étaient plus possibles, ou mauvaises. Cette envie-là était entièrement réalisable. Et ça, c'était une chance. J'inspirai profondément, voulant profiter de chaque seconde qui passait.


- Et je t'attendrai le temps qu'il faudra.

Tant pis pour mes hormones ; elles avaient de toute façon eu leur heure de gloire, elles pouvaient bien être sages pendant quelque temps. On se réinstalla un peu mieux, Ruby s'écarta légèrement mais pas trop - je n'avais pas envie qu'elle se décolle de moi et je laissai mon bras autour d'elle - et on alluma chacun une clope, soufflant la fumée vers le ciel.

- Tu as raison, peut-être que le c… Que tout ça viendra plus tard. Mais avec tout ce qui s’est passé, tous ces garçons… Je sais pas, j’ai oublié que ça pouvait être plaisant. De toute façon, ça a toujours été un peu délicat, même avant l’alcool. Je n’avais couché qu’avec Ewan, donc fina – Oh, pardon, avec toi aussi, ohlala, c’est juste que… J’ai l’impression que ce n’était pas nous, que c’était il y a tellement longtemps !

Je faillis repartir en fou rire évidemment, mais je me retins un peu, parce que je savais aussi que Ruby avait du mal à parler de ces trucs là et que si je ne faisais que lui rire à la tronche, elle allait finir par se renfermer. Je lui lançai un regard complice, ses yeux brillaient, même avec le soir qui tombait. Je ressentis comme un coup dans le fond de mon ventre. Elle m'attirait comme un aimant : sa douceur, sa pureté, sa beauté, sa chaleur, et l'espèce de truc indéfinissable en plus de tout ça qui était terriblement plein de séduction. Concentration : il fallait que je me concentre. Elle avait raison, dans le fond, c'était presque comme si c'était dans une autre vie qu'on avait couché ensemble. Je m'en souvenais pas mal, mais pas complètement non plus, juste que c'était bien, qu'elle était sacrément bien roulé, et qu'on était bourrés.

- Mais en tout cas, si tu veux tout savoir… Ça m’étonnerait que je… me… que je me touche, parce que toute façon je ne l’ai jamais fait. Depuis mon enfance et tout ça… Je ne sais pas, ça m’a toujours fait peur je crois. Je sais que c’est bête.

Whaaaat ! Alors ça ! Mes yeux s'agrandirent en soucoupe pour la deuxième fois en peu de temps.

- Mais non, c'est pas bête ! Te sens pas coupable, je sais que le rapport au cul c'est compliqué pour toi, et c'est normal. J'avais pas pensé que... Mais c'est con, je le savais en plus, une fois avec ma pote Gwen on avait parlé de masturbation chez les filles et qu'elles ne le faisaient pas toutes et que c'était plus tabou que chez les mecs et tout. C'est pas grave si tu ne le fais pas ou si tu ne veux pas le faire, répétai-je, je ne voulais surtout pas lui mettre la pression en plus de tout. Par contre si un jour tu voulais, c'est différent. Ça s'apprend tu sais, par toi-même ou avec quelqu'un, il suffit juste d'en parler. Tu trouveras plein de mecs qui seront opé pour faire ça pour toi, et qui n'auront rien à voir avec tous les connards qui sont passés dans ta vie. Je parlais doucement pour ne pas la brusquer. Je crevais d'envie de lui dire que j'étais chaud patate pour lui montrer comment se toucher, mais on allait peut-être se calmer un peu là-dessus. Ça viendra peut-être un jour, quand tu auras envie de renouer avec la sexualité. C'est normal que pour l'instant ce soit difficile, faut que tu prennes ton temps. Je me penchai pour déposer un baiser sur son front. C'est vrai que ça paraît être y'a mille ans toi et moi ! C'est drôle. Et avec Ewan, tu kiffais au pieu ? Tu as appris des trucs sur ton corps, ce que tu aimes tout ça ?

