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Lilian Easter


Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 4765
Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
Date d'inscription : 31/10/2007

Feuille de personnage
Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

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MessageSujet: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeDim 22 Nov - 22:09

Tout s'était passé si vite. Rien ne prédestinait cette journée à finir de la sorte. Et pourtant. On ne peut jamais prévoir de quoi demain sera fait et Lilian n'aurait jamais pu envisager ce qu'elle venait de vivre.

Ce matin, elle s'était levée, plus ou moins difficilement mais le fait de savoir que ce soir, elle revoyait Chuck l'aidait à tenir. Qu'on se le dise : oui ils couchaient ensemble. Plusieurs fois par semaine. Ils se voyaient très souvent, sauf quand elle savait que Chuck avait envie de rester seul. Depuis le décès de Cooper, qu'elle avait appris alors qu'elle était à Sainte-Mangouste, il voyait tout en noir. Elle savait ce que cela faisait, elle-même avait grandi dans le deuil – faux certes – de son frère Felton. Lilian savait que parfois, il ne voulait voir personne et préférait être seul. Elle savait aussi que Ruby venait le voir tous les jours et que c'était une mauvaise idée. La belle n'avait rien contre Ruby mais Chuck avait sa putain de fierté qu'il valait mieux ne pas ébranler, encore moins en ce moment et Ruby allait sûrement en faire les frais. Elle avait envoyé une gerbe de fleurs blanches pour l'enterrement de Cooper – parce que Chuck lui avait dit que c'était ses préférées – et avait pu passer en coup de vent à la cérémonie, suffisamment pour soutenir Chuck, tout en étant derrière lui sur les bancs. Et quand ils se voyaient, ils couchaient ensemble pour oublier. Soit directement, soit après un film et une grande pizza engloutie avec une bouteille de vin. Et cela leur convenait.

Elle commençait peu à peu à se relever, les crises de larmes se faisaient de plus en plus rares, elle évitait toujours de regarder trop longtemps la photo de Daniel et elle, qui traînait sur son étagère mais arrivait à soutenir le regard clair de son meilleur ami pendant quelques secondes. Mais ce qui restait encore le plus difficile pour la belle, était de passer ses journées à devoir fuir Dean ou faire semblant de ne plus rien éprouver pour lui. Parce que ce soit de la rancoeur ou de l'attirance, il y avait toujours quelque chose. Elle devait inventer une bonne excuse pour ne pas le croiser à Sainte-Mangouste, ne pas se trahir en le regardant derechef ou mimer un quelconque intérêt à sa vie quand ils étaient presque contraints de se parler. Cela la fatiguait et ne la consolait pas, il fallait le dire.

Les journées se rafraichissaient, les arbres se paraient de leurs robes mordorées, bronzes et cuivres, laissant leurs traînes joncher le sol avant de se dénuder complètement. Même si elle n'aimait pas le ciel gris, Lilian appréciait ce contraste entre les couleurs chaudes et ce ton métallique, qui laissait place de temps à autre, à un beau ciel bleu qui annoncerait une belle journée. Et aujourd'hui aurait dû être une belle journée pour Lilian. Sauf qu'elle ne savait pas du tout ce qu'elle annonçait.

Après avoir pris un petit-déjeuner, plus consistant jour après jour – au fur et à  mesure qu'elle faisait son deuil, en compagnie de ses parents, Lilian remonta dans sa chambre s'habiller et se préparer. Elle enfila une robe blanche en angora, avec un décolleté en v dans le dos qui lui arrivait un peu en-dessous des omoplates, chaussa des bas en laine immaculée, des cuissardes de couleur taupe, un peu larges au niveau de sa cuisse fine. Du mascara, du crayon suffirent à faire ressortir ces yeux d'azur sur ce teint de porcelaine, qu'elle rehaussa légèrement d'un coup de rouge à lèvres rose clair. Elle avait l'air d'une poupée Russe, une de ces beautés venues des pays froids. Un rayon de lumière dans ces couleurs brunes. Du parfum sur les poignets, la nuque et au creux du coup pour assurer un sillage envoûtant, Lilian enfila un perfecto en daim marron, saisit son sac et transplana directement à l'hôpital.

Quand elle arriva, la superbe ne croisa ni Dean, ni aucun de ses amis. Elle soupira de soulagement, elle avait encore quelques minutes devant elle, où elle serait tranquille. Non pas qu'elle n'aima pas la compagnie des amis de Dean, mais depuis qu'ils s'étaient « disputés », ceux-ci avaient plus ou moins consciemment pris le parti du jeune homme. Elle les comprenait, ils se connaissaient depuis plus longtemps, elle était la dernière arrivée, n'était qu'assistante et par expérience, Lilian savait pertinemment que les filles n'aimaient pas – voire détestaient – quand une nouvelle faisait son apparition. Surtout quand elle était belle à tomber. Le monde des filles, ce monde de brutes sans pitié. Il ne faut pas croire.

Tout s'était passé si vite et pourtant, la moindre seconde, le moindre soupir s'était gravé dans sa mémoire comme pour lui rappeler à jamais cette scène. La belle rangeait tranquillement ses potions dans ce qu'elle appelait « sa salle », là où elle passait la plupart de son temps, à préparer les plateaux repas des patients et à ranger, étiqueter les potions, faire quelques mélanges simples quand on le lui demandait. Et surtout, cette pièce lui permettait d'échapper à Dean qui ne venait jamais la déranger. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir pour aller déjeuner, elle vit des collègues de Dean courir en trombe dans les couloirs, faisant voler les pans de sa blouse et ses mèches légères autour de son visage. Une urgence. Etrange, depuis qu'elle travaillait à Sainte-Mangouste, elle n'en avait encore jamais vu. Mais ce qui l'interpella, c'est qu'elle crut entendre un des internes prononcer le mot « Auror ». Son sang ne fit qu'un tour. Au vu de leurs visages, l'urgence avait l'air sérieuse et Lilian ne perdait pas de vue que son frère, Felton, était membre des Aurors. Elle l'avait vu partir ce matin, quelques minutes avant elle et rien ne semblait le préoccuper. Certes, il ne parlait pas souvent de son travail mais la jeune femme savait que si quelque chose n'allait pas, il aurait prévenu sa famille. Il avait failli perdre sa sœur à cause des Mangemorts, il ne recommencerait pas la même erreur.

Curieuse et anxieuse, Lilian suivit les internes vers le service des urgences. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle avait peur. Elle ne voulait pas envisager le pire mais son esprit se refusait à éluder totalement cette possibilité. Quand elle pénétra dans l'immense pièce, bordée de rideaux, de lits et parées de potions, instruments divers et variés, un lit sur lequel un homme d'une quarantaine d'années était allongé passa devant elle, entouré d'internes et de médicomages préoccupés et pressés. Un instant, son rythme cardiaque ralentit quand elle vit qu'il ne s'agissait pas de Felton. Le soulagement. Elle s'apprêtait à proposer son aide à Dean qu'elle vit plus loin quand un nouveau brancard fit son entrée. Et là, aucun doute ne fut possible. Il avait beau être entouré de plusieurs médicomages, une partie de son visage couverte de sang ; Lilian reconnut son frère. Il avait l'air d'être inconscient. Ou peut-être était-ce pire.

Paniquée, Lilian courut vers le brancard, criant le prénom de son frère. Se foutant bien des médecins autour d'eux, elle les poussa sans ménagement pour approcher Felton.


- Felton ! Felton ! Felton je t'en prie, dis-moi quelque chose ! Les larmes aux yeux, les mains autour du visage de son grand frère, la superbe était atterrée. Des bras d'homme la saisirent par la taille, elle se sentit soulevée en l'air et qu'on lui ordonnait de reculer et de laisser faire les Médicomages. Cet homme qui la soulevait aurait pu être Dean ou n'importe qui d'autre, elle avait envie de l'envoyer valser mais la pression autour de sa taille si fine était trop forte pour qu'elle parvienne à se dégager de son étreinte. FELTON ! Laissez-moi c'est mon frère ! Je vous en supplie c'est mon frère ! Les cris de désespoir se mêlaient aux larmes qui roulaient sur ses joues. Incontrôlable, Lilian était traversée par la colère de ne pas pouvoir approcher son frère qui était dans un était critique, la tristesse de le voir ainsi. Elle l'avait perdu pendant six ans, hors de question qu'il parte maintenant. Ils avaient tant de choses à rattraper et à vivre.  

Ses longues jambes battaient l'air, elle ne se rendait pas compte qu'elle assaillait de coups celui qui la retenait entre ses bras et qui lui oppressait la poitrine. Compressée et paniquée, Lilian sanglotait tant bien que mal, émettait des cris mélangés aux larmes. Elle voyait les Médicomages s'agiter autour de son frère, elle les entendait parler mais était incapable de savoir et de comprendre ce qu'ils disaient. Et puis, elle qui croyait assister au pire, tomba de haut.

Dans le brouhaha et l'agitation environnants, des bribes de mots, des bouts de phrases parvenaient jusqu'à elle. Et elle réussit à entendre « Mangemorts », « attaque », « chef présumé ». Trois mots. Trois mots qui la stoppèrent net dans ses lamentations et coups de pied. Plus rien n'existait autour d'elle. Juste un immense silence. Inerte, la lionne avait cessé toute lutte avec son geôlier. Mangemort. Mangemort. Tout cela lui rappelait d'horribles souvenirs dont elle croyait s'être débarrassés. Partis au fin fond de sa mémoire, après des mois de cauchemars, elle n'y pensait désormais plus. Jusqu'à maintenant. Tout lui revenait en pleine figure comme une puissante gifle. Mangemort voulait dire Sacha Winch, Sacha Winch voulait dire attaque, attaque voulait dire torture, torture voulait dire des litres de sang, des douleurs indescriptibles. Cela lui rappelait toute la peur qu'elle avait éprouvé, l'inscription sur son visage qu'elle avait mis plus d'un an à faire disparaître, qu'elle avait caché sous des sortilèges et du fond de teint. Et puis il y avait eu les cicatrices internes, celles qui avaient ébranlé sa fierté, son assurance. Sacha Winch était son Épouvantard elle le savait et elle se sentait bien incapable de faire émerger son patronus de lionne si elle se trouvait confrontée à cette illusion. Sacha Winch la terrifiait au plus profond de son être, jamais elle n'avait eu aussi peur de quelqu'un. Cette personne la terrorisait, en sa présence elle avait été incapable de faire quoi que ce soit. Il l'avait presque tuée sous les yeux de Chuck et d'Hadrian. Devant lui, elle savait qu'elle serait tétanisée, la lionne qu'elle était serait comme une souris devant un chat.

Mais elle savait aussi que Felton avait eu affaire à lui et Winch lui avait clairement fait comprendre qu'il le dérangeait et qu'il voulait le tuer. Et si cette attaque était destinée à tuer Felton ? Lilian se laissa envahir par la peur, la terreur et tout son corps se raidit entre les bras de l'homme qui la tenait toujours. Puis, elle sentit ses poumons peiner à aspirer de l'oxygène. Sa poitrine toujours comprimée à cause de l'autre l'empêchait déjà de respirer correctement mais avec la crise de panique qui venait, cela n'arrangeait rien. Elle était tétanisée : ses membres étaient incapables d'effectuer le moindre geste, comme s'ils étaient pétrifiés. La Sirène avait de plus en plus de mal à respirer, elle avait envie de vomir. Sa tête lui tournait, elle commençait à voir flou, des étoiles blanches clignotaient devant ses grands yeux bleus. Elle sentit une bouffée de chaleur lui courir le long de l'échine et rendre ses mains moites. Elle haletait, tentant de faire comprendre à l'autre abruti qu'il devait la lâcher pour qu'elle puisse respirer et qu'au pire, quelqu'un lui vienne en aide. Mais aucun mot ne passait ses lèvres, elle ne savait même pas ce qu'elle pourrait dire, elle n'arrivait même plus à penser.

Il n'y avait rien à faire : elle ne parvenait toujours pas à respirer, les étoiles devenaient des flash, de longs voiles blancs et flous qui couvraient ses azurs. Elle avait l'impression que sa tête allait exploser, compressée par un étau invisible. Une nouvelle bouffée de chaleur parcourut tout son corps. La belle tenta une dernière et vaine fois d'inspirer avant de s'évanouir dans les bras de l'homme qui ne comprit que trop tard qu'il aurait dû la relâcher. Sa tête tomba sur le côté et le voile blanc devant ses yeux devint un écran noir mais tout semblait aller mieux, dans cet endroit où elle ne pouvait ni voir, ni entendre. Elle voulait rester là pour toujours.

Quand elle se réveilla, la lumière l'aveugla et elle plaça son bras devant ses yeux de biche blessée. Battant des cils, elle tourna les yeux et l'éclair roux de la chevelure de sa mère lui arracha une ombre de sourire. Sa mère était là, un sourire de soulagement sur les lèvres. Elle se leva de sa chaise et vint s'asseoir sur le rebord du lit et tout en lui caressant les cheveux, lui apprit que Felton était sain et sauf, encore endormi mais que tout allait bien. Leur père était avec lui. Hadrian n'était pas au courant pour l'instant. Kevin venait d'envoyer un hibou à Sara Wayland pour lui apprendre la nouvelle en privé et le rassurer. Quant à elle, elle avait fait une crise de panique mais tout allait bien maintenant, elle était en sécurité et ne craignait rien. Carmen ne fit aucunement mention des Mangemorts, inutile d'inquiéter à nouveau sa fille. Lilian ferma les yeux sous les caresses de sa mère et lui demanda si Chuck était au courant. Carmen eut un regard qui voulait tout dire : elle l'avait appelé. Elle lui apprit qu'il passerait le plus tôt possible, il était encore au travail et étant donné qu'elle n'était pas en danger, arriver urgemment ne servait à rien. Carmen lui demanda ensuite si elle désirait quelque chose et Lilian lui demanda si elle pouvait aller chercher Dean, elle souhaitait lui parler. Au moins demander des nouvelles de Felton. Lui expliquer réellement ce qui s'était passé. Carmen acquiesça. Elle ne savait pas pour Dean ou alors faisait-elle semblant de ne pas savoir ; elle connaissait bien sa fille mais savait aussi qu'elle restait jeune et elle avait beau être sûre d'elle et faire tourner la tête des garçons, elle  savait pertinemment qu'elle restait humaine et donc soumise à l'aléa de ses sentiments qu'elle ne pouvait contrôler.

Quand sa mère sortit de sa chambre, Lilian reposa sa tête dans ses oreillers blancs et fixa le plafond au-dessus d'elle. Etait-ce une bonne idée ? Parler à Dean comme ça, parce qu'elle avait dans l'idée de lui confier pourquoi elle avait fait cette crise de panique. Quelque chose qu'elle ne racontait qu'à peu de personnes. A part ses parents, personne n'avait rien entendu de sa bouche sur le sujet. Chuck et Hadrian savaient parce qu'ils l'avaient vu, Taylord et Haruhi furent elles aussi des otages donc elles savaient également mais sinon, à quoi cela servait de raconter ça aux premiers venus ? A rien. Mais Dean n'était pas véritablement le premier venu et si cela lui permettait de lui reparler à peu près normalement, Lilian ne cracherait pas dessus. Pas après ce qu'elle venait de vivre.

Au bout de quelques minutes, elle vit la silhouette de Dean dans l'embrasure de la porte et sur le coup, elle regretta immédiatement sa décision. Il était trop tard, tant pis.


- Salut, lui dit-elle en lui adressant un sourire et un signe de main timides. Je ne sais pas si c'est toi qui t'es occupé de Felton mais merci. Est-ce qu'il va bien ?

Etrangement, elle avait presque envie de lui balancer son histoire comme un pavé dans la mare pour en être débarrassée mais ce n'était pas le genre de chose que l'on annonce entre la poire et le dessert, autant amorcer un peu la bombe. Cela ne lui ramènerait pas Dean, cela ne lui amènerait pas ses sentiments à son égard mais elle avait juste envie qu'il lui parle, qu'il l'écoute. Histoire de lui prouver qu'il ne l'avait pas totalement oubliée. Même si elle savait qu'on n'oubliait pas Lilian Easter comme ça, d'un claquement de doigts quand on le veut. C'était seulement à elle de continuer à lui cacher ce qu'elle ressentait pour lui.
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Dean Rosebury


Dean Rosebury
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MessageSujet: Re: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeSam 28 Nov - 16:01

Depuis que le pire avait failli arriver, je vivais dans une sorte de torpeur indéfinissable qui avait au moins le mérite de me brouiller la tête pour tout sauf quand il s'agissait de mon travail : j'étais donc parfaitement concentré sur mes tâches. Pour le reste, c'était une autre histoire.

Si Shannon avait eu la très très mauvaise idée de débarquer ici à l'improviste, en risquant en même temps de découvrir le pot aux roses, cela avait eu la conséquence de me recadrer un peu... Non, pour être plus juste : de m'enfermer un peu plus. Je savais que j'avais échappé au pire, je savais que j'avais sans doute eu l'air d'un coupable pour qui me connaissait bien, je savais aussi que Shannon s'était doutée de quelque chose sans se l'avouer et qu'elle laissait sous silence ce qui planait autour de nous. Mais en soi, rien n'avait été consommé, personne n'avait été trahi... Alors je continuais à ronger mon frein en silence, me noyant dans le travail parce que c'était ce que je savais faire de mieux - sans doute que j'avais cette capacité parce que j'avais passé ma jeunesse à ne pas trop me concentrer en cours et que j'avais du temps à rattraper aujourd'hui. C'était d'ailleurs bénéfique : mon formateur était très fier de moi et m'avait laissé entendre que j'allais avoir plus de responsabilités, petit à petit. Lola aussi avait été récompensée, ce qui me réjouissait car nous formions un binôme très efficace. A partir de cette semaine, nous avions une formation dans le service des urgences moldues, qui était toujours un service particulièrement délicat car c'était généralement des maux très inattendus (une courge dans l'oreille, des lampes à la place des yeux ; bref, des petites farces de sorciers à l'humour un peu douteux) qu'il fallait ensuite traiter de manière à ce que les patients ne soient pas traumatisés et ne se souviennent pas de grand chose, comme le voulaient les lois de protections de la communauté sorcière. C'était aussi un service dans lequel on faisait énormément d'heures supplémentaires, ce qui m'arrangeait évidemment : le plus de temps je passais ici le moins j'étais chez moi, en tête à tête avec ma fiancée avec qui j'avais de moins en moins de choses à dire ces derniers temps. Pour sa part, elle avait pris le problème de l'autre côté : elle était aux petits soins, me cuisinaient mes plats préférés et redoublait de gaieté et d'énergie pour des choses destinées à nous deux, des projets, des envies, etc. Plus les choses avançaient, moins je savais où était ma place.

Le pire était que ma famille en rajoutait une couche : ma mère, lorsqu'elle prenait de mes nouvelles, me parlait beaucoup de Shannon - de notre vie à deux, de nos projets, du mariage futur, de sa famille, etc. Propos appuyés aussi par mon beau-père, évidemment, qui se réjouissait que je m'unisse à la famille Johnson ; quant à ce qu'il sous entendait là-dedans me laissait un goût amer dans la bouche : je savais qu'il n'avait pas une bonne estime de moi et il devait se figurer avec étonnement que je faisais un bon mariage et de bonnes études, finalement, contrairement à tout ce qu'il avait pu supposer. Tout cela me rendait encore plus mauvais à son égard, même si je ne laissais rien paraître ; mais de savoir que ma famille était aussi engagée, si ce n'était plus, que moi dans ces fiançailles me mettaient une pression sur les épaules qui, je commençais à le comprendre, serait la cause de ma perte. Il n'y avait que ma soeur, pour une fois, qui restait en dehors de tout ça. Peut-être qu'elle grandissait un peu, en suivant ses études et en découvrant de nouvelles choses, mais même si nous nous entendions plutôt bon nous avions toujours eu des relations conflictuelles et depuis qu'elle avait quitté Liverpool c'était beaucoup plus simple - peut-être un terrain neutre. Quand je parlais avec elle, elle ne me parlait pas uniquement de Shannon ; presque jamais d'ailleurs, et cela me faisait du bien.

Mes amis, de leur côté, commençaient à se douter de « l'effet Lilian »... ce qui expliquait aussi le brouillard ambiant. J'avançais de plus en plus vers un choix ; choix que je ne m'étais pas imaginé faire un jour et que je redoutais. Et ce n'était pas le choix en lui-même qui m'effrayait le plus, pas vraiment, je connaissais déjà ma réponse ; c'était plutôt l'après, les conséquences, ce que ma vie deviendrait, etc. Mais avant tout, je voulais être certain de mes sentiments pour ne jamais regretter, et pour cela j'avais besoin d'un peu de temps. Temps, il est vrai, un peu entravé par le fait que je vivais avec ma fiancée et que sur mon lieu de travail était celle qui était à l'origine de tous mes doutes...