Promis, c'était pas uniquement pour grapiller des infos sur la suite. Je me disais juste que peut-être en en parlant tranquillement comme un sujet des plus normaux ça pouvait aussi lui montrer qu'il n'y avait aucun problème avec ça, et qu'elle pouvait se sentir à l'aise, surtout avec moi.

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Ruby Standiford-Wayland


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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeDim 2 Juin - 20:01

La nuit était tombée doucement, sans bruit, et l'atmosphère se chargeait d'humidité, je pouvais presque sentir sous mes doigts la rosée qui allait bientôt s'accrocher à l'herbe. J'essayais de me concentrer sur la sensation, pour me rappeler que j'étais là, que tout ça était réel et que je n'étais pas en train de dériver, de rêver. Le rire de Chuck était lumineux, comme un phare au loin qui dissipait la brume, et il m'accompagnait jusque dans la réalité.

- Mais ça n'a rien à voir. On n'est plus au siècle dernier, désolé de te l'apprendre my Lady, mais tu sais on peut coucher avec des gens hors-mariage et sans sentiments pour eux, juste pour le fun, le cul c'est différent des sentiments, c'est ce qui s'est passé avec Jane. Et c'est aussi ce qui est différent avec toi.

C'était différent. Différent avec moi. Parce qu'il y avait des sentiments. L'air se coinça dans ma gorge quelques secondes de trop et ma tête tourna, comme privée d'oxygène.

C'était trop, c'était insupportable. Je me sentais ridicule, incapable de répondre, dépassée par ce qui se déroulait et qu'il semblait si naturel et facile pour Chuck ; les mots ne lui coûtaient pas, il ne craignait pas qu'ils le brûlent au passage. C'en était déconcertant, cette simplicité, cette tranquillité, et elles me paraissaient tellement loin de qui j'étais, de ce que je ressentais. Pourquoi Chuck ne semblait pas redouter mon silence, ma confusion ?! N'avait-il pas besoin d'une réponse ?! Je me dissolvais entre ses bras, dans sa prise comme un petit cocon rassurant, qu'il m'offrait sans rien me demander en retour. Je ne connaissais plus ces sensations et je me sentais laisser aller autant que je résistais.

Au fond de moi, une petite voix me répétait que je n'avais pas le droit. Le droit de quoi, me demandai-je silencieusement, mais la voix ne me répondit pas. Mais elle affirmait sa vérité avec tellement de puissance que j'avais du mal à ne pas l'entendre, mes mains pourtant toujours accrochées à Chuck, comme si mon corps ne m'écoutait plus. C'était peut-être ça auquel je n'avais pas le droit, cette aisance physique qui ne répondait à aucune règle et dépassait toujours mon entendement, je ne pouvais pas laisser mon corps reprendre le dessus, pas une nouvelle fois. C'était trop dangeureux et il me faisait toujours souffrir ; je n'avais pas le droit de donner cette partie de moi.


- Et je t'attendrai le temps qu'il faudra.

J'avais envie de pleurer, j'avais envie de supplier Chuck de partir, de ne pas le faire, parce que je me sentais incapable de le rejoindre un jour, et encore une fois je restais pourtant contre lui et mes lèvres esquissèrent un sourire. Comment pouvais-je ressentir tellement d'émotions contradictoires en même temps sans imploser ? J'étais triste, euphorique, le coeur dans l'estomac. Chuck n'avait rien à voir avec Ewan, pensai-je tout à coup, et pourtant je les avais tous les deux refusés, maintenus à distance. Ewan et moi n'avions jamais vraiment été amis, au fond, il y avait eu quelque chose d'instantané qui m'avait fait peur. Chuck... Je ne savais même pas ce que je ressentais, ce que je voulais. Il me rendait heureuse et parfois, quand il lâchait ma main, je sentais un creux dans ma poitrine. Quand il souriait, j'avais envie d'embrasser sa joue. Le matin, quand je me levais, j'avais hâte de le voir. Je savais qu'il ne fallait pas baser sa sobriété sur quelqu'un, encore moins un autre addict, mais Chuck me donnait envie de me battre, de m'en sortir, il était mon meilleur ami, la petite étincelle dans le rayon de soleil. Sans lui, sans les Wayland, pourquoi aurais-je voulu continuer ? Pour moi et moi seule ? Chuck était devenu une partie de moi, tant la vie au centre nous avait fondu l'un dans l'autre. Je m'étais redressée et appuyée contre Chuck, et mon corps se noyait parfaitement dans son aura.