Lilian et moi étions toujours en froid, malheureusement, mais c'était plus cordial, plus professionnel aussi. L'avantage était au moins que l'on pouvait bien travailler ensemble et se côtoyer parfois sans que cela soit trop tendu, même si la majorité du temps nos chemins prenaient bien grand soin à ne pas se croiser. Pour ma part, le fait de la croiser me laissait toujours un peu rêveur : sa longue chevelure, sa silhouette fine et athlétique, sa démarche qui m'attirait l'oeil, son regard bleu intense, le dessin de ses sourcils un peu mutin, ses lèvres roses. Je restais stupidement faible devant elle, comme la majorité des hommes d'ailleurs. Mais ce que je ressentais était un peu plus particulier, parce que je la connaissais et que j'aimais aussi son rire, ses gestes les plus anodins, nos discussions dans les vestiaires, sa légèreté et l'image qu'elle s'était construite pour se cacher un peu derrière. Malgré ses peines et son chagrin auxquels j'avais assisté, je crois que j'étais persuadé qu'elle était au fond bien plus forte que moi, et ce petit détail m'attirait de manière irrésistible.

Ce matin, j'étais à peine arrivé qu'un branle-bas de combat eut lieu dans le service : il y avait visiblement eu une attaque contre des Aurors et un, en mauvais état, nous arrivait dans un brancard tandis que quelques autres, blessés aussi, allaient nous être envoyés. Tout de suite, l'agitation était égale à celle de fourmis dans fourmilière, chacun se jetant sur ce qu'il savait avoir à faire, criant des ordres, s'agitant, parce que le temps jouait contre nous dans ce genre de moments. Suivant mon titulaire, je compris que j'allais m'occuper du blessé avec lui, ce qui était une belle faveur ; j'avais déjà ma blouse et je me lançai dans les soins sans plus attendre. Le malade était inconscient ; toute une moitié de son corps était pleine de sang et me semblait brûlée, tandis que son pouls était faible et qu'un souffle étrange résonnait dans sa poitrine. Il nous fallut peu de temps pour mesurer l'ampleur de magie noire qui avait été utilisée dans ces sortilèges, et il fut décidé qu'il nous fallait d'abord lui prodiguer des soins et des antidotes de purification avant toute chose pour éviter que la magie noie attaque trop ses blessures. Alors que je me lançai de complexes sortilèges au-dessus de ses blessures, un cri résonna dans le bruit ambiant :


- Felton ! Felton ! Felton je t'en prie, dis-moi quelque chose ! C'était Lilian, le visage décomposé et la voix transformée par la panique, qui venait visiblement de reconnaître l'Auror blessé... Telle qu'elle était, il fallait absolument qu'elle sorte d'ici et soit mise à l'écart, pour elle comme pour nous. Je fis un geste à l'un des Médicomages qui se trouvait à côté d'elle pour qu'il l'empêche d'avancer, et il la prit dans ses bras. FELTON ! Laissez-moi c'est mon frère ! Je vous en supplie c'est mon frère !

... Son frère. Je pris une respiration plus consistante et concentrai sur toute mon énergie et mon savoir sur l'homme blessé que j'étais en train de soigner, enregistrant l'information supplémentaire : il était le frère de Lilian. J'ignorais qu'elle avait un frère Auror, mais après tout nous ne nous étions pas tout dit non plus... Derrière moi, les cris de Lilian mirent un peu de temps à se calmer et je devinais qu'elle était en proie à une véritable crise de panique - puis le reste n'exista plus car j'appliquai mes sortilèges au blessé, tandis que quelqu'un d'autre pansaient ses plaies avec un onguent magique et que tout s'accéléra quand le rythme de sa respiration et de son coeur se firent de moins en moins réguliers et que nous dûmes courir en salle d'opération. Dans ces moments, j'étais tellement concentré et même si cela pouvait durer des heures je ne pensais à rien d'autre, et il me semblait toujours quand j'en sortais que c'était comme si rien n'était arrivé, que j'avais fait un petit voyage dans un monde parallèle et que j'étais parachuté de nouveau dans la réalité. Heureusement, Felton, donc, s'en était tiré et plutôt bien ; ses plaies restaient impressionnantes mais avec les puissants onguents dont nous disposions, il ne devrait pas garder de traces.

Quand la pression retombait, je ressentais toujours une immense lassitude plutôt que fatigue ; après avoir fait les dernières vérifications et les derniers rangements, j'allais toujours me reposer et boire un café dans la salle du personnel. C'était là que je me trouvais quand on m'informa que quelqu'un - la mère de Lilian - me cherchait ; je sortis alors en me demandant où se trouvait d'ailleurs Lilian, car j'avais entendu qu'elle s'était évanouie et qu'elle avait été placée dans une chambre. Je ne m'inquiétais pas outre-mesure dans le sens où je savais que ses nerfs avaient lâché et qu'elle ne risquait rien, mais j'espérais juste qu'on la tenait bien au courant de l'état de son frère pour qu'elle ne panique pas plus. Après avoir fait la rencontre de sa mère, je me dirigeai vers la chambre de Lilian en me demandant avec un peu de nervosité ce qui allait se passer - avant de me ressaisir : j'étais stupide, bien sûr, elle voulait surement des précisions sur son frère ! Et rien de plus.


- Salut. Je ne sais pas si c'est toi qui t'es occupé de Felton mais merci. Est-ce qu'il va bien ?

La pauvre était toute pâle, ses joues reprenant à peine de leurs couleurs. Après m'être arrêté sur le pas de la porte quelques secondes, je m'avançai en lui faisant un petit sourire. Comme je n'allais pas rester debout comme un idiot et que j'étais fatigué de toute façon, je m'assis sur la chaise à côté de son lit.

- Mais de rien, répondis-je sur un ton poli. Oui, ne t'inquiètes pas il s'en sort très bien : je crois que tu as surtout vu les blessures apparentes mais on a trouvé l'onguent qui les guérirait. Quant au reste, son corps a subi un choc mais il est très costaud, ça va aller. L'opération s'est très bien passée.

Je passais volontairement sous silence les instants de panique et son coeur qui avait failli lâcher mais je ne mentais pas sur le reste : Felton avait une très bonne constitution.

- Tu pourras le voir bientôt, mais il dort encore. Et toi, ça va un peu mieux ? Je suis désolé que tu aies dû assister à ça, je regrette qu'on ait pas pu te prévenir mais les Aurors blessés sont arrivés tellement vite, je ne savais même pas son nom en commençant à m'occuper de lui... Lui parler presque comme à une patiente, alors qu'elle était justement installée dans un lit d'hôpital, me faisait bizarre. Je ne savais pas qu'il était Auror ! Tes parents doivent être fiers, ajoutai-je en pensant à ma soeur.
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Lilian Easter


Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



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MessageSujet: Re: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeVen 22 Jan - 11:52

Le retour de Felton était un sujet que la famille Easter-Schoonmaker évitait le plus possible. Elle n'en parlait pas, l'évoquait sous un voile opaque de mensonges destinés à décourager les questions insistantes. Si l'absence du fils aîné avait toujours été un sujet tabou, il n'y avait pas de raison pour que son retour soit l'objet de longs discours prononcés en public. Pendant six longues années, les Easter avaient joué le jeu du silence, se faisant passer pour la famille parfaite, aux parents plus que riches, aux enfants beaux et intelligents. La famille avec un manoir, des sourires étincelants, une demi douzaine de voitures aux prix presque indécents, de très bonnes manières et des connaissances dans les plus hauts milieux. Et pourtant, c'est parfois ces familles qui cachaient un lourd secret. La disparition puis le retour de Felton étaient celui de la famille de Easter-Schoonmaker. Et elle avait toujours réussi à le conserver intact. Certes, Lilian avait vacillé et montré ses failles. Seuls Chuck, Taylord, Haruhi et Dan étaient au courant. Mais avec le décès de Daniel, cela faisait une personne en moins ; en tout cas, le secret de Felton resterait à jamais tranquille, emporté dans la tombe aux côtés de Daniel. Dean ne savait pas. Pas encore. Elle voulait lui dire parce qu'il comptait pour elle et cela lui procurait une bonne excuse pour lui parler.

Parce que leurs conversations lui manquaient. Que ce soit au déjeuner avec les autres apprentis ou sur le chemin, le soir après une journée de travail. Lilian avait eu quelqu'un à séduire, à qui elle pouvait parler et qui comptait pour elle. Quand Dean lui avait appris pour Shannon, il lui avait retiré brusquement tout cela, au moment où elle en avait le plus besoin. Elle remerciait pourtant le ciel tous les jours de lui avoir laissé Chuck qui avait été plus que présent pour elle. S'il n'avait pas été là, Dieu seul sait dans quel état la Sirène se trouverait. Parce qu'elle n'aurait pas réussi à se relever aussi vite. Enfin, se relever était un bien grand mot parce qu'elle restait fragile mais chaque jour qui passait lui était un peu moins douloureux. La belle se levait plus facilement et ses cauchemars s'espaçaient de plus en plus. Daniel lui manquait toujours, il lui manquerait jusqu'à son dernier souffle mais elle arrivait à vivre – enfin à supporter ce manque. Elle savait parfaitement qu'il ferait bientôt partie d'elle mais il ne lui ferait plus aussi mal. Et le remercier de s'être occupé de Felton alors qu'il était très mal en point lui semblait être la moindre des choses.

La belle essaya de repenser au visage ensanglanté de son frère mais immédiatement après, elle revoyait celui de Sacha Winch, flou mais bel et bien présent dans son esprit et elle sentit une nouvelle fois son estomac se crisper dans son ventre. Alors elle se concentra sur les yeux clairs de Dean qui avançait dans sa chambre pour s'asseoir juste à côté d'elle. Il y a quelques semaines, elle aurait donné un rein pour vivre une telle scène et bien que cela lui fasse énormément de bien actuellement, elle savait que quelque chose manquait. Quelque chose avait été comme brisé, rompu entre eux. Les égards de Dean envers elle. Avec le recul, Lilian arrivait presque à comprendre – vite fait quand même – l'attitude de repli de Dean. Mais elle n'aurait jamais eu à subir ce vide s'il n'avait pas fait l'idiot et n'était pas rentré dans son jeu dès le début. Oh, la superbe Sirène savait pertinemment qu'il était quasiment impossible de lui dire non et de rester de marbre devant elle et son incroyable silhouette. Mais Dean avait une excuse de poids : sa fiancée. Alors pour son ego, Lilian était ravie qu'il soit tombé dans ses filets mais à cause du chagrin qu'il lui avait causé, elle aurait presque préféré que pour une fois, un garçon lui dise non et que ce garçon soit Dean. Elle aurait moins souffert.

Pourtant, quand elle le vit à ses côtés, ses grands yeux clairs – un peu fatigués mais toujours aussi pétillants, la belle ne put réprimer un pincement de son estomac, encore, mais différent du premier. Plus agréable. Enfin, tout est relatif parce que Dean était pour elle le fruit défendu : elle n'avait pas le droit d'y toucher. De toute façon, il l'avait repoussée une fois, il le ferait une nouvelle fois s'il le fallait. Alors oui elle était contente de ressentir ce petit serrement dans son ventre en le voyant mais cela lui rappelait toutefois l'amère tristesse qui lui restait encore au fond de la gorge. Depuis qu'il lui avait appris ses fiançailles, elle essayait de vivre avec cette douleur, tant bien que mal. Comme elle le faisait pour le décès de Daniel même si pour le coup, ce dernier était beaucoup plus important.


- Mais de rien. Oui, ne t'inquiètes pas il s'en sort très bien : je crois que tu as surtout vu les blessures apparentes mais on a trouvé l'onguent qui les guérirait. Quant au reste, son corps a subi un choc mais il est très costaud, ça va aller. L'opération s'est très bien passée.

Lilian ouvrit de grands yeux lorsqu'elle l'entendit prononcer le mot « opération ».

- Oh mon Dieu vous avez dû l'opérer ?! Felton avait été opéré ? Une nouvelle vague de stress commença à l'envahir et elle respira un bon coup pour le faire évacuer. Tout va bien, Felton était hors de danger, Dean venait de lui dire que l'opération s'était bien passée, il n'y avait plus aucune raison de s'inquiéter. Bon... C'est une bonne nouvelle, dit-elle encore sous le choc. Pour le coup, elle était presque contente d'avoir fait sa crise de panique et de s'être évanoui : au moins, elle avait évité le stress de l'attente.


- Tu pourras le voir bientôt, mais il dort encore. Et toi, ça va un peu mieux ? Je suis désolé que tu aies dû assister à ça, je regrette qu'on ait pas pu te prévenir mais les Aurors blessés sont arrivés tellement vite, je ne savais même pas son nom en commençant à m'occuper de lui...

Quelque peu rassurée, Lilian lui adressa un sourire timide qui illumina légèrement ses azurs éternels. Heureusement que lui et tous les autres Médicomages avaient été là ; Felton aurait pu ne pas survivre à ses blessures ou être encore dans un état critique.

- Merci encore Dean. Et sans arrière pensée aucune, sa main aux doigts de fée vint se poser sur l'avant-bras du jeune homme. Quelques secondes, tout au plus. La sœur parlait plus que la jeune femme à ce moment. La Sirène avait eu si peur pour son frère qu'elle se devait de le remercier. Un nouveau sourire sincère étirait ses lèvres tendres et roses, pâles encore mais toujours si attirantes et si délicieuses.


- Je ne savais pas qu'il était Auror ! Tes parents doivent être fiers

A ces mots, Lilian détourna le regard pour le poser sur le mur devant elle. Ils y étaient. Elle allait enfin pouvoir lui expliquer son secret, l'histoire de Felton et la raison de sa crise de panique. Tout était lié en filigrane. Certes, elle n'était pas obligée de le lui dire mais après ce que Dean venait de faire pour elle, Felton et toute leur famille, cela lui apparaissait normal. Ils seraient restés proches comme avant (Dean n'aurait pas été fiancé), peut-être aurait-elle fini par le lui avouer, dans la continuité des choses. Elle ferma un instant ses paupières et les rouvrit sur Dean, un air grave imprimé sur ses traits angéliques.

- Oui ils sont fiers, nous sommes tous fiers de lui. Dit-elle d'un ton presque plat et le regard perdu dans le vide, comme si au final, toute sa famille s'en fichait. Comme s'il s'agissait encore d'un énième petit mensonge venu alimenter ce monstrueux secret. Justement, en parlant de Felton, il faut que je te raconte quelque chose. C'est quelque chose que peu de personnes sachent, à part des amis très proches. Je ne raconte pas cette histoire facilement et encore moins à n'importe qui.

Elle marqua une pause afin qu'il comprenne que pour elle, il n'était pas n'importe qui. Encore moins après ce qui venait de se passer. La superbe lionne soupira une nouvelle fois, pour se donner du courage et reprit.

- J'ai deux frères : Felton que tu as rencontré aujourd'hui et un petit, Hadrian qui est encore à Poudlard. Felton a deux ans de plus que moi. Quand je suis rentrée à Poudlard, il a disparu quelques jours après ma rentrée. Au départ on pensait à une fugue ou une dépression. La directrice, mes parents ont mené des recherches dans l'enceinte de l'école mais on ne l'a pas retrouvé. Il n'était pas dans le château. Alors mon père a lancé des recherches dans Londres puis dans tout le pays. On ne l'a jamais retrouvé. Pendant six ans, Felton est resté introuvable. Tant et si bien que mes parents ont fini par renoncé et l'ont « enterré ». Il y a trois ans, on a donc enseveli un cercueil vide au nom de Felton. Un peu essoufflée, elle s'arrêta un instant. Et ensuite, je ne sais pas si tu te souviens mais Poudlard a été attaqué par des Mangemorts. A ce mot, elle sentit que cette partie de l'histoire serait plus difficile à raconter. Elle avala sa salive avant de reprendre. Il y a eu une prise d'otages parmi les élèves cette nuit là. Et... J'ai été un de ces otages. J'ai été capturée par le chef des Mangemorts. Sach... Sacha... Lilian avait énormément de mal à prononcer le nom de son plus grand cauchemar. C'était comme des aiguilles qui lui piquaient les lèvres. Sacha Winch. Avec une amie, il nous a torturées. Presque machinalement, elle passa sa main légèrement tremblante sur sa joue, là où il avait meurtri sa peau de soie d'une inscription dégradante qu'elle avait mis plus d'un an à faire disparaître et pourtant, il lui semblait encore sentir le léger relief des six lettres injurieuses. Il m'a lancé un sort qui m'a quasiment vidée de mon sang, sous les yeux d'Hadrian.

C'était la première fois qu'elle racontait cette histoire. Car les élèves de Poudlard savaient, ils étaient tous présents dans ce chaos indescriptible où Lilian et tous les autres otages avaient failli perdre la vie. Et ses parents, au courant, n'avaient jamais demandé de détails sur l'histoire, tant ils savaient que leurs deux enfants étaient traumatisés. La belle avait la gorge sèche et attrapa le verre d'eau sur sa table de chevet. Elle but deux gorgées mais cela ne rendait en rien la tâche moins difficile.

- Par je ne sais quel miracle, je m'en suis sortie et tous les autres élèves pris en otages aussi. Nous avons tous passés plus d'une semaine à l'infirmerie. J'ai passé deux ou trois jours dans le coma et quand je me suis réveillée, l'école était contrôlée par les Mangemorts et Winch... Encore une fois, elle buta sur ce nom. Il s'était proclamé directeur. Et il est venu me voir à l'infirmerie. Il voulait avoir des informations sur Felton. Elle laissa un silence planer pendant quelques secondes pour laisser à Dean le temps de comprendre. Je lui ai dit que je ne savais rien puisque je ne l'avais pas vu depuis six ans. Et c'est là que Winch m'a appris qu'en fait, il était vivant et que plus ou moins directement, il leur aurait permis d'envahir Poudlard. Et Winch m'a clairement fait comprendre qu'il voulait sa tête désormais. Pendant six ans, j'avais perdu mon frère et en deux minutes, j'apprenais qu'il était toujours vivant mais qu'il avait permis l'invasion de Poudlard, d'une quelconque manière. Lilian sentit les sanglots comprimer sa gorge et repris une gorgée d'eau. Six mois plus tard environ, l'école était libérée par les Aurors. Et Felton était dans leurs rangs.

Deux larmes coulèrent doucement sur ses joues blanches comme la neige et elle les essuya derechef. Elle repensait à la scène où elle avait protégé Hadrian, entourée d'Haruhi et des autres. Et Felton était là, à quelques mètres d'eux. Même six ans plus tard, Hadrian et Lilian n'avaient eu aucune peine à reconnaître le visage de leur frère disparu. Leurs regards s'étaient croisés, au milieu de la débandade environnante et des sortilèges qui fusaient de tous les côtés. Les enfants Easter-Schoonmaker étaient enfin réunis. Ils avaient attendu la fin de la bataille pour se jeter dans les bras des uns et des autres. Cette scène, tous l'avaient vécu un millier de fois dans leurs têtes sans qu'elle se réalise. Mais tout ce cauchemar était maintenant fini. Alors, quand Lilian avait vu le visage ensanglanté de son grand frère, la peur de le perdre une nouvelle fois et définitivement avait refait surface.

- Voilà, tu sais tout. C'est pour ça que quand j'ai cru entendre que les Aurors et Felton avaient été attaqués ce matin par des Mangemorts, j'ai complètement paniqué. On ne sait pas si Winch est toujours vivant et je ne pourrais jamais oublier ce qu'il m'a dit. J'ai retrouvé mon frère il y a deux ans, je ne veux pas le reperdre.

Fatiguée par son récit, elle jeta un regard humide et brillant de larmes à Dean, armée d'un timide sourire. Lilian la Sirène s'était dévoilée à lui. C'était la première fois qu'elle racontait ce pan important de sa vie et jamais elle n'aurait imaginé le faire dans de telles conditions.
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Dean Rosebury


Dean Rosebury
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Âme soeur: Lilian Easter, what else ?!

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MessageSujet: Re: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeDim 7 Fév - 21:56

Je ressentais dans la chambre une atmosphère mesurée, tempérée, presque en parfait équilibre comme si chaque élément de la pièce, comme si chaque parcelle de notre corps se tendait pour maintenir cet équilibre qu'une toute petite variation ferait s'écrouler. Lilian et moi n'étions plus les deux même personnes qu'au début ; nous n'étions plus pris par ce jeu éternel de séduction, nous n'étions plus ces deux nouveaux amis entre qui le courant passait étrangement bien, nous n'étions plus en froid, nous n'étions plus à nous sentir monstrueusement gênées au détour des couloirs... Nous étions un peu tout à la fois, un noeud embrouillé sur lequel il ne valait mieux pas trop se pencher mais nous nous comprenions de toute façon sans mot dire. Enfin, tout du moins nous acceptions la situation telle qu'elle l'était, et nous faisions avec...

Lilian avait l'air bien lasse, et pas de cette fatigue de fin de semaine ou d'un lendemain de soirée trop arrosée ; elle avait l'air vraiment épuisée comme si ses nerfs avaient décidé de lâcher tous d'un coup. J'avais de la peine à la voir ainsi, et j'étais aussi un peu mal à l'aise de me trouver à son chevet comme si j'avais été de la famille proche alors que nous tentions justement de reprendre le fil là où nous l'avions laissé, tant bien que mal. Mais je n'aurais échangé ma place pour rien au monde : depuis qu'elle avait crié en voyant son frère, aux urgences, elle avait été dans un petit coin de ma tête comme si il m'était vital de savoir qu'elle allait bien, qu'elle s'était calmée, et je savais qu'il m'aurait été impossible de rentrer chez moi après l'opération et de passer la nuit sans en avoir appris d'avantage sur son état. Cette pensée alluma une petite ampoule rouge dans un coin de ma tête : quand est-ce que j'allais comprendre une bonne fois pour toute la réalité de ce qui était en train de se passer ? Ou plutôt, quand allais-je décider de la mettre en pratique ? Je lui fis un sourire mais elle me semblait, une fois n'est pas coutume, inaccessible. Je commençais à me demander si, même si les choses allaient mieux avec elle, il n'était pas trop tard de toute façon pour espérer un retour en arrière.