- Mais non, c'est pas bête ! Te sens pas coupable, je sais que le rapport au cul c'est compliqué pour toi, et c'est normal. J'avais pas pensé que... Mais c'est con, je le savais en plus, une fois avec ma pote Gwen on avait parlé de masturbation chez les filles et qu'elles ne le faisaient pas toutes et que c'était plus tabou que chez les mecs et tout. C'est pas grave si tu ne le fais pas ou si tu ne veux pas le faire. Par contre si un jour tu voulais, c'est différent. Ça s'apprend tu sais, par toi-même ou avec quelqu'un, il suffit juste d'en parler. Tu trouveras plein de mecs qui seront opé pour faire ça pour toi, et qui n'auront rien à voir avec tous les connards qui sont passés dans ta vie. Ça viendra peut-être un jour, quand tu auras envie de renouer avec la sexualité. C'est normal que pour l'instant ce soit difficile, faut que tu prennes ton temps.

Il avait arrêté de rire et sa voix était douce, chantante, comme une berceuse rassurante. Il avait embrassé mon front et à nouveau l'euphorie physique incontrôlable me remplissait les poumons.

- C'est vrai que ça paraît être y'a mille ans toi et moi ! C'est drôle. Et avec Ewan, tu kiffais au pieu ? Tu as appris des trucs sur ton corps, ce que tu aimes tout ça ?

Mes lèvres se pincèrent, un tourbillon de sensations m'envahissant, la gêne, la tristesse, la pudeur, la curiosité. Cela faisait bien longtemps que l'on ne m'avait pas demandé explicitement ce que j'appréciais.

- Oui, c'était très bien, j'ai eu de la chance, c'était assez naturel, même si ça m'a mis un peu de temps au début pour le faire... Je me tus, réfléchissant un instant, les souvenirs me revenant en pêle-mêle. J'évitais généralement de penser à Ewan, et surtout à ce qu'on avait vécu d'intime. Pourtant, en cet instant, même si j'étais triste, mon coeur semblait moins fébrile, comme si le souvenir d'Ewan s'était dilué dans mon sang. Désolée, je ne suis vraiment pas super fun pour discuter de tout ça... Pourtant, j'en avais envie, Chuck m'en donnait envie. Mais, euh, oui, j'ai appris des trucs. Qu'il n'y avait pas que la pénétration, qu'il y avait d'autres endroits sensibles, comme, euh, ma poitrine, ça j'aimais bien... Ou quand... Sa bouche...

Je fis un geste vague vers le bas de mon corps et mes joues s'enflammèrent. J'avais envie de rire nerveusement, de disparaître, mais Chuck continuait de m'écouter avec un sérieux déstabilisant. Il avait l'air sincèrement intéressé par mon expérience. Je me raclai la gorge et repris avec une voix plus assuré, parce que je voulais être honnête. Pour une fois que l'on m'écoutait sur ce sujet...