- Merci encore Dean, dit-elle alors, me tirant de mes pensées et de mes inquiétudes avec le contact léger de sa main sur mon bras. Par réflexe, je mis ma main sur le sienne et la pressai, le contact entre mes doigts et ses doigts un peu frais ne durant pas plus de deux ou trois secondes, puis je la retirai, et elle enleva sa main à son tour.

Nos regards se croisèrent et quelque chose dans son visage, dans la lueur de ses yeux, me fit instantanément et pour la première fois penser à ma soeur ; Lilian avait un air presque maternel dans le regard que je ne lui connaissais pas, et je crus qu'elle allait tout d'un coup me confier quelque chose, mais il n'en fut rien. Elle détourna le regard et ferma les paupières, tandis que je la regardais discrètement.


- Oui ils sont fiers, nous sommes tous fiers de lui, dit-elle avec un certain détachement. Justement, en parlant de Felton, il faut que je te raconte quelque chose. C'est quelque chose que peu de personnes sachent, à part des amis très proches. Je ne raconte pas cette histoire facilement et encore moins à n'importe qui.

Surpris, je me redressai un peu dans mon siège, prêtant l'oreille ; ce n'était pas le tournant que j'avais imaginé pour cette conversation et soudain l'aveu de Lilian, qui prouvait qu'elle me faisait assez confiance, captiva toute mon attention. Je me demandais bien ce qui allait en découler, et si je flairais l'histoire de famille, je sentis une certaine appréhension - tout le monde avait bien entendu des histoires et des problèmes de famille, mais la mienne, plutôt alambiquée, me faisait toujours considérer celle des autres avec attention, quand ils voulaient bien la partager. C'était étrange : la famille Easter n'était pas, de ce que j'avais pu en voir (la fille, le fils, le deuxième fils, et les choses qui pouvaient se dire à Sainte-Mangouste), la plus candidate aux sombres secrets de famille.

- J'ai deux frères : Felton que tu as rencontré aujourd'hui et un petit, Hadrian qui est encore à Poudlard. Felton a deux ans de plus que moi, commença-t-elle alors, le visage coloré aux pommettes et un peu aux lèvres, presque trop, comme les gens souffrants. Je faillis lui dire de ne pas s'agiter et de continuer à reprendre des forces mais je sentis qu'elle le faisait parce qu'elle en avait l'envie et donc l'énergie - je lui faisais confiance pour ne pas s'épuiser. J'aquiesçais - je ne savais pas si elle le savait mais j'avais eu l'occasion de rencontrer son plus jeune frère, un jour, à l'hôpital. Quand je suis rentrée à Poudlard, il a disparu quelques jours après ma rentrée. Au départ on pensait à une fugue ou une dépression. La directrice, mes parents ont mené des recherches dans l'enceinte de l'école mais on ne l'a pas retrouvé. Il n'était pas dans le château. Alors mon père a lancé des recherches dans Londres puis dans tout le pays. On ne l'a jamais retrouvé. Pendant six ans, Felton est resté introuvable. Tant et si bien que mes parents ont fini par renoncé et l'ont « enterré ». Il y a trois ans, on a donc enseveli un cercueil vide au nom de Felton. Et ensuite, je ne sais pas si tu te souviens mais Poudlard a été attaqué par des Mangemorts.

J'étais resté muet pour ne pas l'interrompre, encore plus quand le sujet devenait si sensible et qu'elle semblait sur sa lancée, mais cette dernière phrase m'arracha une exclamation :

- Ah ! Bien sûr que je me souviens, je n'y étais plus mais j'étais en formation et... Bref, quel horreur, tu y étais ?!

Impossible - pourquoi n'avais-je pas fait le lien plus tôt ! La pauvre Lilian, bien sûr qu'elle y était, qu'elle avait été des élèves qui avaient vécu la prise de Poudlard, l'occupation du château etc, je me souvenais tellement de ce moment qui avait bien bouleversé la communauté sorcière, mais qui heureusement n'avait pas duré longtemps... Et la prise d'otages...

- Il y a eu une prise d'otages parmi les élèves cette nuit là. Et... J'ai été un de ces otages. J'ai été capturée par le chef des Mangemorts. Sach... Sacha... Sacha Winch. Avec une amie, il nous a torturées. Il m'a lancé un sort qui m'a quasiment vidée de mon sang, sous les yeux d'Hadrian. Par je ne sais quel miracle, je m'en suis sortie et tous les autres élèves pris en otages aussi. Nous avons tous passés plus d'une semaine à l'infirmerie. J'ai passé deux ou trois jours dans le coma et quand je me suis réveillée, l'école était contrôlée par les Mangemorts et Winch... Il s'était proclamé directeur. Et il est venu me voir à l'infirmerie. Il voulait avoir des informations sur Felton. Je lui ai dit que je ne savais rien puisque je ne l'avais pas vu depuis six ans. Et c'est là que Winch m'a appris qu'en fait, il était vivant et que plus ou moins directement, il leur aurait permis d'envahir Poudlard. Et Winch m'a clairement fait comprendre qu'il voulait sa tête désormais. Pendant six ans, j'avais perdu mon frère et en deux minutes, j'apprenais qu'il était toujours vivant mais qu'il avait permis l'invasion de Poudlard, d'une quelconque manière. Six mois plus tard environ, l'école était libérée par les Aurors. Et Felton était dans leurs rangs.

Cette fois, elle n'était plus du tout aussi calme, et si toutes les informations qu'elle venait de m'apprendre tournoyaient dans ma tête comme quand on en apprend trop d'un coup et que plus rien n'a de sens, je m'inquiétai d'abord de sa condition :

- Fais attention, Lilian, tu es encore faible.

Elle avait reposé son verre d'eau et j'y versai quelques gouttes de la potion, une potion énergisante et régénérante, qui se trouvait sur sa table de nuit, pour qu'elle reprenne quelques forces supplémentaires.

- Voilà, tu sais tout. C'est pour ça que quand j'ai cru entendre que les Aurors et Felton avaient été attaqués ce matin par des Mangemorts, j'ai complètement paniqué. On ne sait pas si Winch est toujours vivant et je ne pourrais jamais oublier ce qu'il m'a dit. J'ai retrouvé mon frère il y a deux ans, je ne veux pas le reperdre.

Elle m'offrit un maigre sourire qui me sembla si doux qu'il aurait presque pu faire s'envoler toutes les horreurs que je venais d'entendre. Je lui souris en retour, bien incapable de savoir quelle réponse sensée et adéquate j'allais bien pouvoir formuler. Mon beau-père se moquait toujours de mois à ce sujet, il disait que j'étais un « taiseux » et quand j'osais rétorquer qu'il ne me connaissait pas au milieu de mes amis et que ce n'était pas parce qu'en compagnie de ma famille j'étais plus en retrait que j'étais toujours ainsi, ma mère me faisait les gros yeux. Elle détestait quand je lui tenais tête, comme si ça remettait en cause son autorité, j'imagine. Mais le fait était que j'avais toujours du mal à trouver ma place en société au milieu de ma famille recomposée ; ce n'était pas pour autant que c'était le cas quand je sortais du cercle familial. Ici, à Sainte-Mangouste, j'étais presque une autre personne, et je me demandais comment ma mère et mon beau-père pouvaient croire que je n'avais pas évolué. Toujours était-il que... Je peinais à réaliser que Lilian avait subi tout cela, à Poudlard - si les événements à l'époque m'avaient glacé le sang, parce que j'avais quitté le château peu de temps avant, j'avais l'impression que l'histoire de Lilian les rapprochaient encore un peu plus de moi. Combien de temps avait-elle mis pour se remettre de cela, ensuite ? Je n'osais même pas imaginer la terreur qu'elle avait du ressentir en voyant Felton blessé... Nous avions l'habitude de voir des corps, des blessés, du sang, ici, mais je savais pertinemment qu'en fonction de l'histoire de chacun, le ressenti était bien différent. Quant aux Mangemorts, et à Sacha Winch dont le nom me revenait, je me rendis soudain compte que je ne m'étais jamais vraiment inquiété de ce qu'ils étaient devenus - je me souvenais de certains qui avaient été arrêtés et d'autres qui avaient fuit...

- Je suis désolé, finis-je par m'entendre dire, tandis que Lilian me regardait toujours doucement. La pâleur de son visage n'enlevait rien à son charme, mais révélait évidemment une fragilité inhabituelle qui me donnait envie de rester ici indéfiniment, jusque qu'à ce que ses grands yeux brillent de la même intensité qu'auparavant. Ça a dû être une période très difficile à traverser... Vous avez été bien entourés, à Poudlard ? Ça ne te faisait pas bizarre de rester dans cet endroit où tu... Où on t'avait fait du mal ? En tout cas rassure-toi, me repris-je alors, décidé à calmer ses angoisses : ton frère se porte très bien, il est en sécurité, et toi aussi tu l'es, Winch et les Mangemorts ne pourront plus approcher si facilement, j'en suis sûr.

J'avais conscience que de telles paroles pouvaient-être vaines mais pourtant je les croyais : depuis cette misérable affaire, il y avait eu un renforcement au Ministère, en matière de défense. Cette fois, je me penchais en avant, pour poser à mon tour ma main sur celle de Lilian. Elle me parut glacée, et je la serrai un peu.

- J'espère que ta famille s'est bien reconstruite après tout ça,
l'histoire de Felton et les tenants et les aboutissants m'apparaissaient encore un peu flous mais une chose était certaine : j'imaginais toutes les tensions qu'il y avait du avoir. Merci de m'avoir raconté tout ça, c'est...

Je laissai la fin en suspens - c'est gentil ? Touchant ? Une belle preuve d'amitié ? De confiance ? Aucun terme ne me convenait, alors je préférai ne rien dire. Il m'apparut très clairement que je devais sauter sur l'occasion de ce court silence pour m'inquiéter de l'état de Lilian, la laisser se reposer, m'en aller. Il m'apparut surtout que si je ne faisais pas cela maintenant, j'allais avoir de plus en plus de mal à quitter cette pièce - à la quitter elle. J'hésitai.

- C'est vraiment lourd, les histoires de famille, pas vrai ? continuai-je sans bouger, ôtant ma main de la sienne mais la laissant sur le bord du lit, toute proche. J'ai l'impression qu'on ne s'en défait vraiment jamais... N'osant pas la regarder de peur qu'elle trouve mon histoire déplacée à présent, peut-être voulait-elle que je parte ?!, je continuai sans lever les yeux : Mon père est parti quand il a appris que ma mère était enceinte, et il est quelque part à l'autre bout du monde à chasser les dragons. Je me suis toujours demandé à quoi il ressemblait... Ma mère n'en parle jamais, surtout qu'elle s'est remariée à mon beau-père, très gentil, très riche, mais pas très tendre avec moi. On s'entend bien, hein, mais je ne suis pas son fils et je ne le serai jamais, la différence avec ma soeur est très nette. J'ai toujours besoin de faire mes preuves avec lui, avec eux... Enfin.