- J'aimais bien quand il avait un peu plus le dessus, parce que c'était les seuls moments dans ma vie où je lâchais prise et que j'arrêtais de vouloir tout gérer. C'était bizarre de donner le contrôle à quelqu'un d'autre, pendant longtemps j'avais peur qu'il l'utilise pour me faire du mal, alors que c'était l'inverse... Ma limite, c'était que je ne voulais pas avoir l'impression d'être retenue physiquement, de ne pas pouvoir partir si je voulais. C'est trop angoissant comme perspective, avouai-je à voix basse. Parfois c'était bien aussi d'avoir le dessus, d'être celle qui dirigeait. Je crois que j'aimais bien voir que je lui faisais plaisir, que c'était moi qui faisait cet effet-là, que je pouvais être en contrôle sexuellement. Tu vois, j'adorais quand... Silence. Je mordis ma lèvre inférieure. Quand je le...

Le regard de Chuck était encourageant mais j'étais beaucoup trop gênée pour continuer. Maladroitement, j'agitai ma main près de ma bouche, dans un geste lourd de sous-entendus, avant de réaliser que c'était encore pire, encore plus graphique, et l'incongrue de la situation et de mon attitude nous fit éclater de rire. Je m'appuyai contre lui, tenant mes côtes, laissant le fou rire nous envahir, toute la tension de la discussion s'évaporant. Lorsqu'on se calma finalement, j'étais encore plus proche de lui, et je relevai le regard vers lui, un sourire hilare encore visé sur mon visage. J'avais envie que Chuck embrasse à nouveau mon front.

- Tu sais, c'est drôle, même si c'était bien avec Ewan, on ne parlait pas tant que ça de... De tout ça. On était tous les deux assez pudiques. Je n'en ai jamais trop parlé à personne, même avec Lizlor, j'avais parfois du mal. Je pense que c'est parce que tu as l'air tellement détendu, ça m'aide, et... Je sais pas, c'est chouette je trouve, en fait. Enfin, je ne savais pas que ça pouvait être bien de parler de ça. Je ne pensais pas que ça intéressait vraiment quelqu'un. J'haussai les épaules, un peu gênée. Toi, c'était toujours bien avec toutes les filles que tu as fréquentées ? C'est... Hmm, y a des trucs particuliers que tu aimes bien ?

Je voulais lui montrer que je voulais en discuter, que j'essayais, que je n'avais pas (trop) peur de tout ce sujet. J'eus un sourire en me rappelant certaines soirées d'été, en Oregon, où Lizlor et moi discutions de tout ça comme des adolescentes, le rire aux lèvres, nos confidences aspirées dans les étoiles. C'était bien loin de ce que j'avais pu vivre avec les autres garçons par la suite... Eux, je n'aimais pas leur faire plaisir. Je voulais simplement me débarasser de ce que je leur devais.

- J'ai l'impression que c'est un peu loin, tout ça... Maintenant, quand je pense à coucher avec quelqu'un, je ne pense qu'aux autres garçons. Plus j'y réfléchis, plus je me dis qu'ils se fichaient vraiment de ce que j'aimais... Mais je me fichais aussi de ce qu'ils aimaient. Je les laissais faire. Je ne sais même plus si j'avais vraiment envie. Même avec Jasper... Le pire, c'est quand il devait de l'argent à des gens, des dealers, ça m'arrivait de... De payer pour lui, en quelque sorte. Je me disais toujours que je le faisais parce que je lui devais bien ça, parce que je vivais beaucoup à ses frais, que je l'acceptais. Mais je ne sais pas, je...

Je n'étais plus sûre d'avoir vraiment pu consentir à tout ça. Et j'étais tellement ivre, tout le temps...

- Quand... Si un jour je... On... Je baissai les yeux vers ma main qui s'était lôgée dans celle de Chuck. Quand une fille ne veut pas faire ce dont tu as envie, tu ne t'énerves pas, pas vrai ? Achevai-je dans un murmure. C'était peut-être bête, évident, mais j'avais besoin de l'entendre dire.

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MessageSujet: Re: We just dance backwards into each other #Chuby5   We just dance backwards into each other #Chuby5 Icon_minitimeDim 23 Juin - 16:00

Heureusement que je m'étais remis en selle dernièrement, parce qu'aborder ce genre de sujets c'était déjà compliqué niveau excitation, mais alors si en plus je n'avais rien fait avec Jane récemment... Je ne savais même pas comment j'aurais pu tenir. J'avais beau savoir pertinemment que ce ne serait pas tout de suite avec Ruby, qu'elle avait besoin de temps et que je ne devais absolument rien forcer, j'étais obsédé par elle et tout ce que j'avais envie de lui faire, à vrai dire mon corps ENTIER était obsédé par elle.

- Oui, c'était très bien, j'ai eu de la chance, c'était assez naturel, même si ça m'a mis un peu de temps au début pour le faire... Désolée, je ne suis vraiment pas super fun pour discuter de tout ça... Mais, euh, oui, j'ai appris des trucs. Qu'il n'y avait pas que la pénétration, qu'il y avait d'autres endroits sensibles, comme, euh, ma poitrine, ça j'aimais bien... Ou quand... Sa bouche...

Oh là là, oh là là, oh - là - là. Déjà, le mot pénétration prononcé par Ruby me donnait envie de hurler de rire ; mais mon rire s'étouffait tout seul dans ma gorge à cause de la suite, savoir qu'elle avait les seins sensibles me mettait dans tous mes états, et apprendre des petits détails sur ce qui la faisait  kiffer était beaucoup trop graphique : en deux secondes mon cerveau avait déjà modélisé la scène, je m'imaginais entre ses jambes, j'entendais son souffle court, bref : j'avais envie de mourir.

Il faisait super chaud tout d'un coup, non ? J'avais repoussé discrètement le couverture, parce que la chaleur qui émanait de l'intérieur de mon corps essayait de rivaliser avec celle d'une centrale nucléaire.


- J'aimais bien quand il avait un peu plus le dessus, parce que c'était les seuls moments dans ma vie où je lâchais prise et que j'arrêtais de vouloir tout gérer. C'était bizarre de donner le contrôle à quelqu'un d'autre, pendant longtemps j'avais peur qu'il l'utilise pour me faire du mal, alors que c'était l'inverse... Ma limite, c'était que je ne voulais pas avoir l'impression d'être retenue physiquement, de ne pas pouvoir partir si je voulais. C'est trop angoissant comme perspective. Parfois c'était bien aussi d'avoir le dessus, d'être celle qui dirigeait. Je crois que j'aimais bien voir que je lui faisais plaisir, que c'était moi qui faisait cet effet-là, que je pouvais être en contrôle sexuellement. Tu vois, j'adorais quand... Quand je le...

Ah ben là, oui, je voyais bien - je sentis l'excitation jouer avec mes nerfs et du coup me faire éclater de rire, Ruby aussi, et on partit dans un fou rire libérateur. C'était franchement une prouesse de parler comme ça, j'étais bluffé, mais c'en était une pour moi aussi de rester de marbre (enfin, en apparence) et j'étais fier de nous - dans ces moments j'oubliais d'où on revenait et ça faisait du bien, de se sentir normal, d'avoir l'air normal, de partager juste des bons moments par une chaude soirée d'été comme les ados qu'on avait été. Ruby était toute proche de moi, à me regarder. Quand on eut fini de rire je collai ma joue contre son front, j'avais envie qu'elle me serre dans ses bras, j'avais envie de l'embrasser comme jamais on l'avait embrassée, mais je restais sage, et je fermais les yeux une seconde. J'étais bien, avec elle, c'était tellement plus simple. Comment j'avais pu croire une seconde que j'étais capable de me barrer du centre, de retourner dehors, de me séparer de Ruby ? C'était plus que rechuter : ç'aurait été horrible, je me serais perdu complètement, et cette fois il n'y aurait plus eu personne pour me tendre encore la main, j'en étais persuadé.