Je haussai les épaules et levai enfin le regard vers Lilian.


- C'est pour ça que je n'ai pas le même nom de famille que ma famille ; mais je n'aime pas trop expliquer pourquoi. Du coup, tu le sais, maintenant...

Lui souriant légèrement, je sentis mon regard s'accrocher au sien comme pour lui dire « on est quittes ! » mais étrangement, je me sentis particulièrement léger de lui avoir dit à elle, alors que ce sujet m'ennuyait plutôt d'habitude. Un peu étonné de ce sentiment, je m'installai un peu mieux dans le fauteuil, ma main frôlant celle de Lilian quand je bougeai légèrement le bras.
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Lilian Easter


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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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MessageSujet: Re: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeVen 25 Mar - 22:32

Quand elle voyait Dean, ses magnifiques yeux clairs se poser sur elle, Lilian ne répondait quasiment plus de rien. Elle avait beau l'avoir détesté à le haïr presque, elle ne pouvait passer l'éponge d'un seul coup sur les sentiments qu'elle avait ressenti à son égard. Elle en aurait toujours pour lui elle en était sûre. Elle s'imaginait parfois, dans une vie future où elle serait casée et Dean marié avec Shannon et elle savait que si lui revenait vers elle, la Sirène serait capable de tout plaquer pour le suivre s'il revenait vers elle. Il était son Chuck de la vie après Poudlard. Et encore, avec Chuck, elle partageait cette relation fusionnelle qui n'était qu'amicale alors qu'elle savait pertinemment qu'elle aurait le plus grand mal à rester l'amie de Dean. Elle ne voulait pas être son Daniel, surtout quand on voyait comment cela s'était fini. Certes, Lilian n'était pas la cause première de l'addiction de Dan mais elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle en était une des raisons. Toute sa vie elle traînerait cette culpabilité avec elle, la belle le sentait.

Lilian savait aussi qu'elle ressentirait toujours ce pincement dans son ventre lorsque le regard de Dean croiserait le sien. Mais pour combien de temps ? D'ici quelques mois, elle était censée partir aux Etats-Unis pour tenter de percer dans le monde ultra select du mannequinat. Et Dean resterait sans doute à Sainte-Mangouste, pour finir son internat et devenir un Médicomage respecté, dûment formé par Grant. Il se mariera et sera heureux avec Shannon tandis que Lilian foulera les catwalks, parée par les plus grands couturiers. Leurs mondes seraient sensiblement très différents. Elle ne ferait pas partie de celui de Dean, il lui avait fait comprendre. Enfin, pas de la façon dont elle le voulait.

Et c'est pour cela qu'elle voulait lui raconter le cauchemar qu'elle avait vécu, il y a deux ans de cela. Lilian voulait intégrer un peu plus Dean dans son monde, lui montrer qu'elle n'était pas seulement ce monstre de perfection et de séduction, que comme le cristal, elle pouvait se fissurer et qu'elle comptait sur lui. Elle savait qu'elle ne devrait pas le faire mais elle ne pouvait s'en empêcher. Même si tout effort de sa part pour le faire revenir vers elle serait vain, la Sirène avait besoin qu'il la regarde, ne serait-ce que pour lui prouver qu'elle existait toujours à ses yeux. Même si le regard n'était plus le même qu'au début. Cette attitude pouvait paraître paradoxale elle le savait mais malgré le fait qu'elle l'ait détesté, qu'il l'ait blessée comme jamais elle n'aurait imaginé, la superbe ne parvenait pas à occulter Dean. Il était celui avec qui elle avait eu le plus d'affinités depuis son arrivée. Les autres apprentis lui parlaient et étaient sympathiques avec elle mais ce ne serait jamais pareil. Inconsciemment – et Lilian les comprenait parfaitement – ils avaient choisi Dean, leur collègue alors qu'elle n'était qu'assistante et de surcroît, elle ne travaillait jamais pour eux. Toujours elle se trouvait chaperonnée par Grant ou Dean. La Sirène avait besoin de se sentir regardée, désirée pour exister. Elle avait toujours été ainsi et ce n'est pas avec Dean que cela changerait. Leur relation avait été bien trop ambiguë pour qu'elle oublie tout en une seule nuit.

Alors oui, quand elle le vit entrer dans sa chambre et s'asseoir à côté d'elle, Lilian eut un pincement au ventre mais elle ne lui demanda pas de partir. Si c'était le prix à payer pour continuer de parler à Dean, alors elle acceptait. Daniel avait plus ou moins réussi de ce côté, pourquoi pas elle. Elle ne se voyait pas évoluer dans le monde de Sainte-Mangouste sans Dean non loin d'elle. Alors oui, pour la belle, il devait savoir. Il devait savoir pourquoi elle avait fait cette crise de panique en voyant Felton ensanglanté et évanoui. Dean avait été honnête avec elle pour Shannon, elle devait l'être à son tour.


- Ah ! Bien sûr que je me souviens, je n'y étais plus mais j'étais en formation et... Bref, quel horreur, tu y étais ?!

Lilian ne répondit pas à cette question. Elle continua sur sa lancée car elle savait que si elle s'arrêtait, Dean ne connaîtrait jamais la fin de l'histoire. Elle avala difficilement sa salive avant de reprendre son récit. Le jeune homme resta silencieux tout le long, la laissant terminer. Aucune émotion ne tirait ses traits ou n'illuminait ses yeux si clairs : il écoutait attentivement et Lilian s'efforçait de ne pas trop le regarder sous peine de ne pas retenir les sanglots qui l'étouffaient presque.

- Je suis désolé. Ça a dû être une période très difficile à traverser... Vous avez été bien entourés, à Poudlard ? Ça ne te faisait pas bizarre de rester dans cet endroit où tu... Où on t'avait fait du mal ? En tout cas rassure-toi, ton frère se porte très bien, il est en sécurité, et toi aussi tu l'es, Winch et les Mangemorts ne pourront plus approcher si facilement, j'en suis sûr.

Tout doucement, Lilian tourna son visage d'ange vers lui. Les larmes commencèrent de faire luire ses grands yeux sous leur voile transparent. Jamais elle n'aurait imaginé raconter cette horreur. Elle se souvenait d'Ulrich qui l'avait croisée une fois dans la Forêt Interdite et qui lui avait posé le même genre de question ; même en temps que Serpentard, il s'était inquiété pour elle.

- Tu ne peux pas imaginer à quel point cela a été horrible... Ils m'ont fait plus que du mal Dean, c'était bien pire que ça. Le jour de la prise d'otage, Winch m'a écrit quelque chose sur la joue et tu sais ce que c'était ? Il m'a écrit « Idiote ». Outre les litres de sang qu'elle avait vomi, c'était sûrement cette inscription sur sa peau de lys qui l'avait durablement marquée. C'était une insulte à tous les otages et à sa fierté. J'ai mis presque un an à faire disparaître cette cicatrice. Tous les jours, je me levais avec l'angoisse que Winch m'annonce qu'ils avaient retrouvé et tué Felton. Tous les jours, je devais aller en cours avec eux en profs, j'étais continuellement angoissée. J'avais peur, tout le temps. Je faisais des cauchemars affreux, je revivais la prise d'otages, je vomissais encore tout mon sang. Mais j'essayais de vivre comme avant, je ne voulais pas leur faire ce plaisir de rester cachée, ils m'avaient déjà bien trop humiliée.

Sans qu'elle s'en rende compte, une nouvelle larme coula sur sa joue et elle passa machinalement sa main pour l'essuyer. Lilian ne pensait pas qu'elle avouerait cela à Dean aussi facilement – enfin tout est relatif. Elle s'imaginait pleurer les larmes de son corps parce que ce traumatisme, ravivé, avait eu du mal à quitter son esprit et lui permettre de passer à nouveau des nuits paisibles. Puis, une nouvelle fois elle eut un regard doux et tellement vrai, naturel pour Dean. Un sourire tendre étira ses lèvres roses qui reprenaient peu à peu leur couleur.

- Je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fait pour Felton, Dean. Vraiment, je ne sais pas quoi dire. Et bien qu'elle sache pertinemment que ce n'était pas forcément la meilleure des choses à faire, au vu de leur relation tendue, elle se redressa sur ses oreillers et serra Dean dans ses bras encore un peu faibles. Elle l'avait rarement senti contre elle, hormis le soir du bal de Sainte-Mangouste. S'il n'avait pas été fiancé, elle aurait décrété que c'était le moment opportun pour l'embrasser. Mais jamais ce moment n'aurait lieu. La belle profita de chaque seconde, incrusta cette étreinte dans sa mémoire pour toujours car ce serait sûrement la seule qu'elle aurait de toute sa vie avec Dean. A son grand damn. Et encore une fois, son estomac se serra dans son ventre mais elle ne relâcha pas Dean tout de suite. Une seconde de plus, c'est tout ce qu'elle demandait.

Après qu'elle se soit replacée le dos contre ses oreillers, Lilian aperçut un air perplexe passer sur les traits angéliques de Dean. Elle l'avait l'impression qu'il voulait lui raconter quelque chose, que quelque chose le tracassait. Leur étreinte ?


- C'est vraiment lourd, les histoires de famille, pas vrai ? J'ai l'impression qu'on ne s'en défait vraiment jamais...  Mon père est parti quand il a appris que ma mère était enceinte, et il est quelque part à l'autre bout du monde à chasser les dragons. Je me suis toujours demandé à quoi il ressemblait... Ma mère n'en parle jamais, surtout qu'elle s'est remariée à mon beau-père, très gentil, très riche, mais pas très tendre avec moi. On s'entend bien, hein, mais je ne suis pas son fils et je ne le serai jamais, la différence avec ma soeur est très nette. J'ai toujours besoin de faire mes preuves avec lui, avec eux... Enfin.

Tout comme le jeune homme l'avait fait pour son récit, Lilian se tût tout du long, écoutant Dean attentivement sans nullement le juger et le regardant doucement de ses grandes lagunes paradisiaques. Ainsi lui aussi avait ses petits secrets ; à croire que toutes les familles en avait. Cela pouvait aller de simples malaises comme ce qui semblait se passer dans la famille recomposée de Dean, aux squelettes dans le placard chez les Easter-Schoonmaker. Mais toutes vivaient avec ces petits mensonges, plus ou moins lourds et tôt ou tard, elles les dévoilaient peu à peu et c'est là que l'on comprenait véritablement les caractères et attitudes de chacun.

L'histoire de Dean lui faisait quelque peu penser à sa cousine, Alexandra dont le petit frère, Noah, était en réalité le fils de sa mère et de son beau-père. Par contre, Sacha avait tout fait pour qu'Alexandra le considère comme son père. La seule différence ici c'est qu'Alexandra était plus petite quand sa mère lui avait présenté son nouveau papa.


- C'est pour ça que je n'ai pas le même nom de famille que ma famille ; mais je n'aime pas trop expliquer pourquoi. Du coup, tu le sais, maintenant...

Cela la touchait énormément qu'il se confie à son tour et comme pour le réconforter, la main aux doigts d'ange se posa de nouveau sur celle du jeune apprenti.

- Tu sais, je pense que même s'il ne le montre pas, ton beau-père est fier de toi. Tu vas devenir un grand Médicomage, tu vas te marier : il ne peut être que fier de toi. Mais les pères et les beaux-pères sont parfois des créatures un peu compliquées à comprendre, dit-elle dans un petit rire, le premier de cette journée éprouvante. Je pense qu'on peut dire qu'on est quittes maintenant non ?

Et par magie presque, ce grand sourire naturel et tellement irrésistible étira ses lèvres tendres, le fourreau dévoilant les perles blanches et parfaites. Lilian fit complètement abstraction du pincement à son estomac qui sévissait toujours. Qu'importe. Elle serait son Daniel, si c'était le prix à payer pour que Dean la regarde presque comme il avait pu le faire et que tout redevienne presque comme avant entre eux. Elle essaierait de s'en contenter, elle LA Sirène. Tant bien que mal elle le savait mais elle ne répondait plus de rien dès que les yeux vert clair de Dean se posait sur elle. Et pour ce regard, elle était prête à devenir son Daniel. Tel était le prix. Et elle le paierait. Pour (les beaux yeux de) Dean.  
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Dean Rosebury


Dean Rosebury
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MessageSujet: Re: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeDim 10 Avr - 18:12

- Tu ne peux pas imaginer à quel point cela a été horrible... Ils m'ont fait plus que du mal Dean, c'était bien pire que ça. Le jour de la prise d'otage, Winch m'a écrit quelque chose sur la joue et tu sais ce que c'était ? Il m'a écrit « Idiote ». J'ai mis presque un an à faire disparaître cette cicatrice. Tous les jours, je me levais avec l'angoisse que Winch m'annonce qu'ils avaient retrouvé et tué Felton. Tous les jours, je devais aller en cours avec eux en profs, j'étais continuellement angoissée. J'avais peur, tout le temps. Je faisais des cauchemars affreux, je revivais la prise d'otages, je vomissais encore tout mon sang. Mais j'essayais de vivre comme avant, je ne voulais pas leur faire ce plaisir de rester cachée, ils m'avaient déjà bien trop humiliée.

Je ne sais pas ce qui, entre les larmes de Lilian et ses paroles, fit mouche en premier, mais je ressentis tout d'un coup une colère mauvaise et brûlante, coulant dans mes veines comme un venin. J'étais prêt à parier que si j'avais du tendre les mains devant moi elles auraient tremblé - j'avais l'impression de revenir des années en arrière quand j'étais ado et beaucoup plus sanguin, beaucoup moins capable de gérer mes émotions, je pouvais partir dans des colères noires et complètement folles. Aujourd'hui je n'étais pas moins en colère, loin de là ; je savais juste mieux les cacher et mieux les retenir, mais ça n'enlevait rien à ce que je ressentais. Pourquoi écrire Idiote sur le visage d'une jeune fille ?? Pourquoi, en plus de tout, en plus de la violence qu'avaient imposé les Mangemorts à Poulard, utiliser l'humiliation en plus de tout ? Je me sentais en rogne et j'aurais voulu cogner dans quelque chose pour me sentir mieux, mais au prix d'un immense fort je n'en fis rien, évidemment, et me contentai de rester silencieux et attentif. Lilian se dévoilait de plus en plus et quelque chose me paralysait - pas de la gêne, pas du tout, au contraire - parce que je savais que j'avais bien peu mérité ce geste et que si elle le faisait à présent, c'était bon signe pour la suite. (Oui, mais laquelle ?) Malgré les larmes et la pâleur de son visage, quelque chose brillait encore chez Lilian, quelque chose dans la franchise de son regard ou le pli de ses lèvres et il m'apparut encore une fois combien elle pouvait être droite et fière malgré ce qui lui arrivait, malgré ce voile qu'elle baissait et les faiblesses qu'elle dévoilait. C'était un peu comme quand elle riait, une alliance entre la légèreté, la tendresse et la force sans failles, je ne parvenais pas à le définir mais c'était captivant, et j'étais depuis le début tombé dans ce piège délicieux. Je baissai les yeux un quart de seconde - à tout ce qu'elle venait de dire je n'avais envie que d'une seule réponse : la prendre dans mes bras et la serrer contre moi, embrasser ses paupières, ses joues et... Et ce n'était pas possible, évidemment, je ne pouvais pas et je le savais très bien. Ce n'était pas la bienséance qui me l'interdisait, c'était moi, tout simplement, parce que je me connaissais suffisamment sur ce sujet pour savoir que je ne pouvais pas lui résister éternellement et qu'un rapprochement de ce genre provoquerait des...

- Je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fait pour Felton, Dean. Vraiment, je ne sais pas quoi dire.

... Mais elle s'était levée de ses coussins et, le plus naturellement du monde, s'était penchée vers moi pour me prendre, elle, dans ses bras !

Je la laissai faire et y répondis de la même manière, entourant son corps de mes bras, la serrant contre moi, posant ma paume à plat dans son dos, sur le tissu d'hôpital si fin qu'il me sembla sentir sa peau tiède directement sous la mienne et que quelque chose se crispa si fort dans mes entrailles que j'en oubliais de respirer pendant les quelques secondes que dura notre étreinte. Elle sentait bon et ses cheveux ondulés caressaient ma joue. Je fixai le mur derrière elle. Trop tard. C'était trop tard.

Je ne pouvais pas, ou plus exactement, je ne pouvais plus. Les émotions que je ressentais lorsque je touchais la peau de Shannon, ma fiancée, n'arrivaient pas à la hauteur de ce tout petit rapprochement entre Lilian et moi. Quand je regardais Lilian, quand elle s'approchait dangereusement de moi, je n'avais pas les pensées cent pour cent claire, parce qu'elle me troublait d'une force que j'avais toujours essayé d'ignorer. Lilian avait du charme, de la grâce, du panache ; Lilian était séduisante et attirante et drôle et touchante et tout à la fois, Lilian était peut-être un fantasme que beaucoup d'hommes partageaient mais je pouvais me vanter de la serrer, moi, dans mes bras en cet instant, je pouvais me vanter d'avoir son amitié, son intérêt, et si je ne tentais pas ma chance, comment allais-je un jour pouvoir passer à autre chose ? C'était ridicule, tellement ridicule, je ne voulais pas me marier avec Shannon, je ne ressentais plus de passion pour elle, elle m'agaçait beaucoup, et si elle avait toute mon amitié c'était se leurrer de croire que je serais heureux avec elle pour le restant de mes jours. Si j'avais essayé d'y croire pour plaire à tout le monde, parce que je ne voulais pas décevoir, parce que je voulais arrêter d'être le petit canard de la famille, c'était une erreur grossière, et j'avais envie de me mettre deux claques. J'en avais assez, voilà tout. Assez de jouer le jeu auprès de tout le monde, assez de sentir les regards désapprobateurs de mon beau-père quoi qu'il adviendrait, assez de ne pas avoir envie de rentrer chez moi retrouver la femme que j'étais sensé épouser. Assez. Assez de lutter contre des sentiments nouveaux bien plus puissants que tout ce que j'avais pu ressentir. Il était temps que je trace mon propre chemin. Je ne choisissais pas le plus simple, malheureusement, et toutes ces constatations avaient quelque chose qui me donnait le vertige : ce serait un ouragan, un cataclysme, ce serait des déceptions dans tous les sens, dans ma famille, sans celle de Shannon, et c'était presque ce qui me chagrinait le plus d'ailleurs, car j'aimais beaucoup les Johnson, et j'étais peiné de leur faire subir cette trahison. Mais ils comprendraient - qui pouvait m'en vouloir de nous épargner un douloureux divorce dans quelques années, quand nous aurions une maison, des enfants ? - et je n'avais pas peur pour Shannon, elle s'en remettrait, elle trouverait chaussure à son pied. J'eus presque envie de sourire : c'était drôle comme je ne lui correspondais pas, depuis le début, comme nous nous étions trouvés trop jeunes, comme elle fermait les yeux elle aussi aujourd'hui. Elle était bien trop organisée, directrice, exigeante, j'étais bien trop tête en l'air, détendu, libre. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre. Peut-être qu'elle non plus, au fond, elle ne voulait même pas de moi.

C'était quelque chose s'ôtait de mes épaules, bien que je sache pertinemment qu'il me restait tout à faire - à part ce choix, pris, une bonne fois pour toutes.


- Tu sais, je pense que même s'il ne le montre pas, ton beau-père est fier de toi. Tu vas devenir un grand Médicomage, tu vas te marier : il ne peut être que fier de toi. Mais les pères et les beaux-pères sont parfois des créatures un peu compliquées à comprendre,
dit Lilian avec un petit rire qui me tira de mes pensées et me fit sourire. Son rire était communicatif. Je pense qu'on peut dire qu'on est quittes maintenant non ?

J'eus envie de lui répondre que nous étions loin, loin d'être quittes, avec la décision que je venais de prendre et ce qui m'attendait, mais je ne pouvais pas, pas tout de suite. Comment être sûr, de toute façon, qu'elle m'accepterait, qu'elle voudrait de moi ?

Quelque chose avait résonné en moi en entendant ses paroles, en tout cas - elle avait raison, on pouvait être fier de moi, j'avais accompli des choses, j'avais avancé, évolué. Tant pis si on ne voulait pas le voir, tant pis si on ne me le montrait pas. Je ne devais pas m'arrêter à cela.

Je lui souris, évidemment, content de voir quelques couleurs revenir sur ses joues, peu à peu. L'heure était déjà bien avancée et elle n'allait pas tarder à manger, puis à se reposer, et j'avais des rondes à finir avant de quitter Sainte-Mangouste. Je devais prendre congé, mais tout d'un coup une intense fébrilité semblait me priver de toute réflexion, de toute prise de décision, de tout mouvement, parce que je voulais tout faire à la fois, je voulais parler à tout le monde, je voulais régler les moindres détails, je voulais tout dire à Lilian, là, tout de suite. Mais c'était impossible, et je me levai alors, sans la quitter des yeux. Puis je me penchai et, glissant ma main doucement sur sa joue pour attraper son visage, j'embrassai son front, avant de prendre congé.