- Tu sais, c'est drôle, même si c'était bien avec Ewan, on ne parlait pas tant que ça de... De tout ça. On était tous les deux assez pudiques. Je n'en ai jamais trop parlé à personne, même avec Lizlor, j'avais parfois du mal. Je pense que c'est parce que tu as l'air tellement détendu, ça m'aide, et... Je sais pas, c'est chouette je trouve, en fait. Enfin, je ne savais pas que ça pouvait être bien de parler de ça. Je ne pensais pas que ça intéressait vraiment quelqu'un. Toi, c'était toujours bien avec toutes les filles que tu as fréquentées ? C'est... Hmm, y a des trucs particuliers que tu aimes bien ?

- Oh, ça dépend, je me souviens pas forcément de tout parce que parfois j'étais bien bourré aussi, mais oui globalement c'est cool de toute façon, même si avec certaines filles c'est mieux que d'autres parce qu'on aime les mêmes choses ou bien que l'alchimie est meilleure tu vois ! Mais j'ai jamais eu de mauvaise expérience. Et pour les trucs que j'aime, ben j'adore qu'on me suce, après j'aime bien avoir le contrôle de manière générale même si parfois j'aime bien que la meuf le prenne... Et puis j'aime bien essayer des trucs nouveaux, des positions, j'aime bien quand la fille me dit de quoi elle a envie ou me le fait juste comprendre,...


C'était une question très sérieuse qui méritait réflexion, et j'avais pris un peu le temps avant de répondre. Ce n'était pas un sujet que je prenais à la légère, évidemment.

- J'ai l'impression que c'est un peu loin, tout ça... Maintenant, quand je pense à coucher avec quelqu'un, je ne pense qu'aux autres garçons. Plus j'y réfléchis, plus je me dis qu'ils se fichaient vraiment de ce que j'aimais... Mais je me fichais aussi de ce qu'ils aimaient. Je les laissais faire. Je ne sais même plus si j'avais vraiment envie. Même avec Jasper... Le pire, c'est quand il devait de l'argent à des gens, des dealers, ça m'arrivait de... De payer pour lui, en quelque sorte. Je me disais toujours que je le faisais parce que je lui devais bien ça, parce que je vivais beaucoup à ses frais, que je l'acceptais. Mais je ne sais pas, je... Quand... Si un jour je... On... Quand une fille ne veut pas faire ce dont tu as envie, tu ne t'énerves pas, pas vrai ?

Hmmm. C'était déjà compliqué de savoir que Ruby avait été abusée par plusieurs mecs, ça me foutait grave en rogne, mais alors à chaque fois qu'elle balançait des petits détails supplémentaires, c'était de pire en pire... Ce connard de Jasper lui avait faire la pute pour lui, j'aurais pu le tuer s'il s'était trouvé devant moi. Je serrai les poings. Elle en avait, du chemin à faire, j'en étais bien conscient.

- T'es dingue, jamais de la vie je m'énerve pour ça ! Je cherche plutôt à comprendre pourquoi elle veut pas et ce qu'on peut faire pour remplacer ça, enfin je la mets à l'aise quoi, moi je kiffe si la personne kiffe aussi, ça marche dans les deux sens. Et ça devrait être comme ça pour tout le monde. C'est la majorité d'ailleurs c'est juste que... mais c'est promis, ça ne t'arrivera plus. Jamais avec moi et jamais avec personne d'autre, si tu préfères.

Je me serrai un peu plus contre elle, son odeur venait me chatouiller les narines, en plus de l'odeur des roses et des fleurs à cause de la chaleur, j'avais l'impression d'être entouré de parfums enivrants et délicats. Mon bras se serra un peu plus autour d'elle. Je savais qu'elle avait besoin de temps et qu'ensuite elle pourrait me choisir, mais qu'elle se tournerait peut-être aussi vers quelqu'un d'autre - j'en avais parlé à Jane, d'ailleurs. J'avais confiance en Ruby mais je n'étais pas con non plus. J'étais juste plein d'espoir.

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