- Merci, Lilian, dis-je après m'être retourné, dans l'encadrement de la porte. Repose-toi bien, surtout. Je passerai prendre de tes nouvelles !

Quand je m'engouffrai dans le couloir, la tête me tournait un peu et il me sembla que les grands yeux lumineux de Lilian ne me quittaient plus - leur lueur m'accompagnait encore et me donnait la force qui m'avait manqué jusqu'à maintenant.
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Lilian Easter


Lilian Easter
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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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MessageSujet: Re: Hide your love (PV)   Hide your love (PV) Icon_minitimeDim 1 Mai - 21:02

*
Remember those walls I built
Well, baby, they're tumbling down
And they didn't even put up a fight
They didn't even make a sound
I found a way to let you in
But I never really had a doubt
Standing in the light of your halo
I got my angel now


Il y avait quelque chose que Lilian ne comprendrait sûrement jamais : comment Dean faisait-il pour rester droit face à elle alors qu'il était sur le point de se marier ? Non pas qu'elle se jetait des fleurs mais elle savait l'effet qu'elle produisait sur les hommes. Chuck en avait été la première victime alors qu'il était lui-même en couple avec la Miss Gryffondor de l'époque. Mais son chemin avait croisé celui de LA Sirène ; autant dire que son couple était mort et enterré dès lors que les lagons légendaires de Lilian se posèrent sur lui. Puis il y avait eu Daniel, qui durant sa courte vie malheureusement, n'avait cessé d'hésiter et de se perdre de temps à autres dans les lignes dangereuses de la Sirène, côtoyant parfois de trop près son terrain de chasse dans lequel elle gagnait chacune des parties. Il n'y pouvait rien, il n'était pas assez fort pour lui résister ; tous deux le savaient. Et pourquoi donc résister à Lilian Easter ? Pour le plaisir de faire durer le jeu de séduction, tout en sachant pertinemment qu'elle avait les cartes en mains, qu'elle aurait un coup d'avance et que, parée de ses atouts et de son corps parfait, arme de séduction massive, elle gagnerait à tous les coups.

Mais elle avait perdu sa plus grande bataille contre Dean. Enfin, contre Shannon plutôt. Shannon avait eu raison de la lionne Lilian Easter, déesse jamais vaincue. Dean lui était restée fidèle. Mais de par son engagement envers elle, la belle pouvait presque essayer de comprendre même si elle se doutait que beaucoup d'autres hommes n'auraient pas réfléchi pendant une décennie avant de céder. Et Shannon l'avait lacérée. En ralliant Dean à ses côtés, en lui faisant jurer fidélité, elle avait blessée Lilian comme jamais. Parce que pour une fois, le jeu ne s'était pas fait que dans un sens. La superbe avait éprouvé – et éprouvait toujours au fond d'elle – des sentiments pour Dean vu qu'il était rentré dans son jeu et qu'il n'avait pas cédé immédiatement. Et comme toute prédatrice qui se respecte, Lilian avait apprécié cette difficulté – ce qu'elle n'avait pas eu avec Dan par exemple – qui avait rendu la partie de chasse plus intéressante car Dean ne montrait pas de réels signes de faiblesse. Et pour cause.

Alors oui, une part d'elle lui en voulait toujours de ne lui avoir rien dit, de tout lui avoir dissimulé. Mais la part de son âme qui avait eu des sentiments naissants pour lui prenait l'ascendant et parvenait presque à atténuer cette amertume. Et Lilian ne pensait pas qu'elle serait capable de presque fermer les yeux sur le mensonge de Dean. Mais quand les émeraudes claires du jeune homme se posaient sur elle, tranquilles, claires, attentives et compréhensives, le cœur de la superbe se pinçait et fondait un peu plus. Dès le premier jour, lors de leur rencontre, Dean avait réussi à attirer l'attention de la déesse Lilian. Mais il était également l'un de ceux qui l'avaient le plus blessée, après Chuck et Daniel. Enfin, pour Chuck elle avait réussi à relativiser et maintenant, ils étaient plus proches que jamais donc cette rupture était bien loin derrière eux.

Une étincelle réchauffa ses entrailles lorsqu'elle vit que Dean ne fuyait pas leur étreinte et ne faisait rien pour l'écourter. Il était là, il était venu la voir quand sa mère l'avait demandé alors qu'il aurait pu refuser. Il avait écouté son épouvantable histoire, s'était confié. Lilian voyait cela comme un nouveau départ dans leur histoire, d'amitié certes, mais leur histoire tout de même. Et aussi triste soit-elle, Lilian refusait d'abandonner cette amitié ; les jours durant lesquels ils s'étaient fuis avaient été bien trop durs, accentués par le décès de Daniel. Tant pis, désormais, la Sirène savait qu'à chaque fois qu'elle verrait Dean, son cœur oscillerait entre bonheur et tristesse. Comme à chaque fois que leurs regards légendaires se croiseraient, qu'il lui adresserait un splendide sourire une bouffée de joie la saisirait toute entière. Mais dès qu'il lui parlerait de Shannon ou rentrerait chez lui, chez eux, son cœur se pincerait parce qu'il n'était pas elle et ne le serait jamais. Elle endurerait son amour à sens unique tant pis, s'il le fallait pour conserver Dean à ses côtés. Au moins, il serait là.

Cela devait arriver tous les jours, des relations à sens uniques, elle-même était bien placée pour le savoir. Et les personnes concernées devaient malgré tout réussir à vivre avec alors pourquoi pas elle ? Parce qu'elle n'était pas comme tout le monde. Elle, Lilian Easter n'était pas faite pour aimer quelqu'un qui ne l'aimerait pas en retour. Elle avait besoin de tout, d'un amour entier dévoué à elle pour qu'elle s'offre totalement. Elle ne pouvait pas être la Sirène pour n'être aimée qu'à moitié. On ne fait pas descendre sur terre une déesse pour au final lui dire qu'on n'est plus intéressé. Mais étrangement, cette fois et unique fois, la superbe acceptait cette pénitence. Elle-même ne savait guère pourquoi mais peut-être que le fait de revoir Dean tous les jours l'emportait sur tout le reste. Il était la première personne à qui elle avait parlé lors de son premier jour, celui qui lui avait appris les bases, qui l'avait défendue devant cet empoté de John et qui l'avait trouvée, en pleurs dans les vestiaires, juste en revenant de l'enterrement de Daniel. Et la reine en devenir voulait qu'il continue à être là, il lui était presque devenue indispensable. Depuis le premier jour, elle ressentait des frissons lorsque leurs corps se frôlaient dans les couloirs ou les vestiaires et elle n'imaginait pas vivre un jour sans un de ces frissons. Même s'il était malheureusement conquis par Shannon, Lilian s'armait tous les matins de ses tenues les plus enjoliveuses, celles qui la mettaient le plus en valeur rien que pour Dean, pour qu'il n'oublie pas à quel point elle était magnifique et irrésistible.

Car Lilian Easter le serait toujours. Et même s'ils étaient fiancés, mariés, veufs ou pré-pubères, Lilian voulait que les hommes se retournent sur son passage. Elle n'avait pas besoin de beaucoup de travail pour cela mais elle y oeuvrait tous les jours. Celui qui comptait particulièrement en ce moment était bien évidemment Dean. Le moindre regard qu'il porterait sur elle était pour la Sirène une petite victoire contre Shannon. Elle avait beau être la fiancée de Dean, Lilian n'en restait pas moins LA Sirène, descendante d'Aphrodite. Son emprise était grande, son charme solaire, sa beauté divine irradiait autour d'elle comme une aura de beauté qui touchait quiconque croisait son chemin. Et Dean possédait également ce halo qui l'entourait et auquel Lilian n'avait pu résister.


- Merci, Lilian. Repose-toi bien, surtout. Je passerai prendre de tes nouvelles !

Les paroles du jeune homme la tirèrent de sa torpeur, la ramenant à la réalité. Elle eut un peu de mal à comprendre que Dean allait s'en aller et la laisser seule dans sa chambre jusqu'à ce que ses parents n'arrivent. Le halo protecteur et magnifique de Dean ne réapparaîtrait peut-être pas de la journée et comme elle l'avait pressenti, Lilian senti son cœur se pincer de déception. Cependant, elle savait qu'il n'avait pas le choix. Il avait encore toute sa journée d'apprenti à effectuer, des patients à aller voir. Car elle avait beau être celle à qui il tenait le plus – enfin elle l'espérait très fortement – elle ne devait pas bénéficier d'un traitement de faveur. Surtout que Grant était sur le coup donc il s'assurait déjà que tout était mis en œuvre pour que Felton et elle recouvre le plus vite possible leurs forces. Dean avait beaucoup de chance de travailler avec lui. En toute objectivité, la belle savait que Grant, le meilleur ami de son père et parrain de Felton, était un Médicomage brillant. Dean serait son digne successeur.

Malgré tout, elle n'avait pas envie que le jeune homme s'en aille. Elle voulu lui demander de rester cinq minutes de plus, rien que pour le savoir à côté d'elle et fixer ses yeux de braise, avant de se raviser. Cela ne serait pas raisonnable. A sa grande surprise, ses doigts glissèrent le long de sa joue blanche comme la perle et il se pencha vers elle pour lui adresser un baiser sur le front, comme pour lui souhaiter un bon et prompt rétablissement. Bien évidemment, son cœur déborda de joie dans sa poitrine qui se réchauffa ainsi que ses joues sous le coup de l'émotion. Jamais il n'avait été aussi doux envers elle et la belle sentit ses yeux briller de mille feux. Elle laissa ses doigts glisser contre ceux de Dean jusqu'au bout, souhaitant immortaliser ce moment qui serait certainement unique. Ces gestes ne faisaient que ranimer les sentiments qu'elle avaient tenté d'enfouir et d'étouffer depuis l'annonce de ses fiançailles. Lilian sentait les étincelles prendre au fond de son ventre et réchauffer doucement son cœur d'une douce torpeur apaisante. Ce moment aura été le leur et elle le garderait pour toujours. Et tâcherait de s'en contenter et de s'en rappeler lorsque cela serait plus dur.

Inconsciemment, ses longs doigts de fée passèrent sur sa joue, exactement au même endroit que ceux de Dean et comme une fille amoureuse, un sourire tendre et délicat étira ses lèvres roses. A la fin de la journée, ses parents rentrèrent tout deux dans sa chambre ; son père la serra fort dans ses bras et lui annoncèrent que Felton venait de se réveiller et qu'elle pouvait venir le voir. Le bonheur de Lilian ne pouvait être plus complet en cette journée. Ayant recouvré ses forces, elle tint à marcher jusqu'à la chambre de son frère et quand elle put le serrer fort dans ses bras, la superbe sut qu'elle n'avait pas tout perdu.

FIN
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